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Résumé

« PAS DE RELATION AMOUREUSE ENTRE LES EMPLOYÉS DE MON ENTREPRISE. » — M. Valmont Noah Valmont avait établi cette règle pour une raison simple : les sentiments n'avaient aucune place dans son empire. Il était loin de se douter qu'il deviendrait un jour le premier à la briser. Il a résisté. Il a nié. Il s'est battu contre ce qu'il ressentait. Mais Syana est devenue la seule chose qu'il ne pouvait ni contrôler… ni abandonner. Que se passe-t-il lorsque la passion rime avec interdiction ?

Genre :
Erotica
Auteur :
E.M
Statut :
il y a un mois
Chapitres :
22
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

CHAPITRE1 La femme dont il connaissait déjà le nom

Manhattan ne dormait jamais vraiment.

Même à six heures quarante-cinq du matin, lorsque la lumière pâle de l'aube commençait à se refléter sur les façades de verre, la ville semblait déjà lancée dans une course dont personne ne connaissait la ligne d'arrivée.

Les taxis glissaient entre les voitures, les portes des cafés s'ouvraient les unes après les autres, les premiers employés pressaient le pas sur les trottoirs encore humides de la pluie nocturne. Au-dessus d'eux, les gratte-ciel disparaissaient presque dans une brume légère.

Et parmi eux, il y en avait un que l'on remarquait avant tous les autres.

La tour Valmont.

Soixante-dix-huit étages de verre, d'acier et de pierre noire, dressés au cœur de Manhattan avec une arrogance silencieuse.

Le bâtiment n'affichait presque aucune publicité. Aucun panneau gigantesque portant le nom de son propriétaire. Noah Valmont Helidja n'avait jamais eu besoin de publicité.

Son nom suffisait.

Il figurait sur des avions privés capables de traverser l'Atlantique sans escale, sur des yachts construits sur mesure, sur des technologies robotiques médicales utilisées dans plusieurs pays et sur des sociétés dont la valeur dépassait parfois le produit intérieur brut de certains petits États.

Mais ce matin-là, comme tous les autres, le bâtiment ne ressemblait pas au siège d'un empire détenu par l'un des hommes les plus riches de la planète.

Il ressemblait simplement à une machine parfaitement réglée.

À sept heures trente, les employés étaient déjà à leurs postes.

À sept heures quarante-deux, les ascenseurs privés du dernier étage s'ouvrirent.

Les deux agents de sécurité postés dans le hall se redressèrent légèrement.

Pas parce qu'ils avaient reçu un ordre.

Par réflexe.

Noah venait d'arriver.

Il traversa le hall sans ralentir.

Grand.

Un mètre quatre-vingt-dix.

Une silhouette athlétique, puissante sans être excessivement musclée, enveloppée dans un costume sombre parfaitement ajusté. Rien ne dépassait. Pas une manche mal positionnée, pas une mèche rebelle dans ses cheveux bruns courts.

Il avançait avec cette assurance tranquille des hommes qui n'avaient jamais eu besoin de demander la permission pour entrer quelque part.

Son visage était fermé.

Ses yeux bleu glacial parcouraient rarement les alentours.

Il n'en avait pas besoin.

Il remarquait tout.

Un dossier oublié sur un comptoir.

Une porte restée ouverte.

Un employé qui arrivait trois minutes après son heure.

Une ampoule dont la lumière vacillait légèrement dans un couloir.

Noah remarquait tout.

Et surtout, il s'en souvenait.

— Bonjour, monsieur Valmont.

Il s'arrêta.

L'homme qui venait de le saluer déglutit presque immédiatement.

Noah tourna simplement la tête vers lui.

— Vous êtes nouveau.

Ce n'était pas une question.

— Oui, monsieur.

— Depuis combien de temps ?

— Trois semaines.

Un silence.

— Alors cessez de m'appeler monsieur Valmont.

Le jeune homme sembla surpris.

— Je...

— Vous travaillez ici. Pas dans une monarchie.

Noah reprit sa marche.

Deux secondes plus tard, il ajouta sans se retourner :

— Mais soyez à l'heure demain.

Le jeune employé baissa les yeux vers sa montre.

Sept heures quarante-quatre.

Il venait d'arriver avec quatre minutes de retard.

Noah avait déjà continué son chemin.

Il n'avait pas élevé la voix.

Il n'en avait jamais besoin.

Sa voix était naturellement basse, légèrement rauque, presque hypnotique. Une voix qui pouvait paraître calme même lorsqu'elle annonçait quelque chose d'irrévocable.

Au soixante-dix-huitième étage, les portes s'ouvrirent sur un espace immense.

Verre.

Bois sombre.

Marbre.

Acier.

Une vue panoramique sur Manhattan.

Le bureau de Noah occupait presque tout l'étage.

Il posa sa montre sur son bureau, retira sa veste et la confia à son assistant.

