Créer une nouvelle liste
Partager avec vos amis
Personnaliser la lisibilité

Insolente

Résumé

Dans une galaxie où l’insolence peut coûter la vie, Cashmir Naberrie a commis l’impardonnable : humilier un roi, attirer l’attention de Dark Vador et continuer à vivre comme si de rien n’était. Génie de la cybermécanique, héritière de Naboo et provocatrice professionnelle, Cashmir n’a qu’un défaut : elle refuse obstinément de rester à sa place. Le roi Vaskari veut briser cette résistance qui le fascine autant qu’elle l’exaspère. Mais le danger le plus troublant porte un masque noir. Car Cashmir possède un visage qui n’appartient qu’à elle… et qui rappelle à Vador un fantôme qu’il croyait avoir enterré. Entre jeux de pouvoir, joutes mentales, aventures stellaires et désirs dangereux, Cashmir découvrira qu’attirer l’attention des monstres est une chose. Leur échapper en est une autre.

Genre :
Scifi
Auteur :
Megara
Statut :
il y a 5 jours
Chapitres :
5
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Cashmir

1.

Le Sénat Impérial brillait comme une plaie ouverte.

Or liquide. Chrome poli. Marbre noir veiné d’argent. Des cascades holographiques gigantesques déroulaient une propagande soyeuse sur des kilomètres de verre suspendu pendant que les flèches lumineuses de Coruscant lacéraient les verrières comme des scalpels de néon.

Publicités pour implants neuronaux. Parfums de synthèse hors de prix. Propagande impériale murmurée par des voix artificiellement rassurantes.

Toute la planète ressemblait à un bijou beaucoup trop cher porté par un cadavre.

Et Cashmir adorait ça.

Les gens prétendaient toujours que l’Empire avait détruit l’élégance.

C’était faux.

L’Empire adorait l’élégance.

Il exigeait simplement qu’elle soit obscène.

Dans la loge royale de Naboo, des droïdes de protocole glissaient silencieusement sur des sols réfléchissants pendant que des servantes royales ajustaient les derniers voiles luminescents du kimono cérémoniel de la reine Iona.

La soie blanche réagissait à son rythme cardiaque.

Plus elle paniquait, plus les broderies argentées devenaient lumineuses.

Catastrophique.

Iona entamait son second mandat — et son dernier. Toute la galaxie vantait sa douceur, sa grâce et sa délicatesse diplomatique. Elle ressemblait à une poupée de porcelaine abandonnée au milieu d’un concert de Néon Battle Galactica.

Franchement, personne ne comprenait comment elles avaient réussi à devenir amies.

— Je vais mourir.

— Techniquement, répondit Cashmir sans lever les yeux de son datapad transparent, tout le monde finit par mourir.

Affalée de travers sur une méridienne nacrée comme une célébrité décadente de l’Holonet, Cashmir faisait défiler des analyses politiques pendant qu’un minuscule droïde esthétique recalibrait le chrome liquide de ses ongles.

Autour de sa tête, plusieurs interfaces holographiques projetaient des données financières en rotation lente, comme une couronne numérique flottante.

Les autres servantes — toutes issues de l’aristocratie nabéenne — lui lancèrent des regards scandalisés.

Elle leur adressa un sourire insolent.

Aujourd’hui, elle avait choisi : lentilles dorées à pupilles fendues ; lèvres roses pâles tirant vers le bleu gelé ; carré rose métallique ; costume trois pièces pourpre irisé ; bijoux holographiques pulsants ; et talons aiguilles assez fins pour être considérés comme des armes diplomatiques.

Iona faisait les cent pas.

Son kimono glissait derrière elle comme une traîne de lumière lunaire.

— Tu ne comprends pas ! Le roi Vaskari veut nous écraser devant tout le Sénat !

— Oui.

— Oui ?!

Cashmir releva enfin les yeux.

Sous les lumières mouvantes de la loge, ses lentilles dorées semblaient presque inhumaines.

— Ma chérie…

Elle referma lentement son datapad.

— Tu représentes Naboo. Ce n’est pas n’importe quelle planète.

Elle croisa élégamment les jambes.

Mauvais signe.

— Nous avons une puissance militaire confortable, une avance scientifique obscène, des excédents commerciaux ridicules et une réputation diplomatique pratiquement insupportable.

Un sourire étira lentement ses lèvres pâles.

