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Le Médaillon

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Summary

Anna, une jolie femme médecin belle et talentueuse, et pourtant, elle n'arrive pas à trouver l'homme de sa vie. Mais bientôt elle va découvrir sa vie antérieure passée à la seconde guerre mondiale , et là elle saura pourquoi.

Genre
Thriller
Author
Numidia
Status
10h ago
Chapters
1
Rating
3.0 (1 review)
Age Rating
18+

Chapter 1

Chapitre 1 :

Sur le vieux meuble en acajou du salon, une rangée de cadres en noir et blanc racontait une vie en trois étapes bien distinctes. Le premier cliché montrait une femme seule, le regard sérieux, figée dans la lumière d'une époque lointaine. Sur le second, cette même femme souriait timidement, le bras tendu vers un mari attentionné. Sur le dernier, elle posait fièrement, un éclat de bonheur dans les yeux, tenant sa fille contre elle.À Santa Monica, le soleil déclinait doucement sur l’horizon, étirant les ombres le long des routes côtières. Anna, une belle jeune femme blonde aux traits fins, conduisait sa voiture d'un geste machinal. Après avoir quitté les axes principaux, elle s'engagea dans une banlieue particulièrement calme et isolée, presque coupée du reste de la ville. Elle gara son véhicule devant une charmante bâtisse au style de cottage anglais, enveloppée par une végétation dense et parfumée. En passant le pas de la porte, une odeur familière de thé à la bergamote et de vieux papiers l’enveloppa instantanément.

— Coucou grand-mère ! lança-t-elle d'une voix chaleureuse pour annoncer sa présence.Ses yeux se posèrent immédiatement sur les photographies en noir et blanc qu'elle connaissait par cœur. Elle s'approcha du meuble et effleura délicatement le verre des cadres d'un geste tendre, un sourire nostalgique aux lèvres.

— Grand-mère ? répéta-t-elle en constatant le silence, tout en se dirigeant vers la chambre au fond du couloir.

— Je suis là, mon ange, répondit une voix douce mais terriblement fragile.Assise avec peine sur le bord de son lit, la vieille dame affichait une mine pâle, son corps frêle paraissant plus que jamais fragilisé par le poids de la vieillesse.

— Je me sens un peu fatiguée ces jours-ci, avoua la grand-mère dans un souffle en tentant de redresser ses épaules.

— C’est dommage, grand-mère... J’ai été tellement prise par mon boulot à l'hôpital. Mais je pense à toi chaque jour, je te le promets.

— Je le sais, mon cœur. Tu m'appelles toujours et je sais bien que ton travail de médecin n'est pas facile. C'est une lourde responsabilité.Anna s'avança, s'assit près d'elle sur le matelas et prit sa main ridée entre les siennes :

— Comment tu te sens, vraiment ?

— Fatiguée... Je sens que je vis mes derniers jours, murmura la vieille dame avec une lucidité tranquille.

— Grand-mère, ne dis pas ça ! Si tu te sens fatiguée, je veux te prendre chez moi en ville pour pouvoir prendre soin de toi à chaque instant.

— Non, ma puce, répondit-elle en secouant doucement la tête. Je ne survivrais pas au bruit et à l’agitation de la ville. Ici, il y a mon jardin. Toute cette verdure me donne un bien-être incroyable. C’est mon havre de paix.

— Dans ce cas-là, c’est moi qui vais prendre soin de toi ici. Je vais rester avec toi pendant quelques jours, jusqu'à ce que tu te sentes mieux.Un sourire radieux illumina le visage fatigué de l'aïeule :

— Oh, ma petite-fille... Ça me ferait tellement plaisir de te voir à mes côtés.Elle marqua une pause, puis ses yeux s'animèrent d'une lueur mystérieuse.

— Tiens, reprit-elle, j'ai quelque chose pour toi.D'un geste lent, luttant contre le tremblement de ses mains, elle ouvrit le petit tiroir de sa table de nuit. Elle en sortit un objet enveloppé de tissu, qu'elle déplia pour révéler un magnifique médaillon en or massif, ciselé de motifs anciens.

— Grand-mère, il est formidable ! Je ne t'ai jamais vue le porter, s'étonna Anna.Saisie d'une étrange fascination, elle prit le bijou. À cet instant, ses propres mains se mirent inexplicablement à trembler à leur tour, comme connectées à celles de la vieille femme.

— Prends-le, il est pour toi. C'est le médaillon que ma mère m'a donné juste avant son décès.Anna fit glisser le petit loquet pour ouvrir le médaillon. À l'intérieur, deux petites photos en noir et blanc se faisaient face. D'un côté, une femme d'une cinquantaine d'années au port altier ; de l'autre, une jeune femme au sourire lumineux.

— C'est qui, grand-mère ?

— C'est moi, et ma mère Adaline.

— Adaline... C'est un joli prénom. Merci grand-mère, c'est très touchant de ta part. Je le garderai pour toujours

.— Donne-le à ta fille quand tu seras vieille à ton tour, ajouta la grand-mère en fixant Anna avec intensité.

