1 Sucreries
*R-18 Contenu sexuel explicite*
Ma main est couverte d'un liquide blanc et visqueux. Il est encore chaud et goutte sur le sol.
« Quel gâchis », je marmonne pour moi-même. Je porte ma main à ma bouche et je lèche mes doigts pour les nettoyer.
Je commence ensuite à nettoyer la pagaille par terre. Puis je me retourne pour préparer une nouvelle fournée de glaçage pour les donuts de ce matin.
Ma petite boulangerie est la preuve de ma sueur, de mon sang et de mes innombrables larmes. J'ai économisé chaque centime pendant dix ans pour que mon rêve devienne réalité.
Depuis que j'ai eu le droit d'aider ma mère à faire des biscuits quand j'étais petite, il est difficile de me sortir de la cuisine. J'adore préparer et décorer tous les desserts possibles et imaginables.
Je n'ai pas peur de dire que je suis douée dans ce que je fais. Mon commerce rapporte assez pour vivre confortablement. Je compte même m'agrandir et ouvrir une autre boutique dans la ville voisine.
Pourtant, on dirait que ce n'est vraiment pas ma journée.
Ça a commencé avec le chauffe-eau qui a lâché en pleine douche. Ensuite, ma voiture a eu un pneu crevé. C'était presque impossible de mettre la roue de secours car les écrous étaient coincés.
Je me suis brûlé les doigts sur une plaque de donuts et de chaussons qui refroidissaient. J'ai glissé dans la chambre froide à cause du condensateur que je vais devoir faire réparer. Et pour couronner le tout, j'ai renversé tout le glaçage des donuts sur le carrelage.
Je pose les donuts tout juste glacés dans la vitrine quand le téléphone sonne.
« Bonjour, Julie's Sweets. Comment puis-je vous aider ? » je réponds.
« Mme Julie, c'est Kate. » La voix de mon employée au bout du fil a l'air au bout du rouleau.
« Kate ? Ta voix est affreuse, tu vas bien ? »
« Non, je ne peux pas venir travailler aujourd'hui. J'ai attrapé la grippe. »
Je soupire. « Ce n'est pas grave Kate, reste chez toi et repose-toi. Est-ce que tu as fini par embaucher quelqu'un ? »
Je lui avais demandé de faire les entretiens et de choisir pour moi il y a quelques jours. Mon agent immobilier m'avait appelée pour un local dans la ville d'à côté et je devais absolument aller le voir.
Elle tousse, comme si elle allait cracher ses poumons, avant de répondre : « Oui, il s'appelle Mark. Il a travaillé dans une boulangerie pendant quelques années après la fac. Il avait l'air de s'y connaître pendant sa formation hier quand vous n'étiez pas là. Je l'ai déjà appelé, il devrait arriver bientôt. Je pense qu'il va vous plaire. »
« Eh bien, nous verrons bien. Prends soin de toi et repose-toi bien. Au revoir. »
On raccroche. Je me retourne et je continue de mettre en place les donuts et les pâtisseries fraîchement cuits.
Je viens de finir de remplir les vitrines quand j'entends frapper à la porte. Je vais ouvrir et je vois un homme grand, athlétique et bien coiffé qui regarde ailleurs.
J'ouvre la porte et je dis rapidement : « Je suis désolée, nous ne sommes pas encore ouverts. »
Il se tourne et sourit, révélant une mâchoire bien dessinée. Mon cœur rate un battement. Ses yeux bleu-gris pétillent derrière des lunettes sans monture. Même sa voix me fait de l'effet ; elle est grave et suave comme du miel chaud.
« Bonjour, Madame, je suis Mark. Kate m'a appelé pour me dire de venir travailler aujourd'hui. »
Je m'écarte pour le laisser entrer, en essayant de retrouver mes mots.
« Heu, oui... Kate a appelé... Vous savez ce qu'il y a à faire ? » je demande en me dirigeant vers l'arrière-boutique pour vérifier s'il ne me manque rien pour la prochaine fournée.
« Oui, Kate m'a tout expliqué. Est-ce que vous voulez de l'aide ?... Désolé, vous devez être Julie, la propriétaire, c'est ça ? » Je sors de la chambre froide et je fais signe que oui. Je n'arrive pas à parler, j'ai peur de passer pour une folle.
« Très bien, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? » demande-t-il. Je ne peux pas m'en empêcher, une pensée me traverse l'esprit.
Prends-moi.
Je secoue la tête et je dis vite : « Faites-moi... une faveur, allez remplir les serviettes et les autres choses à l'avant. Quand vous aurez fini, revenez ici et on s'occupera du glaçage des biscuits. »
Cela me laissera aussi le temps de reprendre mes esprits et de calmer mon cœur. Kate ne plaisantait pas quand elle disait qu'il allait me plaire. Il est magnifique.
La journée passe et il est incroyable. Il se débrouille très bien en cuisine et avec les clients. On travaille bien ensemble, même face à une cliente importante mais très pointilleuse. J'ai déjà eu affaire à elle sans problème, mais elle a toujours eu des soucis avec Kate.
« Mme Runier ! Bonjour, comment allez-vous aujourd'hui ? » je lui demande alors que je prépare la commande d'un autre client.
« Très bien, Julie. Est-ce que C'EST un nouvel employé ? » demande-t-elle en pointant Mark d'un air sceptique.
Avant que je ne puisse dire un mot, Mark prend la parole.
