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HOLE

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Summary

Ici, la lumière est un privilège. L’obscurité, une condamnation. Dans un monde où chacun connaît sa place, personne ne cherche à savoir ce qui se trouve au-delà. Parce que certaines questions sont interdites et certaines vérités auraient dû le rester. Bienvenue dans HOLE.

Genre
Drama
Author
K
Status
few sec ago
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

CHAPITRE 1 : Là où le soleil ne vient pas

J’ouvre les yeux.

La lumière de ma chambre est déjà allumée.

Pas vraiment allumée. Elle s’est simplement glissée dans la pièce, doucement, comme si elle avait peur de me réveiller.

Je reste allongé quelques secondes, les yeux fixés au plafond.

— Bonjour, Zeyan.

Je soupire.

— Pas maintenant.

— Tu es réveillé depuis dix-sept secondes.

Je ferme les yeux.

— Je sais.

— Tu as dormi six heures et quarante-deux minutes.

J’ouvre un œil.

— Je sais aussi.

Le silence qui suit me fait presque sourire.

Le matelas s’adapte à ma position lorsque je me redresse. Je pose les pieds au sol.

Il est froid.

— Vingt-deux degrés, dis-je.

La surface se réchauffe aussitôt sous mes pieds.

Je baisse les yeux.

— Merci.

— Avec plaisir.

Je passe une main dans mes cheveux.

Ils sont dans un état catastrophique.

Je me lève.

Le mur devant moi est complètement opaque. Je m’approche et, à mesure que j’avance, il devient transparent.

La ville apparaît.

Je m’arrête.

Je ne m’habitue toujours pas à cette vue.

Sous ma fenêtre, les immeubles descendent le long de la paroi immense du cratère.

Des jardins recouvrent les terrasses.

De l’eau coule entre les bâtiments, disparaît sous des passerelles puis réapparaît plusieurs niveaux plus bas.

Des cascades tombent dans le vide.

Elles sont tellement hautes qu’on ne voit pas toujours où elles finissent.

Au loin, une rame traverse la ville dans un tube transparent.

Elle passe à une vitesse folle.

Je la suis des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse derrière un immeuble.

Je pose ma main contre la vitre.

Elle est froide.

Puis je lève les yeux.

Toujours la même chose.

La pierre.

Les bâtiments.

Les niveaux.

Et tout en haut, tellement loin que je dois plisser les yeux, cette petite ouverture dans le plafond du cratère.

Un cercle de bleu.

C’est tout ce que je vois du ciel.

Je ne sais même pas si le soleil est là.

Je ne l’ai jamais vu.

Je n’ai jamais senti sa chaleur sur mon visage.

Je ne sais pas ce que ça fait d’avoir les yeux qui brûlent quand on le regarde.

Je connais seulement les images.

Les vidéos.

Les livres.

Les vieux films.

Je sais à quoi il ressemble.

Mais je ne sais pas ce qu’il fait ressentir.

Trois petits coups frappent à ma porte.

— Zeyan ?

Je me retourne.

— Oui ?

La porte s’ouvre juste assez pour laisser passer la tête de Maya.

Ses cheveux sont attachés n’importe comment.

Une chaussette dépasse de son pantalon.

Elle me regarde.

— Maman dit que tu vas être en retard.

— Je suis pas en retard.

— Elle dit que tu vas être en retard.

— Alors je vais être en retard.

Elle entre dans la chambre.

Elle vient immédiatement jusqu’à la fenêtre.

Son petit visage se tourne vers la ville.

— Tu regardes encore dehors ?

— Peut-être.

Elle pose son menton sur le rebord.

On reste silencieux.

Je regarde son reflet dans la vitre.

Elle a neuf ans.

Neuf ans et déjà cette façon de regarder vers le haut.

— Tu crois qu’on voit vraiment le soleil d’en haut ? demande-t-elle.

Je hausse les épaules.

— Je suppose.

Elle tourne la tête vers moi.

— Tu l’as jamais vu ?

— Non.

— Même pas une fois ?

Je secoue la tête.

Elle semble réfléchir très sérieusement à ma réponse.

— Moi non plus.

Je souris.

