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Une rockstar pour Noël

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Summary

Quand un blizzard bloque mon vol à quelques jours de Noël, je m’attends à passer la pire soirée de ma vie. Jusqu’à ce qu’un inconnu beaucoup trop séduisant s’installe près de moi. Un verre devient deux, puis je découvre qu’il n’est pas vraiment un inconnu, mais une rockstar mondialement célèbre. Le hasard nous remet ensuite sur le même vol et, lorsqu’il m’avoue n’avoir personne avec qui passer Noël, je l’invite chez mes parents. Mauvaise idée, parce que mon ex sera là. Mon ex qui est aussi le meilleur ami de mon frère et qui semble décidé à me reconquérir. Alors ma rockstar improvise et prétend être mon petit ami. Le problème, c’est qu’à force de faire semblant, je commence à oublier ce qui ne l’est pas.

Genre
Romance
Author
Lara Dry
Status
9h ago
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
16+

01

Je savais que rentrer chez mes parents pour Noël était une mauvaise idée bien avant que l’aéroport décide de me donner raison. En réalité, je l’ai compris au moment exact où ma mère m’a appelée trois semaines plus tôt pour me demander, avec cette voix faussement détachée qu’elle réserve aux décisions qu’elle a déjà prises à ma place, si j’avais enfin réservé mon billet. J’aurais pu mentir. J’aurais même dû mentir. Malheureusement, ma mère possède une capacité presque surnaturelle à détecter mes hésitations au téléphone et, cinq minutes plus tard, je lui promettais d’être à la maison pour les fêtes tout en consultant les vols disponibles.

Me voilà donc assise au milieu d’un terminal bondé, une valise coincée entre mes jambes et un café hors de prix dans une main, à regarder le mot RETARDÉ clignoter à côté de mon numéro de vol depuis bientôt une heure. Autour de moi, l’ambiance commence à ressembler à une réunion de crise organisée par des gens qui viennent d’apprendre que Noël risque d’être annulé. Des enfants courent entre les sièges pendant que leurs parents tentent de négocier avec eux en utilisant des biscuits comme monnaie d’échange. Un homme en costume parle beaucoup trop fort dans son téléphone en répétant qu’il « doit absolument être à Denver demain matin », comme si la tempête allait entendre son argument, présenter ses excuses et déplacer les nuages pour lui faire plaisir. Deux rangées plus loin, une femme fixe le tableau d’affichage avec une intensité suffisante pour provoquer un décollage par télékinésie.

Je baisse les yeux vers mon téléphone et découvre trois messages de ma mère. Le premier me demande si j’ai décollé, le deuxième m’annonce que mon père prétend qu’il va également neiger chez eux, tandis que le troisième m’informe que mon frère vient d’arriver, accompagné d’un cœur rouge dont je me serais volontiers passée. Je grimace devant l’écran, parce que Mateo est déjà arrivé et que cela signifie probablement qu’Ethan ne tardera pas à faire la même chose.

Je verrouille mon téléphone avant que mon cerveau puisse approfondir cette information. Il n’existe aucune raison de penser à Ethan. Absolument aucune. Je suis une femme adulte, émotionnellement stable, raisonnable et parfaitement capable de passer quelques jours dans la même maison que mon ex sans replonger dans quatre années de souvenirs embarrassants. Cette affirmation serait beaucoup plus convaincante si mon estomac n’avait pas choisi cet instant précis pour se contracter.

Je prends une gorgée de café et manque de grimacer lorsque le liquide froid atteint ma langue. Même ma boisson a abandonné toute volonté de sauver cette journée, ce qui me paraît inutilement personnel. Mon téléphone vibre de nouveau et, cette fois, le nom de Mateo apparaît sur l’écran.

MATEO : Maman veut savoir où tu es.

Je lève les yeux au plafond avant de répondre que je me trouve dans un aéroport, concept assez fréquent avant de prendre un avion. Les trois petits points apparaissent presque immédiatement et je peux pratiquement imaginer son expression agacée à plusieurs centaines de kilomètres de là.