— Sans oublier qu’il s’agit du monde natal de l’Empereur. Quoi qu’il arrive, quelqu’un finira toujours par truquer les règles en ta faveur.

Silence.

Même les servantes cessèrent presque de respirer.

Certaines vérités restaient dangereuses, même prononcées dans une loge royale insonorisée à plusieurs millions de crédits.

Cashmir se redressa lentement.

Le problème…

Sa voix devint plus douce.

Plus dangereuse.

— Ce n’est pas qu’il veuille t’intimider.

Un sourire, lent, cruel mais néanmoins magnifique.

— Le problème, c’est qu’il pense pouvoir réussir.

Sur l’écran central apparut alors le roi de Vorkath.

Immense.

Élégant.

Monstrueux.

Sa silhouette occupa immédiatement toute la loge comme une contamination visuelle. Les projecteurs du Sénat glissaient sur sa peau translucide avec des reflets d’aquarium malade. Sous sa chair humide, des pulsations bleuâtres circulaient lentement, presque hypnotiques.

Des membranes vibraient autour de sa gorge tandis qu’il parlait devant le Sénat avec une lenteur cérémonielle insupportable.

Même l’hologramme semblait glissant.

Absolument terrifiant.

Les gens de Vorkath avaient cette capacité fascinante à ressembler simultanément à des aristocrates rafinés mais pas assez pour cacher cet aura prédatrice qui émanait d’eux. Et ça sentait le clash diplomatique à plein nez.

Cashmir devait néanmoins reconnaître une chose : il était magnifique.

Dans le sens où certains poisons rares étaient magnifiques.

Iona détourna immédiatement les yeux avec dégoût.

— Je hais quand ils me regardent.

— C’est parce qu’ils te considèrent comme de la chair fraiche.

— Cash !

— Quoi ? répliqua-t-elle en imitant parfaitement son ton scandalisé. Je suis honnête.

Et c’était vrai.

L’honnêteté devenait presque révolutionnaire dans le Sénat Impérial.

Là-bas, tout le monde mentait avec grâce : les sénateurs ; les officiers ; les nobles ; les journalistes ; les amants.

Même les vêtements mentaient.

Les tissus intelligents affinaient les silhouettes. Les implants corrigeaient les visages. Les filtres holographiques remplaçaient littéralement la fatigue par de faux éclats de jeunesse.

Coruscant entière ressemblait à un cadavre maquillé pour une réception mondaine.

Puis un silence.

Et lentement…

Iona regarda le visage de Cashmir.

Le vrai visage.

Celui caché sous les pigments saturés ;les artifices lumineux ;les perruques synthétiques.

Ce visage impossible.

Les mêmes yeux que Padmé Amidala.

La même bouche.

Le même port de tête.

Comme un fantôme drapé dans du néon.

Cashmir vit immédiatement l’idée naître dans son esprit.

Évidemment.

Ça arrivait toujours.

Les gens voyaient d’abord :la ressemblance ;puis la possibilité ,ensuite la tentation. Comme si porter le visage d’une morte célèbre transformait automatiquement quelqu’un en arme politique.

Ridicule.

Et malheureusement très efficace.

— Non.

— Je n’ai rien dit.

— Mais tu l’as pensé.

Iona hésita.

— Tu pourrais le faire.

Cashmir éclata de rire.

Pas un rire délicat.

Un rire brillant, théâtral, presque scandaleux.

Même les servantes cessèrent de bouger.

Ah.

Voilà.

Le choc.

La petite seconde de malaise où toute une pièce se demandait soudain si Cashmir allait : ruiner une négociation ; séduire un sénateur ; commettre un incident diplomatique ; ou déclencher une crise interstellaire par pur ennui.

Honnêtement ?

Les quatre restaient possibles.

— Si je monte sur cette estrade face à tous ces vieux pervers inutiles et que j’embarrasse Naboo…

Elle inclina légèrement la tête.

— …ce sera entièrement ta faute.

Puis elle sourit.

Doucement.

Iona croisa les bras.

— Tu adores embarrasser les gens.

—Pas toujours.

Cashmir se dirigea lentement vers les immenses baies vitrées.

Coruscant s’étendait derrière elles comme un délire électrique sans fin.

Tours infinies. Trafic aérien. Néons. Publicités. Richesse obscène bâtie directement au-dessus de milliards de pauvres invisibles.

