Personnaliser la lisibilité
Aa

À l'Ombre des Murmures

Tous droits réservés ©

Résumé

Mel’ et Cory se sont trouvés malgré les kilomètres. Au fil des années, leur amitié est devenue un refuge, une force silencieuse qui leur permet de voir le monde autrement et d’apporter à l’autre ce qu’il ne parvient pas toujours à trouver seul. Mais que reste-t-il d’une relation lorsque les certitudes, les souvenirs et les blessures commencent à raconter une autre histoire ? Parfois, il ne faut pas grand-chose pour faire vaciller une lumière. Un doute. Une absence. Un murmure. Et si ce qui nous lie aux autres était bien plus fragile qu’on ne le croit… ou bien plus puissant que ce que l’on pourrait tenter de nous faire oublier ? [N.B. : J'écris la suite en Live sur Twitch les Mercredi après-midi et parfois le week-end. N'hésitez pas à venir voir !]

Genre :
Drama/Other
Auteur :
Tillynea
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
13+

Chapitre 1 ~ Cory

1. Cory

La lumière du couloir visible à travers la grande baie vitrée de son bureau se remet à clignoter. Un sourcil froncé, Cory plisse les yeux pour lire le message qu’il vient de recevoir sur sa messagerie instantanée :

" Tu as pensé à appeler le monsieur pour les lumières qui clignotent le soir, au fait ? "

Avec un sourire, il souffle du nez et replace une mèche de cheveu brun sous sa capuche. Les boucles ne tiennent jamais bien longtemps en place. Il relève les yeux de l’ordinateur et glisse un œil vers le bureau vide à sa droite. Mel’ ne l’occupe plus depuis plusieurs semaines et elle parvient quand même à choisir ses moments pour lui rappeler certaines tâches. C’est presque un don, sa façon de toujours écrire au meilleur moment. Il lui répond juste avant de se le noter sur un post-it :

" Non, j’ai oublié. Avec la promotion et les réunions ce genre de truc m’est sorti de l’esprit…”

C’est même à des kilomètres de ses préoccupations principales, une ou deux lumières qui jouent au langage morse. Le crayon en l’air au-dessus du morceau de papier jaune, il soulève les autres documents qui recouvrent son bureau pour chercher où il aurait pu planquer le numéro de celui qui gère le bâtiment et tous ces menus détails. Alors qu’il bataille avec une pile de papiers pour qu’elle ne tombe pas de l’autre côté du plan de travail, l’annonce d’un message l’interpelle :

" Le numéro est dans l’agenda rangé dans ton tiroir du haut. Si jamais…”

Pendant une seconde, il hésite entre vérifier s’il n’y a aucune caméra planquée autour de lui et lui demander comment elle fait ce qu’elle fait. Au lieu de ça, il ouvre le tiroir, récupère l’agenda et y trouve le numéro noté dans les contacts utiles. Par précaution, il replace rapidement l’agenda avec toutes les informations importantes dans le tiroir avant de le perdre dans son rangement intermédiaire. Il est sur le point de coller le post-it sur son tableau à sa gauche quand elle lui rappelle encore un détail important :

" Note le dans ton portable, toute façon tu pars ce soir, non ? Tu pourras pas t’en occuper, et ton second ne lit jamais tes post-it. "

Cory marmonne, prend le post-it en photo, le colle sur le tableau malgré tout et lui répond :

" Tu m’exaspère. Je vais vraiment faire vérifier le bureau un de ces jours, je suis sûr que tu me surveilles. Combien tu les as payés pour qu’ils t’informent de tout ? Crache le morceau. "

La connaissant comme elle le connait, elle a forcément éclaté de rire. Il entraperçoit sa réponse parlant de secret et de corruption difficile à mener tandis que, depuis le couloir, Vincent, son second, fait un signe pour savoir s’il peut entrer. Il ne toque jamais aux portes. De toute façon, Cory ne ferme quasiment jamais la sienne, restant ainsi disponible à tout moment en cas de besoin.

