Chapitre 1
Au milieu des quartiers pauvres de Paris, Rose était effrayée. Elle craignait qu’on ne l’agresse, ne la viole ou qu’une main ne la touche et la contamine de la peste. Elle avait bien tenu l’hiver rude, dans sa maison de campagne, dans le sud de la France, elle ne comptait pas tomber malade peu de temps après son retour. Elle entendait déjà les mendiants tousser, certains étaient de très jeunes enfants. Malgré son dégoût, elle ne pouvait retenir son empathie pour ces misérables.
Emmitouflée dans un long manteau, Rose se sentait observée. Elle avait ôté ses bijoux, porté la moins onéreuse de ses robes et avait volontairement mal noué ses cheveux en une natte. Son but était de passer inaperçu, mais sa jeunesse et sa vigueur alertait les pauvres. Sa peau était propre, blanche, sans une cicatrice. Les enfants avaient tous les mains abîmées et le nez rouge, tandis qu’elle, rayonnait.
Son pas se pressa au fil de ses rencontres. Elle venait de traverser les quartiers pauvres et désormais, elle s’avançait vers des lieux encore moins fréquentés, encore plus dangereux. Elle croisa le regard de nombreuses femmes et jeunes filles, encore plus jeune qu’elle. Elles portaient toutes du maquillage à outrance, de hautes coiffures ou des cheveux lâchés, et leurs robes étaient soulevée, exposant leurs chevilles mais plus encore. Ces putains s’imaginaient déjà avoir une nouvelle collègue, mais Rose n’était pas ici pour cela.
De nature curieuse, Rose avait appris à se taire pour plaire, mais à garder les yeux et les oreilles grands ouverts. Elle avait entendu des secrets, mais aussi des choses tabous, dont personne ne parlait à voix haute. Depuis l’annonce de ses fiançailles, elle était obsédée par l’idée d’accueillir le sexe de son partenaire en elle. Elle savait qu’elle n’avait pas le choix que de l’épouser, même si elle ne l’aimait pas et qu’il était bien plus âgé qu’elle. Il avait de l’argent, un poste important, c’était tout ce qui importait pour sa famille. Mais sa mère ne lui avait jamais parlé de relations sexuelles, de la douleur qu’elle pourrait ressentir, ou du dégoût qu’elle pourrait ressentir. Épouser Henri ne la dérangeait pas, découvrir son corps sans vêtements, si. Elle ne savait à quoi ressemblait un sexe masculin que parce qu’elle avait entendu des femmes rire d’un objet lors d’une vente aux enchères. L’objet était long, épais, d’une forme comique qui, pourtant, l’avait terrifiée.
On lui avait demandé de trouver Vicky, diminutif de Victoria, un prénom aux apparences respectueux. Mais plus elle avançait vers le bordel, moins elle n’en avait pour cette femme. Les hommes qui fréquentaient cet endroit étaient déjà mal vus, mais celles qui y travaillaient encore plus. Elles étaient vues comme la pire des espèces, les plus sales, les plus obscènes. Rose ne les avait jamais jugées, mais n’avait jamais apprécié en être proche. C’était un torture de traverser ces rues seules.
Arrivée dans le bar à trois étages, isolé dans une rue qui sentait l’urine et l’alcool, elle se boucha les oreilles. Il y avait beaucoup de bruit, entre la musique, les gens qui parlaient, criaient, chantaient... Elle eut du mal à se faire entendre par la tavernière.
- Tu cherches qui ?!, beugla-t-elle en tapant sur le comptoir de sa chope.
- Vicky !
- Et c’est pour quoi ?!
- Euh...
Il était très gênant d’avouer ce qu’elle était venue faire au bordel. Elle était partie en cachette, en plein milieu de la nuit pour ne pas être aperçue et avait sérieusement pensé qu’elle croiserait Vicky en première, à qui elle aurait expliqué sa venue sans penser aux conséquences. Ce n’était que l’histoire d’un soir, sans envie de revenir dans le futur.
- Elle a quelque chose dont j’ai besoin !
- Ah ! T’es là pour lui acheter un consolateur !, s’esclaffa la tavernière.
Rose sentit la chaleur dans ses joues. Elle devait être aussi rouge que lorsque sa mère la découvrait en train de faire une bêtise. Elle était gênée et tellement embarrassée...
- O-oui...
- Viens avec moi.
