17 avril 1891

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Résumé

Maja, un peu métisse est rejetée par la population alsacienne de cette fin du 19° siècle. D'un tempérament chaud, elle se morfond dans l'ennui, n'a pas de petit ami mais des visées sur son voisin forgeron. D'un jour à l'autre, la très sage donzelle va basculer dans le stupre et la fornication !

Genre :
Erotica
Auteur :
Pessac
Statut :
Terminé
Chapitres :
11
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

ICI

le 17 avril 1891

il ne se passa

strictement

RIEN

Cette plaque émaillée, apposée sur une maison d’époque, me fait gentiment rigoler !

La blagounette est amusante mais immédiatement mon esprit se met à mouliner : ne s’est-il vraiment rien passé dans cette maison ce jour-là ?

Une recherche sur le net m’apprend ce que je savais déjà, à savoir que cette plaque humoristique se retrouve dans bon nombre de villes et villages de France et de Navarre. Sinon, rien de particulièrement marquant n’a l’air de concerner cette date, ni en France, ni en Allemagne. Je me promène en effet dans un village alsacien qui à cette époque était sous le joug allemand depuis déjà dix ans.

Mon imagination vagabonde...


Dans la cuisine de ma petite maison, je termine d’écosser des petit-pois. Tout à l’heure, je reprendrai mon travail de couturière mais pour l’heure, il s’agit de préparer le repas de midi. Sitôt qu’ils seront écossés, les petits pois fileront dans une casserole avec un beau morceau de lard. En fin de cuisson, je rajouterai une saucisse de Montbéliard (on continue à les nommer ainsi ces saucisses, bien que l’administration allemande bannisse toute appellation sonnant français). Des pommes de terre en rondelles, sautées à la poêle accompagneront notre frichti du jour.

Le lard sera coupé en trois tronçons inégaux, deux presqu’identiques pour Changala et moi, mais le dernier, sera plus petit car destiné à Mamama, ma grand-mère, qui n’a plus beaucoup d’appétit désormais et que je dois, certains jours, nourrir à la cuiller. Je découperai le Montbéliard en rondelles, n’en gardant que trois pour moi. Le reste est destiné à mon voisin célibataire à qui je fournis ses repas de midi et du soir, sachant que l’artisan participe assez généreusement à nos frais de bouche.

À travers le mur, j’entends justement les coups réguliers assenés par le forgeron sur son enclume. Sacré gaillard que cet homme-là qui porte bien mal son nom : si Changi se traduit en effet par “Jean”, Changala signifie “petit Jean”: or, l’homme est immense, il est aussi grand et large que l’énorme armoire à linge de la chambre que je partage avec ma grand-mère, Mamama. Il est fort le gars, rustre aussi et peu bavard. Je dois reconnaître que gamine, je l’ai craint et évité pendant des lustres, jusqu’au jour où, jeune adolescente, un soldat allemand a tenté de me forcer dans un fourré.

Le soudard m’avait suivie dans le sentier prolongeant l’impasse, menant à des parcelles où les familles du quartier cultivent des légumes et entretiennent quelques fruitiers...

Je suis à croupetons et récolte des oignons quand le type me pousse violemment. Je tombe à plat ventre, ma robe et mon jupon sont troussés haut et le ruffian tente de m’enlever ma culotte. Il parvient seulement à l’abaisser jusqu’à dénuder mes fesses mais me glisse brutalement la main au panier. Aviné, maladroit, le rustre n’arrive pas à franchir le rempart du tissu mais presse fortement ses doigts sur ma fente. Je suis largement plus grande que mon agresseur, je parviens à me retourner sur le dos en repoussant la brute qui, malheureusement, revient s’étaler de tout son long sur moi. Il déchire mon corsage en deux et pelote mes petits seins. Il vient fourrer son groin dans ma poitrine et me mord durement un téton.

