L'Emprise de Zyraxiel

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Résumé

Après avoir entendu parler d'un nouveau jeu de rencontre, Haisley décide de s'y inscrire. Mais ce jeu est loin d'être ce qu'elle imaginait. Peu à peu, elle est aspirée par les ténèbres et découvre que la plupart des femmes sont condamnées à mourir. Son seul espoir de survie ? Jouer le jeu, relever les défis et espérer que l'un des monstres tapis dans l'ombre jette son dévolu sur elle. Attention : ce livre appartient aux genres horreur/érotique. Il aborde des thèmes tels que l'abus, la torture, le meurtre, le viol, la possession démoniaque et la lutte pour la survie. Il s'agit, en substance, d'un jeu où il faut éliminer ses adversaires sous peine d'être anéantie par le diable.

Statut :
Terminé
Chapitres :
40
Rating
4.9 33 avis
Classification par âge :
18+

The Game

Haisley

Je reste figée, les yeux rivés sur l’écran pendant que je saisis mes informations. Honnêtement, je ne sais même pas pourquoi je fais ça. Les rencontres, c’est devenu une impasse. Pourtant, il y a quelque chose dans ce jeu. Tout le monde en parle, chuchotant son nom comme s'il s'agissait d'un secret trop sombre pour être dit à voix haute. Je ne sais pas d’où il vient, qui en est l’auteur, ni comment il fonctionne vraiment.

The Devil’s Dare Date.

Le nom lui-même ressemble à une mise en garde, pas à une invitation. Ça ne ressemble pas à un site de rencontre, mais ma curiosité m’attire de plus en plus. Et maintenant, je suis là, en train de taper les détails les plus intimes de ma vie, comme une offrande à quelque chose d'invisible.

C’est le dernier jour pour s'inscrire. La Saint-Valentin. C’est presque une provocation pour nous, les célibataires, coincés chez nous avec un pot de glace.

Les questions sont intrusives et déstabilisantes. Elles ne se contentent pas de gratter la surface, elles creusent. Mon poids, ma taille, le nombre de mes partenaires sexuels, puis ça devient plus sombre. On me questionne sur des actes que j'ai commis, des choses que je n'ai jamais qu'à peine murmurées. Et ça ne s'arrête pas là. Ça fouille dans ma famille, ma carrière, mes secrets. Plus je tape, plus j'ai l'impression que ce jeu m'arrache des morceaux, qu'il dissèque chaque couche de ma personne.

Pourtant, la rumeur dit que ce n'est qu'un jeu. Un jeu tordu et dangereux, peut-être, mais un jeu tout de même, censé t'aider à trouver un partenaire qui te ressemble.

D’une main tremblante, je clique sur Envoyer.

L'écran devient instantanément noir. Mon cœur rate un battement alors que des lignes blanches scintillent dans l'obscurité, dansant comme des parasites. Je me penche, plissant les yeux. Il y a des mots cachés dans le parasite, un murmure juste hors de portée, mais avant que je puisse les déchiffrer, ils disparaissent.

Puis, doucement, l’écran reprend vie. Des lettres apparaissent, une par une, comme si quelqu’un les tapait rien que pour moi.

Bienvenue à The Devil’s Dare.

Tu as été acceptée. Selon les termes et conditions, il n’y a plus de retour en arrière possible. Pas avant la fin.

Ma poitrine se serre à la lecture de ces mots, une vague d'angoisse me submerge.

Voici les règles du jeu :

Tous les défis doivent être accomplis : chaque défi doit être relevé sans poser de questions. Tout échec entraînera des conséquences déterminées par le Maître du Jeu.

Interdiction de faire marche arrière : une fois acceptée, tu es prisonnière. Le jeu ne s’arrête que lorsqu'il est temps et qu’un gagnant est désigné.

Le secret est obligatoire : tu ne peux parler de la vraie nature du jeu à personne. Enfreindre cette règle entraînera de lourdes sanctions.

Défis de partenariat : tu seras associée à différents partenaires tout au long du jeu. La confiance est primordiale. Trahir ton partenaire aura des conséquences désastreuses.

Manches de Action ou Vérité : choisis « Vérité » et tu devras répondre honnêtement. Les mensonges sont punis. Choisis « Action » et tu devras accomplir la tâche, peu importe son degré d'extrémisme.

Aucun contact avec le monde extérieur : pendant certaines phases du jeu, tu seras totalement coupée du monde. Il n'y a pas d'issue.

Tes limites physiques et émotionnelles seront testées : le jeu est conçu pour te pousser au-delà de tes limites, tant mentalement que physiquement. Tu devras supporter tout ce qui te sera imposé.

La parole du Maître du Jeu est définitive : le Maître du Jeu contrôle tout. Chaque décision est finale et incontestable.

Aucun refus de partenaire : si une correspondance est trouvée, tu dois t'y plier. Tout refus entraînera une punition immédiate ou ton exclusion, avec des conséquences inconnues.

Récompense de fin : si tu arrives au bout, une récompense t'attend. Sa nature reste un mystère, mais les enjeux sont bien plus élevés qu'ils n'en ont l'air.

