Secret Desire Saison 2 by Alice Spade at Inkitt
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SECRET DESIRE saison 2

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Summary

Le coffret n’a pas fini de jouer avec Lina et Georges. Après les dix minutes accordées à Thomas, leur couple tient toujours, mais quelque chose a changé. Pour se retrouver, ils acceptent de reprendre les défis : photographies intimes au bureau, plaisir dans un lieu public, nouvelles règles et nouvelles limites. Chaque carte les excite davantage… tout en révélant ce qu’ils n’osaient pas encore s’avouer. Puis le jeu les conduit dans un club réservé aux couples, où un inconnu est autorisé à s’approcher de Lina sous le regard de Georges. Ils avaient prévu un mot capable de tout arrêter. Ils n’avaient pas prévu que le désir de l’un puisse continuer après que l’autre a décidé de dire stop. Dans cette deuxième saison, le jeu ne menace plus seulement de les faire surprendre. Il pourrait leur révéler qu’ils ne partagent pas toujours le même fantasme — ni les mêmes limites. Une comédie érotique contemporaine sur le désir, la jalousie et les règles qu’un couple invente pour rester ensemble. Réservé à un public adulte.

Status
Complete
Chapters
10
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 — Sans chronomètre

Le téléphone était encore face contre la table.

Lina l’avait posé là lundi soir, après le message de Thomas, et personne ne l’avait retourné. Pas par oubli. Le verre de l’écran touchait le bois comme une décision. Autour, le coffret fermé, la pochette On l’a fait, un aimant en forme de phare que Georges n’avait pas recollé.

Mardi matin sentait le café trop fort et le silence trop propre.

Georges était déjà habillé. Il beurrait une tartine avec une précision d’ingénieur qui n’avait rien à faire sur du pain. Lina le regarda faire. La veille, cette même main avait serré son poignet à l’endroit où Thomas l’avait tenu. Une petite marque mauve persistait, trop pâle pour attirer l’attention au bureau, trop nette pour qu’elle l’ignore sous la douche.

— Tu as dormi ? demanda-t-elle.

— Oui.

— Mensonges dès le petit déjeuner. On avance.

Il posa le couteau.

— J’ai dormi par intervalles. Comme un logiciel qui redémarre tout seul.

Lina sourit malgré elle. Ce n’était pas réparé. Ce n’était pas cassé non plus. C’était ce troisième état qu’ils n’avaient pas prévu dans le livret : le lendemain d’une carte Fièvre, quand le défi est fini et que le corps, lui, n’a pas reçu le mémo.

Elle prit son café à deux mains.

— Je n’ai pas répondu.

— Je sais.

— Je ne vais pas répondre.

Georges hocha la tête. Son soulagement n’avait plus la violence de la veille. Il était devenu une chose plus discrète, presque gênée d’exister encore.

— Ce n’est pas une nouvelle carte, dit-il.

— Non.

— Et ça ne doit pas le devenir.

Lina le regarda.

— Tu proposes qu’on l’enferme dans le coffret ? Comme un jeton ?

— Je propose qu’on le laisse où il est. Sur la table. Hors pile. Hors livret. Un type qui a joué le jeu pendant dix minutes et qui a renvoyé un message. Ça s’appelle la vie. Ça ne s’appelle pas Fièvre.

Elle but une gorgée. Dans sa tête, une petite Lina en armure tapait du pied devant le téléphone : On a dit non. On a dit non. Pourquoi il est encore là ?

Parce qu’ils l’avaient laissé là. Pas parce que le carton le réclamait.

— S’il redescend, dit-elle, je le croiserai. Je vends des îles. Il perd des factures. Ce n’est pas un défi.

— Non.

— Si une carte demande un inconnu, on verra. Lui, c’est fini pour le jeu.

— Oui.

Le mot oui sonna comme un cadenas posé trop tard, et juste à temps.

À l’agence, Nadia posa un café devant elle sans commentaire pendant exactement onze secondes. Lina compta. C’était trop long pour Nadia.

— Tu as changé de rouge.

— Non.

— Mardi, tu avais un rouge de décision. Aujourd’hui tu as un rouge de quelqu’un qui a déjà décidé et qui voudrait qu’on n’en parle plus.

Lina ouvrit le dossier Crète.

— Je vends des îles. Pas des analyses.

— Tu vends les deux depuis que je te connais.

Nadia s’assit sur le bord du bureau, hanche contre le bois, exactement comme le vendredi sans culotte. Lina recula sa chaise d’un centimètre par réflexe. Le tissu de l’assise ne touchait plus rien d’interdit. Le corps, pourtant, se souvenait.

— Il n’est pas descendu, dit Nadia.

Lina releva les yeux.

— Qui ?

— Le badge à l’envers. D’habitude, à cette heure, il a déjà perdu une facture au rez-de-chaussée.

— Peut-être qu’il a trouvé sa facture.

— Peut-être qu’il a reçu une réponse. Ou qu’il n’en a pas reçu.

Lina regarda son écran. Un couple voulait Santorin sans vent. Elle savait déjà ce qu’elle allait leur répondre. Elle ne savait pas encore ce qu’elle ferait de son visage si Thomas traversait l’étage. Ça n’avait plus rien à voir avec une pile.

