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Gabriel, Julien et les Black Ravens

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Summary

**Gabriel, Julien et les Black Ravens** À 25 ans, Julien élève seul ses sept garçons. Entre les difficultés financières et son quotidien mouvementé, il n’a jamais eu le temps de penser à l’amour. Jusqu’au jour où il croise Gabriel Donovan, un puissant et séduisant président biker à la tête des Black Ravens. Entre un président au cœur tendre, sept enfants débordant d’énergie et des centaines de bikers prêts à tout pour protéger leur nouvelle famille, la vie de Julien va complètement basculer. **Une romance gay pleine d’amour, d’humour, de tendresse et de surprises, où la famille ne se construit pas seulement par le sang, mais aussi par le cœur.** *Plume Obscure*

Status
1d ago
Chapters
57
Rating
n/a
Age Rating
18+
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Chapitre 1 — Sept enfants, un papa et un président

Une rencontre inattendue — Les Black Ravens

Le samedi matin, à huit heures précises, la petite ville de Millbrook commençait déjà à s’animer.

La municipalité organisait sa grande fête annuelle des familles. Pour l’occasion, la place centrale avait été entièrement transformée.

Des châteaux gonflables, des stands de nourriture, des jeux gratuits, une brocante, une exposition de voitures anciennes et même une exposition de motos avaient été installés.

Cette année, le célèbre club des Black Ravens participait également à l’événement.

Trois cent cinquante bikers.

Un immense clubhouse situé à quelques kilomètres de la ville.

Et un président particulièrement respecté.

Gabriel Donovan, quarante-deux ans.

Un homme mesurant presque deux mètres, aux épaules larges, aux cheveux noirs et aux yeux verts.

Gabriel était célibataire.

Il n’avait jamais eu d’enfants.

Non pas qu’il détestait les enfants, bien au contraire. Mais entre son entreprise, son club et ses responsabilités, il n’avait jamais véritablement pris le temps de construire une famille.

Il était président des Black Ravens depuis douze ans.

Et aujourd’hui, il devait superviser l’exposition des motos du club.

— Gabriel !

Le président se retourna.

Logan, son vice-président de trente-neuf ans, arrivait avec deux cafés.

— Quoi encore ?

— Le maire veut te parler.

Gabriel leva les yeux au ciel.

— Il m’a déjà parlé hier.

— Apparemment, il veut te remercier pour les cinq mille euros que le club a donnés pour financer les animations gratuites.

— Il pourrait simplement nous envoyer une carte.

Logan éclata de rire.

— Tu sais bien qu’il adore faire des discours.

Gabriel récupéra son café.

— Et les gars ?

— Ils terminent d’installer les motos.

— Parfait.

Le président regarda la place.

Des familles commençaient déjà à arriver.

Il était loin d’imaginer qu’au milieu de cette foule se trouvait un jeune homme qui allait attirer son attention.

Une maison pleine de vieÀ quelques rues de là, dans une petite maison de trois chambres, un jeune homme tentait désespérément de préparer sept enfants.

— NOAH ! TES CHAUSSURES !

— JE LES TROUVE PAS, PAPA !

— ELLES SONT DEVANT TOI !

— AH OUI !

Julien Moreau, vingt-cinq ans, ferma les yeux quelques secondes.

Il adorait ses enfants.

Plus que tout au monde.

Mais certains matins, il avait sérieusement l’impression de diriger une petite armée.

Une armée particulièrement désorganisée.

— Lucas ! Tu peux m’aider avec Sacha, s’il te plaît ?

— Oui, papa !

Lucas, dix ans, était l’aîné.

Un petit garçon aux cheveux châtains, très protecteur envers ses frères.

Derrière lui arrivait Mathis, neuf ans, qui portait déjà son sac à dos.

Puis Ethan, huit ans, qui racontait une histoire dont personne ne comprenait véritablement le début.

Noah, six ans, cherchait maintenant sa casquette.

Léo, cinq ans, courait dans le salon.