La douleur décuple mes forces, je rue mais ne parviens pas à me dégager. Je hurle à pleins poumons, me débats furieusement. Le reître, passablement saoul, défait difficilement sa ceinture, abaisse son pantalon et ripe au-dessus de moi dans l’idée de me fourrer son sexe encore amolli dans la bouche.

J’ai alors la réaction qu’il faut : je saisis ses roubignoles et les tord aussi fort que je peux, dans un sens puis dans l’autre. Et rebelote ! Fou de douleur, l’homme m’expédie son poing en plein visage. Je m’évanouis quelques instants.

Heureusement, le forgeron a entendu mes cris et s’est rué dans le sentier. Il saisit le salopard par le colbac : celui-ci a complètement déchiré ma culotte. Revenue à moi, je sentis qu’il s’apprêtait à pénétrer mon minou ! Changala l'attrape par le colbac, le ramène suspendu à sa pogne dans l’impasse avant de le faire voler dans la ruelle où le fantassin se ratatine contre une pierre d’angle. Se relevant difficilement, le casque à pointe s’était alors enfui tout penaud, pantalons aux chevilles, sous les risées et quolibets des riverains.

Changala était revenu dans le sentier alors que je reprenais doucement mes esprits, m’avait soulevé et pris dans ses bras. Cachant avec son bras hypertrophié ma poitrine dénudée, il m’avait ramenée chez moi.

Depuis, je vouais au géant une reconnaissance éternelle, reconnaissance qui s’est teinté d’attirance avec le temps.

Il aurait pu payer cher cet acte de bravoure le forgeron : heureusement, le bonhomme était précisément en train de réaliser des grilles en fer forgé destinée au Rathaus de la ville. Une mairie également résidence de l’Ober-Leutnant allemand gouvernant la place, un sale boche qui n’avait pas voulu que le chantier prenne du retard. Jugé pour “rébellion contre l’autorité impériale”, Changala n’avait écopé que de quatre jours de prison, peine extraordinairement clémente qu’il purgea du Vendredi Saint au Lundi de Pâques, jours nouvellement fériés en Alsace.

Je m’appelle Maja. Ce prénom est la traduction approximative germanique obligatoire de Myriam, mon nom de baptême. Si, à l’instar de l’immense majorité de mes compatriotes alsaciens je déteste cordialement le Saint Empire Germanique et le Kayser, je me satisfais néanmoins de ce nouveau prénom, court et qui sonne joliment à mes oreilles.

À vingt et un ans, je suis, dans l’absolu, une jolie jeune fille mais, tranchant totalement d’avec le reste de la population, je suis passablement rejetée. Grande, très grande, je dépasse largement toutes les filles de ma génération. Ma haute taille est encore renforcée par ma fausse maigreur. Si je ne suis sans doute pas aussi gironde que beaucoup d’autres, mon impression de minceur excessive est due aux vêtements amples que je choisis, à dessein, de porter pour cacher mes formes. Mon absence de formes plutôt, car ma poitrine est bien maigrelette. Et du coup, inexistante sous mes larges chasubles.

De mon père (dont je n’ai pas de souvenirs, le soldat originaire des Iles lointaines ayant été tué à Sedan), de mon père donc, j’ai hérité un teint très sombre et hâlé, café au lait et une très abondante chevelure noire de jais, vaguement crépue qui m’ont valu dès la prime enfance quantités de surnoms infamants tels que négresse, noiraude ou sarrasine. Sorcière aussi : différente, je deviens forcément suspecte et ma couleur de peau de métisse fait de moi une étrangère sans nul doute liée aux pratiques sataniques ! Pauvres imbéciles incultes !

De ma mère alsacienne (morte en couches à ma naissance), j’ai les yeux d’un bleu pâle et lumineux, mais donc, et je m’en désole, pas son opulente poitrine. Mes pêches des vignes me paraissent bien ridicules, voire déshonorantes car couronnées de surcroit, de tétons fort sombres et larges. Rien à voir avec les blondes du cru dont j’ai aperçu parfois à la rivière les lourdes poitrines laiteuses et tétins rosés croquignolets. Quant à mes hanches étroites et mes petites fesses serrées, elles renforcent encore mon allure masculine.