Sa silhouette se refléta dans le verre noir.

Une silhouette fine. Irréelle. Toute en angles chromés et en lumière artificielle.

Sur l’écran, le roi de Vorkath leva les yeux vers leur loge.

Un bref instant, leurs regards se croisèrent.

Et immédiatement, Cashmir comprit.

Elle le vit dans sa posture. Dans l’infime vibration de ses membranes. Dans cette manière qu’avaient les hommes puissants de regarder les femmes comme des acquisitions potentielles.

Pathétique.

Après des millénaires de civilisation galactique, les élites restaient désespérément prévisibles.

— La dernière fois que je l’ai vu, j’ai cru qu’il voulait me dévorer vivante, murmura Iona.

—Il a bon gout. Lui répliqua Cash. Mais….Dommage pour lui, j’étais là avant, n’est ce pas ?

Sous son regard intense Iona se mit à rougir comme une idiote.

— Je veux voir jusqu’où il compte être stupide.

-Ne le pousse pas trop loin. Les Vorkats sont dangereux ! Tout ce que tu as à faire c’est rester ferme sur tes positions. Ne…

-Ah la la… la reprit Cash avec indulgence. Si c’était juste pour cela, tu ne m’aurais jamais demandé d’intervenir, non ? Alors… fit elle en s’approchant dangereusement d’elle et en la forçant doucement à la regarder dans les yeux, laisse moi faire.

…

La Chambre du Sénat Impérial flottait dans l’obscurité comme une machine sacrée abandonnée par des dieux morts.

Immense.

Verticale.

Vorace.

Des milliers de plateformes sénatoriales dérivaient dans le vide abyssal du dôme central, suspendues à des répulseurs invisibles dont le bourdonnement mécanique vibrait faiblement sous les voix étouffées de la foule politique.

Certaines glissaient lentement entre les niveaux comme des prédateurs élégants.

D’autres demeuraient immobiles, figées dans la lumière froide des écrans de vote holographiques.

Coruscant avait toujours aimé les excès architecturaux.

Mais l’Empire avait transformé l’excès en doctrine esthétique.

Autrefois, le Sénat respirait encore.

Il y avait des débats ; des interruptions ; des sénateurs assez stupides pour croire que leurs opinions avaient un poids réel.

Des gens comme cette femme.

Maintenant…

Tout se mourrait, se délitait et semblait plus à un aquarium ou le gros mange le petit qu’à une zone d’expression intergalactique. République, empire… ces mots paraissaient d’un coup semblables aux saisons tant elles se succédaient dans l’histoire de la galaxie.

Les gigantesques statues des fondateurs de la République disparaissaient à moitié derrière les bannières impériales écarlates tombant du plafond à des kilomètres au-dessus des sénateurs.

La République existait encore.

Techniquement.

Comme un cadavre maquillé pour une cérémonie officielle.

Les symboles demeuraient. Les procédures demeuraient. Les votes demeuraient.

Mais l’ombre de l’Empire recouvrait tout comme une couche de laque noire.

Officiellement, le Sénat gouvernait encore la galaxie.

Officieusement, chacun dans cette salle savait qu’un seul homme gouvernait réellement.

Et personne ne prononçait jamais son nom plus fort qu’un murmure.

Des représentants aliens échangeaient à voix basse dans des dizaines de langues différentes pendant que des droïdes protocolaires traversaient les plateformes avec une élégance artificielle presque inquiétante.

Plus haut, des holo-caméras impériales tournaient lentement autour de la chambre comme des oiseaux charognards mécaniques, prêtes à retransmettre le moindre faux pas diplomatique sur l’Holonet.

L’atmosphère sentait :le métal chauffé ;les parfums synthétiques hors de prix ;l’électricité statique et la peur parfaitement contrôlée.

Au centre de la chambre, la plateforme de Vorkath avançait lentement.

Impossible de la manquer.

Les représentants vorkathiens dominaient physiquement presque tous les humains présents avec leurs grandes silhouettes amphibiennes drapées de tissus noirs aux reflets huileux ;des peaux translucides parcourues de pulsations bleuâtres mais aussi des yeux immobiles qui clignaient si rarement qu’on finissait par oublier qu’ils étaient vivants.

Le roi de Vorkath se tenait au premier rang.

Immobile.

Majestueux.

Humide.