Ce n’était pas une proposition. La tavernière rejoignit Rose de l’autre côté du comptoir et attrapa son poignet, la tirant à travers la foule animée. Rose cacha son air de dégoût, mais ne put s’empêcher de fixer ces doigts noirs autour de son frêle poignet. Elle la suivit en silence jusqu’à un petit couloir du premier étage. Certaines portes étaient ouvertes et donnaient sur des séances de dépravation, d’autres restaient fermées, donnant un peu d’intimité à des animaux qui hurlaient. Rose déglutit à la vue des corps nus, mais sa curiosité morbide la poussait à observer les hommes, à chercher leur sexe répugnant du regard. Elle voulait en voir un, se préparer à sa réelle apparence.
C’était la porte du fond, la chambre la plus grande. Elle n’accueillait pas deux personnes, mais cinq. Au centre, une femme brune, seins nus, la jupe relevée. Un homme était étendu sur le sol et sur lui, une autre femme sautillait, la tête entre les jambes de la première. Tout le monde gémissait, sauf la brune. Elle restait immobile, très silencieuse, le regard désormais fixé sur Rose, qui arrivait comme une esclave, tirée par la tavernière. Deux autres femmes, les dernières, se tenaient sur ses côtés, suçant chacune un de ses seins. Des seins volumineux, ronds, appétissants. Pendant un instant, Rose s’imagina à la place de ces femmes et un frisson la parcourut. Pourquoi pensait-elle à cela ? Cette scène était obscène !
- Tiens, Vic. Tu as une cliente.
La tavernière poussa gentiment Rose dans la chambre et partit aussitôt, sans refermer la porte. Personne dans la pièce ne fit attention à elle, sauf la femme du milieu, qu’elle imagina être Victoria. Elle se redressa et poussa la tête des deux autres femmes avec dédain.
- Attendez un peu. J’ai du travail.
Les filles se regardèrent d’un air triste, mais se jetèrent l’une sur l’autre pour s’embrasser. Rose était presque sûre d’avoir vu un liquide blanc sur leurs langues, avant qu’elles ne rentrent dans la bouche de l’autre.
En se redressant, Victoria repoussa la troisième femme, qui était visiblement en train de lécher son sexe. Celle-ci ne répliqua rien et continua à sautiller sur son partenaire en gémissant. L’homme releva la tête, maintenant son amante par les hanches, mais tout en regardant Rose.
Victoria ne se revêtit pas. Elle offrit une vue imprenable sur son intimité à Rose, qui ne put s’empêcher de regarder. Ses seins étaient sublimes et son sexe, à peine poilu, beaucoup moins que celui de Rose. Il luisait d’humidité et Rose put découvrir que tous les sexes n’étaient pas les mêmes, parce que le sien n’avait pas cette forme longue, ni cette partie rose qui ressortait légèrement. Le sien était fermé comme une fleur prête à éclore.
- C’est ton premier ?
Rose ne sentit aucun jugement dans le regard de Victoria, seulement du plaisir et de la curiosité. Elle tenta de la regarder, mais ses yeux n’avaient de cesse de se tourner vers la débauche qui avait lieu dans la chambre. Elle se sentait presque trop habillée.
- Oui...
- Tu n’es pas d’ici, je me trompe ?
- Si. Je suis parisienne.
- Mais tu n’es pas du quartier.
Rose s’arrêta de respirer et serra les pans de son manteau. Si on savait qui elle était, cela allait entacher sa réputation et la mettre en danger. Et si on savait qu’elle était une des aristocrates de la ville, les pauvres allaient l’achever, surtout après les tensions de la Révolution.
- Je ne dirai rien, promis. Mais ça me plairait de connaître ton nom, ma jolie.
- Rose...
Victoria ouvrit le tiroir d’une commode en agitant lentement la tête. Rose sentait son sourire sans le voir.
- Rose... C’est un très joli prénom.
- Merci. Victoria aussi, est un joli prénom...
- Je t’en prie, appelle-moi Vicky.
- D’accord... Vicky.
Quand Victoria se retourna, Rose fut de nouveau éblouie par la beauté de son corps. Ses seins se balancèrent de droite à gauche puis rebondirent lorsqu’elle avança de quelques pas. Autour de ses mamelons, il y avait des marques de morsure. Les filles avaient dû la mordre pour boire de son lait.
Dans sa main, elle tenait un objet en verre, de la même forme que celui qu’elle avait vu aux enchères. C’était bien un consolateur, un moyen de se donner du plaisir sans partenaire et pour elle, de préparer son corps à un véritable sexe.