— Toi, t’as neuf ans.

— Et alors ?

— Alors t’as encore le temps.

Elle me donne un coup d’épaule.

— Toi aussi.

Je regarde de nouveau le petit cercle bleu.

Elle a raison.

J’ai encore le temps.

Enfin…

Peut-être.

Aujourd’hui, j’ai dix-huit ans.

Et aujourd’hui, je passe les Tests.

Je me détourne de la fenêtre.

— Maman va vraiment finir par venir me chercher elle-même.

Maya sourit.

— Elle a dit qu’elle te laissait cinq minutes.

— Elle a dit ça ?

— Non.

— Évidemment.

Elle part en courant.

— Dépêche-toi !

— J’arrive !

Je reste seul quelques secondes.

Je regarde une dernière fois dehors.

Puis je prends une inspiration.

Je me prépare.

Dans la salle de bain, le miroir s’allume lorsque j’entre.

Mon reflet apparaît.

Cheveux noirs en bataille.

Yeux encore fatigués.

Je passe mes doigts dans mes cheveux.

Ça ne change rien.

— Tu peux faire mieux, murmuré-je.

— Je suis d’accord.

Je sursaute.

— Arrête de faire ça.

— Je pensais que tu aimais avoir de la compagnie.

— Pas quand je parle à mon reflet.

Le miroir affiche une petite lumière.

Je secoue la tête.

J’enfile ma veste.

Le tissu s’ajuste automatiquement autour de mes épaules.

Je regarde mon reflet une dernière fois.

Dix-huit ans.

Je devrais avoir l’impression d’être différent.

Je ne le suis pas.

Je suis toujours moi.

Je ne sais simplement pas encore ce que le reste de la journée va faire de moi.

L’odeur du pain chaud m’accueille lorsque j’arrive dans la cuisine.

Maman est déjà là.

Elle tient une tasse entre ses mains.

Maya est assise sur le plan de travail.

— Enfin, dit maman.

— Bonjour à toi aussi.

Elle me regarde.

Puis regarde mes yeux.

— Tu as dormi ?

— Oui.

— Combien ?

Je prends une tasse.

— Suffisamment.

Elle ne sourit pas.

— Zeyan.

Je soupire.

— Six heures quarante-deux.

Maya intervient immédiatement.

— Je lui ai dit qu’il allait être en retard.

Maman la regarde.

— Merci, Maya.

— De rien.

Je bois une gorgée.

Je grimace.

— Trop chaud.

La tasse refroidit aussitôt.

Maman lève les yeux au ciel.

— Un jour, tu vas demander à la maison de respirer à ta place.

— Si elle peut le faire, pourquoi pas ?

Maya éclate de rire.

Je souris.

Pendant quelques secondes, tout est normal.

Le bruit de l’eau dans les conduits.

La ventilation presque silencieuse.

Les lumières douces.

Maya qui essaie de prendre un morceau de pain sans que maman la voie.

Maman qui la voit quand même.

Puis sa main vient se poser sur la mienne.

Je lève les yeux.

Son sourire a disparu.

— Quoi ?

Elle hésite.

— Aujourd’hui…

Elle baisse les yeux vers nos mains.

— Peu importe ton résultat.

Je ne réponds pas.

— Tu m’entends ?

— Oui.

Elle serre légèrement mes doigts.

— Tu restes mon fils.

Je fronce les sourcils.

— Je sais.

— Non.

Elle relève les yeux vers moi.

Je vois quelque chose dans son regard.

De la peur.

À peine.

Mais je la vois.

— Je veux que tu le saches vraiment.

Je ne comprends pas.

— Pourquoi tu me dis ça ?

Elle ouvre la bouche.

Puis la referme.

— Parce que c’est important.

Je la regarde encore quelques secondes.

Elle détourne les yeux.

Je connais ma mère.

Quand elle fait ça, c’est qu’elle ne veut pas répondre.

Maya fait tomber sa cuillère.

— Oups.

Maman ferme les yeux.

— Maya…

— Elle est tombée toute seule.

Je ris.

Maman finit par sourire.

Mais quelque chose reste dans ma tête.

Pourquoi avait-elle besoin de me dire ça ?

