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Tome 1 — Les Promesses d'un Mariage

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Résumé

Gwendoline n'aurait jamais imaginé que son destin serait bouleversé par un mariage arrangé. Lorsqu'elle épouse Leonardo, elle pense devoir se contenter d'une union fondée sur le devoir et les convenances. Pourtant, derrière la froideur de son mari se cache un homme protecteur, loyal et profondément attaché aux siens. Au fil du temps, les deux époux apprennent à se connaître, à se faire confiance et à laisser naître entre eux des sentiments qu'aucun d'eux n'avait prévus. Mais leur bonheur est rapidement menacé. À la cour, le duc Philippe cache de nombreux secrets. Ses manipulations touchent Éléonore, la sœur de cœur de Leonardo et d'Elena, tandis qu'Adrian, le mari d'Elena, se retrouve lui aussi impliqué dans ses machinations. Entre mensonges, trahisons et révélations, Leonardo et ses proches doivent unir leurs forces pour faire tomber Philippe. Alors que le duc est enfin démasqué, une nouvelle menace semble se cacher dans l'ombre. Puis le destin frappe une dernière fois : Adrian meurt brutalement, laissant Elena dévastée. À ses côtés, Lorenzo devient peu à peu une présence rassurante, ouvrant la porte à une nouvelle histoire qui se dessinera dans le deuxième tome. Pendant ce temps, Gwendoline et Leonardo parviennent enfin à transformer leur mariage de convenance en véritable histoire d'amour. Et lorsqu'une dernière révélation vient bouleverser leur avenir, Gwendoline annonce à Leonardo une nouvelle qui changera leur vie à jamais : **elle attend leur premier enfant.** Entre amour, secrets, trahisons et nouveaux départs, *Les Promesses d'un Mariage* raconte comment deux personnes qui n'avaient rien choisi de leur union finissent par choisir de s'aimer.

Genre :
Romance
Auteur :
Julie
Statut :
Complete
Chapitres :
28
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1

Gwendoline

Je détestais déjà la cour.

Cela ne faisait pourtant que trois jours que j’étais arrivée au château.

Trois jours.

Et j’avais déjà l’impression d’avoir commis une dizaine de fautes sans même savoir lesquelles.

— Gwendoline, tiens-toi droite.

La voix de ma mère me ramena immédiatement à la réalité.

Je redressai les épaules. — Ton menton.

Je relevai légèrement la tête. — Et cesse de regarder partout.

Je retins un soupir.

Comment étais-je censée ne pas regarder partout alors que tout était nouveau pour moi ?

Le château était immense. Les couloirs semblaient interminables, les salons plus somptueux les uns que les autres, et chaque personne que je croisais semblait connaître parfaitement les règles de ce monde dans lequel je venais à peine d’entrer.

J’étais une débutante.

Et cela se voyait.

Je le sentais dans les regards que l’on posait sur moi. Les dames observaient ma robe, ma coiffure, mes bijoux. Certaines souriaient avec gentillesse, d’autres avec cette curiosité à peine dissimulée que je commençais déjà à reconnaître.

À la cour, tout le monde semblait observer tout le monde.

Je pris une coupe entre mes doigts afin de me donner une contenance.

— Vous êtes nerveuse ?

Je tournai la tête.

Une jeune femme se tenait près de moi. Je lui adressai un sourire.

— Cela se voit tant que ça ? Elle rit doucement. — Seulement pour quelqu’un qui est passé par là avant vous.

Je me détendis légèrement. Nous échangeâmes quelques mots avant que son regard ne se porte soudainement vers l’entrée du salon.

Son expression changea.

— Oh.

Je me retournai à mon tour.

Quatre hommes venaient d’entrer.

Ils étaient tous élégants, mais l’un d’eux attirait immédiatement l’attention.

Il était grand, imposant, vêtu d’un uniforme militaire sombre. Plusieurs décorations brillaient sur sa poitrine.

Il avançait sans se presser, comme s’il savait parfaitement que tous les regards étaient tournés vers lui.

— Qui est-ce ? demandai-je. La jeune femme me regarda, presque incrédule. — Vous ne le connaissez pas ?

Je secouai la tête. — Le comte de Valmont.

Je reportai mon attention sur lui. Le comte de Valmont.

J’avais entendu son nom.

Tout le royaume connaissait ses exploits militaires. On racontait qu’il avait remporté des batailles alors que ses troupes étaient largement inférieures en nombre.

Un héros.

Un homme respecté.

Un homme dont le nom était prononcé avec admiration.

Pourtant, la jeune femme à mes côtés se pencha vers moi. — On raconte également qu’il passe presque toutes ses soirées dans les maisons de plaisir.