Milan, trois ans, était assis sur le canapé avec son doudou.

Et Sacha, dix-huit mois, essayait de retirer ses chaussettes.

Pour la quatrième fois.

— Sacha, mon amour, laisse tes chaussettes !

Le bébé éclata de rire.

Julien soupira.

— Tu trouves ça drôle, hein ?

— Papa !

— Oui, Ethan ?

— Noah a mis du dentifrice dans ses cheveux !

Julien tourna lentement la tête.

Noah était devant le miroir.

Une magnifique traînée blanche traversait sa chevelure.

— Noah…

— Je voulais sentir bon !

Julien resta silencieux.

Puis il éclata de rire.

— Viens ici, mon cœur.

Il attrapa un gant de toilette humide et nettoya les cheveux de son fils.

Il était huit heures vingt.

Ils devaient partir dans dix minutes.

Autant dire que c’était mal engagé.

Un père de vingt-cinq ansJulien avait eu son premier enfant très jeune.

Depuis, sa vie avait été entièrement consacrée à ses garçons.

Le père des enfants était parti, le laissant seul avec toutes les responsabilités.

Julien n’avait jamais cherché à se plaindre.

Il travaillait comme employé polyvalent dans une entreprise de nettoyage.

Ses horaires étaient compliqués.

Son salaire était modeste.

Mais il faisait tout pour que ses enfants ne manquent de rien.

Il avait appris à réparer les vêtements, à cuisiner pour huit personnes avec un budget serré, à couper les cheveux, à gérer les devoirs et à soigner les petits bobos.

Il connaissait les allergies de chacun.

Leurs goûts.

Leurs peurs.

Leurs habitudes.

Et surtout, il savait reconnaître leurs pleurs, même au milieu d’une foule.

Aujourd’hui, il avait décidé de leur offrir une vraie journée de détente.

La fête était gratuite.

Les animations aussi.

Il avait préparé huit sandwichs, des fruits, des biscuits et plusieurs gourdes.

Il avait également emporté des couches, des lingettes, des vêtements de rechange et une petite trousse de secours.

— Bon !

Julien se plaça devant ses enfants.

— Tout le monde est prêt ?

— OUI, PAPA !

— On compte !

Lucas leva la main.

— Un !

— Deux ! répondit Mathis.

— Trois ! lança Ethan.

— Quatre ! cria Noah.

— Cinq ! ajouta Léo.

Milan leva timidement trois doigts.

— Six !

Julien désigna le bébé dans la poussette.

— Sept !

Sacha tapa joyeusement dans ses mains.

— Et huit avec papa ! ajouta Lucas.

Julien sourit.

— Exactement.

Il ouvrit la porte.

— Allez, mes amours. Direction la fête !

Neuf heures trente — La fête familialeLorsqu’ils arrivèrent sur la place, les enfants furent immédiatement émerveillés.

— PAPAAAA !

— Regarde le château gonflable !

— Et les motos !

— Et les voitures !

— Et les ballons !

Julien s’arrêta.

— Doucement, les garçons.

Il se baissa devant les plus jeunes.

— Vous vous souvenez des règles ?

— On reste avec papa ! répondit Lucas.

— On ne part pas tout seul ! ajouta Mathis.

— On demande avant de toucher ! déclara Ethan.

— Et on ne grimpe pas sur les motos ! précisa Noah.

Julien le regarda.

— Surtout toi.

— Mais papaaaa !

— Noah.

— D’accord.

Julien redressa la poussette.

Milan tenait sa main gauche.

Léo tenait la droite.

Les trois plus grands marchaient juste devant lui.

Noah, lui, était déjà fasciné par un énorme château gonflable.

— Papa, on peut commencer par ça ?

Julien regarda le panneau.

Animation gratuite — Enfants de 4 à 12 ans.

— Oui !

Les garçons poussèrent un cri de joie.

Julien sourit.

Pour une fois, il pouvait leur dire oui sans avoir à calculer ce qu’il lui resterait sur son compte bancaire.

