Chapter 1
L'hôpital est vaste. L'hôpital est froid, très froid, malgré les couches de vêtements que je porte. L'hôpital est vide, cependant il n'est pas calme. Les pleures et les gémissements de douleur des membres de ma famille assourdissent mes oreilles. Mes tantes, mes oncles, ma grand-mère maternelle, tout le monde pleure. Moi aussi j'ai envie de pleurer, toutefois je ne connais pas la personne qui est morte dans la salle chirurgicale adjacente. Je me sens mal, terrible, brisé mais il reste difficile pour moi de pleurer une personne que je n'ai jamais connu.
Ma mère et mon père me serrent fort contre eux, comme s'ils avaient peurs que le même sort m'arrive. Heureusement, mes parents ne font que jouer la comédie devant le reste de ma famille.
Il y a environ quinze minutes, le chirurgien est venu personnellement pour nous informer que ma cousine est décédé pendant l'opération. Le chirurgien semblait terrifié, il n'a pas arrêté de consoler ma tante, la mère de ma cousine, mais cette dernière l'a giflé au visage. Elle n'a pas arrêter de frapper le pauvre médecin qui était déjà terrorisé. Et maintenant que le chirurgien est parti, elle offre ses coups à son mari, encore choqué par la mort de sa fille.
Tout le monde est malheureux à cause du décès de ma cousine, mais une question n'arrête pas de me tordre l'esprit: pourquoi est-ce que les membres de ma famille agissent ainsi alors que c'est eux qui ont tué ma cousine?
J'ai entendu il y a une semaine, une conversation entre mon père et ma tante. Ils étaient entrain de programmer un accident de voiture. Ma cousine avait un rendez-vous vers une de ses amies, mon père et ma tante ont donc trouvé cette coïncidence de temps comme de l'or. Ils ont alors changé quelque chose dans la voiture et ont ordonné au conducteur de ma cousine de percuter volontairement une autre voiture. Le conducteur n'avait pas de choix puisque mon père a juré de torturer son épouse s'il n'obéissait pas aux ordres, et mon père a tenu sa promesse, il n'a pas torturé l'épouse du conducteur. C'est mon oncle qui s'en est chargé.
23:45
Mardi 12 Décembre 1997
Bonsoir,
Cette nuit était très dure pour moi, plutôt que ma famille. Directement après être entrée au domaine, les pleures et les lamentations cessèrent, les larmes avaient séché et les parents de ma cousine sont partis se coucher. Mon père et ma mère sont venus me parler avant que j'entre dans ma chambre. Ils m'ont dit: "Oublie ce qui s'est passé, arrête de réfléchir et couche-toi tôt."
Il y a des nuits où j'entends des bruits bizarres, soit ce sont simplement des gémissements de plaisir, soit des gémissements de douleur. Rares sont les nuits calmes. Parfois un de mes oncles paternels, Édouard, sort boire du café dans le jardin, il lui arrive de partir rendre visite à son ami, mais mon père lui interdit de quitter le domaine la nuit sans prévenir.
Et comme je suis la plus grande des plus petits dans ma famille, on me prend toujours comme une enfant naïve, et donc, tous les membres de ma famille sont obligés de garder un œil sur moi.
Je n'ai ni des frères ni des sœurs, je suis fille unique âgée de 14 ans. Mon père et ma mère m'ont eue à l'âge de 20 ans, ils étaient déjà mariés, mais ma naissance a perturbé leur vie de jeune époux. Ils ne pouvaient pas m'abandonner, cela est interdit dans ma famille, et ils ne voulaient pas me garder.
Depuis mon enfance, je me suis forcée à agir comme une jeune femme. Je ne voulais pas déranger mes parents où être un fardeau à leurs yeux. Quand je voulais un objet, je me forçais à ne pas demander à ma mère de me l'acheter. Quand je voulais jouer, j'évitais de partir vers mes parents. Quand j'avais peur la nuit, je restais dans la chambre pour ne pas déranger mes parents. Malgré mes efforts, je faisais quand-même des erreurs. Il m'arrivait de faire des bêtises et de pleurer comme un petit enfant et bien sur, mes parents me punissaient.
Maintenant, j'évite de trop parler avec ma famille. Tout le monde ici est dangereux. Une conversation familiale est plus pire mais comme il est difficile de tout garder pour moi j'ai décidé d'avoir un journal intime.
Je suis sûre que je ne vais pas toujours écrire ce qui se passe pendant mes journées et que je vais finir par négliger ce journal, même actuellement, je trouve cela gênant de parler avec du papier, pourtant je rêve que quelque chose puisse m'écouter et me réconforter.
Ce n'est pas dans mon habitude d'écrire des chose aussi absurdes, mais je me sens obligée. Moi aussi je veux avoir des amis.
Mes parents m'ont constamment ordonné d'éviter de trop parler aux gens, même aux enfants de mon âge. Ils ont peurs que je lâche de ma bouche les secrets de notre famille, alors ils ont trouvé une solution adéquate: que je devienne muette.
Au début, mes parents m'ont seulement forcé à ne plus parler, mais en grandissant, ils ont pris une décision beaucoup plus sérieuse et monstrueuse.
Une décision qui a laissée du sang derrière elle. Une décision qui m'a blessée et qui les a réconforté. Une décision qui m'a rendu muette définitivement, muette mentalement et physiquement.









Ne t'arrête jamais d'écrire, tu as une très belle plume et une imagination magnifique. Continue à écrire tes histoires et tes romans, c'est un vrai plaisir de te lire. Sache que je te soutiendrai toujours, j'ai hâte de lire la suite de Domaine Noir et tous tes futurs projets
AWW merci beaucoup❤ je vais continuer d'écrire merci pour ton comme surtout et tes mots doux