Je manquai de m’étouffer avec ma boisson. — Pardon ?

Elle étouffa un rire. — Lui et ses trois amis sont connus pour cela.

Je regardai de nouveau les quatre hommes. Ils semblaient pourtant parfaitement respectables.

Enfin… Je n’étais probablement pas la mieux placée pour juger.

Je ne connaissais rien à ce monde. Je baissai les yeux vers ma coupe.

Je n’avais aucune raison de m’intéresser à cet homme. Aucune.

Je n’aurais probablement pas dû le regarder une seconde fois.

Pourtant, je le fis.

Le comte de Valmont se tenait toujours près de l’entrée, entouré de ses trois amis.

Je compris immédiatement pourquoi toutes les femmes de la salle semblaient avoir remarqué son arrivée.

Il était difficile de passer à côté de lui.

Sa carrure était impressionnante.

Ses épaules larges remplissaient parfaitement son uniforme militaire, et sa haute taille le faisait dominer la plupart des hommes présents dans la salle.

Il avait cette posture droite et assurée des hommes qui avaient passé des années à commander.

Ses cheveux bruns étaient légèrement ramenés vers l’arrière, laissant apparaître un visage aux traits marqués.

Mais ce furent ses yeux qui attirèrent véritablement mon attention.

Ils étaient bleus.

D’un bleu clair presque irréel.

Je n’avais jamais vu une couleur pareille.

À cette distance, je pouvais pourtant distinguer leur intensité. Son regard semblait froid, calme... presque glacial.

Comme s’il pouvait vous observer sans jamais laisser deviner ce qu’il pensait.

Je me rendis compte que je le fixais.

Je détournai aussitôt les yeux.

Quelle idiote.

— Vous avez l’air distraite, murmura mon partenaire. — Pardon ? — Rien. Je lui adressai un sourire embarrassé avant de poursuivre la danse.

Mais malgré moi, je pensais encore à cet homme. Le comte de Valmont.

Un héros militaire admiré par la cour. Un homme dont la famille appartenait à l’une des plus anciennes lignées du royaume.

Et, selon les murmures que j’avais entendus quelques minutes auparavant, un libertin qui passait ses nuits dans les maisons de plaisir avec ses trois amis.

Je ne comprenais pas comment ces deux portraits pouvaient appartenir au même homme.

Lorsque la danse prit fin, je fis une révérence à mon partenaire.

Puis, en me redressant, je croisai de nouveau le regard du comte.

Cette fois, je ne pus m’empêcher de remarquer la différence entre nous.

Moi, dans ma robe claire, encore nouvelle dans cette société.

Lui, dans son uniforme sombre, avec cette carrure imposante et ce regard bleu qui semblait pouvoir traverser la pièce.

Il me regardait toujours.

Je baissai les yeux.

Mon cœur battait un peu trop vite.

Je me répétai que cela ne signifiait rien.

Après tout, il ne me connaissait pas.

Et je ne connaissais rien de lui.

Je n’avais aucune raison de penser à cet homme.

Absolument aucune.

Pourtant, lorsque je quittai la salle quelques instants plus tard, une seule chose me resta en tête.

Ses yeux.

Ces maudits yeux bleus.

Je quittai le salon en prétextant avoir besoin d’un peu d’air.

La musique et les conversations commençaient à me donner mal à la tête. J’avais surtout besoin de quelques minutes loin des regards de la cour.

Je traversai un long couloir éclairé par des chandeliers. Ici, le silence était presque reposant.

Je ralentis.

Puis j’entendis des voix derrière moi.

Des voix masculines. — Tu comptes rester planté là toute la soirée ?

Je reconnus immédiatement la voix du comte de Valmont.

Je me figeai. Je n’aurais pas dû écouter.

Vraiment pas. Pourtant, je restai immobile.

— Je n’ai pas envie de danser, répondit une autre voix. — Évidemment. Tu préfères probablement retourner à tes habitudes.

Un rire éclata. Je compris qu’il s’agissait de ses amis.

Je repris rapidement ma marche, espérant ne pas être remarquée. Trop tard.

— Lady Gwendoline ?

Je m’arrêtai. Je fermai les yeux une seconde avant de me retourner.

Le comte se tenait à quelques pas de moi. De près, il était encore plus impressionnant.

Je dus relever légèrement la tête pour croiser son regard. Ses yeux bleus étaient exactement comme je les avais imaginés.

Froids. Profonds. Troublants. — Monsieur le comte.

Je fis une révérence. — Je ne voulais pas vous déranger. — Vous ne me dérangez pas.