« Oui, Mme Runier, c'est officiellement mon premier jour. Je m'appelle Mark. Comment puis-je vous aider aujourd'hui ? »
« J'ai besoin pour demain matin de cinq cents biscuits glacés de Julie. Il me les faut en forme d'articles de bébé : hochets, tétines, biberons. Julie connaît mes goûts. »
Mon cœur s'arrête presque.
CINQ CENTS !
« Cinq cents, Mme Runier. Je vais devoir vous facturer un supplément pour commande urgente, et il doit être réglé aujourd'hui. J'aurais déjà dû commencer à les préparer pour une telle quantité », je l'informe.
« Pas de problème, Julie. Je sais que vous faites toujours du bon travail. » Elle paie le supplément et sourit. « À demain, Julie ! » Elle s'en va en me faisant un signe de la main et je m'effondre contre le mur.
« Cette femme va me tuer ! Je vais passer la nuit ici. »
Mark secoue la tête. « Je peux vous aider. Je n'ai rien de prévu ce soir. »
Je me redresse et je décline : « Non, je ne peux pas te demander ça, surtout si tu dois encore faire le service de Kate demain. »
Mark m'attrape doucement le bras alors que je me dirige vers la cuisine. « Vous ne me demandez rien, c'est moi qui propose. Et c'est gratuit. Je peux tenir demain, on fera des pauses chacun son tour pour se reposer, d'accord ? »
Je ris. « D'accord, Mark. Puisque tu insistes. Je vais lancer les biscuits et le café. Tu penses pouvoir gérer la fermeture de la boutique ? »
« Oui, patronne. » Il sourit avec ses dents parfaites et mon cœur s'emballe. Je sens que je rougis.
« S'il te plaît, appelle-moi juste Julie. » Je rentre dans la cuisine et je commence à sortir la farine, le sucre et le beurre.
« Ça marche, Julie. » Sa voix fait frissonner mon intimité de plaisir.
J'essaie de chasser cette idée et de me concentrer sur les biscuits. C'est dur avec ce beau gosse qui me sourit chaque fois qu'il entre en cuisine pour me faire rougir.
La boutique est fermée depuis trente minutes. Mark est à l'avant pour tout ranger pour demain.
Je ne pense qu'à cet homme sexy qui travaille avec moi. La façon dont son jean moule son beau cul ferme, et son t-shirt blanc serré sur son torse et ses bras... On a juste envie de le toucher.
Mon Dieu... Ce que je ne donnerais pas pour passer ma langue là-dessus...
« Aïe ! » je hurle. Comme j'étais distraite, j'ai attrapé une plaque de biscuits brûlante à la sortie du four.
« Ça va ?! » Mark arrive en courant dans la cuisine. Il voit les biscuits éparpillés sur le sol et moi qui tiens mes doigts brûlés.
« Oui, non... enfin si. Ce n'est vraiment pas ma journée ! » je siffle entre mes dents, morte de honte.
Vraiment, c'est la poisse aujourd'hui.
« Fais-moi voir ta main. » Mark s'approche, me prend la main et m'emmène vers l'évier pour faire couler l'eau froide.
Il examine la brûlure, les sourcils froncés par la concentration. Je suis fascinée par ses lèvres qui bougent, ce qui me fait mordre la mienne.
« ...Kate ? »
Je sors de ma transe et je demande vite : « Pardon, quoi ? »
Mark sourit. « Elle est où la trousse de secours ? Tu as de la crème pour les brûlures ? » Il me regarde par-dessus ses lunettes et mon cœur s'accélère. Je vous jure que je vais devoir passer la serpillière sous moi tellement ma culotte est trempée.
« Heu, ouais. Bureau. Tiroir. » Je deviens rouge pivoine après avoir répondu. J'ai l'impression d'être une idiote finie.
Il hoche la tête, va chercher la trousse et applique la crème sur mes doigts.
Il me fait asseoir sur le tabouret de la cuisine pendant qu'il les enveloppe doucement dans de la gaze.
« Est-ce que je te rends nerveuse ? Ou est-ce que tu es juste du genre silencieux ? » Ses yeux sont comme des phares qui éclairent mes pensées secrètes alors que je rougis de plus belle.
Il sourit d'un air malicieux. « C'est la nervosité, alors. Qu'est-ce que je peux faire pour que tu sois à l'aise avec moi ? »
Oh seigneur, aide-moi. Qu'est-ce que je suis censée répondre ?
« Je... » Je n'arrive pas à aligner trois mots.
Soudain, ce sourire se rapproche de mes lèvres tremblantes. Il murmure d'une voix rauque, laissant son souffle chaud effleurer ma bouche.
« Tu es une femme magnifique. Est-ce que je peux t'embrasser ? »
OUI, OUI TU PEUX !
Je fais signe que oui. Ses lèvres se posent sur les miennes, douces et charnues, m'invitant à ouvrir la bouche.
Dans un gémissement, j'entrouvre les lèvres alors qu'il approfondit le baiser et envahit ma bouche avec sa langue. Ses mains s'enroulent autour de ma nuque pour me coller contre lui.
Je me perds dans le mouvement de nos langues et la caresse de ses mains sur mon corps. J'ai le souffle coupé. Il titille mes tétons durcis à travers le tissu de mon t-shirt et de mon soutien-gorge. Ça m'énerve que ces vêtements fassent barrière à ses mains.
Je romps le baiser pour arracher mon t-shirt, puis je le tire rapidement vers moi. Ça fait sept ans que je n'ai pas été avec un homme, et celui-là est bien trop canon pour que je laisse passer ma chance.