Customize readability
Aa

La clé de la source -Tome 2-

All Rights Reserved ©

Summary

L’histoire suit Elara, Ivy, et leur famille endeuillée qui tentent de reconstruire leur vie après la perte de Derrek et de ses parents. Cette trame mêle deuil, magie, liens familiaux forts et une résilience fondée sur l’amour et la confiance dans l’invisible.

Genre
Fantasy
Author
Brenda
Status
19h ago
Chapters
30
Rating
n/a
Age Rating
18+

Le Retour à la Normalité

La vie reprenait son cours, lentement, comme une marée qui aurait perdu la mémoire de son propre rythme. Trois mois. Trois mois que Derrek n’était plus là, et avec lui, une partie de notre colonne vertébrale avait disparu. Parfois, le soir, je surprenais Ivy à fixer la porte d’entrée comme si sa seule volonté pouvait faire tourner la clé dans la serrure. Les jumeaux, Liam et Ruby posaient moins de questions maintenant. Leur chagrin s’était mué en une acceptation silencieuse, un peu comme un ours en peluche oublié au fond du placard, toujours présent mais moins souvent pris dans les bras.

Et puis il y avait mes parents, Ailana et Elias. Leur disparition, si soudaine après celle de Derrek, laissait un silence différent, plus ancien et plus profond, comme si les racines mêmes de notre arbre généalogique avaient été sectionnées. La maison, pourtant, bruissait à nouveau. Le rire cristallin de Ruby résonnait dans l’escalier, Liam disputait des parties de cartes endiablées avec sa tante, et le parfum du dîner remplissait les couloirs. Une normalité de façade, mais une normalité quand même, aussi précieuse qu’une bougie allumée dans un noir d’encre.

Le vrai changement, le noyau brûlant autour duquel ma vie et celle d’Ivy orbitait désormais, se trouvait dans la clairière, avec Holly l’assistante de Morwen. La sorcière aux cheveux d’argent et au regard perçant comme la glace en hiver nous accueillait chaque soir, ou presque, lorsque les obligations domestiques le permettaient. Nous travaillions sur *cela* : cette lumière blanche, aveuglante, qui jaillissait de nous lorsque notre colère atteignait son paroxysme.

La première fois, ça avait été un accident. Ivy, frustrée par une injustice scolaire, et moi, submergée par une peur panique pour les enfants, nous nous étions disputées. Notre fureur mutuelle avait créé une sorte de circuit fermé, une étincelle qui avait enflammé l’air autour de nous. Une lumière pure, intense, dépourvue de chaleur mais chargée d’une pression écrasante, avait empli la cuisine. Un vase s’était fissuré. Les ampoules avaient grésillé. Puis, plus rien. Nous étions restées là, haletantes, les yeux écarquillés, nos mains jointes sans même nous en rendre compte.

Holly nous avait expliqué. Ce n’était pas de la magie classique, pas de sortilèges ou d’herbes séchées. C’était quelque chose de plus viscéral, de plus primal. Une force défensive ancestrale qui dormait dans notre lignée et qui ne s’éveillait pleinement que lorsque notre sang, celui de la mère et de la fille, battait à l’unisson dans la rage. Ensemble, nous formions un tout. Une sorcière redoutable à deux têtes, deux cœurs, deux volontés fusionnées par un lien plus fort que tout.

Séparées, la puissance s’émoussait. Ma lumière à moi devenait une simple lueur apaisante, capable de calmer les cauchemars des jumeaux ou de faire fleurir une plante fanée. Celle d’Ivy était une lueur vive et vive, pleine d’une énergie juvénile qu’elle apprenait à canaliser pour, par exemple, allumer les bougies d’un coup de regard. Mais réunies… réunies, nous pouvions projeter une onde de force pure. Contrôler cette force, c’était notre défi. Il ne s’agissait pas de l’étouffer, nous disait Holly, mais d’en devenir les maîtresses. D’apprendre à la convoquer sans avoir besoin de la tempête de la colère, à la diriger avec l’intention plutôt que sous l’impulsion.

