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La mémoire de la chair - La trinité du désir

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Summary

Un simple message. Une nuit pour tout faire basculer. Antoine est le compagnon idéal : prévenant, aimant et présent. Mais lorsque son absence laisse l'appartement trop vide, une seule soirée suffit à réveiller la mémoire du corps. Face à Alexandre, les souvenirs ne s'effacent pas. Il a suffi d'un frôlement, d'une impulsion et d'une présence anatomique hors norme pour qu'Éléanor cède à une addiction purement mécanique, brutale et incontrôlable. Une démesure physique que son corps réclame désormais comme une drogue. Mais alors qu'elle tente de sceller ce secret vénéneux, une notification vient rouvrir une blessure plus ancienne encore : le retour de Julien, le danger absolu du passé, capable d'effondrer sa vie d'un seul regard. Entre l'amour confortable d'un homme, l'emprise charnelle d'un autre et les fantômes du passé, Éléanor a mis le doigt dans un engrenage dangereux. Jusqu'où le corps peut-il céder quand la raison a déjà perdu ?

Genre
Romance
Author
EmBT
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Le téléphone a vibré sur le marbre du comptoir à vingt-deux heures quatre.

Elle n’a pas eu besoin de regarder l’écran pour savoir. C’était cette heure précise où l’appartement devenait trop grand, où le silence de l’absence d’Antoine finissait par prendre toute la place.

Antoine était à Francfort jusqu’à jeudi. Il avait laissé son odeur sur les draps du côté gauche, son chargeur sur la table de nuit, et cette certitude confortable qu’il rentrerait, prévenant, impatient de la retrouver.

Elle a laissé vibrer une seconde fois.

​C’était Clara.

​« On est chez Marc, rejoins-nous. Tu ne vas pas passer ta soirée toute seule. »

​L’invitation tombait au bon moment. L’appartement étouffait.

Elle a attrapé son manteau, ajusté sa tenue sans trop réfléchir, et elle est partie.

​La soirée avait commencé dans le bruit d’une bande déjà trop nombreuse. La maison était pleine, saturée d’une musique en fond et de discussions croisées.

En passant le seuil du salon, elle pensait juste remplir son verre et discuter avec Clara. Mais en traversant la pièce, son regard a percuté une silhouette près du buffet.

​Alexandre.

​Rien ne le distinguait vraiment des autres : il était simplement grand, un peu en retrait, la silhouette déliée qu’elle lui avait toujours connue.

Il n’avait pas cette assurance particulière qui attire tous les regards, juste une présence familière qui s’était fondue dans le décor pendant des heures. Pourtant, sa seule vue a suffi à réactiver la mémoire de son propre corps.

​Ce n’était pas le visage de ce garçon qu’elle revoyait lors de ses nuits de solitude, mais la physique brutale de cet instant-là.

​Le souvenir était revenu, chirurgical. La soirée de leur jeunesse était trop bruyante, le couloir trop étroit.

Elle s’était glissée dans la salle de bain pour échapper à la foule, sans réaliser qu’il s’y trouvait déjà.

En se retournant pour sortir, son pied avait heurté le sien. Un déséquilibre stupide, une main qui cherche un appui, et la voilà qui bascule en arrière, se retrouvant assise à califourchon sur ses cuisses alors qu’il était appuyé contre le lavabo.

​Elle avait voulu s’excuser, se relever aussitôt, mais le contact à travers la finesse de sa robe avait tout bloqué.

Sous ses fesses, ce n’était pas une érection ordinaire ; c’était une présence massive, lourde, d’une dimension irréelle qui avait coupé son souffle.

Il n’y avait eu aucun grand discours.

Rien que le bruit de la fermeture éclair qu’on abaisse dans l’urgence, le tissu de sa culotte écarté d’un geste sec sans même être retirée, et ce glissement massif, brut, qui l’avait remplie jusqu’à la limite du supportable.

Une pénétration directe, sans fard, où son corps à elle avait réagi d’instinct, épousant cette démesure dans un étouffement de plaisir purement anatomique.

​Un frisson très net a parcouru sa colonne. Alexandre l’avait aperçue, esquissant ce sourire d’ami opportuniste qui a toujours gardé une perche tendue sous l’effet d’un verre, prêt à saisir la moindre faille.

