Maguonne
la main de Loufovre me faisait trembler, un poison qui menait mon regard vers les absurdités maudites, ramper mes pensées dans l’ego impur. il fallait voir que le temps pluvieux sondait les chemins parcourus. il n’y avait pas qu’un seul jour où les papillons risquaient la mort brute, se sentaient au-delà de toute odeur confondue à du benjoin, à une jeunesse remplie de merveilles. c’est comme si un fantôme venait vous ôter la chose en qui vous tenait le plus. c’est dans ce village rempli de statuettes d’anges déchus que les femmes peinaient à accoucher des ors. les arbres eux-mêmes se regardaient entre eux, et savaient que le monde tomberait avant qu’il n’y eût rose bâtie sur son champ. c’est dans un grand esprit veinard que ce roi, qui paraissait éloquent, que tout passait sous divin derrière lui, que même les fleurs du jour s’effritaient dans le gémis. mais lorsque l’on s’attend à ce que la terre s’appelle Nephrate, on s’attendait au pire. chaque jour des chevaliers rentraient de terres sanglantes, au moins par an que pour voir la femme une dernière fois, que pour lui dire l’amour, pour mourir dans des draps. une mort certes qui reste tout de même affreuse, puisque les femmes ne s’attendaient pas à ce que les milliers de papillons bruns prennent départ vers l’horizon depuis son estomac. les larmes s’entendaient de partout. la vieillesse les prit soudain dans l’affreuse méconnaissance. le paysage somnolent ne tenait à peine debout. combien de prêtres orthodoxes se sont mis, armés de foi et de parole, conjurés, savaient que la Babel rayonnait dans du mosaïque.la tête tourne, et un chant épouvantablement doux adoucissait ces oreilles vieillottes de cent temps, qui les brisait de silence, et ensuite accrochait sur les arbres fidèles à leur tunique. ils resteront toujours des prêtres, mais à voir ce qui leur a ôté la vie, tout fantôme est dame fabuleuse ; des Terpis savent comment se passe un crucifix.