Le président des Black RavensDe l’autre côté de la place, Gabriel Donovan terminait une conversation avec le maire.

— Encore merci, monsieur Donovan.

— Gabriel suffira.

— Votre club a vraiment permis d’organiser une magnifique journée.

— Les enfants méritent de s’amuser.

Le maire sourit.

— Vous devriez venir avec votre famille, un de ces jours.

Gabriel eut un léger sourire.

— Je n’ai ni femme, ni mari, ni enfants, monsieur le maire.

— Ah, pardonnez-moi.

— Aucun problème.

Logan, qui avait entendu la conversation, intervint.

— Par contre, il a trois cent cinquante grands gamins à surveiller.

Gabriel tourna la tête.

— Logan…

— Quoi ? C’est vrai !

Le maire éclata de rire.

Gabriel secoua la tête.

— Je vais aller voir si les motos sont prêtes.

Il s’éloigna avec son vice-président.

Une vingtaine de motos étaient exposées derrière des barrières de sécurité.

Les visiteurs pouvaient les admirer et, sous surveillance, les enfants pouvaient même s’installer sur certaines d’entre elles pour prendre des photographies.

— Mason !

Un biker immense leva la tête.

— Président !

— Tout est prêt ?

— Oui. On a installé deux motos spécialement pour les photos des enfants.

— Bien.

— Et on a des casques à leur taille.

Gabriel approuva.

— Parfait.

Puis son regard se posa sur un groupe d’enfants qui sortaient du château gonflable.

Six garçons.

Et un jeune homme qui les attendait avec une poussette.

Sept enfants à surveiller— Noah ! Attends ton frère !

Julien avait déjà les bras chargés.

Sacha voulait être porté.

Milan avait perdu son doudou.

Léo réclamait à boire.

Et Ethan racontait avec beaucoup d’enthousiasme comment il avait réussi à sauter plus haut que Mathis.

— Papa, t’as vu ?

— Oui, mon cœur.

— Mais t’as vraiment vu ?

— Oui, Ethan.

— Alors j’étais comment ?

Julien sourit.

— Comme une fusée.

— OUAIS !

Noah arriva en courant.

— Papa ! On peut aller voir les motos maintenant ?

— Attends que je retrouve le doudou de Milan.

Milan avait déjà les larmes aux yeux.

— Doudou…

Julien s’accroupit.

— Ne pleure pas, mon trésor. On va le retrouver.

Il fouilla sous la poussette.

Rien.

Dans son sac.

Rien.

Il regarda Lucas.

— Tu l’as vu ?

— Il l’avait dans le château gonflable.

Julien leva les yeux vers l’animateur.

— Excusez-moi, mon fils a perdu son doudou. Je peux regarder à l’intérieur ?

Quelques minutes plus tard, il ressortit avec une petite peluche bleue.

— Regardez ce que papa a retrouvé !

Milan poussa un cri de joie.

— DOUDOU !

Julien le lui tendit.

— Voilà, mon amour.

Il embrassa son front.

— Maintenant, on peut aller voir les motos.

Les garçons applaudirent.

À une trentaine de mètres, Gabriel avait observé la scène.

— Tu regardes quoi ? demanda Logan.

— Rien.

Logan suivit son regard.

— Ah.

— Quoi, ah ?

— Le petit brun avec tous les enfants ?

Gabriel haussa les épaules.

— Il a l’air jeune.

— Très jeune, même.

— Sept enfants ?

— Apparemment.

Gabriel observa Julien qui tentait maintenant de remettre la casquette de Noah tout en empêchant Sacha de jeter sa gourde.

— Il a du courage.

Logan sourit.

— Ça, c’est certain.

La découverte des motos— WOUAAAAAH !

Les six garçons venaient d’arriver devant l’exposition.

Julien s’arrêta immédiatement.

— On ne touche à rien sans demander !

— Oui, papa !

Un biker prénommé Victor s’approcha.

— Bonjour, les champions !

— BONJOUR !

Victor éclata de rire.

