L’appel
Lyon, 21 h 47.
La pluie tombait fortement sur la ville. Les rues brillaient sous les lampadaires et les voitures circulaient difficilement à cause de l’orage.
Au commissariat, le chef de police Florian, 47 ans, terminait quelques dossiers lorsqu’un téléphone sonna.
— Florian, j’écoute.
— Chef, on vient de recevoir un appel. Un Carrefour vient d’être braqué.
Florian se leva immédiatement.
— Des blessés ?
— On ne sait pas encore. Trois individus auraient pris la fuite.
— Où sont-ils partis ?
— Vers le centre-ville. Une équipe est déjà en route.
Florian attrapa sa veste.
— Prévenez Fabien, David, Anna et Thomas. Je veux tout le monde sur place.
Quelques minutes plus tard, Florian rejoignit ses collègues devant le Carrefour.
Les gyrophares éclairaient la façade du magasin. Des policiers sécurisaient les entrées pendant que les employés attendaient à l’extérieur.
Fabien s’approcha de Florian.
— Le magasin est sécurisé. Aucun blessé grave.
— Et les braqueurs ?
— Trois. Deux semblent très jeunes. Le troisième aurait environ vingt ans.
David arriva avec un carnet.
— Chef, il y a quelque chose d’étrange.
— Quoi ?
— Ils ne se sont presque pas intéressés aux caisses. Ils sont allés directement vers la réserve.
Florian fronça les sourcils.
— Ils savaient exactement où aller ?
— Oui.
Anna les rejoignit.
— Les caméras ont été coupées pendant huit minutes.
Florian la regarda.
— Huit minutes exactement ?
— Exactement.
Ils entrèrent dans la réserve.
Une porte métallique était ouverte. À l’intérieur, plusieurs cartons avaient été déplacés.
Thomas montra une étagère vide.
— Quelque chose était caché ici.
David trouva alors une petite boîte métallique abandonnée au sol.
Florian la ramassa.
Sur le couvercle, un mot était inscrit en lettres noires :
PROJET LYON
Un silence glacial s’installa.
— C’est quoi, ce projet ? demanda Anna.
— Je n’en sais rien, répondit Florian.
Au même moment, dans une rue à quelques kilomètres de là, trois jeunes couraient sous la pluie.
Marouane, 16 ans, regardait derrière lui.
— Ils vont nous retrouver !
Tony, 17 ans, serrait quelque chose contre lui.
Anas, 20 ans, leur ordonna de continuer.
— Courez !
Le téléphone d’Anas vibra.
Il regarda l’écran.
Un message venait d’arriver.
« La boîte est-elle avec vous ? »
Anas hésita quelques secondes avant de répondre :
« Oui. »
Au commissariat, Anaïs examinait les images récupérées d’une caméra extérieure.
— Chef, venez voir.
Florian s’approcha.
Sur l’écran, on distinguait les trois jeunes quittant le magasin.
Mais derrière eux, une quatrième silhouette apparaissait.
Une personne les observait depuis une voiture noire.
Florian fixa l’image.
— Agrandissez.
L’image devint floue.
Puis son téléphone vibra.
Un message anonyme venait d’arriver.
« Vous cherchez au mauvais endroit, chef Florian. »
Florian releva lentement les yeux.
Cette affaire venait à peine de commencer.