​Alors qu’elle s’avançait pour le rejoindre, son téléphone a émis une brève vibration au creux de sa paume.

​Elle a jeté un coup d’œil machinal à l’écran, au milieu des rires et du bruit ambiant.

​Une simple notification. Un j’aime déposé sur une ancienne photo.

​Le nom de Julien.

​Rien d’autre. Pas un mot, pas un message direct. Juste cette manière d’agiter une présence à distance, un signal discret mais délibéré pour lui signifier qu’il était là, quelque part, en train de regarder.

Julien. L’alter ego du lycée, la tension toxique, le danger absolu capable de percer ses mécanismes de défense.

​Elle a verrouillé l’écran, le cœur soudainement emballé, au moment exact où Alexandre se détachait du buffet pour venir à sa rencontre.

***

​Au début, ils se sont contentés d’échanger des banalités poliment distantes au milieu du groupe.

Mais à mesure que la nuit s’étirait, le hasard des placements et des verres remplis a fini par les isoler dans un coin de la pièce. Une proximité physique s’est réinstallée, presque insidieuse.

​Puis, au fil de la nuit, l’appartement s’est vidé par vagues. Certains sont partis attraper un dernier transport, d’autres sont allés s’effondrer dans les chambres du fond.

Sans qu’aucun des deux ne l’ait orchestré, la pièce principale s’est retrouvée presque silencieuse, encombrée de verres vides et de lumière tamisée.

​Ils sont restés là, sur le même canapé, séparés par un coussin, à échanger des banalités sur ce qu’ils étaient devenus. Mais le fatigue et l’alcool diluaient la réserve des premières heures.

-Bon j’y vais lui a lancé son amie Clara à travers la pièce, interrompant leur discussion, je te raccompagne ?

-Non c’est bon je prendrai un taxi, je vais t’éviter le détour lui répondit Eléanor qui se retrouvait à présent seule à seule avec Alexandre.

En se redressant pour attraper son verre posé au sol, elle a glissé.

Rien de spectaculaire, juste une cheville qui tourne légèrement sur la moquette, un mouvement mal calculé.

Pour éviter de s’étaler, sa main a accroché son genou à lui, et dans son rattrapage maladroit, elle s’est retrouvée basculée sur ses cuisses, la trajectoire la calant étroitement contre lui.

​L’immobilité qui a suivi n’était pas un choix calculé, mais une sidération.

​Le choc thermique du souvenir a été immédiat.

​Ce n’était pas son visage qu’elle cherchait des yeux, mais la sensation sous son tissu.

En un éclair, son esprit l’a ramenée dans cette salle de bain étriquée de leur jeunesse.

Elle a revu l’urgence, le bruit sec de la fermeture éclair qu’on abaisse, le geste sans détour qui écarte la culotte. Et surtout, cette anatomie hors norme, cette épaisseur démesurée qui l’avait étirée et comblée jusqu’à l’extrême dès la première poussée, sans préliminaires, dans une pénétration directe et presque violente de plaisir.

​Sur ses cuisses, en ce moment même, elle a ressenti cette même densité sous le jean. Un frottement involontaire, une pression ajustée au mauvais endroit, et son souffle s’est haché.

​Il n’a pas bougé pour la repousser. Ses mains se sont posées sur ses hanches pour la maintenir en place, juste assez fermement pour que le contact s’appuie, lourd et explicite.

L’air entre eux devint vite irrespirable, lourd d’un désir purement charnel que ni le temps ni leurs vies respectives n’avaient pu effacer.

​À travers l’épaisseur de son pantalon et la finesse de sa jupe, le contact s’établi immédiatement. Et avec lui, toute la mémoire de cette fameuse nuit est remontée d’un coup, précise et brutale.

Elle se souvenait moins de son attitude que de cette caractéristique anatomique hors du commun qui l’avait prise par surprise à l’époque. Cette largeur inhabituelle, cette longueur qui semblait ne jamais finir et qui avait étiré son corps d’une façon qu’aucun autre n’avait égalée depuis.

Une présence physique hors norme sous des airs effacés.

​Sur ses genoux, elle a senti la même réaction s’amorcer sous le tissu.

Pas de grand geste théâtral. Non. Il a simplement bloqué sa respiration, ses mains venant se poser sur sa taille, davantage pour stabiliser leur position que pour la repousser.

