Chapitre 1 - Tempête létale
Cela faisait peut-être plusieurs jours ou semaines qu’Ulrich et Laurens se trouvaient tout deux égarés au beau milieu de nulle part, en quête d’un quelconque abri de fortune. Littéralement affamés, ils erraient dans une tempête glaciale qui durait depuis des lustres et ne semblait plus s’arrêter. Ils était tous deux vêtus de tenue militaire en laine bleue, entièrement recouverte de neige et abîmée par le déluge.
Pétrifier jusqu’aux os, à la recherche tant bien que mal d’un endroit où se réfugier, ils tombèrent sur une lueur rougeâtre qui les attira au loin. En s’approchant, ils aperçurent que la lumière surplombait une cavité qui s’enfonçait dans une colline.
- Laurens ?! Tu tiens l’coup ?! Regarde droit d’vant, j’crois qu’y a d’quoi s’mettre à l’abri ! Hurla Ulrich à son camarade.
Le vent soufflait fort et sa voix ne semblait qu’être un simple courant d’air au sein du déluge.
- Allez mon grand ! Faut qu’tu tienne putain ! On va s’foutre à couvert dans c’trou pour l’instant ok ?!
- J’en peux plus, gémi Laurens. Je crois que je vais claquer sur place si on reste dans c’merdier. Mes mains me brûlent j’arrive presque plus à les bouger et c’est à peine si j’les sens encore...
Laurens était épaulé par Ulrich depuis un bon moment, mais le pauvre commençait à sacrément traîner la patte depuis quelques bornes. Il faut dire qu’ils avaient perdu la notion du temps depuis qu’ils étaient dans ce pétrin. Chaque seconde passée se transformait en douloureuses engelures grignotant leur chair petit à petit. Laurens se plaignait de brûlures aux extrémités de ses mains et pieds depuis un bon bout de temps. Et pour cause, ses doigts et orteils viraient de plus en plus au violet. Chaque minute passée dans ce cauchemar se faisait fatalement ressentir sur leur corps et leurs morals…
Une fois arriver à couvert dans ce tunnel, ils se mirent avec difficulté à l’abri, puis Ulrich s’empressa de chercher de quoi allumer un feu ou quoi que ce soit d’autre pour aider son ami en piteux état. Il était lui aussi à bout de force mais tentait tout de même de garder la tête sur les épaules afin d’assurer la situation du mieux qu’il le pouvait.
Ulrich était la force brut du duo, plus trapu et costaud. Ses cheveux était brun court, avec quelques nuance poivre et sel, ainsi que pour sa barbe. Laurens quant a lui, était plus grand qu'Ulrich et plus mince. Son visage était fin et il avait une coupe courte au cheveux lisse, de couleur châtain clair, portant d'ordinaire ses lunettes a verre rond.
-Pose-toi là, j’vais voir c’qu’e j’peux trouver par là pour nous réchauffer…. Lui tint Ulrich
L’endroit était désert et semblait être une ancienne entrée de mine abandonnée. Le tunnel était fait d’une arche de béton et le tout continuait en un long couloir sombre jusqu’au fin fond de ce lieu. Néanmoins cet endroit les coupait légèrement du vent glacial, ce qui tombait à pic vu leur situation et les conditions environnantes.
S’enfonçant un peu plus loin dans le noir de ce gouffre, Ulrich tomba assez vite sur un imposant obstacle l’empêchant d’avancer plus loin. Devant lui se dressait un large mur de béton froid, scellant le reste du tunnel et son exploration. Cependant, cette surface portait en son seins une épaisse porte de métal qui semblait être figé ici depuis un paquet d’années.
-Eh ! Laurens ?! J’crois qu’j’ai trouvé un truc qui pourrait nous dépanner par ici…
Laurens, avachis contre la roche et tremblant de froid, tourna mollement la tête sur la droite en direction d’Ulrich.
-Peu importe ce que t’as trouvé il faut que tu me sortes de là… Si ça continue comme ça j’vais pas t’nir longtemps….
-Arrête tes conneries ! Rétorqua Ulrich. J’vais nous sortir d’là mon gars, tu vas voir.
Affamé et au bout de ses forces, Laurens était en train de s’éteindre à petit feu. Son visage était pâle et se creusait de plus en plus à cause du froid, lui donnant une allure cadavérique. Malheureusement, le pauvre gelait depuis des heures, rendant son corps rigide comme de la glace. Ulrich lui, été encore en assez bonne condition physique. Son gabarit et sa corpulence lui avaient permis de légèrement mieux encaisser le froid et la faim.
Il décida donc d’accélérer le pas et essaya d’ouvrir la grande porte de fer, tandis que son ami agonisait à quelques mètres derrière lui.
Après quelques tentatives, la porte s’ouvrit difficilement et il découvrit avec surprise, un long et sombre escalier s’enfonçant en contrebas dans le noir, puis distingua au fond de celui-ci une faible lueur rougeâtre à son palier. L’endroit se trouvait au beau milieu de nulle part et semblait donné lieu à un complexe souterrain, qui à première vue étais à l’abandon. Néanmoins, son ami aura sûrement de meilleures chances de survivre là-dedans que dans ce cauchemar de givre.
Ainsi, après quelques secondes d’hésitation, Ulrich décida d’aller chercher son collègue, puis ils descendirent les escaliers ensembles…