Je sens mon cœur battre dans mes oreilles à mesure que je lis chaque règle, et la réalité s'impose avec chaque mot. Ce n’est pas juste un jeu. Il y a quelque chose de plus sombre ici, quelque chose qui transforme le concept de « rencontre » en quelque chose de totalement différent. Un courant sinistre gronde sous la surface, invisible mais indéniablement présent.

Et maintenant, j'en fais partie, et il n'y a pas d'issue. Plus maintenant. Je suis dedans, que je le veuille ou non.

Il n'y a aucune information sur le début des hostilités, aucun indice sur l'identité des types, ni même sur le genre de rencontres dont il s'agit. Rien du tout. Peut-être est-ce une sorte de rendez-vous à l'aveugle ? Je veux dire, ça ne me dérange pas… n’est-ce pas ?

L'écran reste étrangement figé, sans autres instructions, sans compte à rebours, rien. Je m'adosse, les yeux fixés sur la lueur de mon ordinateur, une intuition lancinante me nouant l'estomac. Les heures passent. La pièce s'assombrit à mesure que le soleil disparaît derrière l'horizon, ne laissant que la pâle lumière bleue de mon écran baigner les murs d'une teinte fantomatique. La maison paraît trop calme, le silence est étouffant.

Je jette un coup d'œil à l'horloge. Il est tard, mais le sommeil semble être une pensée bien lointaine. Mon esprit est toujours empêtré dans cet étrange jeu, incertaine de ce à quoi je viens de consentir.

Puis, juste au moment où mes paupières commencent à s'alourdir, l'écran scintille.

Un message.

Maintenant.

Le mot pulse une fois, deux fois, puis se dissout, laissant place à une nouvelle série d'instructions.

Tu dois maintenant te déconnecter du monde entier. Publie sur tous tes réseaux sociaux que tu prends une pause et que tu seras injoignable. Assure-toi que personne ne tente de te contacter.

Mon pouls s'accélère.

Je fixe les mots, sentant le poids de cette exigence. Un bourdonnement léger commence dans le fond de mon esprit, peut-être un avertissement, mais mes doigts bougent tout seuls. J'ouvre mes comptes de réseaux sociaux, les uns après les autres, et je tape le même message :

« Je fais une pause. Ne me contactez pas. J'ai besoin d'espace. »

Ça semble définitif. Permanent. Le genre de message que les gens publient quand ils veulent vraiment disparaître.

Un par un, les notifications arrivent : des gens qui demandent si je vais bien, des amis inquiets qui essaient de me joindre. Je me mords la lèvre et je lutte contre l'envie de répondre, mes mains tremblant légèrement. Mon téléphone s'allume avec les messages, mais je l'éteins, tout comme l'écran me l'ordonne.

Suivant : l'écran change à nouveau.

Déconnecte-toi de toutes les sources internet, éteins tout sauf ton ordinateur portable. Aucun contact. Contente-toi d'attendre.

Mon cœur rate un battement. Tout déconnecter ? Juste attendre ? Pour quoi faire ?

J'hésite, mais l'attrait du jeu est implacable, une force silencieuse qui me pousse à obéir. Je débranche le routeur, sentant ma connexion au monde extérieur se rompre. Le silence qui suit est assourdissant. Pas de téléphone, pas d'internet. Juste moi, seule dans ma maison, avec l'obscurité qui presse de toutes parts.

Je regarde à nouveau l'ordinateur, m'attendant à moitié à d'autres instructions. Mais l'écran reste fixe et vide. Comment ? Il ne devrait plus y avoir aucun moyen de recevoir des notifications sans internet.

J'avale ma salive avec difficulté et je reste là, dans ce silence étrange, à attendre… quelque chose. N'importe quoi. Mes pensées s'emballent. Dans quoi me suis-je embarquée ? « The Devil’s Dare Date », ça ne ressemble plus à un jeu de rencontre. Ça ressemble à quelque chose de bien plus dangereux.

Je bouge sur mon siège, les yeux rivés aux fenêtres. Le monde extérieur semble immobile, mais je n'arrive pas à me défaire de l'impression que quelque chose, ou quelqu'un, m'observe.

Je prends ma veste, décidée à sortir faire un tour. L'air frais devrait m'aider à calmer mes nerfs, non ? Je suis en train de devenir folle. C’est juste un jeu de rencontre, c’est tout. Comment pourraient-ils promouvoir un jeu dangereux aussi largement ? C’est impossible. C’est ridicule.

Je marche jusqu'à la porte et j'attrape la poignée, je l'abaisse. Mais rien ne se passe. Fronçant les sourcils, je tourne la clé, m'attendant au déclic familier de la serrure qui s'ouvre. Toujours rien. La panique commence à monter dans ma poitrine alors que je secoue la porte, tirant de toutes mes forces. Elle ne bouge pas d'un pouce.

