Chapter 1 une rentrée pas comme les autres
La sonnerie stridente de mon réveil mit brutalement fin à mon rêve.
J'ouvris péniblement les yeux, encore prisonnière de mes pensées. Mon cœur battait déjà trop vite, et une étrange angoisse commençait à me ronger les entrailles.

Pourquoi fallait-il que ce jour arrive si vite ?
La rentrée scolaire.
Rien que d'y penser, j'avais l'estomac noué. Pour certains, c'était l'occasion de retrouver leurs amis, de découvrir de nouveaux visages et de commencer une nouvelle année pleine de promesses. Pour moi, c'était tout simplement le début d'un nouveau combat.
— Kaira ! Dépêche-toi, ma chérie ! Tu vas finir par être en retard !

La voix de ma mère me tira de mes pensées. J'étais dans la salle de bains lorsque je l'entendis m'appeler.
Je pris une profonde inspiration, me préparai aussi vite que possible, puis rejoignis la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner.
C'est en prenant mon repas que j'entendis à nouveau la voix de ma mère.
— Allons, ma chérie, prête pour ton premier jour d'école ?
Je poussai un soupir.
— Hum ! T'as pas idée, maman…
Elle me regarda avec un petit sourire avant de reprendre :
— Oh, chérie, je sais que tu détestes les premiers jours d'école, mais cette fois, peut-être que les choses seront différentes. Tiens, Mathieu sera dans la même école que toi !
Je relevai légèrement la tête.
Mathieu.