— Vous aimez les motos ?

— OUI !

— Alors vous êtes au bon endroit.

Il regarda Julien.

— Bonjour, monsieur. Les enfants peuvent monter sur deux motos pour les photos, si vous voulez.

Julien sourit.

— C’est gentil. C’est payant ?

— Non, absolument pas.

— Ah, parfait.

Victor ouvrit la barrière.

— Venez, les garçons.

Julien posa doucement une main sur l’épaule de Lucas.

— Tu surveilles tes frères pendant que je prends les photos, d’accord ?

— Oui, papa.

Les enfants montèrent chacun leur tour.

Noah était particulièrement enthousiaste.

— PAPA ! REGARDE ! JE SUIS UN BIKER !

Julien éclata de rire.

— Oui, mon grand, je vois ça !

— Je peux avoir une moto quand je serai grand ?

— Quand tu seras grand, tu pourras passer ton permis.

— Et après ?

— Après, on verra.

Victor sourit.

— Il a déjà la passion.

Julien secoua la tête.

— Lui, il a surtout la passion de tout ce qui fait du bruit.

Le biker rit franchement.

Un peu plus loin, Gabriel discutait avec deux membres du club.

Il entendit le rire de Julien.

Il tourna la tête.

Le jeune homme photographiait ses enfants.

Il avait un sourire magnifique.

Un sourire fatigué, certes, mais sincère.

Gabriel resta quelques secondes à le regarder.

Puis son téléphone vibra.

Un problème venait de survenir au garage du club.

Il s’éloigna pour répondre.

Et Julien ne remarqua même pas sa présence.

Midi — Huit sandwichsVers midi, Julien décida qu’il était temps de manger.

Il trouva une grande table à l’ombre.

— Les garçons, on s’installe !

Lucas aida Milan à grimper sur le banc.

Mathis distribua les gourdes.

Ethan récupéra les serviettes.

Julien sortit les sandwichs.

— Jambon-fromage pour Lucas.

— Merci, papa !

— Poulet pour Mathis.

— Merci !

— Fromage pour Ethan.

— Ouais !

Il continua jusqu’à ce que tout le monde soit servi.

Puis il installa Sacha sur ses genoux pour lui donner son repas.

Le bébé ouvrait grand la bouche.

— Voilà, mon petit cœur.

Julien lui tendit une cuillère.

Sacha la repoussa.

La purée atterrit sur le tee-shirt de son père.

Julien baissa les yeux.

— Magnifique.

Les enfants éclatèrent de rire.

— Papa, t’as de la purée partout !

— Merci, Noah, je n’avais pas remarqué.

Il nettoya son tee-shirt avec une lingette.

Puis il prit enfin son sandwich.

Il n’eut pas le temps d’en manger la moitié.

— Papa ?

— Oui, Léo ?

— J’ai encore faim.

Julien regarda son fils.

— Tu as mangé ton sandwich ?

— Oui.

— Et ta pomme ?

— Oui.

— Et tes biscuits ?

— Oui.

Julien sourit.

— Tu es un petit ogre.

Il coupa son propre sandwich en deux.

— Tiens.

Léo lui fit un énorme bisou.

— Merci, papa !

Quelques minutes plus tard, Noah voulut un morceau de fromage.

Puis Milan réclama un biscuit supplémentaire.

À la fin du repas, Julien n’avait presque rien mangé.

Lucas le remarqua.

— Papa ?

— Oui, mon grand ?

— Tu n’as pas fini ton sandwich.

— Je n’ai plus très faim.

Lucas fronça les sourcils.

— C’est pas vrai.

Julien sourit doucement.

— Lucas…

— Tu dis toujours ça quand tu nous donnes ta nourriture.

Le jeune père resta silencieux.

Son fils avait dix ans.

Et parfois, il comprenait beaucoup trop de choses.

Lucas prit alors la moitié de son sandwich.

— Tiens, papa.

— Mon cœur, mange.

— J’ai plus faim.

Julien leva un sourcil.

