L'Appel du Pavillon Noir

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Résumé

Léon a toujours respecté les lois, représentant le parfait citoyen et le parfait soldat de l'armée des mers. Blaise a toujours suivi ses envies et ses pulsions, quitte à être du mauvais côté de la loi pour arriver à ses fins. Lorsque le destin décide de faire se croiser leur chemin, cela ne peut faire que des étincelles.

Genre :
Adventure
Auteur :
Talhiam
Statut :
Terminé
Chapitres :
1
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
18+

One-shot

Léon profitait de la douce brise marine, le soleil se levant à peine. Il devait reprendre la mer le jour même, son nouvel ordre de mission étant tombé. Son seul souhait en partant était de ne pas revoir ce satané pirate qu’il avait malheureusement sauvé deux mois plus tôt. Pour sa défense, il pensait avoir à faire à un pêcheur ou un marin échoué sur la plage et certainement pas à un pirate.

— Si ce n’est pas mon petit marin préféré ? fit une voix moqueuse derrière lui, le sortant de ses pensées.

Voilà que la seule personne qu’il ne voulait pas croiser pointait le bout de son nez. Le sentir aussi proche raviva en lui des souvenirs qu’il aurait préféré oublier. Des souvenirs que l’homme de loi s’interdisait de qualifier de souvenir, mais plutôt de cauchemars.

— Toi ! Tu n’as pas un autre village à piller ? répliqua Léon. Non, attends ! J’ai mieux comme programme. Mets les mains bien en évidence. Blaise Staviski, tu es en état d’arrestation pour piraterie, vol, destruction de biens royaux et meurtre.

— Je conteste le dernier point, c’était de la légitime défense, contredit le criminel.

— La ferme vile pirate, tu n’as pas ton mot à dire. Je compte bien te ramener au quartier général, annonça le soldat.

— Après tout ce qu’on a vécu ensemble, tu oserais les laisser me pendre ? demanda Blaise qui lui faisait maintenant face, une moue triste sur le visage.

— Plutôt deux fois qu’une ! Ma vie est un enfer depuis deux mois, puisque tu as décidé de me la pourrir. Je n’aurais jamais dû te sauver ce jour-là ! Ça a été la plus grosse erreur de ma vie.

— Ce n’est pas ce dont j’avais l’impression pourtant. Je me rappelle parfaitement de toi, en dessous de moi, en redemandant. Après, si tu ne t’en rappelles pas, je veux bien te rafraîchir la mémoire, mon petit soldat, le taquina le criminel.

— Tu as profité de moi. Je n’aurais jamais fait ça avec un pirate, s’insurgea Léon.

— Tu étais parfaitement consentant ce jour-là, contredit Blaise.

Au loin, un de ses hommes l’appela pour le prévenir qu’ils allaient partir, l’empêchant de répondre et lui faisant tourner la tête. Lorsqu’il revint à l’objet de ses cauchemars, le marine réalisa que le pirate avait disparu. Ce n’était pas demain la veille qu’il arriverait à le capturer celui-là. Plus déprimé que jamais, Léon rejoignit son navire pour lever l’ancre. Il avait une île à sauver de sales pirates qui se croyaient tout permis et mettaient la ville à feu et à sang.

Ils ne leur avaient fallu que deux jours pour rejoindre l’île en question, et seulement trois pour se débarrasser des pirates ayant investi les lieux. Le voyage retour s’était déroulé sans accro, le temps étant avec eux.

Léon avait à peine posé pied à terre que son équipage l’avait entraîné vers la Taverne la plus proche, prétextant vouloir fêter leur victoire sur les pirates et leur retour sain et sauf au quartier général. Profitant de sa boisson, la conversation entre deux hommes au bar attira son attention.

— Il faisait moins le malin ce sale pirate une fois enchaîné, rigola un soldat dans la taverne.

— Ça tu l’as dit, lui répondit son acolyte entre deux gorgées.

— C’était quoi son nom déjà ? demanda le premier.

— Il me semble que c’est Blaise Staviski, enfin, c’est ce qui est marqué sur l’avis de recherche.

À ces mots, Léon se figea. Blaise s’était fait choper. Voilà pourquoi il ne l’avait pas vu depuis la dernière fois. Voilà pourquoi tout lui semblait si calme. Pas d’effraction sur son bateau alors qu’il était à terre, pas de course-poursuite dans les rues, pas de pique verbale du pirate. Et pour cause, l’auteur de tout ceci était en prison. Alors pourquoi n’arrivait-il pas à s’en réjouir ? Il avait enfin la paix qu’il demandait, et maintenant qu’il l’avait, il regrettait. Et pourquoi son cœur se serait-il en imaginant le pirate disparaître de sa vie ? Pourquoi ne pouvait-il pas le chasser de son esprit comme il l’avait fait pour tous les pirates qu’il avait arrêtés ? Il avait besoin de voir ce satané criminel, le voir comme le monstre qu’il était censé être, se débarrasser de l’image actuelle qu’il avait de lui. Et pour cela, il devait se rendre à la prison. Une nouvelle détermination l’animant, le marine se dirigea vers les cellules.