MATEO : Toujours aussi agréable. Noël va être magique avec toi à la maison.

MOI : C’est mon objectif. Je travaille très dur pour préserver ma réputation.

Sa réponse arrive quelques secondes plus tard et réussit à effacer mon sourire.

MATEO : Ethan sera là demain. Je préfère te prévenir avant que tu tombes sur lui dans la cuisine.

Je reste immobile quelques secondes en fixant le message. Voilà donc l’information que personne n’avait besoin de m’envoyer et que, malgré tout, toute ma famille semble juger essentielle à mon bien-être. Je commence une réponse, l’efface, en écris une deuxième beaucoup trop agressive, puis finis par poser mon téléphone sur ma cuisse avant d’envoyer quelque chose que je regretterais.

J’étais déjà au courant. Enfin, je m’en doutais, ce qui revient pratiquement au même lorsqu’on connaît Mateo et Ethan. Ils sont meilleurs amis depuis qu’ils ont onze ans et l’expression semble même insuffisante pour décrire leur relation. Ils ont grandi ensemble, joué dans la même équipe, fréquenté la même université et passé tellement de temps chez mes parents qu’Ethan pourrait probablement réclamer une part de la maison devant un tribunal et trouver un juge assez compatissant pour lui donner raison.

Avant notre relation, il était le meilleur ami de mon frère. Pendant notre relation, il était toujours le meilleur ami de mon frère et, après notre rupture, il est miraculeusement resté le meilleur ami de mon frère. Le seul élément qui ait réellement disparu de l’équation, c’est moi, ce qui est légèrement vexant quand on prend le temps d’y réfléchir.

Je n’ai pourtant jamais demandé à Mateo de choisir entre nous et je n’aurais pas voulu qu’il le fasse. Ethan faisait partie de sa vie bien avant de faire partie de la mienne, et notre rupture ne transformait pas soudain huit années d’amitié en dommage collatéral. Cela ne signifie pas pour autant que j’ai envie de prendre mon petit déjeuner avec lui en pyjama le matin de Noël pendant que ma mère nous observe discrètement pour analyser notre langage corporel.

Je récupère mon téléphone et réponds à Mateo que je le remercie pour cette information inutile. Il réplique qu’il préfère prévenir, ce qui m’arrache un soupir.

MOI : Prévenir aurait été utile avant que j’achète mon billet. Là, ça ressemble davantage à un avertissement de sécurité arrivé après l’accident.

MATEO : Tu serais venue quand même et tu le sais très bien. Maman aurait envoyé papa te chercher elle-même s’il avait fallu.

Je déteste qu’il ait raison. Ma mère ne m’aurait jamais laissé passer Noël seule sans déclencher une intervention familiale impliquant probablement mon père, trois appels vidéo, un billet réservé sans mon accord et une quantité inquiétante de culpabilisation maternelle. J’aurais donc fini par rentrer, Ethan ou pas Ethan.

Un nouveau message s’affiche avant que je puisse ranger mon téléphone.

MATEO : Il a demandé si tu venais cette année. Je préfère aussi te le dire avant que tu l’apprennes autrement.

Je fixe l’écran avec mon pouce suspendu au-dessus du clavier. Je pourrais demander pourquoi Ethan voulait savoir si je serais là, et la question se forme même toute seule dans mon esprit avant que je l’écrase avec toute la dignité dont je suis encore capable.

MOI : Et tu lui as répondu quoi, exactement ?

MATEO : Que oui. Je n’allais pas lui inventer une mission humanitaire au Pérou pour protéger tes émotions.

MOI : Passionnant. Merci pour ce reportage complet sur ma vie sentimentale inexistante.

MATEO : Laureen, tu peux arrêter deux secondes de faire comme si ça ne te faisait absolument rien ?