— Toi non plus ?

Lucas lui adressa un sourire malicieux.

Julien finit par accepter.

— Merci, mon grand.

Il embrassa les cheveux de son fils.

Un homme qui attire l’attentionSous le chapiteau des Black Ravens, Gabriel venait de terminer son déjeuner.

Logan regardait les visiteurs.

— Président ?

— Hum ?

— Tu as vu le jeune père de tout à l’heure ?

Gabriel leva la tête.

— Quoi ?

— Il est là-bas, avec ses enfants.

Gabriel suivit son regard.

Julien était assis à une table.

Il tenait son bébé contre lui.

Les autres garçons mangeaient tranquillement.

— Il doit avoir une sacrée organisation, commenta Gabriel.

— Sept enfants, à son âge…

— Tu sais quel âge il a ?

— Non.

Gabriel observa discrètement le jeune homme.

— Il doit avoir vingt-cinq ans, peut-être vingt-six.

Logan hocha la tête.

— Tu crois que c’est leur père ?

— Ils l’appellent tous papa.

— C’est vrai.

Gabriel prit une gorgée de café.

— Il est seul ?

— Depuis qu’il est arrivé, oui.

Le président ne répondit pas.

Il regarda Julien essuyer les mains de son plus jeune fils.

Puis remettre une casquette.

Puis ramasser une gourde.

Puis répondre à une question.

Le tout sans jamais perdre patience.

Gabriel esquissa un sourire.

— Sacré bonhomme.

Logan tourna la tête.

— Pardon ?

— Rien.

— Gabriel…

— Quoi ?

— Tu le trouves mignon ?

Gabriel lui lança un regard noir.

— Tu veux aller nettoyer les toilettes du clubhouse ?

Logan éclata de rire.

— Message reçu !

Quatorze heures — Une petite catastropheLa journée se poursuivait.

Julien avait décidé d’emmener les enfants à une chasse au trésor organisée par la municipalité.

Chaque enfant recevait une petite carte et devait retrouver plusieurs objets cachés autour de la place.

Les garçons étaient ravis.

Mais Julien commençait à fatiguer.

Il avait déjà marché plusieurs kilomètres.

Porté Sacha.

Porté Milan.

Retrouvé deux casquettes.

Changé trois couches.

Et réglé une dispute concernant un ballon rouge.

— Papa ! J’ai trouvé une étoile !

— Bravo, Ethan !

— Papa ! Moi aussi !

— Bravo, Noah !

Soudain, Léo trébucha.

Il tomba sur les genoux.

— AAAAAH !

Julien se retourna immédiatement.

— Léo !

Il s’accroupit devant son fils.

Le petit garçon pleurait.

Son genou était écorché.

— Oh, mon trésor…

Julien fouilla dans son sac.

Il sortit sa petite trousse de secours.

— Regarde-moi, mon cœur.

— Ça pique, papa !

— Je sais.

Il nettoya doucement la plaie avec du sérum physiologique.

Puis posa un pansement.

— Voilà.

Léo renifla.

— Bisou magique ?

Julien sourit.

— Évidemment.

Il embrassa le genou de son fils, juste à côté du pansement.

— Voilà. Réparé !

Léo sourit timidement.

— Merci, papa.

Julien le prit dans ses bras.

— De rien, mon amour.

À quelques mètres, Mason, un membre des Black Ravens, avait observé la scène.

Il rejoignit Gabriel quelques instants plus tard.

— Président, tu as vu le jeune père avec tous ses gosses ?

— Oui.

— Franchement, je sais pas comment il fait.

Gabriel sourit.

— Pourquoi ?

— Son gamin vient de tomber. Le type a sorti une trousse médicale de son sac comme un ambulancier. Il avait même des pansements avec des dinosaures.

Logan éclata de rire.

— Un père préparé.

— Préparé ? répondit Mason. Il a tout dans son sac ! Je suis sûr qu’il pourrait reconstruire une moto avec ce qu’il transporte !

Gabriel rit à son tour.