— La réunion de huit heures ?

— Dans quinze minutes.

— Le dossier Hawthorne ?

— Sur votre bureau.

— Et Paul ?

— Il doit vous appeler à neuf heures.

Noah hocha la tête.

Il s'assit.

Puis son regard se posa sur le dossier posé devant lui.

Il n'était pas encore ouvert.

Pourtant, quelque part à plusieurs milliers de kilomètres de là, une jeune femme portait exactement le même nom que celui inscrit sur sa couverture.

Syana Roch.

Noah ne savait pas encore à quoi elle ressemblait.

Mais il connaissait déjà son travail.

Il connaissait ses résultats.

Il connaissait sa réputation.

Et il savait qu'elle était excellente.

Ce qui, pour Noah, était déjà beaucoup.

---

À huit heures précises, la réunion commença.

Douze personnes autour d'une longue table.

Douze ordinateurs ouverts.

Douze regards tournés vers un seul homme.

Noah feuilleta les documents sans parler.

Une minute.

Deux minutes.

Personne n'osa remplir le silence.

Il finit par lever les yeux.

— Qui a validé cette projection ?

Un homme au bout de la table leva lentement la main.

— Moi.

Noah regarda le graphique.

— Pourquoi ?

— Parce que les prévisions indiquaient—

— Je ne vous ai pas demandé ce qu'indiquaient les prévisions.

Silence.

— Je vous demande pourquoi vous les avez acceptées sans vérifier les données brutes.

L'homme pâlit.

Noah referma le dossier.

— Vous avez commis une erreur.

Le silence devint plus lourd.

— Vous êtes renvoyé ?

L'homme releva brusquement les yeux.

— Non.

Noah regarda son directeur des ressources humaines.

— Il suivra une formation complémentaire pendant trois semaines. Ensuite, il reprendra son poste.

Puis il revint vers l'homme.

— Si vous refaites la même erreur après cela, je considérerai qu'il ne s'agit plus d'incompétence.

Il marqua une pause.

— Ce sera de la négligence.

Personne ne parla.

La réunion continua.

Chez Noah, l'erreur n'était pas un crime.

L'incapacité à apprendre en était un.

La réunion dura quarante-six minutes.

À huit heures quarante-six, tout le monde quitta la pièce.

Tout le monde sauf Noah.

Paul entra quelques secondes plus tard.

Il était l'un des rares hommes à pouvoir entrer dans le bureau de Noah sans frapper deux fois.

Ils se connaissaient depuis des années.

Paul posa son téléphone sur la table.

— Tu es toujours aussi agréable le matin.

Noah ne leva même pas les yeux.

— Tu es toujours aussi bavard.

Paul sourit.

— Tu m'as manqué.

— Ça fait quatre jours.

— Exactement.

Noah finit par relever les yeux.

— Qu'est-ce que tu veux ?

Paul s'assit.

— J'ai quelqu'un pour toi.

Noah arqua légèrement un sourcil.

— Je n'ai besoin de personne.

— Professionnellement.

— Alors parle.

Paul ouvrit son ordinateur.

— Syana Roch.

Le nom resta suspendu quelques secondes dans la pièce.

Noah ne répondit pas immédiatement.

Puis :

— Je connais.

Paul sourit.

— Bien sûr que tu connais.

Il fit glisser plusieurs documents vers lui.

— Elle travaille avec nous depuis plusieurs années en Europe. Négociations internationales, partenariats stratégiques, contrats gouvernementaux... Elle a sauvé trois dossiers que tout le monde considérait comme perdus.

Noah parcourut rapidement les chiffres.

— Je sais.

— Elle parle quatre langues couramment.

— Je sais.

— Et elle refuse deux promotions sur trois parce qu'elle estime qu'elles ne correspondent pas à ses objectifs.

Noah s'arrêta.

Il leva enfin les yeux.

— Pourquoi ?

Paul sourit.

— Parce qu'elle n'aime pas les titres inutiles.

Un silence.

Cela, Noah l'appréciait.

— Elle arrive à New York demain.

— Pourquoi ?

Le sourire de Paul disparut légèrement.

— Raisons personnelles.

Noah ne demanda rien.

Il avait horreur de fouiller dans la vie privée des gens.

— Elle sera transférée dans quelle division ?

— Stratégie internationale.

Noah referma le dossier.

— D'accord.

— C'est tout ?

— Qu'est-ce que tu veux que je dise ?

— Je ne sais pas. Peut-être que tu es impressionné.

— Je ne suis pas impressionné par un CV.

Paul éclata de rire.

— Tu es impossible.

Noah se leva.

— Je suis occupé.

Paul se dirigea vers la porte.

Avant de sortir, il se retourna.

— Noah.

— Quoi ?

— Tu devrais vraiment la rencontrer.

Noah le fixa quelques secondes.

— Je rencontrerai tous les employés qui doivent travailler directement avec moi.