Je sais exactement ce que signifie mon prénom lorsqu’il apparaît seul ou presque dans un message de mon frère. Mateo utilise cette technique depuis l’adolescence. C’est sa manière légèrement moins vulgaire d’écrire : arrête tes conneries et parle normalement. Je décide donc, avec beaucoup de maturité, de ne pas lui donner satisfaction.

MOI : Je vais embarquer. Je te laisse gérer cette passionnante réunion de famille sans moi pendant quelques heures.

C’est techniquement un mensonge puisque mon avion n’a manifestement aucune intention de quitter le sol. Comme mon vol est toujours affiché sur le tableau des départs, j’estime néanmoins que ma réponse possède une petite part de vérité potentielle, ce qui suffit largement à ma conscience.

Je range mon téléphone dans mon sac et me lève pour aller vérifier le tableau une nouvelle fois. Les voyageurs commencent à s’agglutiner devant les écrans et plusieurs lignes rouges apparaissent désormais sous les numéros de vol. Des départs sont annulés les uns après les autres tandis que le mien reste obstinément retardé. Je décide que c’est encourageant, parce qu’à ce stade ma stratégie émotionnelle consiste essentiellement à m’accrocher au moindre détail qui ne signifie pas « vous allez dormir sur la moquette d’un aéroport ».

Une annonce grésille soudain dans les haut-parleurs et tout le terminal semble retenir son souffle. Une voix féminine nous informe qu’en raison des conditions météorologiques qui se dégradent, plusieurs départs ont été suspendus et que nous sommes invités à consulter régulièrement les écrans d’affichage ainsi que l’application des compagnies. Un grognement collectif traverse aussitôt la salle, réaction parfaitement adulte de plusieurs centaines de personnes découvrant qu’elles n’ont aucun pouvoir sur une tempête de neige.

Je retourne vers mon siège avant qu’un autre voyageur ne considère qu’il est désormais disponible et m’installe de nouveau. Dehors, les grandes baies vitrées donnent sur une piste devenue presque invisible. La neige tombe en rafales épaisses, emportée horizontalement par le vent, et même moi, qui n’y connais strictement rien en aviation, je peux comprendre qu’envoyer un avion là-dedans ne serait probablement pas une excellente manière de célébrer Noël.

Je déverrouille l’application de la compagnie et découvre un départ estimé à dix-neuf heures quarante. Il est dix-sept heures douze, ce qui me laisse un peu moins de deux heures et demie à tuer. Je peux survivre à deux heures et demie. Des gens ont survécu à des situations bien plus difficiles, même si aucun documentaire Netflix ne semble encore avoir été consacré aux voyageurs forcés de patienter dans un terminal avec un café froid.

Je sors mes écouteurs, choisis une playlist et tente de lire le roman que j’ai téléchargé hier soir. Au bout de quatre pages, je n’ai aucune idée du prénom de l’héroïne parce que mon cerveau revient systématiquement au même endroit : Ethan sera chez mes parents.

Nous avons rompu il y a huit mois et huit mois devraient être suffisants pour qu’une personne cesse d’avoir cet étrange pincement dans la poitrine lorsqu’elle pense à quelqu’un. J’ai même suivi toutes les étapes classiques avec un sérieux exemplaire : j’ai supprimé nos photos de mon écran d’accueil, déplacé celles de ma galerie dans un dossier que je n’ouvre jamais, arrêté de vérifier ses réseaux sociaux et refusé de demander à Mateo comment il allait. Je n’ai pas replongé, je n’ai envoyé aucun message alcoolisé à deux heures du matin et je n’ai pas « accidentellement » aimé une photo vieille de six mois. À mes yeux, mon comportement post-rupture mérite au minimum une médaille et éventuellement un certificat encadré.

Le problème, c’est que nous ne nous sommes pas séparés parce que nous avions cessé de nous aimer. Cela aurait probablement été beaucoup plus simple. Nous nous sommes séparés parce qu’à un moment donné, aimer quelqu’un n’avait plus suffi à nous maintenir dans la même direction, et je déteste encore la façon dont cette phrase peut être à la fois terriblement banale et douloureusement vraie.