Sur place, il trouva rapidement ce qui l’intéressait, reconnaissant aisément la longue chevelure corbeau du pirate qui occupait bien malgré lui ses pensées. Il n’avait pas fière allure, de vilaines entailles sur son torse, signe qu’il avait été torturé, sûrement pour savoir où était son équipage. Le bruit de ses pas avait dû le réveiller, puisque le prisonnier avait maintenant la tête levée vers lui, visiblement surpris de le voir ici.

— Pourquoi la piraterie ? demanda le marin, ne laissant pas le temps au pirate d’exprimer sa surprise autrement que par son expression faciale. De ce que j’ai vu les rares fois où j’ai affronté ton équipage, tu n’es pas comme la plupart de ces hors-la-loi, même si tu es difficile à supporter.

— Entre la liberté et l’esclavage, qu’est-ce que tu choisis ? Pour moi, la question ne se pose pas. J’avais le choix entre devenir esclave pour rembourser les dettes de mes parents ou m’enfuir. Sauf que dans la précipitation, j’ai oublié que je n’avais pas un sou en poche. J’ai alors commencé à voler pour vivre. D’autres jeunes étaient dans le même cas que moi. On a fini par sympathiser avec le temps. Cependant, mon rêve de découverte était toujours présent. Et comme on dit, l’union fait la force. Alors avec la bande, on a décidé de répondre à l’appel du pavillon noir, voguant au gré du vent, profitant de notre liberté, de ce dont le système nous avez privé. On s’est cependant promis de ne jamais tuer d’innocents, sauf en cas de force majeure.

— C’est... wouah, je ne sais pas quoi dire.

— Alors ne dis rien. De toute façon, tu dois être content, depuis le temps que tu rêves qu’ils me passent la corde au cou.

À cette remarque, le cœur de Léon se sera. Cette remarque lui fit mal, comme si on s’amusait à déchirer son âme en mille morceaux. Et tout ça à cause d’un satané pirate qui avait réussi, il ne savait comment, à lui voler son cœur. Il aurait beau se voiler la face, la réalité était qu’il était tombé pour ce pirate plus que grossier et chiant, même si horriblement sexy. Et le perdre lui était inimaginable. Alors quitte à regretter plus tard, autant aider ce satané pirate à sortir de là. Quoi qu’il fasse, il s’en voudrait, que ce soit ne rien faire pour aider Blaise, ou trahir la Marine.

Il agirait le jour de sa sentence, songeant que ce serait plus facile de justifier le déplacement du prisonnier. Il devait encore établir un vrai plan, c’est pourquoi il rentra chez lui, d’où il ne sortit pas les deux jours qui suivirent, préparant l’évasion de cet homme qui occupait une place importante de son cœur sans qu’il ne l’ait voulu.

Le moment venu, Léon était résolu, prêt à assumer ses actes s’il se faisait prendre, mais espérait que ce ne serait pas le cas, que son travail des deux derniers jours n’ait pas servi à rien.

— Je vais m’occuper de lui, annonça Léon aux deux soldats qui devaient s’occuper du prisonnier. Je m’occupe de le préparer pour qu’il soit un minimum présentable pour son exécution.

Les deux hommes échangèrent un regard puis quittèrent le poste de garde qui servait parfois de salle de préparation avant les exécutions. Léon prit alors soin de vérifier les blessures du pirate, remarquant qu’elle avait été brièvement nettoyée et commençait déjà à cicatriser. Voyant que tout était bon, il s’éloigna pour aller chercher les vêtements préparés pour l’occasion et les tendit au pirate.

— C’est bon, dégage maintenant avant que l’alerte ne soit donnée, fit Léon.

— Viens avec moi, fit le pirate en se changeant. De toute façon, tu n’as plus ta place parmi eux après ce que tu viens de faire.

— Et pourquoi je ferais ça ? Je te rappelle que c’est toi qui as fait de ma vie un enfer depuis que je te connais.

— Alors pourquoi m’avoir sauvé ?

Léon ne répondit pas, ne sachant que dire, le rouge lui montant aux joues. Blaise profita de son inattention pour se rapprocher de lui, assez proche pour caresser la peau du marine de son souffle. Quelques secondes passèrent avant que le criminel ne comble le vide entre eux et ne lie leurs lèvres. Le baiser était doux, sensuel. La langue du pirate quémanda l’ouverture du passage pour rejoindre sa jumelle, entamant une danse endiablée, faisant monter la température entre les deux hommes. Finalement, ils durent se séparer par manque d’air, mais le pirate ne s’éloigna pas plus que de quelques centimètres.

— Si tu viens avec moi, tu en auras tous les jours, et peut-être même plus.

L’invitation était tentante, vraiment. Et Léon savait qu’il avait raison, il n’avait plus sa place parmi l’armée des mers. Alors quitte à fuir, autant suivre son cœur et rejoindre l’équipage de l’homme qui occupait ses pensées.