Honnêtement, cette espèce semblait avoir été conçue spécifiquement pour rendre les interactions diplomatiques profondément inconfortables.

Autour de lui, plusieurs sénateurs humains évitaient discrètement son regard.

Le roi adorait ça.

Il aimait le silence nerveux qui apparaissait autour de lui.

Il aimait observer les autres espèces perdre lentement leur assurance en sa présence.

Il aimait surtout voir jusqu’où le pouvoir permettait de transformer le malaise en domination.

Et aujourd’hui…

Il attendait l’arrivée de la reine de Naboo.

Une jeune souveraine réputée élégante. Douce. Fragile.

Facile à intimider.

Les plateformes voisines ralentissaient déjà subtilement leur trajectoire pour mieux observer.

Un incident diplomatique prometteur attirait toujours l’attention du Sénat.

Surtout lorsqu’il impliquait Naboo.

Surtout lorsqu’une jeune femme était censée perdre son sang-froid devant toute la galaxie.

Puis les portes de la loge royale s’ouvrirent enfin.

Et la Chambre entière tourna les yeux vers la délégation deNaboo.

Silencieuse.

Élégante.

Condamnée.

Depuis sa place derrière le trône cérémoniel, Iona avait l’impression d’assister à son propre enterrement retransmis en direct sur toute la galaxie.

Le voile rouge des suivantes royales lui collait à la gorge. Les longues manches protocolaires entravaient chacun de ses mouvements avec cette cruauté raffinée typique des vêtements aristocratiques.

Personne ne la regardait.

C’était le principe.

Pour la première fois depuis son élection, elle n’était plus la reine de Naboo.

Elle n’était qu’une silhouette secondaire noyée parmi les servantes.

Et honnêtement ?

C’était terrifiant.

Devant elle, assise avec une grâce souveraine presque offensante, Cashmir Naberrie incarnait désormais la reine de Naboo.

Pas “jouait”.

Incarnait.

Sa posture avait changé.

Sa respiration aussi.

Même le silence autour d’elle semblait différent.

Comme si l’air lui-même avait soudain décidé de devenir plus précieux à proximité de son corps.

Le kimono cérémoniel blanc tombait sur ses épaules avec une élégance irréelle. Les broderies argentées captaient les lumières holographiques du Sénat comme de l’eau lunaire. Ses cheveux sombres étaient relevés dans une architecture royale complexe traversée d’épingles de cristal et de fibres lumineuses presque invisibles.

Plus de rose métallique.

Plus de chrome.

Plus de néons agressifs.

Le monstre cybernétique mondain avait disparu.

À sa place une reine de Naboo si parfaite qu’elle semblait sortie d’une archive historique restaurée par propagande impériale. Et c’était probablement la chose la plus inquiétante chez Cashmir. Elle comprenait instinctivement comment devenir exactement ce que les autres avaient besoin de voir.

Même maintenant, Iona la reconnaissait encore.

Dans la manière dont ses doigts tapotaient doucement l’accoudoir du trône.

Légèrement.

Régulièrement.

Comme si elle jouait déjà une partie d’échecs invisible avec toute la Chambre sénatoriale.

Autour d’elles, les plateformes dérivaient lentement dans le vide monumental du Sénat Impérial pendant que des centaines de regards suivaient discrètement l’arrivée de Naboo.

Les holo-caméras aussi.

Oh oui.

Surtout les holo-caméras.

Iona sentit son estomac se nouer davantage.

Ils savaient tous.

Pas le mensonge.

Le conflit.

Depuis presque huit mois, Naboo et Vorkath se livraient une guerre froide diplomatique suffisamment agressive pour faire grimper les marchés militaires de trois secteurs voisins.

Officiellement :un désaccord commercial.

En réalité une lutte industrielle majeure déguisée en protocole sénatorial.

Les matrices de stabilisation de Theed représentaient l’une des technologies énergétiques les plus avancées des Mondes du Noyau : optimisation des réacteurs ; stabilisation des systèmes de navigation ; amélioration des calculateurs militaires ; réduction des pertes énergétiques sur les flottes lourdes.

Naboo utilisait cette technologie civilement depuis des décennies.

Évidemment.

Naboo adorait produire des merveilles scientifiques avant de feindre l’innocence quand le reste de la galaxie tentait de les militariser.

Puis l’Empire avait publié l’édit sur la protection des technologies stratégiques.

