PROLOGUE
"Une seconde d’inattention, et tout bascule..."
Novembre 2023
𝐕𝐀𝐋𝐄𝐑𝐘𝐀
La pluie est presque torrentielle. Mes cheveux sont complètement humides, ma robe noire est sûrement bonne à jeter, mais je m’en fiche. Mes larmes se mélangent aux gouttes tombant du ciel, le temps est gris, tellement gris qu’on se croirait presque en pleine milieu de la nuit.
Pourtant, la soirée vient à peine de commencer.
— Tu n’es pas responsable de ce qu’il s’est passé, Valerya.
— J’étais avec lui dans la voiture, papa.
— Ton frère mériterait sa place en tant que chef. Malheureusement, cela ne pourra jamais aboutir, continue-t-il.
Est-il sérieux d’employer le travail en plein deuil ? Mes dents viennent mordre ma lèvre inférieure, pour tenter de ne pas dire quelque chose que je pourrais regretter par la suite.
— Valentino sera à jamais dans mon cœur. Mon fils aîné... soupire mon père, avant de détourner les talons et de partir du cimetière.
Les quelques membres du cartel suivent mon paternel, abrités sous un parapluie sombre. Matt, le plus jeune, me tend une de ses protections, que je refuse d’un bref geste de la main.
— Tu sais que j’appréciais ton frère, Val.
Je hoche la tête, aucun mot n’ose franchir la barrière de mes lèvres. Pourtant, qu’est-ce que j’aimerais être aussi forte que tous les membres de la bande.
— Ton père m’a proposé sa place de chef, elle me sera attribuée dans une année maximum.
— Papa t’a donné la place de Valentino ? rétorqué-je, la gorge nouée.
C’est quoi, cette histoire ? La règle est de ne pas transmettre la place de chef à quelqu’un qui n’est pas de la famille par sang, alors pourquoi la proposer au meilleur ami de mon frère et pas à son deuxième enfant. En l’occurrence, qui n’est d’autre que moi.
— Va savoir, il m’a proposé et... j’ai accepté.
— Tu connais très bien la règle sur la donation du pouvoir, pourquoi avoir accepté ?
En guise de réponse, il hausse les épaules et pince ses lèvres. Il pose sa main sur mon épaule et me salue rapidement avant de partir aussi vite qu’il le peux, me laissant seule face à la pierre tombale de mon frère.
Je ne comprends pas le choix de papa, pourquoi avoir fait ça ? OK je suis une femme, mais ça ne veux pas dire que je n’ai pas les épaules pour affronter tous les devoirs et obstacles d’un chef de la mafia.
— Qu’est-ce que tu aurais fait à ma place, Valentino ? murmuré-je.
Le silence me répond, je m’en doutais. Une tombe ne parle pas.
Alors, je me contente d’embrasser la pierre gelée et tourne le dos à la photo de mon frère qui souriait, innocent de son funeste destin.
La nuit s’installe progressivement, tout autour de moi n’ai plus que pénombre. Heureusement, la lune a réussi à se dégager des nuages et m’aide à me repérer jusqu’à la sortie du cimetière.
Les rues de Seattle sont peu bondées, la pluie à repris de plus belle et tous les gens censés d’esprit son abrité dans un bar, sous un abribus ou encore dans des boutiques. Pour passer d’un quartier à un autre, je décide de passer dans une ruelle, le genre sombre et que très peu éclairer.
Avec un peu de chance, je ne tomberais pas sur un écervelé ou un ivrogne qui veut mon numéro de téléphone. Je tourne à gauche et marche d’un pas rapide, tête baissée, je ne fais pas attention à l’environnement autour de moi.
— ...Alors petite merde, tu vas répondre ?!
La voix est lointaine mais paraît si près de moi que je m’arrête brusquement. Mon regard observe tout autour de moi, mais je ne vois personne. Des brins de voix s’entendent, par curiosité j’emboite le pas à la pointe des pieds, me faisant la plus discrète possible.
— ...Réponds à ma question ! Tu le connaissais bien pourtant,tu travaillais pour lui avant ! beugle la voix.
Sa voix est si cinglante et forte qu’elle me fait sursauter. Toujours dans la discrétion, je passe ma tête de derrière le mur, afin de voir ce qu’il se passe.
Un homme d’une trentaine d’années est à genoux, du sang coule le long de sa tempe, sa joue et atterrit sur son épaule ou une grosse tâche rougeâtre apparaît.
Face à lui, un deuxième type, beaucoup plus jeune que lui, les cheveux sombres, tient une arme dans sa main, en plissant des yeux, je peux deviner qu’il s’agit d’un pistolet qui est rivé sur son front.
Derrière le type au sol, se trouve un blond qui assiste à la scène, les mains dans les poches de son jean.
— Je te jure que je ne sais rien sur cette histoire ! beugle le trentenaire, les mains en l’air.
Le brun colle un peu plus son arme entre les deux yeux de ce dernier, qui tremble de peur tout en émettant un cri de frayeur.
— Donc tu es innocent ? Tu ne connais rien à ce sujet ?
— Absolument ! Je te le jure, tu me connais Her-
Il n’a pas le temps de finir sa phrase que l’homme armé tire et fait exploser sa cervelle dans la ruelle et le mur juste à côté. Un hoquet de surprise m’échappe, et je viens plaquer ma paume contre ma bouche. Je ne m’attendais pas à voir cela de mes propres yeux un jour.
