Mme de Saint Chelles

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Résumé

Margaux, jeune noble, doit être unie au Comte de Saint-Chelles. Juste majeure, elle ignore tout des choses de l'amour. Elle va être initiée par sa servante et sa tante...

Genre :
Erotica
Auteur :
Pessac
Statut :
Terminé
Chapitres :
7
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
18+

Le défilé

Résumé

Dans le Poitou du XIIIème siècle, la jeune Margaux de Blagnan a été promise au Comte de Saint-Chelles, un homme dont elle ignore tout. Comme elle ignore tout des choses de l’amour et des plaisirs physiques. Fort heureusement, sa servante et sa tante vont la déniaiser quelque peu avant son mariage. Une histoire étonnante qui s’inspire d’une histoire vraie. Vraie ou légende...

Tous les personnages de cette histoire sont majeurs

* * * *

L’ordre est parfaitement clair : tous les habitants de la ville, hommes, femmes, enfants doivent sortir de leurs maisons, leurs échoppes pour assister au défilé. Tous doivent obéir, sous peine d’être châtiés sévèrement. C’est ce qu’ont proclamé les appariteurs du Comte. Gueux, artisans et commerçants ont abandonné leurs occupations et commentent les raisons de la convocation lancée par le comte de Saint-Chelles, leur suzerain.

Un suzerain que tous exècrent, qui les assomme d’impôts et taxes diverses qui les étranglent et le jettent dans la misère. Un vieux grigou, rapace et antipathique qui invente régulièrement de nouvelles taxes pour étrangler la population qui n’en peut plus. Un comte qui aujourd’hui les convoque pour un évènement insensé : le Vieux aurait-il perdu raison ?

Tous sont donc rassemblés, de chaque côté de la longue rue principale. Foule parfaitement silencieuse hormis de temps à autres troublé par des vagissements de bébés que leurs mères s’empressent de calmer par des cajoleries ou en leurs donnant le sein.

La ville, d’habitude, bruisse des cris des enfants, des exclamations tonitruantes des harengères vantant leurs marchandises disposées sur leurs étals, des coups de marteaux des artisans ferronniers et maréchaux-ferrants. Des hennissements des chevaux, des beuglements des bovins, des abois furieux des chiens plus ou moins errants.

Non, la ville n’a jamais été aussi silencieuse qu’en ce matin. Un silence quasi religieux, respectueux et... effaré. Chacun s’interroge sur les raisons du présent défilé : le Vieux aurait-il perdu raison ?

Aux ordres des appariteurs du Comte ont succédé les explications apportées par les servantes dépêchées par la Comtesse. Explications qui ont éclairées le petit peuple. Tout de même, l’affaire est bien singulière et chacun s’interroge.

Car ce qui leur est promis ce matin, ce n’est pas un défilé militaire. Pas d’armures étincelantes, pas d’armes rutilantes, de casques coruscants, de soldats bravaches toisant des donzelles frétillantes. Rien de tout cela !

Pour ce défilé, un seul cheval, rien qu’un cheval.

Un fier destrier qui avance au pas marqué, sautillant, à la parade. Une bête toute noire, d’un noir profond, magnifique. Ses muscles saillants roulent sous son cuir. C’est une monture puissante et fière dont la crinière oscille de droite à gauche à chacun de ses pas. Sa queue tendue à l’horizontal, ne fléchit qu’à sa longue extrémité.

Sa cavalière n’est autre que la femme du comte, Madame de Saint-Chelles. Une rousse flamboyante qui se tient parfaitement droite sur sa monture. Sa longue chevelure de feu se balance à l’allure de son destrier.

Tous les habitants du bourg apprécient cette jeune femme qui descend chaque jour à la ville, distribue quelques nourritures aux nécessiteux, câline les petits, glisse discrètement quelques piécettes aux plus nécessiteux. Offre son sourire et sa grâce à tout un chacun. Tous les habitants aiment cette donzelle avenante et si délicatement jolie. Sa chevelure d’un roux flamboyant lui donne une aura irrésistible, renforcée par les taches de son qui parsèment son visage.

Les anciens se souviennent de la première épouse du comte bien des années auparavant. Une toute jeune femme elle aussi, Gwendoline, à l’heure de ses épousailles. Une charmante et gentille donzelle, fraîche et souriante, bienveillante aussi que tous avaient vu s’étioler peu à peu, tomber dans une mélancolie qui avait eu raison de sa joie de vivre et de son optimisme. La rigueur, l’avarice et surtout la bigoterie extrême de son époux. Pour sûr, celle-là n’avait pas dû connaître le grand soir bien souvent. Si tant est qu’elle l’ait jamais connu avec un tel époux fourré tout au long des jours dans sa chapelle à discutailler théologie avec prêtres et diacres !

La pauvrette, emportée par sa mélancolie profonde avait fini tragiquement : elle s’était jetée de la plus haute tour du château !

Son bigot de mari, ne supportant pas qu’elle se soit suicidé, lui avait refusé toutes obsèques. Le corps démantibulé avait été jeté dans la fosse commune. Personne au château comme au bourg n’avait jamais pardonné cette ignominie et des hommages secrets avaient été rendus à la jeune femme dont le corps avait été extirpé secrètement de la fosse commune par quelques courageux bravant le pouvoir du Comte. Une sépulture discrète lui avait été donné dans une clairière ensoleillée à deux pas du village où nombre de femmes viennent se recueillir et fleurir la tombe bien des années après sa disparition.

Ce jour, la tournure des événements fait craindre le pire pour l’avenir de la belle Margaux. Jusqu’où le vieux grigou sera-t-il capable d’aller cette fois-ci ? Aura-t-il raison de la gaieté de sa femme ?

Descendant la rue au pas lent et sautillant de sa monture, Madame de Saint-Chelles se tient très droite. Elle est fière la châtelaine, son visage est parfaitement calme et serein mais ses joues sont vaguement colorées de rose. Un très vague sourire se dessine sur ses lèvres et son regard aiguisé se pose alternativement à droite et à gauche sur les badauds esbaudis, scrute leurs mines effarées et y trouve encouragements et profonde sympathie. Admiration aussi pour l’abnégation de la châtelaine et attente anxieuse du résultat de cette ahurissante opération. Car, chacun voit midi à sa porte, ce que leur a promis la Comtesse pourrait bien changer le cours de leur vie quotidienne.

Pas un mot n’est prononcé à son passage, aucune raillerie, aucun quolibet, aucun sifflet malvenu. Le mutisme profond de la foule qui fait écho silencieux à la farouche détermination qui se lit sur les traits de la jeune femme.

Madame de Saint-Chelles fait l’admiration de tous les badauds éberlués qui connaissent les raisons de cette situation stupéfiante.

Stupéfiante ?

Sans nul doute !

La digne amazone, l’épouse du comte, hors ses bottes blanches, n’a que sa lourde chevelure rousse pour protéger sa pudeur.

Madame de Saint-Chelles est en effet définitivement, incroyablement, totalement... nue !

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Bien écrit

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Intrigue captivante

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Super personnage

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Dialogues forts

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Dialogues forts