Prologue
La plupart des enfants tirés à quatre épingles, comme moi, sages comme des images, qui travaillent dur pour devenir les premiers de la classe, sont issus d’une famille à l’éducation stricte, formelle, voire un tantinet rigide.
Moi, c’est tout le contraire. Des parents modèles ? Point. Femme de ménage, jardinier ? Non plus. Un manoir, des écuries ? Que nenni. Non, rien de tout ça !
J’ai seulement une mère célibataire et excentrique. Vous me direz que pour chanter dans un groupe de rock, il faut bien être excentrique. Ce n’est pas toujours faux, mais il existe des rockeurs relativement normaux hors de la scène !
Elle a des mèches roses vifs dans ses longs cheveux blonds. Elle jongle avec les bouteilles de jus de fruits lorsqu’elles sont vides. Elle pointe les index vers moi tels des pistolets et me fait un clin d’œil malicieux en guise de salut matinal. Un bonjour et un câlin, pas plus, est-ce trop demander ?
J’ai les cheveux bruns et le teint sombre de mon père, et j’ignore de qui je tiens mon caractère trop sérieux pour mon âge. Pas de mon père, paraît-il : lui c’était le bassiste du groupe de ma mère, calme et cool, m’ont dit mes tontons – les autres membres du groupe.
J’adore ma mère. Vraiment. Quand j’étais tout bébé, j’adorais me blottir dans ses bras tandis qu’elle me racontait une histoire. Elle jonglait avec mes balles et j’essayais gauchement de l’imiter : nous riions toutes les deux quand elle s’en prenait une sur la tête !
Mais je suis entrée à l’école. Et on s’est moqué de moi. À cause de ma mère.
Vers six ans, je compris que les regards que les parents portaient sur elle et sur moi à la sortie des classes n’étaient en rien de l’admiration. J’ai voulu prouver que je n’étais pas ce qu’ils disaient. Que je ne deviendrais pas ce qu’ils pensaient.
La vie vous réserve de ces surprises, parfois…