​Le silence dans le salon s’est alourdi. Le simple poids de son corps sur lui, réajusté de quelques millimètres, suffisait à raviver cette excitation très précise, née d’un pur souvenir de chair.

​Aucun d’eux n’a parlé. Le moindre mot aurait brisé l’illusion ou ramené la politesse.

​Elle n’a pas cherché à se relever. Au contraire, dans un réflexe presque inconscient pour trouver un appui plus stable, elle a légèrement déplacé son bassin.

Un simple ajustement de quelques centimètres, mais suffisant pour que son entrejambe vienne presser plus fermement contre lui.

Sous le tissu dur du jean, la réaction a été immédiate : une raideur impressionnante, déjà tendue au maximum, retrouvant exactement la dimension qui la hantait.

​Sa main à lui s’est raffermie sur sa taille pour accompagner ce mouvement lent, rythmé, que son propre corps réclamait.

Elle a fermé les yeux, laissant le frottement du tissu contre tissu chauffer son anatomie. La sensation de cette épaisseur hors norme qui pressait contre elle ravivait une électricité pure, effaçant d’un coup toutes les années écoulées.

​Puis, le vêtement est devenu un obstacle insupportable pour l’un comme pour l’autre.

​Sans qu’elle sache vraiment qui a fait le premier geste, sa main à elle a glissé vers sa ceinture pour défaire le bouton, tandis qu’il relevait l’ourlet de sa jupe.

Tout s’est fait dans une urgence étouffée, sans discours, guidé par une logique purement mécanique et désirante. Elle s’est soulevée à peine, juste assez pour glisser sa culotte sur le côté.

​Quand le métal de sa fermeture éclair a descendu, le choc du contact peau contre peau l’a fait frissonner. Il l’a guidée par les hanches, la replaçant au-dessus de lui.

​La bascule s’est produite à cet instant exact. La pointe s’est calée à l’entrée, humide et brûlante, et sous le seul poids de son corps qui redescendait, la pénétration s’est faite.

​Ce n’était pas une poussée lente ou romantique. C’était un glissement massif, continu, où son corps à elle a dû s’ouvrir brusquement pour accueillir cette circonférence démesurée.

Elle a poussé un soupir étouffé contre son cou, la gorge nouée par la sensation d’être remplie jusqu’à la saturation.

Chaque millimètre qui s’enfonçait étirait ses chairs d’une façon presque douloureuse tant elle était intense, retrouvant cette plénitude physique parfaite qu’aucun autre homme n’avait pu lui offrir depuis.

Elle est restée au-dessus, les genoux ancrés de chaque côté de ses cuisses, maîtresse du rythme mais entièrement dépassée par la sensation.

​À cette hauteur, chaque mouvement de son bassin enfonçait cette présence anatomique hors norme jusqu’au fond d’elle. L’amplitude était parfaite. Elle se soulevait à peine, juste assez pour frôler le bord du manque, avant de se laisser retomber tout entière, l’accueillant dans une friction lourde qui lui arrachait des frissons électriques de la nuque jusqu’au bas du dos.

​L’augmentation du plaisir ne s’est pas faite par une accélération brutale, mais par la saturation progressive des chairs. Ses mains à lui, calées sous ses fesses, l’accompagnaient dans cette bascule continue, ajustant l’angle pour que l’étirement soit maximal à chaque descente.

​À l’intérieur, la sensation d’être comblée sans le moindre espace vide devenait presque vertigineuse. Chaque poussée du bas vers le haut venait heurter exactement le point de tension qu’elle gardait en mémoire depuis des années. Son souffle s’est haché, calé sur ce va-et-vient fluide et profond.

​Le plaisir a fini par prendre toute la place, effaçant le décor du salon, le silence de la nuit et la raison. La friction répétée contre cette épaisseur unique a resserré une vague irrépressible au bas de son ventre.

Elle a accéléré malgré elle, cherchant l’impact plus direct, la pression plus forte, jusqu’à ce que la vague déferle, violente et silencieuse, la figeant un instant contre lui, le corps traversé par des spasmes prolongés tandis qu’il finissait par se libérer en elle dans une dernière poussée profonde.

​Elle n’a pas bougé. Son corps est resté appuyé contre le sien, encore secoué de légers frissons, la tête nichée dans le creux de son épaule. Lui ne l’a pas repoussée non plus ; ses bras sont restés enroulés autour d’elle, verrouillant cette proximité assoupie.