Seize heures trente — La fatigueAprès plusieurs heures à profiter de la fête, les enfants commençaient à montrer des signes de fatigue.

Sacha dormait dans sa poussette.

Milan avait demandé à être porté.

Léo traînait les pieds.

Noah, lui, semblait encore posséder une réserve d’énergie infinie.

— Papa, on peut refaire le château gonflable ?

Julien regarda son fils.

— Mon cœur, ça fait déjà trois fois.

— Mais c’est trop bien !

— Je sais.

— Encore une fois ?

Julien regarda sa montre.

Seize heures trente.

Il devait encore rentrer, préparer le dîner, donner les bains, laver les vêtements et préparer les affaires pour le lendemain.

— Non, mon grand. On va bientôt rentrer.

Noah fit la moue.

— D’accord…

Julien lui caressa les cheveux.

— On reviendra l’année prochaine.

— Promis ?

— Promis.

Les enfants commencèrent à se diriger vers la sortie de la place.

Julien avançait lentement.

Il poussait la poussette d’une main.

Milan était installé sur sa hanche.

Léo lui tenait le tee-shirt.

Lucas et Mathis portaient les sacs.

Ethan racontait sa journée.

Et Noah marchait en sautillant.

Ils passèrent une dernière fois devant les motos.

Gabriel se trouvait justement près de l’entrée de l’exposition.

Il discutait avec Logan.

Le président aperçut la petite famille.

Il se tut quelques secondes.

Julien passa à moins de cinq mètres de lui.

Mais il ne leva pas les yeux.

— Noah, reste près de moi.

— Oui, papa.

— Ethan, attention à la poussette.

— Oui !

— Lucas, tu as ta gourde ?

— Oui, papa !

— Mathis, vérifie que Léo a toujours sa casquette.

— C’est bon !

Gabriel observa le jeune père passer devant lui.

Il remarqua ses traits fatigués.

Ses épaules légèrement voûtées.

Mais aussi la tendresse avec laquelle il maintenait Milan contre lui.

Le petit garçon avait posé sa tête dans le cou de son père.

Julien lui embrassa doucement les cheveux.

— On rentre bientôt, mon trésor.

Gabriel ne dit rien.

Il aurait pu lui adresser la parole.

Lui souhaiter une bonne fin de journée.

Lui demander si les enfants s’étaient amusés.

Mais il comprit immédiatement que ce jeune homme avait déjà suffisamment de choses à gérer.

Alors il le laissa passer.

Sans l’interrompre.

Dix-sept heures — Une dernière observation— Gabriel ?

Le président détourna les yeux.

Logan le regardait avec un sourire.

— Quoi ?

— Tu viens de regarder ce type pendant presque une minute.

— Et ?

— Rien.

Gabriel croisa les bras.

— Logan.

— Oui, président ?

— Ne commence pas.

Son vice-président éclata de rire.

— Je n’ai rien dit !

Gabriel regarda une dernière fois la petite famille qui s’éloignait.

Les sept enfants marchaient autour de leur père.

L’un d’eux lui tenait la main.

Un autre portait son sac.

Le plus petit dormait dans la poussette.

Et malgré sa fatigue, Julien répondait encore patiemment aux questions de ses garçons.

— Il a sept enfants, murmura Gabriel.

— Oui.

— Et il est tout seul.

Logan haussa les épaules.

— Peut-être que son compagnon travaille.

Gabriel hocha la tête.

— Peut-être.

Il n’en savait rien.

Il ne connaissait même pas son prénom.

Il ignorait son âge exact.

Son métier.

Son histoire.

Et surtout, il ignorait que ce jeune père élevait réellement ses sept enfants sans aucun compagnon à ses côtés.

Gabriel finit par détourner le regard.

— Allez, on termine de ranger.

— Bien, président.

Dix-huit heures — Retour à la maisonLorsque Julien ouvrit enfin la porte de sa petite maison, il poussa un immense soupir.

— Les garçons, chaussures dans l’entrée !

