Prologue
Le vent danse entre les feuilles dans une symphonie douce. Les étoiles, elles, éclairent la voûte céleste d’une lueur calme et sereine, brillant paisiblement. La nuit est tombée depuis déjà un moment. Et je sais que cette clairière inconnue n’est que pure imagination de mes songes. Je commence à la reconnaître, avec ses arbres ployant sous des fruits alléchant, son herbe grasse et ses fleurs qui la parcourent.
Et puis, il y a elle. Cette femme qui vient hanter chacune de mes nuits sans distinction. Ses cheveux noirs ondulent dans son dos, soulevé par les légères bourrasques tandis que ses yeux bruns m’observent. Et je le vois, dans ce regard si triste, qu elle crie à l’aide en silence. Je le sens, je le devine, je le vois… mais je ne l’entends pas. Car elle ne me parle jamais.
Mon loup hurle de m’approcher, il me supplie presque de la revendiquer immédiatement. Mais je ne sens pas le lien entre nous. Comme si quelque chose avait étouffé une partie d’elle. Une parti d’une importance capitale. Je m’approche lentement, murmurant de sorte à ne pas l’effrayer :
- Qui es-tu ?
Elle ne répond rien, comme toujours. À la place, elle porte la main à un médaillon doré à son cou. Puis elle tend ses doigts vers moi et, là, je le sens comme une évidence. Elle est ce que j’attends depuis toujours. J’avance d’un pas, puis d’un autre. Je veux la toucher, m’assurer que cette passerelle entre nos deux âmes n’est pas que le produit mon imagination. Mais elle disparaît déjà, s’évaporant comme de la fumée. Mon loup crie au désespoir, et j’ai l’impression que mon cœur se déchire.
Je me réveille en sursaut, la sueur collant mes cheveux à mon front. Mon cœur bat à un rythme effréné dans ma cage thoracique, refusant de se calmer. J’inspire profondément et me lève en titubant. Encore ce rêve. J’ai l’impression qu’il ne me quittera pas tant que je n’aurai pas trouver cette femme. Mais comment débusquer quelqu’un qui s’enfuit dès que je m approche ? Et sans aucune piste, ça semble impossible. J’ouvre la fenêtre en grand, laissant l’air frais de la nuit me détendre. La lune brille dans le ciel étoilé du territoire de la meute des Nightfang. Les montagnes se dressent, imposantes et dissuasives, autour du village. J’inspire une longue bouffée d’air pour me calmer. Ce songes, ce n’est pas la première fois que le fait. Mais chaque fois est légèrement différentes de la précédente. Elle devient plus claire, plus précise. Pourtant, je ne connais pas cette femme. Mais je connais son absence qui me ronge. Et je compte bien, un jour ou l’autre, combler ce vide.