Dans la pénombre du salon, leurs respirations se sont progressivement calées sur le même rythme, lourdes et régulières, jusqu’à ce que le sommeil les rattrape sur le canapé, le lien physique toujours maintenu.

***

​Le réveil s’est fait sans mots, dans cette zone floue entre le rêve et le réel.

​Elle s’était réveillée de côté, basculée en position cuillère, le dos collé contre son torse chaud.

Avant même qu’elle ne prenne totalement conscience du jour qui pointait à travers les volets, elle a senti la rigidité de son sexe, retendue durant la nuit, presser au bas de ses reins.

​Sans un mot, guidé par la chaleur de la peau et l’engourdissement du matin, il s’est rapproché. Une main a glissé sur son ventre pour la tirer légèrement en arrière, ajustant la hauteur de ses hanches.

​La pénétration s’est faite par l’arrière, lente, presque paresseuse mais d’une précision foudroyante. Retrouver cette largeur familière dès le réveil, sans préambule, a fait basculer son esprit à nouveau. Dans cette position, la profondeur était différente, plus étirée.

Il poussait avec un rythme régulier, calé sur son souffle lourd du matin, venant caler cette masse imposante au plus profond d’elle.

​Elle a fermé les yeux, poussant un soupir d’aise contre le coussin, savourant cette seconde vague plus lente, plus sourde, où le plaisir s’est diffusé dans tout son corps assoupi jusqu’à l’orgasme du matin.

​Leur réveil s’était déjà dissous dans une seconde vaporeuse, mais le sommeil les a repris une heure encore, collés l’un à l’autre.

L’obscurité du salon s’éclaircissait à peine quand la torpeur les a repris une dernière fois, toujours scellés l’un à l’autre. Lorsqu’elle a émergé de cette demi-conscience, c’est par cette même chaleur insistante contre ses fesses. Il n’avait pas bougé. Son sexe, de nouveau tendu au maximum, cherchant le contact.

​Il s’ajusta lentement en cuillère, initiant un frottement lourd, peau contre peau, guidant la pointe humide de son sexe à l’entrée sans se presser.

Il a glissé sa main entre ses cuisses. Dans cette position en cuillère, son pouce a trouvé son clitoris, amorçant un frottement lent, appuyé, circulaire, tandis que la pointe de son pénis venait seulement presser et glisser contre son entrée sans y pénétrer encore. La combinaison de ce massage externe ciblé et de la masse tendue contre sa chair a fait monter une électricité immédiate, saturant son bas-ventre avant même le moindre glissement.

​Avant de s’enfoncer, il joua de cette masse tendue contre son anatomie. La pointe large venant frôler son clitoris, le léchant presque au passage dans un glissement ascendant. Il remonta lentement du bas de son entrée vers le bouton sensible, déposant son humidité, puis redescendit en appuyant le corps du sexe contre sa chair chauffée.

Il répéta ce mouvement de va-et-vient externe, traçant une ligne brûlante qui fit tressaillir son bas-ventre.

Puis, dans une première tentative presque taquine, il amorça une courte pénétration : juste la tête qui s’introduit, étirant doucement l’entrée avant de se retirer presque aussitôt, pour mieux remonter frotter le clitoris et raviver l’attente.

​C’est à cet instant précis que des pas ont résonné.

​Pas à l’étage, mais ici même. Deux personnes sont entrées dans le salon, parlant à voix basse pour ne pas réveiller la maison, et se sont installées sur le fauteuil juste à côté du canapé, à moins de deux mètres d’eux.

​Le cœur d’Eléanor a fait un bond violent. Mais au lieu de stopper le mouvement, la panique et le risque d’être démasqués injectèrent une charge d’adrénaline pure dans son corps et une décharge électrique dans son bas ventre.

Lui, il ne s’était pas arrêté, pas retiré. Au contraire, profitant de la sidération du moment, il poursuivait d’un coup lent et continu.

Eléanor laissa échapper un gémissement de plaisir étouffé.

Profitant du frottement qui l’avait déjà trempée, il avait guidé la pointe de son pénis et s’était enfoncé d’un coup lent, continu et silencieux.

La pénétration les a scellés à nouveau, étirant ses chairs au maximum. Il poussa un râle à peine perceptible près de son oreille afin qu’elle seule puisse l’entendre.

