CHAPITRE 2
Au fil des jours,malgré les regards en coin et les murmures venimeux qui continuaient de serpenter dans les couloirs du lycée, Camille et moi étions devenues inséparables. Le hasard faisait si bien les choses : nous étions voisines de quartier. Nos allées et venues entre nos deux maisons se sont faites de plus en plus naturelles. Sa famille m'invitait souvent à dîner, nous partageions nos repas dans une ambiance chaleureuse, et elle venait tout aussi souvent me rendre visite.
Mais au milieu de cette belle amitié, une phrase revenait constamment dans la bouche de Camille, comme un refrain nostalgique :
— Comment tu fais pour être aussi belle ? Si seulement j'avais ta beauté, ton teint, ta grâce…
Elle soupirait en me regardant, persuadée que le charme était un don tombé du ciel. Au début, cela me touchait, mais à la longue, j'en ai eu marre d'entendre ces complexes qui l'empoisonnaient. Un soir, alors qu'elle répétait encore sa fameuse complainte, je l'ai arrêtée net en la regardant droit dans les yeux.
— Tu sais Camille, on ne naît pas forcément belle, on le devient, lui ai-je dit doucement mais fermement. La beauté, c'est aussi de l'attention, du soin et de la discipline. Si tu veux que je te montre comment je prends soin de mon visage, quels exercices je fais pour entretenir mon corps et mes formes, et comment je m'alimente, viens chez moi. On habite juste à côté, profitons-en !
Ses yeux se sont illuminés. Dès lors, elle a commencé à venir presque chaque jour après les cours. Je lui ai montré mes routines de soins pour le visage, mes exercices ciblés pour sculpter la silhouette, mes secrets de beauté et notre façon de manger équilibré. C'était devenu notre petit rituel secret, un moment où elle apprenait peu à peu à prendre confiance en elle.
Puis est arrivé ce fameux mardi morning.
Ce jour-là, mon réveil n'a pas joué son rôle. Je me suis réveillée en sursaut, bien plus tard que d'habitude. Prise par la panique, j'ai dû me préparer à la hâte, ce qui m'a valu d'arriver en retard au lycée. Quand je suis enfin arrivée devant la porte de la classe, encore un peu essoufflée, j'ai jeté un coup d'œil vers mon bureau habituel.
À ma place, un garçon était installé.
Grand, carré, une carrure imposante qui attirait immédiatement l'attention, et surtout… des yeux bleus perçants d'une intensité troublante. Il dégageait une assurance presque insolente.
Je m'avance vers lui, bien décidée à récupérer mon territoire.
— Excuse-moi, c'est ma place ici, lui ai-je lancé poliment mais fermement.
Il a lentement levé les yeux vers moi, un léger sourire en coin dessinant ses lèvres. Sans même se décaler d'un millimètre, il m'a répondu d'un ton calme et détaché :
— Qui va à la chasse perd sa place.
Inutile de débattre : il n'allait pas bouger. Voyant la scène, Camille m'a fait de petits signes de la main depuis la table voisine et m'a chuchoté de venir m'asseoir à côté d'elle. Je me suis exécutée, un peu agacée par la froideur et l'arrogance du nouvel arrivant.
Une fois installée, je m'approche de Camille et lui chuchote à l'oreille :
— C'est qui ce mec ?
Camille m'a regardée avec des yeux grand ouverts, surprise que je ne sache pas de qui il s'agissait.
— Il s'appelle Aras, m'a-t-elle murmuré. C'est le garçon le plus convoité du lycée. Tout le monde a un énorme crush sur lui, mais il ne calcule personne. Il ne s'intéresse à aucune fille de l'école…
Elle s'est interrompue un instant, baissant encore d'un ton pour me révéler la suite.








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