Hormis les trois murs extérieurs principaux, les différentes pièces de leur entreprise n’ont presque pas de murs. Les vitres qui délimitent les bureaux isolent les sons et peuvent parfois s’occulter en cas de réunion nécessitant la discrétion. Ces détails-là, ils l’ont imaginés il y a des années quand ils parlaient, lui et Mel’, de cette future boîte. Ça, et les haut-parleurs du bâtiment reliés à un serveur depuis lequel ils peuvent mettre la musique qu’ils veulent dans différentes zones. Tout cela, c’est surtout pour assurer une atmosphère conviviale, loin d’eux l’idée de garder leur équipe sous surveillance. D’autant qu’il passe tellement son temps le nez dans son propre travail qu’il ne pense pas une seconde à observer ce qu’il se passe autour. Pour ça, il a Vincent.

Ce dernier tapote doucement la vitre pour attirer Cory hors de ses pensées. Légèrement gêné, il lui fait signe d’entrer tout en se massant la nuque. Son ami désigne l’amas sans ordre de papiers étalés sur le bureau et déclare d’un ton sans appel :

« Je ne travaillerais pas sur tes dossiers si ça reste comme ça, je ne veux pas perdre mes cheveux en fouillant dans ton rangement.

Cory grimace et se recule dans son fauteuil en croisant les bras.

— Même pas un petit effort ? C’est pourtant comme ça que je travaille et je m’en sors bien.

Vincent grimace en s’asseyant sur le canapé à sa droite. Il secoue la tête vivement.

— Jamais de la vie mon pote. Tu me dois au moins un minimum de tri, de vrai tri, avant de partir. Sinon, tu dois t’attendre à ce que je t’appelle dès lundi pour que tu me guide. Ta femme et Mel’ vont te détester.

Incapable de rester dans son fauteuil comme un Patron, Cory se lève et vient s’assoir sur le canapé à côté de son second. Il cède sans discuter, Mel’ peut être une plaie si elle cherche à se venger. Même pour seulement cinq minutes d’appels pour le travail pendant ses vacances.

— D’accord, promis, je rangerais. Tu auras à disposition tout ce qu’il faut. Même si, au fond, tu as exactement les mêmes documents dans ton bureau.

Vincent sourit et fait un grand geste du bras pour indiquer le bureau ainsi que ceux qui sont de l’autre côté du couloir. D’un ton solennel, il déclare :

— Si je remplace le grand chef, je squatte son bureau ! Comme ça, personne n’est perturbé.

Cory lève les yeux au ciel en souriant à moitié.

— Tu abuses, ton propre bureau est juste à côté.

Son ami rit de bon cœur puis hausse une épaule.

— Je jouerais au patron, laisse-moi ce petit plaisir.

Cory lève un index en commençant à préciser :

— Techniquement…

Vincent lève une main en terminant à sa place :

— Oui. Techniquement je le suis déjà, puisque toi tu nous fais gagner l’argent et moi je gère le personnel. Tu prends juste trop peu de vacances, alors je vais en profiter aussi. M’asseoir dans ton super siège est un petit bénéfice en plus.

Cory éclate finalement de rire.

— Très bien, si jamais tu en deviens accro, je te donnerais sa référence pour que tu te commandes le même.

Vincent lève le pouce en rectifiant :

— Mel’ me la donnera.

Croisant les bras, Cory soupire.

— Vous êtes insupportables. Je déteste que vous soyez amis, il n’y en a pas un seul pour prendre ma défense.

Loin d’être dupe par son petit jeu de Caliméro, son ami regarde sa montre et indique l’amoncellement de documents sur son bureau.

— En tout cas, il te reste trois heures avant de partir. N’oublie pas de ranger, sinon tu souffriras à ton retour en constatant que j’y ai fouiné.