​Séparés des deux autres par le simple dossier du canapé, l’immobilité était pourtant impossible.

​Il plaqua aussitôt sa main large sur la bouche de la jeune femme pour couper court à tout souffle traître de sa part. Son autre bras la verrouilla contre son torse, sa tête enfouie dans le creux de son cou pour étouffer ses propres inspirations hachées.

Elle pouvait sentir les battements de son engin dans son vagin, qui ne faisait que de se contracter sous le plaisir qu’il lui procurait et par cette impossibilité d’émettre le moindre son de jouissance.

​Ne pouvant plus jouer sur la vitesse ni sur de grands mouvements sans faire bouger le canapé, il imprima alors des coups d’une intensité brute, courts, lourds, ciblés tout au fond d’elle.

Privée de mots et de liberté de mouvement, elle répondait par des ondulations de bassin millimétrées, serrant les cuisses pour amplifier la friction contre cette épaisseur hors norme, saturante de ce sexe énorme et brulant.

​Les voix à côté continuaient leur conversation banale, totalement inconscientes du drame sensuel qui se jouait à quelques centimètres.

Cette proximité extrême du danger finit par tout précipiter. Le plaisir ne montait plus par vagues : il explosait sous la contrainte.

Elle mordit la paume de sa main pour étouffer son cri tandis que les spasmes de l’orgasme la ravageaient. Dernier coup final silencieux et convulsif auquel il répondit par une série de poussées profonde et silencieuse avant de se figer, le corps vibrant contre le sien, la bouche écrasée dans sa chair.

Elle pouvait sentir comme des feux d’artifice en elle en même temps qu’il la remplissait pour la troisième fois de la soirée.

Elle se sentit alors remplie comblée.

​Le calme revenu, les deux personnes s’étaient levées pour sortir de la pièce.

​Dans l’ombre du salon, la pression retomba d’un coup. Il retira sa main de ses lèvres, laissant une empreinte de chaleur et le goût amer de sa peau. Puis ils se retira d’un mouvement lent, laissant en elle son empreinte, que son vagin essayait de retenir.

Sans un mot, la respiration encore courte, ils réajustèrent leurs vêtements en vitesse, réordonnant coussins et couvertures dans une urgence absolue juste avant que la porte du salon ne s’ouvre de nouveau.

De retour chez elle, elle referma la porte de son appartement dans un déclic muet.

Le silence était revenu, lourd, presque étouffant après le tumulte de la maison de Marc et cette décharge d’adrénaline pure dans le salon. L’obscurité du couloir l’a enveloppée.

Elle a retiré ses chaussures sans faire de bruit, restant quelques secondes immobile, les pieds ancrés sur le parquet froid, le corps encore vibrant du passage d’Alexandre.

En elle, l’empreinte physique était totale. Son vagin, encore lourd et sensible, tentait de retenir la sensation de cette démesure. Ce n’était pas un sentiment amoureux, ni même du regret. C’était la confirmation chirurgicale d’un souvenir.

La vérification avait eu lieu. La masse brute d’Alexandre, cette pénétration en cuillère, la main sur sa bouche et le risque d’être surpris par les voix à deux mètres du canapé avait tout balayé sur leur passage.

Elle est entrée dans la chambre.

Le côté gauche du lit était toujours vide. L’odeur d’Antoine imprégnait encore l’oreiller. Antoine qu’elle aimait, qui la comblait, mais dont l’absence avait laissé le champ libre à cette expérience physique.

Elle s’est assise sur le rebord du matelas et a sorti son téléphone de sa poche.

L’écran s’est allumé. La notification était là, imperturbable.

Julien a aimé votre photo.

Une simple coche numérique. Mais l’effet a été immédiat, glacial. Alexandre venait de combler son fantasme anatomique, un acte brutal, mécanique, presque sans conséquence affective. Mais la notification de Julien rouvrait la vraie blessure : l’alter ego du lycée, la pénétration nocturne, la honte, le pouvoir et la tension jamais résolue.

Alexandre était une décharge physique ; Julien était le danger absolu, celui capable d’effondrer sa vie entière d’un seul mot parce qu’il était le seul à savoir exactement comment la déchiffrer.

Elle a glissé le téléphone sous l’oreiller d’Antoine, a posé sa tête dessus et a fermé les yeux.

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