— D'accord, grand-mère. C'est promis.Subitement émue, Anna fixait le bijou au creux de sa paume. Une sensation de lourdeur s'empara d'elle. En observant les gravures de l'or, une certitude étrange déforma ses traits : ce médaillon lui était familier. Quelque chose d'unique émanait de cet objet, et une voix au fond d'elle lui soufflait que ce n'était pas la première fois qu'elle le voyait. Mais où ? Et quand ?

— Je te laisse te reposer, grand-mère. Je suis dans la chambre d'à côté si tu as besoin.

Une fois seule dans sa chambre d'invitée, Anna s'approcha de la coiffeuse. Devant le miroir, elle passa la chaîne autour de son cou et toucha le médaillon qui reposait sur sa peau. Soudain, le décor autour d'elle sembla s'effondrer. Elle fut percutée par un flash-back soudain, vertigineux, d'une netteté effrayante : elle vit les mains d'une autre femme, vêtue d'habits d'une autre époque, caresser ce même morceau d'or. Prise d'un terrible étourdissement qui menaçait de la faire tomber à la renverse, Anna se jeta en avant et s'appuya lourdement sur la coiffeuse, le souffle court, attendant que le sol cesse de tanguer. Elle se ressaisit, le cœur battant à tout rompre.Le lendemain matin, l'ambiance feutrée du cottage fit place à celle, électrique, du Saint John's Health Center. Dans les couloirs immaculés de l'hôpital, Anna, vêtue de sa blouse blanche, parcourait le dossier d'un malade pour analyser ses constantes médicales.

— Tout va bien pour toi, dit-elle au patient assis sur son lit avec un sourire professionnel. On va te garder encore un jour en observation, puis tu pourras sortir.

— Merci, docteur, répondit le malade, soulagé.

Soudain, le haut-parleur du couloir crachota une alerte d'urgence. On réclamait un médecin immédiatement pour une réanimation. Anna courut vers la salle de déchocage. Le patient qui venait d'arriver était en état de choc critique, la ligne du scope cardiaque oscillant dangereusement. Anna s'approcha à grands pas, prépara le matériel, mais au moment précis où elle entama les premières manœuvres de réanimation, un mur invisible se dressa devant elle.

Tout à coup, elle arrêta tout. Ses bras se figèrent. Une panique viscérale lui tordit les boyaux. Elle ne put continuer. Autour d'elle, les bips des machines devinrent assourdissants, mais elle commença à s'essouffler. Le souffle totalement coupé, ses mouvements ralentirent jusqu'à l'immobilisation complète.

Sa meilleure amie Laura, elle aussi médecin dans le service, s'en aperçut et s'alarma :

— Anna... Anna... Qu'est-ce qui se passe ? Anna !

Mais Anna était totalement figée, les yeux écarquillés de terreur, reculant lentement vers la porte comme si elle voyait un fantôme. Face à l'urgence, Laura n'eut pas le choix : elle prit immédiatement le relais et commença la réanimation, tandis qu'Anna s'enfuyait de la pièce.

Elle se précipita dans la solitude de son bureau, verrouilla la porte, attrapa un sachet en papier sur son bureau et expira bruyamment dedans. Elle tenta de caler son rythme respiratoire sur les mouvements du sachet pour évacuer cette angoisse dévorante qui menaçait de la submerger.

Quelques minutes plus tard, Laura frappa doucement et rejoignit son amie :

— Anna, chérie, est-ce que tout va bien ?

— Oui... répondit Anna, sa voix tremblant encore alors qu'elle luttait pour retrouver son souffle.

— Anna, ça t'arrive de plus en plus souvent, s'inquiéta Laura en s'asseyant en face d'elle. À chaque fois qu'un malade en état de choc vient aux urgences, tu perds le contrôle. Laisse-moi t'aider, s'il te plaît.

— Tu ne peux pas m'aider, répliqua Anna en détournant le regard.

— Est-ce que tu as vécu la mort d'un proche dans le passé qui aurait créé un blocage ?

— Mes parents... Mais j'étais très petite. Je n'ai pas assisté à ce qui s’est passé à l'hôpital après leur accident de voiture. Je n'ai aucun souvenir de cela.

— Dans ce cas, qu'est-ce qui te met dans cet état ? Tu devrais consulter un psy, Anna. Tu ne peux pas rester comme ça.

— Oh... Je ne sais pas.

— Laisse-moi t'aider. Je connais une excellente psychothérapeute, je sais qu'elle pourra t'aider à comprendre ce qui se passe en toi.


— D'accord... soupira Anna, épuisée d'avoir lutté. Mais maintenant, j'ai juste besoin de rentrer à la maison.

— D'accord. Quand tu seras prête, dis-le-moi.