Il ne traversa pas.

À onze heures, son responsable parla d’objectifs. À midi, Lina mangea une salade dont la moutarde n’attaquait plus à distance. À quatorze heures, personne n’attendait de photo. Le créneau vide lui sembla presque obscène : une journée entière qui leur appartenait, et leurs têtes occupées par un message qui n’était plus une règle.

Georges écrivit à quinze heures vingt.

Il est venu ?

Elle regarda le message. Puis le bureau. Puis la cage d’escalier, comme si Thomas pouvait y être resté depuis la veille, coincé entre deux étages avec son badge à l’envers.

Non.

Les trois points apparurent.

Tant mieux.

Puis :

Tant pis.

Lina posa le téléphone écran vers le bois. Le geste avait maintenant une habitude. Elle n’aimait pas ça.

Dans l’après-midi, une cliente parla de lune de miel. Lina sourit, compara deux suites, expliqua qu’un jacuzzi privatif n’était pas une garantie de mariage. La cliente rit. Lina aussi, avec un léger retard. Depuis le restaurant de Claire, ce retard-là lui collait à la peau.

À dix-sept heures quarante-huit, elle ne monta pas au troisième.

Elle enfila son manteau au rez-de-chaussée, dit au revoir à Nadia, et prit l’escalier vers la rue. Au premier palier, la machine à café du troisième n’existait plus. Seulement le bruit de ses propres chaussures. Elle trouva ça à la fois sage et un peu lâche.

Georges l’attendait en bas de l’immeuble, les mains dans les poches, trop immobile pour un homme qui rentrait simplement du travail.

— Encore un détour de douze kilomètres ? demanda-t-elle.

— J’ai optimisé.

— Tu as eu peur que je monte.

Il ne nia pas.

Dans l’ascenseur, leurs épaules se touchèrent. Rien de plus. Lina sentit que c’était déjà beaucoup.

L’appartement avait récupéré son calme de soir. Le téléphone n’avait pas bougé. Georges accrocha son sac, regarda la table, puis Lina.

— On le laisse encore ?

— Oui. Hors jeu.

— Combien de temps un message reste une décision avant de devenir une pièce à conviction ?

— Tu parles comme le livret.

— Le livret est plus court. Et il ne le connaît pas.

Lina posa son manteau. La marque sur son poignet avait pâli. Elle la cacha sous sa manche, puis la ressortit. Cacher n’avait plus de sens chez eux.

— On n’a pas pioché, dit-elle.

— On peut attendre.

— C’est ce que tu as dit avant Fièvre.

— Et on a attendu jusqu’à minuit devant un four.

— On n’a pas de four, ce soir. On a un téléphone à l’envers. Et un coffret qui n’a pas à s’en occuper.

Georges s’assit. Lina resta debout, comme la veille. La symétrie lui déplut. Elle s’assit en face de lui.

— Dis-moi vraiment, demanda-t-elle. Pas la version pare-feu.

Il passa une main sur sa nuque.

— Ça m’a excité. Ça m’a déplu. L’ordre a changé pendant la nuit. Ce matin, le déplaisir était devant. À quinze heures vingt, l’excitation a repris du terrain. Je n’aime pas devoir les classer.

— Moi non plus.

— Tu as aimé.

Ce n’était pas une accusation. C’était le mot qu’il avait déjà entendu, et qu’il avait besoin de remettre sur la table pour vérifier qu’il ne l’avait pas déformé depuis.

— Oui, dit Lina. Le risque. Toi. Un peu lui. Dans cet ordre-là, aujourd’hui.

— Aujourd’hui.

— Hier, l’ordre était moins propre.

Georges souffla un rire sans joie.

— Les interdits n’ont pas bougé.

— Je les ai relus. Dans ma tête. Sous la douche. Pas mon chef. Pas un client identifiable. Rien qui se voit le lendemain. Lui n’est pas mon chef. Il n’est pas un client. La marque au poignet, si on veut chipoter.

— On ne chipote pas.

— Non.

Elle regarda le coffret.

Quatre Éveil. Une Fièvre. Il en faudrait encore deux à ce niveau pour que Secret existe vraiment, pas seulement comme une languette. Le livret n’obligeait à rien. C’était précisément pour cela que la pile, maintenant mélangée de cartes plus dures, pesait davantage que lundi.

— Si on pioche pour le ramener, dit-elle, on triche.

— Alors on pioche pour nous.

Le silence prit la place d’un troisième convive, poli, déjà connu — et, pour une fois, sans badge à l’envers.

Lina ouvrit le coffret.

L’odeur d’encre neuve avait disparu. Il restait celle du carton et, quelque part, celle du silicone rose rangé dans la salle de bain. Les jetons violets formaient encore leur petit comité. Princess Catastrophe n’avait plus servi depuis jeudi. Lina en fut presque étonnée : cinq jours, et le jouet avait déjà l’air d’un ancien régime.

Georges ne l’arrêta pas.