Sa voix était grave, posée.

Je relevai les yeux.

Il me regardait avec une expression indéchiffrable. — Vous êtes nouvelle à la cour. Ce n’était pas une question. — Oui. — Votre première saison ? — Oui, monsieur.

Un silence s’installa. Je ne savais pas quoi dire.

Lui semblait parfaitement à l’aise. Je détestais cette sensation. J’avais l’impression qu’il pouvait voir chacune de mes pensées.

— Et comment trouvez-vous la cour ? Je réfléchis un instant. — Bruyante.

Un léger sourire apparut au coin de ses lèvres. Je regrettai aussitôt ma réponse. — Bruyante ?

— Et intimidante. — Vous êtes honnête. — Je ne sais pas si c’est une qualité ici.

Son sourire s’élargit légèrement. Pour la première fois, son visage sembla moins dur.

— Probablement pas. Je ne pus m’empêcher de sourire à mon tour.

Puis une voix retentit derrière lui.

— Valmont !

L’un de ses amis l’appelait depuis le salon.

Le comte tourna légèrement la tête avant de reporter son attention sur moi.

— Je dois vous laisser. — Bien sûr.

Il s’inclina légèrement. — Lady Gwendoline. — Monsieur le comte.

Il s’éloigna. Je le regardai partir quelques secondes avant de me reprendre.

Je secouai doucement la tête. Qu’est-ce qui me prenait ? Je ne connaissais cet homme que depuis quelques minutes. Et pourtant, quelque chose me disait que cette rencontre n’allait pas être la dernière.

Je n’imaginais simplement pas à quel point j’avais raison.

Je retournai dans le salon quelques minutes plus tard. Je retrouvai ma mère près d’une fenêtre, en pleine conversation avec une dame que je ne connaissais pas.

Elle me lança un regard appuyé. Je compris immédiatement ce qu’elle attendait de moi.

Sourire.

Je m’approchai donc d’elles. — Gwendoline, voici Lady Harrington.

Je fis une révérence.

— Enchantée.

La dame me détailla avec attention avant de me sourire. — C’est vous, la fille du baron de Montrose ?

— Oui, madame.

— Je vous ai aperçue tout à l’heure. Vous avez dansé avec Lord William. — Oui. — Voilà qui est intéressant. Je fronçai légèrement les sourcils.

Pourquoi cette femme parlait-elle de ma danse comme si j’avais signé un traité ?

Je n’eus pas le temps de poser la question.

Un groupe de jeunes femmes passa près de nous. J’entendis quelques murmures.

— Il est encore arrivé avec eux. — Comme toujours. — Tu as vu son uniforme ? — Je préférerais savoir où il a passé la nuit dernière.

Quelques rires étouffés suivirent. Je n’avais pas besoin de demander de qui elles parlaient.

Le comte de Valmont. Je jetai malgré moi un regard vers lui. Il était installé dans un fauteuil, entouré de ses trois amis.

Ils semblaient complètement détachés de l’agitation autour d’eux.

L’un d’eux riait aux éclats.

Un autre discutait avec une jeune femme.

Quant au comte, il tenait simplement un verre entre ses doigts.

Il semblait s’ennuyer.

Puis l’un de ses amis se pencha vers lui et lui murmura quelque chose.

Le comte éclata de rire.

Un vrai rire cette fois.

Je restai quelques secondes à le regarder.

C’était étrange.

Quelques minutes plus tôt, il m’avait semblé froid et presque inaccessible.

Maintenant, son visage paraissait différent.

Plus jeune.

Plus humain.

— Vous le regardez beaucoup.

Je sursautai.

Lady Harrington me fixait avec un sourire amusé. — Je... non.

— Bien sûr.

Je sentis mes joues chauffer.

— Je ne faisais que regarder la salle.

— La salle se trouve pourtant derrière vous.

Je me mordis la lèvre pour ne pas sourire.

Ma mère intervint aussitôt.

— Gwendoline, viens avec moi.

Je la suivis jusqu’à l’autre côté du salon. — Qu’est-ce que tu faisais ? — Rien. — Gwendoline. — Je vous assure.

Elle soupira.

— Écoute-moi bien. Le comte de Valmont n’est pas un homme avec lequel tu dois te mêler.

Je la regardai, surprise. — Pourquoi ? Elle hésita. — Parce qu’il a une réputation. — Une réputation de héros militaire ? — Pas seulement.

Je compris. Les maisons de plaisir. Ses trois amis. Ses nombreuses conquêtes. Je baissai les yeux.

— Je n’ai aucun intérêt pour lui. Ma mère me regarda quelques secondes. — Tant mieux.