— Très bien, je te suis, abdiqua l’ex-soldat. Bon, où est ton navire ? Parce que j’imagine que tu ne t’es pas retrouvé ici par magie.

— Il est sur une autre île, avec mes hommes qui prennent du bon temps. J’étais venu en me glissant dans les cales d’un navire commercial.

— Et c’est quoi le nom de cette île ? demanda le marine, exaspéré par le comportement de ce soi-disant dangereux criminel.

— Terrilla, l’île où tout pirate peut accoster sans craindre pour sa vie tant qu’il se tient tranquille. Etant une île neutre, les marines n’y ont aucune autorité.

— Tu dois être chanceux, parce qu’un navire commercial passe justement par cette île, et il part ce soir.

Sans attendre une quelconque réponse du hors-la-loi, Léon l’entraîna vers le port. Blaise pris alors les devants et les conduisit jusqu’aux cales où ils se glissèrent entre deux marchandises pour se cacher. L’espace n’était pas très large, faisant que le souffle de Blaise s’écrasait sur la nuque de Léon.

— Et si on reprenait là où on s’est arrêté, sourit malicieusement le pirate.

Sans attendre de réponse de son vis-à-vis, il l’embrassa à pleine bouche dans un baiser bestial qui n’avait plus rien à voir avec celui qu’il avait échangé plus tôt.

— Arrête, on risque de se faire réparer, tenta de le dissuader Léon.

N’ayant que faire de ce qu’il disait, le criminel passa une main sous la chemise de l’ex-soldat, remontant jusqu’à ce bouton de chair qu’il savait sensible chez le brun. Sa réaction ne se fit pas attendre et un petit gémissement franchit ses lèvres. Décidant que le vêtement le gênait, Blaise lui enleva, pouvant ainsi profiter de la vue que lui offrait Léon, le rouge aux joues, une lueur de désirs au fond des yeux, totalement à sa merci. Le bas-ventre du pirate se réveilla un peu plus, augmentant la sensation d’étroitesse dans son pantalon, mais il ne s’en préoccupa pas pour le moment. Tout ce qu’il l’intéressait à cet instant était l’homme sous lui. Sentant les doigts du pirate glisser sur son torse, Léon sentit un frisson le parcourir. C’était fou ce que quelques caresses pouvaient déclencher chez lui. Voulant lui aussi profiter du corps musclé de son amant, il entreprit de lui enlever ce tissu qui le séparait de la peau du brun. Chacun admira l’autre, se redécouvrant pleinement, laissant le plaisir monter entre eux.

Décidant qu’il avait assez attendu, Blaise glissa sa main jusqu’au bas de son brun, franchissant la barrière de vêtements qui le séparait de l’objet de son désir. Il le frôla, passant ses doigts lentement sur le long, faisant gémir de plus belle son amant. Alors qu’il lui offrait un baiser langoureux, il se saisit du membre gonflé de l’ex marine.

— Mmmm, gémit Léon, ne pouvant empêcher le son de sortir de sa bouche.

— Ce que tu peux être sexy quand tu es excité, mon petit soldat, le taquina le pirate en accélérant son mouvement de la main.

Se sentant sur le point de venir, Léon laissa s’exprimer sa frustration lorsque Blaise stoppa son geste.

— Je doute que tu veuilles garder ça pour ce qui va suivre, fit le pirate en lui indiquant ses derniers habits.

Lentement, les deux hommes se séparèrent de leurs vêtements, se montrant à l’autre dans le plus simple des appareils. Léon put alors admirer la fierté masculine de son amant, fièrement dressé devant lui.

Le criminel présenta trois doigts à la bouche de son partenaire, l’incitant à les humidifier pour la suite. Doucement, il présenta un doigt à l’intimité du marine, pressant l’entrée jusqu’à être totalement à l’intérieur.

— Chut, laisse-toi aller, intima le pirate, en commençant de lents va-et-vient.

Lorsque Léon fut suffisamment détendu, il rajouta un autre doigt, puis un troisième, augmentant le plaisir de son partenaire. Jugeant qu’il était prêt pour la suite, Blaise retira ses doigts et se plaça face à l’intimité du brun, y présentant son sexe durci par le plaisir. Avec précaution, il pénétra son amant, allant jusqu’à la garde avant de cesser tout mouvement pour laisser à Léon le temps de se faire à l’intrusion. Un léger coup de bassin de l’homme qu’il surplombait fut tout ce dont il eût besoin pour commencer à bouger. Le plaisir montait rapidement, rendant leur respiration, leurs mouvements irréguliers.

— Plus vite, le supplia Léon.

— Tes désirs sont des ordres, mi amor, lui répondit le pirate en accélérant.

La délivrance ne tarda pas à les toucher, les amenant au septième ciel dans un même cri de plaisir.

Léon ne tarda pas à s’endormir, un sourire heureux sur le visage, paisiblement installé dans les bras de son amant qui en profita pour l’admirer.