Elle posa la main sur la pile. Fièvre ne distinguait plus les couleurs une fois la languette levée. Le livret l’avait dit dès le début, dans une phrase qu’ils avaient lue trop vite : au niveau suivant, on piochait toujours pour l’autre, mais les cartes n’appartenaient plus seulement à une pile sage.

— C’est ton tour, dit-elle.

— Pour toi.

— Oui.

Il prit une carte. Le mot FIÈVRE apparut sur le chant avant même qu’il la retourne. Son visage eut cette réaction qu’elle connaissait maintenant : un bref arrêt de la respiration, puis cette lueur. Moins obscène que d’habitude. Plus nette.

— Quoi ?

Il lui tendit la carte. Pas de prénom. Le niveau, un titre, des lignes sèches. C’était à elle parce qu’il avait pioché pour elle.

FIÈVRE

HORAIRE

De 9 h à 17 h, une photo chaque heure pile.

Pas de visage. Pas de lieu identifiable.

L’autre a dix minutes pour accuser réception par une photo de son état.

Toilettes autorisées. Open space interdit.

Une heure manquée = carte échouée.

Preuve : la conversation complète, le soir.

Lina lut une fois. Puis une deuxième.

Huit heures. Huit photos. Huit réponses. Pas un inconnu. Pas une histoire à clore. Eux. Le bureau. Le téléphone qui, demain, devrait enfin servir à autre chose qu’à rester retourné sur la table.

— C’est presque poli, dit-elle.

— C’est presque cruel.

— Tu vas passer ta journée dans les toilettes.

— J’ai des réunions. J’ai un open space. J’ai un corps qui n’a pas signé le contrat de l’open space.

Lina posa un ongle sur le mot état.

— Tu sais ce que ça veut dire.

— Oui.

— Tu vas photographier ta queue dans des chiottes d’entreprise.

Georges ferma les yeux une seconde. Quand il les rouvrit, l’ingénieur était encore là. Un peu moins net.

— Je vais optimiser les créneaux, dit-il.

— Moi, je ne mens plus. Toi, tu es déjà en train de mentir à ton agenda.

Il souffla.

— On peut déchirer.

— On peut.

Elle regarda le mot FIÈVRE. Elle pensa au gobelet vide, à la canine ébréchée, à la fanfare ridicule, à Georges qui avait dit tu es rentrée comme une prière maladroite. Elle pensa aussi que Thomas n’était pas sur le carton, et que ça lui allait.

Elle ne dit pas chibi.

— Demain, dit-elle. Neuf heures pile.

— Neuf heures pile.

— Si Nadia entre pendant que je cherche un angle sans visage, je sors le dossier Crète. C’est mon alibi depuis trois semaines.

— Si mon chef toque, je parle d’un déploiement.

— Ton chef ne doit pas voir le déploiement.

— Personne ne doit voir le déploiement.

Georges posa la carte contre la salière. Le téléphone, face contre le bois, se trouva tout à coup beaucoup plus proche — et, pour la première fois depuis lundi, concerné par autre chose qu’un prénom.

Ils ne se touchèrent pas tout de suite. Lina rangea deux assiettes. Georges fit réchauffer des restes. Ils mangèrent comme un couple qui préparait simplement sa journée du lendemain, et cela demandait déjà un certain courage.

Plus tard, dans le canapé, Lina posa sa tête contre son épaule. Sa main à lui trouva la marque sur son poignet et s’arrêta à côté, sans la recouvrir.

— Tu sais déjà la première photo ? demanda-t-il.

— Non.

— Menteuse.

— J’ai trois idées. Elles sont toutes trop proches d’un visage, ou trop proches d’un bureau.

— Tu es dans le tourisme. Tu sais cadrer.

— Cadrer un sein sous une chemise, ce n’est pas vendre Santorin.

Georges tourna la tête vers elle.

— Et lui. S’il redescend pendant une heure pile.

— Je range le téléphone. Je dis bonjour. Je vends une île. Ce n’est pas la carte.

— D’accord.

Elle ferma les yeux. Dans le noir du salon, le téléphone restait une petite présence rectangulaire. Demain, huit heures. Huit preuves. Puis, probablement, le corps de Georges contre le sien pour vérifier que la journée n’avait appartenu qu’à eux.

— Si ça te déplaît au moment où j’appuie, dit-elle.

— Je te le dis. Pas d’ordre. La vérité.

Elle l’embrassa. Lentement. Sans les dents de la veille. Georges répondit avec le même soin, comme s’ils réapprenaient une pièce déjà connue.

Ils s’arrêtèrent avant que le canapé ne reprenne le relais du frigo. Pas par vertu. Par choix. La carte commençait demain ; cette nuit pouvait encore leur appartenir sans preuve.

Au moment de dormir, Lina laissa le téléphone dans le salon.

Face contre la table.

Pas pour Thomas.

Pour neuf heures.

Dans le noir, elle chercha le premier cadrage et n’en trouva aucun assez anonyme. Ce n’était pas grave. Elle avait une alarme. Et, pour la première fois depuis le restaurant de Claire, le désir n’était plus un inconnu à dix minutes.

Il était un horaire.

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Strong Dialog

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