Elle prit ma main. — Tu es ici pour trouver un époux convenable, pas pour te retrouver au centre des rumeurs de la cour.

Je hochai la tête.

Un époux.

Ce simple mot me fit perdre mon sourire.

Je savais que ma première saison avait un objectif. Je devais faire un bon mariage.

Je devais trouver un homme respectable.

Un homme sérieux.

Un homme qui saurait protéger notre famille et respecter mon nom.

Certainement pas un homme comme le comte de Valmont.

Je jetai pourtant un dernier regard dans sa direction.

Au même moment, ses yeux bleus rencontrèrent les miens.

Mon cœur manqua un battement.

Il ne détourna pas le regard.

Moi, si.

Lorsque je regagnai enfin ma chambre, je poussai un long soupir de soulagement. Je refermai la porte derrière moi et m’y appuyai quelques secondes.

Le silence.

Enfin.

— Vous avez survécu à votre première soirée.

Je sursautai.

Madame Rose était installée près de la coiffeuse.

Elle s’occupait de moi depuis mon arrivée au château. Elle connaissait parfaitement les habitudes de la cour et semblait toujours savoir ce que je pensais avant même que je n’ouvre la bouche.

— À peine, répondis-je.

Elle sourit.

— Venez donc. Cette robe ne va pas se retirer toute seule.

Je m’approchai d’elle.

Madame Rose commença à défaire les attaches de ma robe avec précaution.

— Alors ? — Alors quoi ? — Votre première soirée à la cour.

Je réfléchis. — Épuisante. — Seulement ?

Je souris. — Intimidante. Elle hocha la tête. — C’est normal. Je me tournai légèrement vers elle.

— Est-ce que vous avez toujours été ici ? — Non. Mais assez longtemps pour avoir vu beaucoup de choses.

Elle retira délicatement mes bijoux et les posa sur la coiffeuse.

— Et vous avez certainement entendu parler du comte de Valmont.

Ses mains s’arrêtèrent un instant.

Puis elle reprit son travail.

— Ah.

Je fronçai les sourcils. — Quoi ? — Rien. — Madame Rose.

Elle soupira. — Tout le monde connaît le comte.

Je m’assis devant le miroir pendant qu’elle commençait à défaire ma coiffure.

Mes cheveux tombèrent progressivement sur mes épaules.

— On dit qu’il est un héros. — C’est vrai. — On dit aussi qu’il est un libertin.

Elle me regarda dans le miroir. — C’est également vrai. Je baissai les yeux.

— Je ne comprends pas comment un homme peut avoir deux réputations aussi différentes. — Les hommes de son rang peuvent souvent se permettre beaucoup de choses.

Je fronçai les sourcils. — Ce n’est pas très juste. Madame Rose eut un petit sourire. — La cour ne l’est jamais.

Elle passa doucement la brosse dans mes cheveux. Je restai silencieuse quelques secondes.

Puis je repensai à lui.

À sa carrure. À son uniforme.

Et surtout à ses yeux.

Ces yeux bleus qui m’avaient regardée comme s’il cherchait à comprendre quelque chose chez moi.

— Vous l’avez rencontré ce soir, n’est-ce pas ? Je levai brusquement les yeux vers le miroir. — Comment le savez-vous ? Madame Rose rit doucement. — Parce que vous avez cette expression. — Quelle expression ? — Celle d’une jeune femme qui pense à quelque chose qu’elle ne devrait probablement pas.

Je sentis mes joues chauffer. — Je ne pensais à rien. — Bien sûr.

Je me levai pour enfiler ma robe de nuit. — Il m’a simplement parlé. — Voilà qui est déjà beaucoup.

Je me retournai vers elle. — Pourquoi ?

Elle posa la brosse sur la coiffeuse. — Parce que le comte de Valmont ne s’intéresse généralement pas aux débutantes.

Je restai silencieuse. — Et encore moins aux jeunes femmes qu’il pourrait réellement épouser.

Mon cœur se serra légèrement. — Je n’ai aucune raison de l’intéresser.

Madame Rose me regarda avec un sourire mystérieux. — Peut-être.

Elle se dirigea vers la porte. — Dormez bien, mademoiselle Gwendoline. — Bonne nuit, Madame Rose.

La porte se referma.

Je me suis retrouvée seule.

Je m’allongea dans mon lit et fixai le plafond. Je devais oublier cette soirée.

Oublier la cour.

Oublier le bal.

Et surtout…

Oublier le comte de Valmont. Je fermai les yeux.

Mais son regard bleu me revint immédiatement à l’esprit.

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