La remarque lui arrache une grimace mêlée d’un frisson glacial. Certes, il a son propre système de rangement qui n’a pas l’air d’en être un. Néanmoins, il déteste par-dessus tout que quelqu’un déplace ses papiers, même si c’est pour l’aider. Ça lui donne l’impression qu’une personne est venue fouiller son cerveau avec des aiguilles à tricoter.

Cory se relève sous une brusque montée d’adrénaline que lui procure cette image. Il se dirige vers son bureau et commence à trier tout en glissant un regard sur les messages reçus pendant leur brève discussion. Encore une fois, ce qu’il lit lui arrache un sourire :

" Au fait, Vincent doit me rendre mon cahier. N’oublie pas de lui demander s’il a photocopié les idées pour votre futur projet. ”

Il tourne la tête vers son ami qui reçoit un message au même moment. Ce dernier se lève d’un bond en s’exclamant :

— Ha ouais, le carnet ! J’reviens dans une heure.

Sans plus de formules, Vincent quitte son bureau pour rejoindre le sien en écrivant sa réponse. De son côté, l’avis de Mel’ ne tarde pas à apparaître sur son écran :

" Dites, quand je vous écris pas, vous pensez à manger au moins tous les deux ? ”

Cory marmonne et s’assoit. Il sait qu’elle plaisante et qu’elle a totalement confiance en eux pour faire leur propre travail. Sinon, cela ne ferait pas six mois qu’elle n’a pas remis les pieds dans la pièce voisine. Tout en triant les documents afin que Vincent puisse s’y retrouver, il laisse son esprit vagabonder dans son passé.

Il a connu Mélanie avant Vincent. La première, sur la toile, et leur rencontre les a tirés tous les deux hors de leurs ténèbres à ce moment-là. Le second, il l’a connu pendant ses études supérieures. Au départ, il les côtoyait séparément, même s’ils partageaient tous les trois le rêve de créer quelque chose qui a du sens. À l’époque, il estimait que son école et ses moments d’échange avec Mel’ à distance étaient deux univers bien trop différents.

De plus, Vincent est un gars plutôt simpliste. Il ne se complique jamais les choses avec des pensées qui partent dans tous les sens, au contraire de Cory ou Mel’. Son bonheur se trouve dans un bureau rangé, des tâches claires et un planning bien organisé. Pendant leurs travaux de groupe, ces atouts ont été une bénédiction pour Cory qui a tendance à partir dans tous les sens. Le côté artistique et mystique de ce qu’ils créent, il le laisse bien volontiers à qui se propose. De son côté, il se charge de l’aspect administratif et interne pour que l’idée de base puisse éclore et grandir sans contraintes.

Mel’, c’est justement celle qui a réveillé sa part artiste. Au cours de leurs longues discussions, ils se sont souvent laissés emporter dans divers univers plus ou moins sombres. Ces échanges ont contribué à forger entre eux une amitié solide. Libre comme l’air et capable de tout quand elle prend une décision, elle a fini par combler la distance qu’il y avait en venant s’installer dans son département.

Après quelques mois à jongler entre son ami d’études et son amie en soirée, il a fini par organiser quelques soirées communes. Il s’attendait à voir une réaction chimique comme l’eau et l’huile. Chacun dans un coin, parlant tour à tour avec lui, comme ça a pu arriver parfois avec d’autres amis et Mel’. Au lieu de ça, il a assisté à un ping-pong de boutades et à l’embrasement de quelque chose qu’il n’avait envisagé que dans de rares discussions tardives.