- Pour sa majesté, je préconise un consolateur en verre. C’est assez discret pour l’exposer sans qu’on ne pose de question.
- Il est... joli...
Rose observa la pièce en verre, qui avait certes, une forme phallique, mais surtout de très belles finitions. Autour de ce qui ressemblaient à des bourses, il y avait de jolies courbes et quelques petites fleurs formaient la pointe de l’objet. En remarquant son épaisseur et sa dureté, elle se demanda comment il était possible qu’on glisse cela à l’intérieur de son vagin.
- Comment...
- Tu veux que je te montre ?
Rose déglutit. Cette femme était plus âgée qu’elle, d’au moins une dizaine d’années. On lui avait dit qu’en vieillissant, le corps et le visage devenaient laids et que pour cela, il fallait se marier jeune et profiter de pouvoir faire des enfants. Que plus tard, même son mari ne la regarderait plus. Pourtant, elle ne pouvait trouver cette femme laide. Elle avait de longs cheveux noirs, bouclés, un teint bronzé et des iris grises, pleines de vie et de joie. Malgré la pauvreté et cet endroit mal famé, elle semblait heureuse, ravie d’être une vendeuse de consolateur (voire même autre chose). Rose ressentait un certain attrait pour cette femme.
- Tu dois d’abord vérifiée que tu sois mouillée.
- Mouillée ?!, s’étonna Rose, dans une incompréhension totale.
Vicky ricana discrètement.
- Si tu n’es pas mouillée, tu peux toujours le sucer. Comme ça...
Victoria porta l’objet en verre à sa bouche. Elle l’ouvrit et l’inséra comme une friandise. Pendant que des femmes se tripotaient, s’embrassaient et qu’un couple forniquait, Victoria effectuait des va et viens entre ses lèvres. Rose garda la bouche ouverte, inconsciemment, admirative de ce qu’elle voyait.
- Assieds-toi, lui demanda Victoria en lui présenta une chaise du coin de l’oeil.
Rose obéit et s’assied en gardant ses mains sur son manteau. Victoria approcha son corps peu vêtu d’elle, releva sa jambe et la déposa sur le dossier de la chaise. Rose se retrouva prisonnière de ses jambes parfaitement lisses. Son sexe lui faisait face, ouvert, brillant. Une seconde, elle se demanda quel goût il pouvait bien avoir, mais la main de Victoria sur celui-ci accéléra les battements de son cœur. Elle glissa ses doigts le long de sa fente, puis, en approcha l’objet.
- Quand t’es mouillé, ou que le consolateur l’est, tu peux l’enfoncer.
Victoria illustra ses paroles par des gestes. Elle empoigna le consolateur comme un manche à balais et pénétra son sexe avec, sans autre préparation. Elle le glissa aisément jusqu’aux bourses, puis le retira, et recommença ses gestes. Rose ne sut pas si Victoria était en train de feindre du plaisir, mais elle balança sa tête en arrière et poussa des gémissements semblables aux autres personnes présentes. Rose garda la tête droite et ne cligna jamais des yeux, assistant à ce délicieux spectacle qui lui fit très vite comprendre ce qu’être « mouillée » signifiait. Elle sentait une humidité entre ses jambes, sous son manteau et sous sa robe. Elle avait l’impression que de l’eau coulait le long de ses cuisses.
Victoria lui renvoyait sa propre image. De son sexe s’écoulait un liquide transparent, qui glissait le long de sa cuisse relevée. Ce même liquide se déversait sur le consolateur. Le verre permettait à Rose de voir même l’intérieur du sexe de Victoria.
- Oh, merde !, s’écria Victoria en frottant soudainement son sexe avec vigueur. Ah !
Elle poussa alors un long soupir et ôta l’objet de son sexe. Elle replia sa jambe en souriant et s’empressa de poser le consolateur dans les mains tremblantes de Rose. Elle put alors peser l’objet, sentir sa rigidité mais aussi l’humidité de Victoria. Elle ne savait plus quoi dire, la chaleur devenant de plus en plus insupportable.
- Ça fera trente francs.
- Trentes ?! On m’avait dit vingt...
- Tu as les moyens de payer trente, ne fais pas la difficile. Ce sera dix francs pour que je garde ton secret.









À quand la suite ? 🤭🤩🤩🤩
la suite... je suis très impatients
la suite... 🤩