Je secoue la tête et récupère mon café avant de me rappeler qu’il est devenu totalement imbuvable. Je refuse de passer les prochaines heures à analyser ma vie sentimentale dans un terminal d’aéroport, parce que c’est déprimant même selon mes propres standards. Je jette donc mon gobelet et pars à la recherche de quelque chose à manger.

Les restaurants sont bondés. Une file interminable serpente devant le seul fast-food encore ouvert et le petit kiosque voisin affiche déjà plusieurs ruptures de stock. Je finis par acheter un paquet de chips, une bouteille d’eau et une barre chocolatée pour un montant qui pourrait probablement financer l’acompte d’une petite voiture. Lorsque je reviens vers la porte d’embarquement, mon siège est occupé par un adolescent portant un casque énorme et suffisamment étalé pour occuper l’espace vital de trois personnes.

Sa mère lui demande aussitôt de se lever lorsqu’elle m’aperçoit, mais je secoue la tête en lui assurant que ce n’est pas grave et que je trouverai ailleurs. Elle me remercie avec un sourire si soulagé que je comprends qu’elle mène probablement cette bataille depuis plusieurs heures. Je m’éloigne donc en traînant ma valise à travers un terminal désormais saturé, où certaines personnes se sont assises par terre contre les murs tandis que d’autres rechargent leurs téléphones autour des rares prises disponibles comme si elles protégeaient la dernière source d’eau potable d’un pays en guerre.

Je marche jusqu’à l’autre extrémité du hall et repère enfin un petit bar moins bondé que le reste. Deux tabourets sont encore libres et je considère cela comme un authentique miracle de Noël. Je m’installe sur celui du bout, coince ma valise contre mes jambes et pose mon sac sur mes genoux avant d’attirer l’attention du serveur.

— Je vais prendre un verre de vin blanc, s’il vous plaît. Quelque chose d’assez efficace pour me faire oublier que mon avion refuse de quitter cet aéroport depuis plusieurs heures.

Le serveur attrape la carte posée sur le comptoir et la pousse vers moi avec un sourire amusé.

— Dans ce cas, il va falloir être un peu plus précise, parce que j’ai plusieurs vins blancs et aucun n’est officiellement homologué pour effacer les retards aériens.

Je parcours la liste sans comprendre la moitié des noms avant de lui rendre la carte.

— Choisissez celui qui a le plus de chances de me convaincre que dormir sur une moquette industrielle peut devenir une expérience de voyage enrichissante.

— Pour atteindre ce niveau d’optimisme, répond-il en récupérant la carte, je vais devoir vous servir directement la bouteille.

— Je savais que j’avais affaire à un professionnel. Je vous fais entièrement confiance pour gérer cette crise.

Il rit avant de se retourner et j’en profite pour consulter une nouvelle fois mon téléphone. Aucune nouvelle de la compagnie, ce qui n’empêche pas ma mère de m’envoyer une photo du sapin familial. Elle a encore ajouté suffisamment de décorations pour compromettre son intégrité structurelle et je souris malgré moi en découvrant son message m’annonçant qu’il ne manque plus que moi.

Je lui réponds que mon avion n’est toujours pas parti et son « Quoi ? » arrive si vite que je me demande si elle tenait déjà son téléphone entre ses mains. Un second message suit immédiatement pour me demander si j’ai parlé à quelqu’un sur place. Je ferme les yeux quelques secondes en imaginant la conversation qu’elle semble attendre de moi.

Bien sûr, maman. Je vais aller voir le pilote et lui demander s’il peut ignorer le blizzard parce que tu as prévu une dinde et que Mateo est déjà arrivé. Je suis certaine que la compagnie aérienne n’a simplement pas envisagé cette possibilité.