Et soudainement…

Tout le monde avait voulu mettre la main dessus.

Vorkath surtout.

Parce que les Vorkathiens ne regardaient jamais une chose magnifique sans immédiatement se demander combien de pouvoir elle pouvait produire.

Le roi Vaskari exigeait désormais : des licences industrielles ; l’accès complet aux schémas techniques ; et des droits de production supervisés directement par l’Empire.

Autrement dit : un vol parfaitement légal.

Naboo avait refusé.

Évidemment.

Les négociations privées avaient échoué. Les médiations diplomatiques aussi. Même les intermédiaires impériaux avaient fini par abandonner cette expression fatiguée propre aux gens payés des fortunes pour empêcher les guerres commerciales de devenir de vraies guerres.

Alors Vaskari avait porté l’affaire devant le Sénat.

Pas pour gagner.

Oh non.

S’il avait simplement voulu les matrices, il aurait acheté des sénateurs, menacé quelques corporations ou fait disparaître deux ou trois responsables industriels dans un accident de navette extrêmement regrettable.

Non.

Vaskari voulait quelque chose de bien plus raffiné.

Il voulait humilier Naboo.

Publiquement.

Iona connaissait les règles de ce genre de spectacle.

Les vieux systèmes expansionnistes adoraient écraser les mondes plus élégants qu’eux.

C’était presque une obsession civilisationnelle.

Et Vaskari détestait Naboo.

Il détestait :

Son raffinement presque arrogant ; sa réputation diplomatique insupportablement parfaite ; sa proximité historique avec le pouvoir impérial ; et surtout cette manière qu’avaient les Nabéens de vous sourire poliment tout en vous poignardant dans le dos.

La plateforme ralentit doucement.

En face d’eux, la délégation de Vorkath attendait déjà.

Iona sentit immédiatement la peur remonter dans sa poitrine.

Les Vorkathiens étaient immenses.

Leurs silhouettes amphibiennes drapées de tissus sombres semblaient presque liquides sous les lumières bleutées du Sénat. Des pulsations lumineuses circulaient lentement sous leurs peaux translucides comme si leurs corps contenaient des océans bioluminescents emprisonnés sous la chair.

Et au centre le roi Vaskari.

Immobile.

Majestueux.

Terriblement beau.

Même Iona pouvait le reconnaître.

Cette beauté froide. Étrangère. Parfaitement calculée.

Le genre de visage conçu pour apparaître sur des pièces de monnaie impériales ou dans des cauchemars.

Ses yeux noirs se posèrent immédiatement sur la “reine”.

Pas sur la plateforme. Pas sur la délégation.

Sur elle.

Iona sentit instantanément le prédateur derrière ce regard cérémonieux.

Cette lenteur étudiée. Cette attention excessive. Cette manière presque tendre qu’avaient certains êtres puissants de vous observer avant de vous détruire socialement.

Oh, il allait essayer de la faire rougir.

Il allait sourire doucement. Parler lentement. La réduire à une jeune souveraine adorablement dépassée par les jeux politiques du Sénat.

Puis quelque chose d’étrange se produisit.

Cashmir sourit.

Oh non.

Pas son sourire Holonet.

Pas son sourire mondain.

Son vrai sourire.

Celui qui apparaissait juste avant qu’elle ne ruine quelqu’un émotionnellement avec une élégance impeccable.

La plateforme royale de Naboo s’arrêta enfin dans un grondement doux de répulseurs.

Et la Chambre entière tourna subtilement son attention vers eux.

Les écrans holographiques s’illuminèrent autour du dôme.

Transmission en direct.

Parfait.

Absolument parfait.

Iona vit alors Cashmir relever lentement le menton.

Avec cette grâce souveraine impossible.

Exactement comme ce fantôme historique dont Naboo refusait obstinément de prononcer le nom.

Et pendant une seconde atroce… même Iona oublia presque que ce n’était pas réellement elle, la reine.

A suivre…

Dites à Megara ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'adore ça

0

J'adore ça

Drôle

0

Drôle

Épicé

0

Épicé

Plein de suspense

0

Plein de suspense

Émouvant

0

Émouvant

Profond

0

Profond

Réconfortant

0

Réconfortant

Choquant

0

Choquant

Bien écrit

0

Bien écrit

Intrigue captivante

0

Intrigue captivante

Super personnage

0

Super personnage

Dialogues forts

0

Dialogues forts