Nous quittons l’appartement.

Le couloir est presque silencieux.

Les murs s’éclairent à notre passage.

Maya marche devant nous.

Elle saute sur les lignes lumineuses du sol.

— Regarde !

— Maya, marche normalement.

— Je marche normalement.

— Tu sautes.

— C’est ma façon normale de marcher.

Je souris.

Nous arrivons devant les ascenseurs.

Les portes s’ouvrent.

Nous entrons.

Pas de boutons.

Pas de commandes.

Maman dit simplement :

— Niveau quarante-deux.

Les portes se ferment.

L’ascenseur commence à monter.

Je regarde la ville défiler derrière les parois transparentes.

Un niveau.

Puis deux.

Puis dix.

Des immeubles.

Des jardins.

Des bassins.

Des passerelles.

Des gens assis sur des terrasses.

Des enfants qui jouent.

Des groupes qui discutent.

Une femme danse seule sur une plateforme suspendue.

Plus haut, une immense serre s’étend derrière une façade transparente.

Tout est propre.

Tout est calme.

Tout fonctionne.

Je regarde les gens.

Ils ne semblent pas pressés.

Personne ne court pour aller travailler.

Personne ne regarde l’heure toutes les trente secondes.

Je ne me suis jamais vraiment demandé pourquoi.

Pour moi, c’est simplement la vie.

L’ascenseur continue de monter.

Maya colle son visage contre la vitre.

— Regarde !

Je suis son doigt.

Une rame vient de traverser le cratère.

Elle est tellement rapide que je ne distingue presque pas les personnes à l’intérieur.

Maya sourit.

— Un jour, je veux aller tout en haut.

Je regarde maman.

Son visage change.

À peine.

Mais je le remarque.

— Pourquoi ? je demande.

Maya hausse les épaules.

— Pour voir.

— Voir quoi ?

Elle lève les yeux.

— Le soleil.

Personne ne répond.

Je regarde moi aussi vers le haut.

L’ouverture du cratère semble un peu plus grande maintenant.

Peut-être parce que nous sommes plus haut.

Peut-être parce que je la regarde différemment.

Je ne sais pas.

Je sais seulement que quelque chose m’attire là-haut.

Quelque chose que je ne connais pas.

Quelque chose que je n’ai jamais touché.

La lumière du soleil.

Je connais les chiffres.

Je connais les images.

Je connais sa température.

Je sais qu’il peut faire plisser les yeux.

Je sais qu’il peut réchauffer la peau.

Mais je ne sais pas ce que ça fait.

Je n’ai jamais senti sa chaleur.

Jamais.

L’ascenseur s’arrête.

Les portes s’ouvrent.

Un immense hall apparaît devant nous.

Il y a des centaines de jeunes.

Tous ont dix-huit ans.

Tous sont venus pour la même chose.

Certains parlent.

Certains rient.

D’autres sont seuls.

Certains ont le visage fermé.

Je sens mon cœur accélérer.

Maman pose une main sur mon épaule.

— Peu importe ce qui se passe.

Je la regarde.

Elle essaie de sourire.

Ses yeux brillent.

— Reviens-moi.

Ma gorge se serre.

Je hoche la tête.

— Promis.

Maya me saute dans les bras.

Je la serre contre moi.

Elle recule et lève les yeux vers moi.

— Et si tu montes…

— Oui ?

— Regarde-le pour moi.

Je souris.

Mais j’ai du mal à parler.

— Je te le promets.

Elle sourit à son tour.

Puis elle me dit quelque chose que je n’oublierai pas.

— Alors monte juste assez pour le voir.

Je la regarde.

Puis je lève les yeux vers l’immense ouverture au-dessus de nous.

Je ne sais pas ce qui m’attend.

Je ne sais pas jusqu’où je pourrai monter.

Je ne sais même pas si j’aurai réellement la chance de le voir.

Mais pour la première fois de ma vie, je me surprends à vouloir quelque chose que je n’ai jamais connu.

Le soleil.

Juste une fois.

Ce n’était que le début.

Le premier Test approche.

Chapitre 2 — bientôt…

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Great Character

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Strong Dialog

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