Paul sourit.

— Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Noah ne répondit pas.

La porte se referma.

Il resta seul.

Son regard revint machinalement vers le dossier.

Syana Roch.

Il connaissait son nom.

Ses résultats.

Sa réputation.

Rien de plus.

Et cela lui convenait parfaitement.

---

À quelques kilomètres de là, Syana regardait Manhattan derrière la vitre d'un taxi.

La ville défila devant ses yeux.

Immense.

Rapide.

Brutale.

Magnifique.

Elle posa doucement son front contre la vitre froide.

Deux ans.

Cela faisait deux ans qu'elle avait appris que certaines absences ne se comblaient jamais.

Deux ans depuis William.

Elle ne pensait pas à lui tous les jours.

Mais certains jours pensaient à lui à sa place.

Une odeur.

Une chanson.

Un hôpital.

Une date.

Une rue.

Une phrase.

Et soudain, le passé revenait.

Elle ferma les yeux.

Puis inspira profondément.

Non.

Pas aujourd'hui.

Elle ouvrit les yeux.

New York était devant elle.

Elle n'était pas venue pour oublier William.

Elle était venue pour recommencer.

Son téléphone vibra.

Kendra : Où es-tu ?!

Syana sourit malgré elle.

Elle répondit :

À dix minutes.

La réponse arriva immédiatement.

Kendra : J'espère que tu as pris tes affaires. Je refuse de vivre avec une femme qui possède trois valises et zéro pyjama.

Syana secoua la tête.

Un petit rire lui échappa.

C'était exactement pour cela qu'elle avait besoin de Kendra.

Parce qu'avec elle, elle pouvait encore rire.

Même après tout.

---

L'appartement se trouvait au cœur de Manhattan.

Lorsque Syana entra, elle posa son sac près de la porte et regarda autour d'elle.

Grandes fenêtres.

Parquet clair.

Cuisine ouverte.

Deux chambres.

Une vue impressionnante sur les lumières de la ville.

— Alors ?

Kendra apparut derrière elle.

— Alors quoi ?

— Tu regrettes déjà ?

Syana observa Manhattan.

Puis elle sourit légèrement.

— Non.

Kendra lui prit la main.

— Bienvenue chez toi.

Syana regarda leur appartement.

Pour la première fois depuis longtemps, elle eut l'impression que quelque chose pouvait recommencer.

---

Le lendemain matin, Syana Roch franchit les portes de la tour Valmont.

Elle portait un pantalon noir parfaitement coupé, une chemise claire et une veste élégante. Ses longs cheveux frisés tombaient librement jusqu'au bas de son dos.

Elle ne cherchait pas à attirer les regards.

Elle n'en avait jamais eu besoin.

Elle présenta son badge à l'accueil.

— Madame Roch ?

— Oui.

— Monsieur Valmont vous attend au soixante-dix-huitième étage.

Syana releva légèrement les yeux.

— Maintenant ?

— Oui.

Elle inspira.

Puis entra dans l'ascenseur.

Les portes se refermèrent.

Au même moment, à quelques étages au-dessus, Noah quittait son bureau.

Il avançait dans le couloir lorsqu'un de ses employés s'arrêta.

— Monsieur Valmont, madame Roch est arrivée.

Noah continua de marcher.

— Bien.

Quelques secondes plus tard, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent.

Syana sortit.

Elle fit deux pas.

Puis leva les yeux.

Un homme venait dans sa direction.

Grand.

Costume sombre.

Cheveux bruns.

Regard bleu glacial.

Il s'arrêta.

Elle aussi.

Pendant quelques secondes, aucun des deux ne parla.

Noah avait rencontré des milliers de personnes.

Des présidents.

Des milliardaires.

Des scientifiques.

Des négociateurs.

Des femmes magnifiques.

Mais quelque chose dans le regard de cette inconnue le força à ralentir.

Elle ne le regardait pas comme les autres.

Pas de fascination.

Pas de nervosité excessive.

Pas de tentative de sourire.

Simplement un regard calme.

Réservé.

Direct.

Intelligent.

Noah sentit quelque chose d'inexplicable traverser son esprit.

Une curiosité.

Rien de plus.

Il la regarda encore une seconde.

Puis son regard descendit vers le badge accroché à sa veste.

SYANA ROCH.

Alors seulement, il comprit.

La femme dont il connaissait le nom depuis des années se trouvait devant lui.

— Madame Roch.

Sa voix rauque résonna doucement dans le couloir.

Syana soutint son regard.

— Monsieur Valmont.

Deux voix.

Deux inconnus.

Et aucune raison, à cet instant précis, de savoir que cette rencontre allait devenir la plus grande menace de toute la vie de Noah Valmont Helidja.

Parce qu'il avait passé des années à construire des règles pour protéger son empire.

Et qu'il ignorait encore qu'une seule femme allait lui donner envie de toutes les briser.

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