Anna sortit de l'hôpital quelques minutes plus tard, l'esprit complètement bouleversé. Elle monta dans sa voiture et inséra la clé dans le contact lorsqu'une silhouette familière apparut à sa vitre. C'était Éric, un médecin de leur service, un homme blond, particulièrement charmant et sûr de lui. Il sourit à travers la vitre baissée.

— Tu pars déjà ?

— Éric ? Qu'est-ce que tu fais là ?

— Je t'ai vue sortir, tu semblais inquiète. Alors je suis venu pour savoir ce qu'il t'arrive... Ou bien ton angoisse est survenue encore ?

— Tout va bien, répondit Anna d’un ton un peu sec, secouée par l'intrusion.

--D'accord... Je sais que tu as déjà refusé mon invitation la dernière fois, mais je n'ai pas le choix, je dois te la proposer encore. Tu es libre pour un verre ?

— Éric, je... Une autre fois, promis, balbutia-t-elle, incapable de soutenir une conversation séductrice à cet instant.

— Okey, tu viens de promettre, retiens bien ça, dit Éric avec un léger sourire dragueur avant de reculer.

Anna démarra en trombe. Au milieu de la route, alors qu'elle roulait sur la voie rapide, ses yeux rencontrèrent son propre reflet dans le miroir du rétroviseur, puis descendirent vers son cou. Elle repéra le médaillon en or que sa grand-mère lui avait donné. Sans réfléchir, elle le toucha légèrement du bout des doigts.

L'impact fut immédiat. Elle fut prise d'un violent vertige, doublé d'un vague flash-back, une tempête d'images floues qui bouscula ses sens et lui fit perdre complètement le contrôle de la voiture. Le véhicule fit une terrible embardée. Elle faillit percuter de plein fouet une voiture arrivant en sens inverse dans un crissement de pneus effroyable, mais, dans un ultime sursaut de lucidité, elle réussit tout de même à ramener sa voiture sur le côté de la route, évitant le pire.

Exacerbée par l'angoisse, les mains agrippées au volant, Anna respirait bruyamment. Elle ne comprenait absolument pas ce qui venait de lui arriver. De retour à la maison, face à son miroir, elle regarda encore le médaillon. C'était une certitude mathématique : cet objet réveillait un souvenir vague en elle, mais sa mémoire refusait de lui révéler ce que c'était.

La nuit tombée, pour chasser ses idées noires, elle apporta un plateau à sa grand-mère, toujours installée dans son lit douillet. La vieille dame n'avait aucune maladie déclarée, mais ses forces semblaient décliner doucement, comme une bougie en fin de course.

— Tiens grand-mère, je t'ai préparé un délicieux velouté de légumes.

— Est-ce que tu as mis la citrouille ? demanda l'aïeule, un faible sourire aux lèvres.

— Bien sûr, grand-mère ! Je sais que t'en raffoles.

— Ma petite-fille adorée... Je t'aime si fort, murmura-t-elle en lui serrant faiblement la main.

— Je t'aime aussi, grand-mère.

Le lendemain midi, dans le couloir animé de l'hôpital, Anna et Laura marchaient côte à côte, s'apprêtant à aller déjeuner à la cafétéria.

— Laura... Il faut que tu m'aides, commença Anna d'une voix basse. Donne-moi le numéro de ta psychothérapeute.

Laura s'arrêta net, surprise mais soulagée :

— Oui, bien sûr ! Mais... ça va ?

— À part le fait que j'ai failli percuter une voiture hier à cause d'une absence, ça va, oui.

— Oh, mon Dieu ! Dieu soit loué qu'il ne t'est rien arrivé ! Et Éric ?

— Éric m'a encore proposé un rendez-vous.

— Et tu as refusé encore ?

— J'ai reporté, il y a une différence, rectifia Anna en reprenant sa marche.

— Anna, franchement, tu refuses tous les hommes qui t'approchent. Il n'y en a aucun qui a réussi à t'attirer ? Éric... Bon, d'accord, il est un peu mystérieux, mais il est très charmant !

— Il n'y a aucun homme qui a réussi à m'attirer, c'est fou... À ce compte-là, je doute de mon homosexualité ! lança Anna sur le ton de la plaisanterie.

— Hahaha ! rit Laura en tapant affectueusement l'épaule d'Anna. T'es drôle... Écoute, donne une chance à Éric. Même si tu sens de l'indifférence envers lui pour l'instant, peut-être qu'un jour tu tomberas amoureuse de lui, dit Laura en posant son plateau sur la table de la cafétéria.

— Emm... Si tu insistes.

— Tiens, voici la carte de la psychothérapeute, je l'ai ramenée exprès pour toi, dit Laura en lui tendant un petit carton blanc.

— Toi, t'es vraiment ma meilleure amie.

— Oui, je sais, répondit Laura avec un clin d'œil complice avant de s'asseoir.

Seule face à son assiette, Anna glissa la carte dans sa poche, sa main frôlant à nouveau le médaillon caché sous sa blouse. Elle prit une décision : il fallait que ce mystère s'arrête.

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