Une chose me fait plaisir par contre : à l’instar de mon père (c’est Mamama qui me l’a raconté), je suis pratiquement imberbe. Si j’ai une chevelure fort abondante, je n’ai pas de poils sur le corps, les jambes ou les bras, à peine un duvet léger sous les aisselles. Plus bas, une petite forêt noire, dense et très frisotée sur le pubis. Rien à voir avec les tabliers de sapeurs, plus ou moins blonds, qui engloutissent les chats de filles d’ici. Moi, mon barbiquet est précisément vierge de... barbe ! Les rares garçons que j’ai connus ne se sont jamais plaints de mon petit con tout nu. Bien au contraire !

Fort peu de garçons en fait puisque je suis plus ou moins mise au ban de la communauté. Tout comme son voisin, mais lui pour une autre raison : affecté d’un bégaiement prononcé, il passe pour benêt, voire simplet et est sujet aux moqueries des gamins. Je sais pour ma part qu’il est bien finaud et plus intelligent que bon nombre ! Comme quoi, dès qu’on est un peu différent de la majorité...

Dans le noir de sa chambre, quand Mamama ronfle, je laisse souvent glisser mes doigts sur mon corps. C’est qu’il se manifeste mon corps, ses besoins me travaillent. Cela dit, je n’ai guère de fantasmes et encore moins de souvenirs pour alimenter mes caresses solitaires. Le seul que je conserve et chérisse un peu est Guschti, mon amoureux de seize ans qui m’avait volé mon pucelage. Voler, n’exagérons rien, ce n’est pas le terme qui convient. Je m’étais volontiers laissé faire à l’époque par le coquin. Je m’étais offerte et j’avais apprécié chaque étape de notre relation coquine. Sans être réellement amoureuse de lui, je lui avais cédé car il était tendre et caresseur. Si je lui ai toujours refusé l’accès à mes seins, ces petits nichons qui me complexaient, j’avais adoré qu’il me fourrage l’entrejambe, titille ma perle. Et j’avais connu une jouissance aussi singulière qu’affolante quand le garçon était venu me lécher mon maljoint ! Un traitement aussi ahurissant qu’inattendu que je n’aurais jamais pu imaginer ! Qu’il vienne me lécher mon trou à pipi m’avait stupéfiée. Le bonheur immense donné par les léchouilles sur mes lèvres grenadines brûlantes, les butées répétées de son nez sur ma perle sensible m’avaient fait faire le grand saut dans le vide sidéral d’un plaisir asphyxiant !

Aussi, je lui avais immédiatement rendu la pareille en prenant en bouche sa petite saucisse : le drôle n’avait pas été long à m’envoyer une certaine purée acre et salée que je n’avais pas réellement adorée. Mais bon, il avait joui lui aussi, cela nous remettait à égalité.

Quand quelques jours plus tard, il avait parlé de glisser sa "Strasbourg" dans mon Saint-Frusquin, je n’avais pas hésité longtemps. Faut dire qu’il m’avait promis que l’opération me procurait un plaisir explosif qui relèguerait au rang de pétard mouillé celui que j’avais connu lorsqu’il avait léché mon pruneau. Il m’avait pénétrée en levrette, mais si son spatz allant et venant dans ma madeleine m'avait défloré, il ne m’avait donné qu’un plaisir bien mitigé, somme toute largement moins ahurissant que celui éprouvé lors de l’inattendu broute-minou. J’étais resté sur ma faim, ce qui précisément avait mis... fin à notre relation.

Quant aux deux autres garçons que j’ai connus par la suite, je préfère oublier leurs saillies brutales et égoïstes : ceux-là m’ont juste fait réaliser que la nature n’avait pas été généreuse avec le pauvre Guschti, que sa fine et courte Francfort ne valait pas un bon Montbéliard ou autre Jésus de Morteau pour combler mon échancrure

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