Nos séances ressemblaient à de la méditation tendue. Assises face à face dans la clairière, sous les étoiles qui semblaient nous observer avec une curiosité ancienne, nous joignions nos mains. Nous respirions à l’unisson. Holly nous guidait, sa voix un murmure dans le vent nocturne. « Cherchez le point de rencontre, le lieu où vos énergies se reconnaissent. Ne forcez pas. Laissez-la venir. »

C’était épuisant et exaltant. Parfois, rien ne se passait, seulement la frustration qui nous liait davantage. Parfois, un éclat brillant jaillissait de nos paumes jointes, si intense que je devais fermer les yeux. Je voyais alors le visage concentré d’Ivy, ses sourcils froncés, sa lèvre inférieure serrée, et mon cœur se serrait d’un mélange d’admiration et d’une peur sourde. Elle était si jeune pour porter un tel poids. Mais en même temps, dans ses yeux, je voyais une compréhension nouvelle, une maturité qui avait fleuri trop vite, comme une rose dans un jardin dévasté.

Pendant que nous nous entraînions, les jumeaux étaient entre de bonnes mains. Ma sœur Lyra avait emménagé avec nous, apportant avec elle son rire sonore, son amour des jeux et son sens pratique bienvenu. Elle était devenue le pilier de notre quotidien, organisant des chasses au trésor dans le jardin, aidant aux devoirs, et cuisinant des plats qui sentaient bon l’enfance. Liam l’adorait pour ses talents en origami et ses histoires farfelues. Ruby se blottissait contre elle le soir, écoutant des récits d’aventures. Lyra ne posait pas de questions sur nos absences nocturnes avec Holly. Elle savait, d’un savoir intuitif de sœur, que certaines choses devaient être faites et que son rôle était de maintenir la lumière allumée à la maison.

Ce soir-là, alors que je rentrais de la clairière, les muscles douloureux mais l’esprit plus clair, je me suis arrêtée sur le seuil du salon. Lyra était allongée sur le tapis, entourée de livres ouverts, Ruby endormie sur ses genoux et Liam adossé à elle, les yeux lourds. Ivy, déjà rentrée, préparait du thé dans la cuisine, son profil sérieux éclairé par la lumière douce de la suspension.

Une vague de gratitude m’a submergée, si forte qu’elle a fait vibrer l’air autour de moi d’une lueur dorée et chaude – ma lumière à moi, douce et apaisante. La normalité n’était plus une façade. C’était un tissu fragile que nous tissions chaque jour, fil après fil, avec du rire, du thé partagé, des séances d’entraînement épuisantes et des silences chargés d’absence. Nous étions une famille brisée, mais nous n’étions pas brisées. Nous étions en train de nous reconstruire, avec, pour ciment, une lumière blanche héritée et, pour pilier, l’amour tenace qui persistait, même dans l’ombre des disparus. Et pour la première fois depuis longtemps, je sentais que nous n’étions pas seulement des survivantes. Nous étions, lentement, en train de redevenir fortes.

Let Brenda know what you thought about this chapter!
Love this

0

Love this

Funny

0

Funny

Spicy

0

Spicy

Suspenseful

0

Suspenseful

Emotional

0

Emotional

Profound

0

Profound

Heartwarming

0

Heartwarming

Shocking

0

Shocking

Good Writing

0

Good Writing

Compelling Plot

0

Compelling Plot

Great Character

0

Great Character

Strong Dialog

0

Strong Dialog

Further Recommendations

Milky Treasures on a Healing Love

Booklover_rdx: A different but good story. Basically a love story with a twist- i enjoyed every word of it

Read Now
The Alpha's Exiled Mate

Mokatoka: Say what????? God! Is it over???

Read Now
The Orc's Pet

Mary Wilkins: This was an enjoyable short story. Well done! 😄👏🏾👏🏾

Read Now
The Heir's Shadow

Theresa: Brilliant story, well written, and it gave me an afternoon's escape. 😊

Read Now
Between the Whistle and the Quiet (Book #1 in The Reapers & Roses Series)

user-za6B61FpQY: The story is great. I think we could have waited a lottle longer for them to get together,

Read Now
Alpha’s Claim

Jill: I enjoyed the story. Kept me reading. Check grammar. But overall it’s great.

Read Now
Bound to the Bear

Victoria: Amazing. 10/10 in every way. Well, except TOO SHORT. But still amazing. Id recommend it to anyone and everyone.

Read Now
The Grumpy Next Door

Roberta: Such a great author and novel. I wish it didn’t end. I’m sad it did.

Read Now