Je me contente de lui promettre que je la tiendrai au courant, puis mon verre arrive devant moi. Je remercie le serveur avant d’en boire une gorgée et décide que c’est déjà infiniment meilleur que le café, ce qui n’était certes pas un objectif particulièrement difficile à atteindre.

Une dizaine de minutes passent avant qu’une nouvelle annonce ne retentisse dans le terminal. Cette fois, je reconnais immédiatement le numéro de mon vol et me redresse sur mon tabouret en espérant entendre le mot « embarquement ». La voix dans les haut-parleurs nous informe au contraire que le vol 784 à destination de Denver est annulé en raison des conditions météorologiques et que les passagers concernés doivent utiliser l’application de la compagnie ou se rendre au comptoir d’assistance afin d’organiser leur réacheminement.

Je reste immobile, le verre à mi-chemin de mes lèvres, tandis que plusieurs personnes jurent autour de moi. Un homme laisse échapper un soupir si dramatique qu’il semble avoir perdu un membre de sa famille et un enfant commence à pleurer quelque part derrière moi. Je repose mon verre sur le comptoir avec une prudence excessive et regarde l’écran situé au-dessus des bouteilles, où les mots VOL 784 — ANNULÉ viennent de remplacer mon dernier espoir de rentrer ce soir.

C’est parfait. Absolument parfait, même si je commence à soupçonner l’univers d’avoir une définition très personnelle de l’esprit de Noël.

Je récupère mon téléphone pour annoncer cette excellente nouvelle à ma mère lorsqu’une voix masculine s’élève à côté de moi.

— À votre expression, j’imagine que votre vol vient de connaître le même destin tragique que le mien.

Je tourne la tête et découvre qu’un homme vient de prendre place sur le tabouret voisin. Il porte un bonnet noir enfoncé sur des cheveux sombres, un sweat à capuche sous une veste épaisse et des lunettes légèrement teintées alors que nous sommes à l’intérieur d’un aéroport en plein hiver. L’ensemble devrait lui donner l’air d’un type ayant confondu terminal et tentative ratée d’anonymat.

Ce n’est absolument pas le cas.

Je le regarde une seconde de trop avant de me reprendre et désigne l’écran d’un mouvement de tête.

— Pas du tout. Tout va merveilleusement bien. J’avais justement envie de découvrir le charme d’un terminal après minuit et de vérifier si leurs sièges sont aussi inconfortables qu’ils en ont l’air.

Le coin de sa bouche se relève tandis qu’il enlève ses gants.

— Vous avez de la chance, alors. J’entends dire que l’endroit est particulièrement demandé en décembre. Il faut normalement réserver des semaines à l’avance pour obtenir une place près d’une prise électrique.

Je regarde mon vol annulé sur l’écran, puis mon verre de vin, avant de reporter mon attention sur lui.

— Dans ce cas, j’espère au moins que le petit déjeuner est compris dans la formule. À ce prix-là, j’attends également un peignoir et un départ tardif.

Son sourire s’élargit et il s’appuie contre le comptoir avec une décontraction qui contraste franchement avec le chaos ambiant.

— Je crains que le peignoir soit en supplément, mais avec un peu de chance, ils vous offriront un paquet de biscuits et une couverture qui gratte. C’est pratiquement du cinq étoiles.

Un rire m’échappe avant que je puisse le retenir, et c’est probablement le premier depuis que l’écran de départ a commencé à jouer avec mes nerfs. Je lève mon verre dans sa direction avec un sérieux parfaitement feint.

— Vous savez vendre du rêve. Je commence presque à avoir hâte de voir ce que cette soirée me réserve.

Il incline légèrement la tête, comme s’il acceptait le compliment, et son sourire persiste derrière cette allure beaucoup trop discrète pour être complètement naturelle. Pour la première fois depuis que je suis arrivée à l’aéroport, je me dis que ma soirée vient peut-être de devenir un peu moins catastrophique.

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