— Oui, papa !

— Les sacs dans la cuisine !

— Oui !

— Et personne ne monte avec des chaussures sales !

Noah s’arrêta net au pied de l’escalier.

Julien le regarda.

— Noah…

Le petit garçon sourit innocemment.

— J’allais les enlever !

— Bien sûr.

Julien éclata de rire.

Il installa Sacha dans son parc.

Puis il posa Milan sur le canapé avec son doudou.

Les plus grands commencèrent à raconter leurs aventures.

Tous en même temps.

— Papa, tu te souviens de la moto rouge ?

— Et moi j’ai gagné un autocollant !

— Et j’ai sauté super haut !

— Et Léo est tombé !

— Même pas mal maintenant !

Julien sourit.

— Oui, mes amours. C’était une belle journée.

Lucas s’approcha.

— Papa ?

— Oui ?

— Tu t’es amusé, toi aussi ?

Julien regarda son fils.

La question le surprit.

Il réfléchit quelques secondes.

Puis il sourit.

— Bien sûr.

— Mais t’as pas fait de jeux.

— J’ai regardé mes sept garçons s’amuser. C’est déjà beaucoup.

Lucas lui fit un câlin.

Julien le serra contre lui.

— Je t’aime, mon grand.

— Moi aussi, papa.

Pendant ce temps, au clubhouseGabriel venait de rentrer avec les membres de son club.

Il s’installa dans son fauteuil habituel, un verre d’eau à la main.

Logan prit place en face de lui.

— Bonne journée ?

— Oui.

— Beaucoup de familles.

— C’était le but.

Un silence s’installa.

Puis Logan sourit.

— Tu sais, le petit brun…

Gabriel leva immédiatement les yeux.

— Quoi, le petit brun ?

— Celui avec les sept enfants.

— Qu’est-ce qu’il a ?

— Rien. Je trouve simplement que tu l’as beaucoup regardé.

Gabriel secoua la tête.

— Il m’a intrigué.

— Pourquoi ?

Le président réfléchit.

— Il était jeune. Il avait sept enfants autour de lui. Et malgré tout le bruit, les disputes et la fatigue, il leur parlait toujours gentiment.

Logan hocha la tête.

— C’est vrai.

— Il avait l’air d’être un bon père.

— Certainement.

Gabriel regarda son verre.

— J’espère simplement qu’il a quelqu’un pour l’aider à la maison.

Logan ne répondit pas immédiatement.

— Tu sais, Gabriel, il y a des gens qui font tout seuls.

Le président hocha lentement la tête.

— Je sais.

Il ne posa pas davantage de questions.

Après tout, ce jeune homme était un parfait inconnu.

Ils ne s’étaient jamais parlé.

Ils ne s’étaient même pas présentés.

Et Gabriel n’avait aucune raison de penser qu’ils se reverraient.

Pourtant, lorsqu’il monta se coucher ce soir-là, une image lui revint brièvement en mémoire.

Un jeune homme de vingt-cinq ans.

Sept enfants.

Une poussette.

Un sac énorme.

Et un sourire fatigué, mais rempli d’amour.

Gabriel sourit légèrement avant d’éteindre sa lampe.

À quelques kilomètres de là, Julien venait enfin de coucher son dernier enfant.

Il était vingt-deux heures trente.

Il s’assit sur son canapé, épuisé.

— Bon sang… sept enfants…

Il éclata doucement de rire.

Puis il regarda les photographies prises pendant la journée.

Ses garçons sur les motos.

Leurs sourires.

Leurs petites mains levées.

Il n’avait pas remarqué le grand homme aux yeux verts qui se trouvait sur l’arrière-plan de l’une des photos.

Un président biker de quarante-deux ans.

Un homme qu’il ne connaissait absolument pas.

Et qui, de son côté, ignorait jusqu’à son prénom.

Pour l’instant, Gabriel et Julien étaient encore deux étrangers.

Mais la fête de Millbrook n’était que leur premier croisement.

Fin du chapitre 1.

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