Je me dirige vers les fenêtres, j'essaie de les ouvrir, mais elles sont aussi verrouillées, scellées comme si elles n'avaient jamais dû être ouvertes. Mes mains tremblent, la panique me griffe l'esprit. Comment ? Aucune de ces serrures n'était enclenchée avant. Comment est-ce possible ?

Je recule en trébuchant, respirant bruyamment, la confusion et la peur se transformant en un nœud étouffant dans ma poitrine. Ça n'a aucun sens. La porte n'était pas fermée à clé. Les fenêtres non plus. Alors pourquoi, bon sang, je ne peux pas sortir ?

Un léger bip rompt le silence.

Je me retourne brusquement, mes yeux se fixant sur l'écran de l'ordinateur. Il brille à nouveau, un nouveau message s'écrit lentement :

Il est interdit de sortir. Attends les prochaines instructions. Il n'y a pas d'issue.

Mon estomac se noue. Comment est-ce que je reçois des messages ? Je ne suis pas connectée à internet.

Pas d'issue ? Je fixe l'écran, mon cœur martelant mes côtes. Comment peut-il ne pas y avoir d'issue ? J'ai tourné la clé. J'ai essayé la poignée. Tout est verrouillé, comme si la pièce elle-même me retenait prisonnière.

La panique m'envahit. L'instinct de fuite est irrésistible, mon corps crie de se battre, de briser la fenêtre, de faire n'importe quoi pour m'échapper. Mais c'est juste un jeu, non ? Juste un jeu stupide et tordu.

Comment peuvent-ils me voir ?

Je regarde autour de moi, la paranoïa me saisit. Y a-t-il une caméra ? Est-ce qu'ils m'observent à travers mon ordinateur ? Comment savent-ils que j'ai essayé de sortir ?

Je reste figée, les yeux balayant mon appartement. Chaque ombre semble soudain sinistre, chaque bruit est trop fort. J'ai le sentiment d'être observée, comme si quelque chose rôdait tout près, attendant que je brise les règles.

La porte reste verrouillée, mes pensées s'emballent alors que je fais les cent pas, essayant de chasser cette angoisse grandissante qui me colle à la peau. Les heures s'étirent comme une éternité, le silence est étouffant. Mon esprit ne cesse de revenir au jeu, à la façon dont il sait que j'ai essayé de partir, à la façon dont il me piège ici. Je ne peux pas m'empêcher de penser à ce message : Pas d'issue.

Soudain, un nouveau bip déchire le calme et je me tourne vers l'ordinateur. L'écran est à nouveau animé, et cette fois, un autre message apparaît, froid et impersonnel.

Regarde la vidéo. Maintenant.

Un lien clignote sous le texte. Mes doigts survolent le pavé tactile, tremblants d'hésitation. Chaque instinct me hurle de ne pas cliquer, mais l'écran semble pulser, m'attirant, comme s'il avait déjà fait le choix pour moi.

Je clique. Je ne m'attends pas à ce qu'il se passe quoi que ce soit, je ne suis pas connectée à internet.

Le lecteur vidéo s'ouvre et, pendant une seconde, rien ne se passe. Puis, comme un orage, un déferlement d'images chaotiques et de mots remplit l'écran, flous, distordus, en constante mutation. Des visages que je ne reconnais pas défilent rapidement, la bouche ouverte dans des cris silencieux, tandis que des symboles et des mots clignotent trop vite pour que je puisse les lire. Un tic-tac lent et régulier résonne en fond sonore, devenant plus fort, plus insistant.

Au milieu du chaos, un pendentif apparaît, se balançant de droite à gauche au rythme du tic-tac. Il oscille de manière hypnotique, son mouvement est lent mais incroyablement captivant. J'essaie de détourner le regard, mais mes yeux restent fixés dessus, suivant sa trajectoire, sentant qu'il tire sur quelque chose au plus profond de mon esprit.

Puis, juste au moment où je pense que la vidéo ne peut pas être pire, l'écran scintille à nouveau. Des images mouvantes, une silhouette commence à prendre forme, une sorte de créature aux yeux rouges incandescents et aux cornes sombres et tordues, le corps enveloppé de ténèbres. La créature se penche vers l'écran, ses yeux brûlant les miens. Ce n'est plus seulement une vidéo. Elle m'observe.

Je veux hurler, me lever et courir, mais mon corps ne répond plus. Mes membres sont lourds, inamovibles. La panique monte quand je réalise que je ne peux même plus cligner des yeux. Mon esprit s'emballe, suppliant mon corps de bouger, mais je suis piégée, simple observatrice, impuissante et sans défense. Je n'ai plus le contrôle.

Le visage de la créature occupe maintenant tout l'écran, les ombres tourbillonnant autour d'elle comme de la fumée. Ma vision se trouble alors que le pendentif continue de se balancer, m'entraînant dans une brume étourdissante. Je sens que je glisse, mes pensées s'émoussent, ma conscience s'efface.

Et puis... les ténèbres.

Tout devient noir, et je sens que je tombe, basculant dans un vide infini. La dernière chose que je vois, ce sont ces yeux rouges brûlants, gravés à jamais dans mon esprit alors que je perds totalement pied.