Mon meilleur ami depuis trois ans déjà. Le seul qui avait réussi à apprivoiser mon côté introverti, à me faire parler lorsque je préférais garder le silence et à me redonner le sourire lorsque j'avais l'impression que tout allait de travers.
Il était devenu mon ami, mais aussi mon protecteur. Le seul enfant de mon âge en qui je pouvais me confier sans avoir peur d'être jugée.
J'avais passé mes années de primaire et de collège avec la peur au ventre, toujours la cible des moqueries. Les mots blessants, les regards méprisants et les rires des autres avaient fini par laisser des traces que le temps n'avait pas complètement effacées.
Aujourd'hui encore, le traumatisme était là.
Et même si Mathieu faisait de son mieux pour m'aider à avoir confiance en moi, certaines blessures ne disparaissaient pas aussi facilement.
Je baissai les yeux vers mon assiette.
— Oui, mais ça ne veut pas dire que je vais soudainement aimer l'école, marmonnai-je.
Ma mère laissa échapper un petit rire.
— Tu verras bien, ma chérie.
C'est là que je vis un message apparaître sur l'écran de mon téléphone.le nom de Mathieu s'afficha
- coucou kai déjà réveillée ? Je serai un peu en retard je fais un petit détour avec mon père on se croise à la fin des cours ? Bisous.
Je refermais mon téléphone et pris une grande gorgée de jus , je terminai mon petit-déjeuner sans ajouter un mot.
Quelques minutes plus tard, je quittai la maison, le ventre noué et les pensées déjà envahies par mille scénarios catastrophiques.
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Une fois dans le bus scolaire, je m'installai près de la fenêtre, espérant trouver un peu de tranquillité. Je posai mon sac à côté de moi, sortis mes écouteurs et tentai de me distraire avec un peu de musique.
Malheureusement, rien ne semblait fonctionner.
Mes mains tremblaient légèrement. J'avais l'impression que l'air me manquait et que chaque minute qui me rapprochait de l'école rendait mon angoisse un peu plus insupportable.
Je tournai la tête vers la fenêtre.
Le bus ralentit à un arrêt, et mon regard se perdit un instant dans le paysage. Les feuillages aux couleurs de l'automne se balançaient doucement sous le vent. Certaines feuilles, déjà détachées des branches, virevoltaient sur le bord de la route avant de retomber sur le sol.
C'était beau.
Pendant quelques secondes, j'en oubliai presque la raison de mon inquiétude. Le monde semblait si calme à l'extérieur, si différent du tumulte qui régnait dans ma tête.
Puis le bus reprit sa route.
Et avec lui, mes angoisses revinrent.
Je sortis mon téléphone et ouvris notre conversation avec Mathieu. Comme s'il avait deviné que j'étais sur le point de paniquer, un nouveau message apparut sur mon écran.
Mathieu : N'oublie pas, Kaira, tu es exceptionnelle et je serai toujours là pour toi. Allez, souris un peu. Je peux presque voir ta tristesse à travers l'écran !
Je fixai son message pendant quelques secondes avant de laisser échapper un petit sourire.
Ce garçon était vraiment impossible.
Moi : T'es pas possible, Math ! 😂😂😂 T'inquiète pas, je vais bien !
J'accompagnai mon message de trois stickers souriants, histoire de le convaincre que tout allait bien.
La vérité, c'était que je n'allais pas bien du tout.
Mais je ne voulais pas l'inquiéter. Mathieu avait déjà fait tellement de choses pour moi que je ne voulais pas lui donner l'impression que ses efforts ne servaient à rien.
Je rangeai mon téléphone et regardai à nouveau par la fenêtre.
Bientôt, le bus s'immobilisa devant l'établissement.
Mon cœur se mit à battre plus fort.
Ça y est.
J'étais arrivée.
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Je descendis du bus, ajustai les bretelles de mon sac sur mes épaules et avançai vers le bâtiment principal.
Autour de moi, les élèves se retrouvaient dans des éclats de rire, s'appelaient de loin et racontaient déjà leurs vacances. Certains semblaient impatients de commencer cette nouvelle année, tandis que d'autres se plaignaient de devoir reprendre les cours.
Moi, je n'avais qu'une envie : disparaître.
Je cherchai Mathieu du regard, mais il n'était pas là.
Je savais qu'il devait rejoindre sa propre salle de classe, dans un bâtiment situé un peu plus bas que le mien. Pourtant, j'aurais aimé le voir ne serait-ce qu'une minute avant de me retrouver seule face à cette nouvelle journée.
Je pris une profonde inspiration et me dirigeai vers ma salle.
Lorsque j'en franchis la porte, elle était encore vide.
Je poussai un soupir de soulagement.
Au moins, je n'aurais pas à affronter immédiatement les regards de plusieurs dizaines d'élèves.
Je m'installai au fond de la classe, à une table où je pourrais rester discrète, puis sortis mes affaires. Je décidai ensuite de remettre mes écouteurs pour écouter un peu de musique en attendant l'arrivée des autres.
Quelques minutes plus tard, les premiers élèves commencèrent à entrer.
Puis d'autres.
Et encore d'autres.
La salle se remplit progressivement de nouveaux visages, tous plus beaux les uns que les autres. Les conversations se multipliaient, les rires devenaient plus bruyants et les chaises raclaient le sol.
L'angoisse menaçait de m'envahir.
Mes mains se mirent à trembler de nouveau. J'avais chaud, puis froid, et j'avais cette désagréable impression que tous les bruits autour de moi devenaient de plus en plus forts.
Je retirai mes écouteurs et pris une grande gorgée d'eau pour essayer de me calmer.
Respire, Kaira.
Tout va bien.
Ce n'est qu'une rentrée scolaire.
Je me répétai ces mots plusieurs fois, sans parvenir à m'en convaincre complètement.
Les conversations entre les élèves continuaient de plus belle lorsque, soudain, la porte s'ouvrit.
Un homme entra dans la salle.
À en juger par son allure sérieuse, il ne semblait pas du genre à tolérer le moindre désordre.
Il posa ses affaires sur le bureau et balaya la classe du regard. Peu à peu, les conversations diminuèrent, jusqu'à ce qu'un silence relatif s'installe.
— Bonjour, chers élèves.
— Bonjour, monsieur ! répondirent plusieurs voix.
Il hocha la tête avant de poursuivre :
— Je suis Monsieur Deuroy, votre professeur principal. Nous allons commencer sans plus tarder. Mais avant toute chose, je tiens à vous signaler que ce bruit est assourdissant. J'aimerais donc que vous appreniez à vous comporter correctement en classe.
Il marqua une courte pause, puis reprit d'un ton ferme :
— Ensuite, je vais devoir vous attribuer de nouvelles places. Vous devrez les respecter jusqu'à la fin de l'année, sous peine de sanction.
À ces mots, j'eus l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds.
Non.
Pas ça.
Tout, mais pas ça.
J'avais déjà du mal à supporter l'idée de passer cette journée entourée de personnes que je ne connaissais pas. Alors, devoir changer de place et me retrouver assise à côté d'un inconnu…
Rien que d'y penser, mon estomac se nouait davantage.
Je baissai les yeux vers mes mains, priant intérieurement pour que le professeur ne me place pas à côté de quelqu'un qui me mettrait mal à l'aise.
Mais au fond de moi, je savais que je ne pouvais pas contrôler ce qui allait se passer.
Et c'était précisément ce qui me faisait le plus peur.