Ce n’est que lorsque Mel’ a apporté un cahier, le troisième soir où ils se voyaient tous les trois, que Cory a compris qu’elle n’avait fait que tester, en quelque sorte, les amis qu’il lui avait présentés. Loin d’être aussi fermée et repliée qu’il le pensait, elle avait surtout observé qui méritait d’entrer dans leur monde fou des projets dont ils ont parlé de longues heures. Sans que Cory le sache, Mel’ avait noté chacun de leurs délires minutieusement dans un carnet qu’elle a continué d’étoffer au fil des années sans jamais abandonner l’idée qu’il servira un jour. Vincent a feuilleté le carnet, s’est moqué, puis s’est lancé avec eux dans l’aventure à pieds-joints.

Ce carnet, il ne l’a vu en tout et pour tout que deux ou trois fois. Après cette soirée, elle l’a récupéré et ne leur a donné que sa part dans leur début : quelques bases d’histoires fiables pour qu’ils créent, grâce à leurs études, l’univers autour afin de le partager ensuite. Après un an et demi de doutes, de galères, d’échecs plus nombreux que les réussites, le premier résultat s’est vendu rapidement. La boîte est née, le bâtiment a été trouvé, réaménagé et investi. Une fois certaine qu’elle n’était plus utile dans cette part de sa vie, Mel’ s’est retirée de l’entreprise en souriant.

Elle a ses propres rêves à mener de son côté et il l’encourage de tout cœur pour que cela réussisse autant que pour lui. Ni l’un ni l’autre ne voit son absence ici comme un poids ou une contrainte qu’ils se seraient imposés. Ce travail-là n’est juste pas celui qui lui permettra de briller et ils en sont parfaitement conscients. Cela ne les empêche pas de partager leurs idées et son quotidien ici car, au fond, elle y a toujours une place.

Aujourd’hui, Mel’ se cherche encore, même si elle cartonne dans les domaines qu’elle teste. Cela ne lui convient pas encore assez. Cory glisse un regard aux messages. Il n’y en a pas de nouveaux. Depuis quelque temps, elle se contente de lui écrire quand il parle, puis laisse le silence revenir sans forcément relancer de sujet. Bien souvent, elle fait cela lorsqu’elle est dans une phase de transition. Ces silences, c’est comme si elle passait ces minutes, ces journées, à revoir en détail son présent et son avenir pour parvenir à trouver sa voie.

Tout en ajustant une pile de papiers en la tapotant sur le bureau, il espère que sa nouvelle voie ne la fera pas déménager à l’autre bout du pays. Bien sûr, cela ne changera rien à leur amitié, mais il s’est habitué à pouvoir venir la voir lorsqu’il en a envie ou besoin. Cette semaine, par exemple, ils vont passer la majorité de leurs journées ensemble pendant ses congés, avec Sarah, sa femme, et Béatrice, la colocataire de Mel’. C’est le genre de chose qu’à une époque il n’aurait jamais envisagé que cela lui ferait plaisir, ni qu’il aurait même hâte de passer des vacances ainsi. Elles sont loin de lui les années où il préférait la compagnie d’un ordinateur à celle de ses proches.

Son bureau ressemble à présent à ce que d’autres considèrent comme rangé. Cory le regarde avec l’impression désagréable d’être dans une pièce sans vie. Il affiche encore une grimace quand Vincent réapparaît avec le cahier en main. Son second observe les tas de papiers ordonnés et hoche la tête avec un sourire. Comme si elle avait senti son désarroi, Mel’ revient dans sa messagerie :

" Oublie pas de parler du post-it. J’ai pris le stock de boissons pour ce soir. Sarah, c’est toujours sans alcool ? ”

Le sourire efface rapidement sa grimace. Il fait signe à son ami d’entrer tout en répondant rapidement :

" Oui, toujours, merci d’y penser. On arrivera peut-être tard, Sarah a encore quelques visites. Je te tiens au jus quand on part. ”

Son “Pas de soucis” clos la discussion pour le moment. Cory relève les yeux vers Vincent qui gratte un dessin griffonné sur la couverture abîmée du cahier. Cette fois, il ne le rejoint pas dans le canapé. Comme s’il tenait encore à garder ses fesses dans son fauteuil encore un peu, pour reculer son premier départ en congés depuis l’ouverture de l’entreprise. Tout en pianotant sur son portable pour préparer l’envoi de la photo prise un peu plus tôt, il annonce à son second :

