Destin enflammé

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Résumé

XVe siècle : la chasse au sorcière est déclarée sur le territoire de l’hexagone. Le sang, les flammes, les cris inondent les ruelles de Paris. Toute femme, qu’elle soit jeune, âgée, brune, blonde considérée suspecte est jugée puis brûlée publiquement. Anne-Lise, jeune femme de 22 ans, proclamée sorcière par un ivrogne un soir d’orage, est condamnée au même sort que des centaines d’autres avant elle : le charmant bûcher sur la place de la capitale. ⚠️ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR⚠️

Genre :
Drama
Auteur :
W.W.
Statut :
Terminé
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Destin enflammé

Le Soleil brille d’une leur ardente, ses rayons font rotir l’herbe au sol. Une journée particulièrement chaude, même pour une après-midi de juillet. Une journée parfaite une exécution au bûcher. La mienne.

Je marche d’un pas lourd et morose vers ce qui me servira de lit de mort. Un charmant jeune homme m’accompagne en me traitant de sorcière dès qu’il en a l’occasion.

Mes poignets sont maintenus ensemble par une solide corde. Une corde qui, visiblement, est plus destinée à me lacérer la peau qu’à me tenir en respect.

Quand je relève la tête, je peux admirer les jolies visages des parisiens venus assister à ma montée au cieux. Ils sont attroupés devant le bûcher et pourtant, ils me fuient comme la peste lorsque je passe. A la différence, moi, ils me lancent des regards haineux et m’aspergerent d’insultes. De projectiles parfois.

Je les entends à peine. Des acouphènes règnent sur mes oreilles. Seul le murmure mielleux de la Mort m’est audible.

Qu’est-ce j’ai fais pour en arriver là ? Bonne question. Je n’en ai aucune idée.

Je m’appelle Anne-Lise, j’ai eu 20 ans il y a 10 jours, fille de forgeron et pour finir, veuve.

Voila ma seule erreur : la solitude amoureuse. Mon défunt epoux à péri sous les roues d’une charrette il y a maintenant 3 ans. Sa mort a provoqué la mienne.

Facile d’accuser une femme veuve de sorcière vous me diriez ? He bien, allez demander cela à l’ivrogne qui nous sert de prêtre.

C’est à cause de lui que tout Paris me déteste.

Un soir, alors que je rentrai plus tard que prévu de mon atelier de couturière, j’ai malencontreusement croisé ce pieux personnage. Complètement ivre. Ironique non ?

Je sais pas pourquoi et je vous avoue que je ne veux pas savoir, il s’est mit à crier hystériquement mon nom dans toute la ville me en traitant de sorcière. Résultat ? A peine deux journées plus tard, je me retrouve devant ce qu’ils appellent « le bûcher aux sorcières ».

Et c’est a ce moment précis que je regrette pour la première fois, la mort de l’homme qui s’occupait autrefois de mon chez moi.

Avant que je ne m’en rende compte, l’homme m’accompagnant me tire en arrière, exigeant que je m’arrête. Mes acouphènes disparaissent et la Mort se tait au même moment.

Alors d’un coup, le flux d’injures du peuple m’arrive au oreilles.

"Crève sorcière !"

"Créature du diable !"

"Création impie !"

Mmh… ils n’ont même pas le mérite d’être original.

Le bourreau masqué me tourne dos au bûcher afin de me détacher et son geste me permet de faire face aux parisiens.

Ces Hommes qui sont tous venu se délecter du spectacle de ma mort. Une lueur sadique supervisée par de la haine brillent dans leur yeux. Ils sont là pour du spectacle. De la grande démonstration des atrocités humaines. Du sang, des pleurs, des supplications… C’est ce qu’ils attendent de moi. Moi, la progéniture du diable.

Et bien ils ne l’auront pas. Je ne crierai pas, je ne pleurai pas, je ne supplierai personne. Je mourrai digne. Le regard noir comme le leur et le visage détendu. Tout ce qu’il verront est mon âme innocente se détacher de mon corps.

Non, j’ai mieux. Je brulerai le visage tranquille, les yeux souriant. Je veux leur montrer que leur haine ne m’atteint pas et surtout qu’ils sont venus pour rien. Ces imbécils sadiques.

"Sale catin !"

Oh, un rigolo.

Des mains puissantes me soulèvent et m’entraînent sur la poutre du bucher sur laquelle on m’attache solidement.

J’avais raison, le bois est brulant. La douleur est pire que celle des cordes et passe à travers ma mince tunique.

Soudain, la dernière personne que je m’attendais à voir survint : ce cher prêtre. Il brandit devant moi une croix Sainte en me fixant de ses yeux bleus vitreux.

Il a encore le courage de me regarder dans les yeux. Culotté pour un Saint. Un Saint sous couverture qui plus est.

Il entame une série de paroles latine, la croix du petit Jesus pointé sur moi.

Je ne parle pas latin mais d’après son visage ont dirait qu’il essaye de "faire sortir le démon de mon corps".

Si c’est le cas, ne vous fatiguez pas mon Père. Ce démon, vous en êtes le créateur. Mais à votre avis, qui le plus gros fauteur de trouble en une jeune femme qui travaille en tant que blanchisseuse et un ivrogne ?

Pendant qu’il continue son récit remplit d’hypocrisie, je m’autorise un rictus en levant les yeux vers le ciel. Un rictus nerveux.

Malgré ce qui va s’ensuivre, je ne suis pas triste, je suis dégoûtée.

Dégoûtée de mourir sans pouvoir fonder une famille évidemment mais surtout dégoûtée de vivre dans une société où la population vit dans la peur de mourir simplement pour son identité. Dégoutée de voir que nos dirigeants utilise la parole Divine pour commettre des atrocités. Et dégoûtée de comprendre que le peuple se nourrit de ses horreurs.

Est-ce qu’un jour cela changera ? Oui, je pense. Je ne serai plus là pour le voir évidement mais peut-être que les mentalités muteront et les bûcher seront brûlés sans victime dessus. J’espère pouvoir le voir sous la forme d’un ange. Ou d’un diablotin.

Une chaleur se rajoute sous mes pieds : le bois vient de s’enflammer.

Je ferme les yeux, m’accordant une seconde de répit avant la douleur ? Alors c’est comme ça que tout s’arrête ? Que je m’arrête ? Dommage, j’aurai espéré une vie plus longue. Les humains peuvent parfois se montrer bien cruel.

Des flammes lèchent doucement mes sabots ce qui me fait ouvrir les yeux.

Mais je suis sure qu’il changera. Oui, tout changera un jour.

Un jour, ce monde changera.