Papa à toujours fait en sorte de me protéger de ce genre de situation, il savait très bien qu’avec les risques d’être un chef de cartel, ses enfants allaient un jour être exposés au danger tout comme lui.
Mais aujourd’hui, il n’a pas été en mesure de me sauver. Le héros que je considérais quand j’étais petite...
Un long silence s’ensuit. Après le bruit du coup de feu qui a fait bourdonner mes oreilles tant s’était fort, ma respiration est saccadée. Une crise d’angoisse est en train de prendre possession de mon corps, tel un démon en furie.
— Montre-toi, annonce une voix rauque.
Mon corps se fige, ne sachant pas quoi faire. Est-ce à moi qu’il s’adresse ? Un soupir agacé résonne dans la petite ruelle.
— Dépêche-toi, je n’aime pas que l’on me fasse attendre, siffle-t-il.
Dois-je m’enfuir en courant ? ou me montrer ? La première option est un choix judicieux. Néanmoins, si il a vu mon visage, il n’aura aucun mal à me retrouver en moins de temps que j’aurais dis ouf. Et ça, je le sais très bien, étant naît dans le milieu de l’illégalité, je connais presque tous les vices.
A contre-coeur, je décide de sortir de ma cachette. J’aurais dû m’enfuir tant que je le pouvais, mais je n’ai pas su réfléchir assez vite.
Comme le jour de l’accident, en laissant ton frère périr lorsque tu as tenté de te sauver.
Tu es égoïste, Valerya.
— T’es qui ? me questionne le brun avant de griller le bout d’une cigarette.
Ce type fume après avoir tué quelqu’un, comme si cela était normal. Est-il sain d’esprit pour commettre ce genre de geste ? Même si ça fait partie des choses clandestines de ce milieu. Mon estomac se retourne rien que de voir le corps du trentenaire gisant sur le sol, baignant dans son propre sang qui continue de se propager autour de lui.
— Pourquoi dirais-je mon nom ? On ne s’est jamais vu.
— Peut-être, mais ton visage me semble familier, sur certains traits.
Il n’a pas tort, j’ai toujours eu la même forme des yeux et du nez que mon père. J’ai aussi hérité de la couleur de ses cheveux, du châtain clair.
— Mon visage est commun, on me le dit souvent.
Heureusement, durant mon enfance, papa m’a souvent formé à me défendre et à avoir un certain don d’orateur face à des ennemis ou des personnes peu fréquentables.
Maintenant, est-ce que cela va me servir et est-ce que je vais rentrer à la maison saine et sauve, c’est une toute autre histoire.
Après un long silence assez pesant, je murmure :
— Valerya.
L’assassin fixe le sol, le blond non loin de nous plante son regard sombre vers moi tandis que mon corps se fige au même moment.
— Très bien. J’ai une question pour toi, Valerya.
Le brun tourne son regard dans ma direction que j’aperçois pour la première fois. La couleur émeraude de ses iris me cloue sur place, semblable à un minéral rare, aussi perçant qu’un félin et s’accorde avec ses cheveux, d’une couleur similaire au pelage d’un corbeau.
— Tu as vu ce qu’il s’est passé ?
— Oui, enchaîné-je.
Son regard se dirige vers le cadavre du type au sol. Instinctivement, je fais de même et l’imite. Un haut le cœur me prend, que je tente de contenir. Mais c’est plus fort que moi et je vide mes tripes au pied du mur à côté de moi, là où se trouve encore la cervelle de ce type.
Les deux hommes ricane, tandis que j’essuie ma bouche d’un revers de main. Un brin d’agacement commence à m’envahir, je hais que l’on se foute de moi aussi ouvertement.
— Dernière question, dit-il sans un regard pour moi, mais en dirigeant son index et majeur vers moi, qui tient toujours sa cigarette à moitié consumée.
Toute mon attention se porte vers lui, je redoute ce qu’il va me demander. Une de mes mains vient frotter l’un de mes avant-bras, par réflexe d’anxiété.
— Est-ce que tu vas répéter à quelqu’un ce que tu viens de voir ?
Je déglutis difficilement, est-ce une question piège ? Ses iris émeraudes viennent s’ancrer dans les miens, alors qu’il avance d’un pas. Il doit bien faire une tête de plus que moi, pourtant, je ne suis pas petite, avec mon mètre soixante-sept. Je suis rapidement intimidé par lui, il dégage une assurance et un charisme aussi grand que l’Univers, et ça me cloue sur place.
— Vous voulez que je le dise à chaque passant lorsque je sortirai d’ici ? dis-je d’un ton sarcastique, sans le moindre sourire qui pourrait accompagner mon grain de voix.
Il se met à rire tout en s’avançant près de moi, et je décèle assez vite que celui-ci est faux, acerbe. Ses doigts parcourent l’angle de ma mâchoire, d’un geste maladroit et ferme. Je m’éloigne, un rictus de dégoût sur les lèvres.
— Vénus...
Soudain, tous les sons que je perçois deviennent lointains et ma vision devient noire...
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Hello à tous et à toutes ! 🖤
Voici le prologue que vous attendez tous !
J’espère qu’il vous a plus et qu’il n’y a pas trop de fautes d’orthographe.
N’hésitez pas à me dire ce que vous en avait pensé 🖤
With love,
Ellen.
INSTA : EllenKasefni
Tiktok : Itssellenk