— Il faudra appeler le gars de la maintenance la semaine prochaine pour les lumières du couloir. Le numéro est sur le post-it…

Vincent commence à déclarer :

— Je ne lis jamais tes…

Son téléphone émet un son. Cory sourit et secoue le sien en montrant la photo. Vincent expire longuement puis ajoute la tâche dans son agenda en quelques mouvements de doigts sur son écran.

— Très bien, mardi j’appelle.

Cory repose le portable et indique le cahier du menton avant de demander :

— Alors, quelle idée intéresse le service créa ? Tu ne lui a pas demandé ce carnet depuis plusieurs mois, et tu l’as gardé longtemps cette fois.

Vincent serre le cahier une seconde puis hoche la tête en affichant un léger sourire en coin.

— Votre plus gros projet. On a l’équipe pour, les moyens et le temps, avec les petits projets que tu mets en place. Je pense qu’il est temps de s’y mettre.

Cory s’enfonce un peu dans son fauteuil, un peu assommé par la nouvelle. Ce projet-là représente beaucoup. Autant pour lui que pour Mel’. C’est un rappel de ce qui les a réunis et une page qu’ils n’ont jamais réussi à tourner. Lui-même ne sait pas s’il est capable de se lancer à nouveau dans cette aventure. Ils ont essayé une ou deux fois, alors qu’ils n’étaient que deux, et cela n’a jamais mené à quelque chose. C’est aussi pour ça que Vincent est celui qui relance la machine à leur place. Extérieur à leurs premiers échecs, il est capable de voir ce qui a fonctionné ou non.

Après une profonde inspiration, Cory hoche la tête.

— D’accord. Alors allons-y. Mel’ n’en reviendra pas.

Vincent se lève et dépose le carnet sur son bureau.

— Tu comptes le lui dire ce soir ?

Après une hésitation, Cory sourit doucement.

— Non, je pense qu’elle mérite d’avoir la surprise. Elle a donné pas mal là-dedans, même si ça reste un brouillon pour le moment. Je peux bien me réserver ce petit secret un moment, cela ne nous fera pas de mal.

Vincent sourit et hausse les épaules. Il enfonce ses mains dans ses poches et quitte son bureau en déclarant simplement :

— Pas de souci patron, je ne dirai rien. Bonne vacances !

Cory salue son ami en retour, regarde le cahier et passe lentement sa main dessus. Ce sera d’ailleurs un petit défi de garder ce secret alors qu’elle sait bien trop facilement lire en lui. Ce projet qui l’a longtemps effrayé devient à présent bien plus amusant. Avec un large sourire, il éteint son ordinateur, récupère ses papiers importants, son téléphone, le cahier et quitte le bureau d’un pas léger. La lumière au-dessus de lui clignote quelques secondes. Il s’entend encore dire : ”ce petit secret ne nous fera pas de mal" comme si une voix le narguait dans son dos.

Le cœur battant, il se retourne. Le couloir et les bureaux sont vides. Vincent est concentré, le casque sur les oreilles, des papiers en mains. Légèrement troublé, Cory se masse la nuque, puis quitte le bâtiment sans savoir pourquoi ces mots le mettent tout à coup très mal à l’aise.

Dites à Tillynea ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'adore ça

0

J'adore ça

Drôle

0

Drôle

Épicé

0

Épicé

Plein de suspense

0

Plein de suspense

Émouvant

0

Émouvant

Profond

0

Profond

Réconfortant

0

Réconfortant

Choquant

0

Choquant

Bien écrit

0

Bien écrit

Intrigue captivante

0

Intrigue captivante

Super personnage

0

Super personnage

Dialogues forts

0

Dialogues forts