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Le Monde D’Inaya

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Summary

L’Europe a toujours été une terre de conquête. Aujourd’hui encore, certains y voient une terre vierge et une population à conquérir. Et si ces autres faisaient tomber notre monde pour nous imposer leur idéal. Inaya aime sa vie simple d’épouse et de professeur d’Histoire. Soumise à son père puis à son mari, elle mène une existence sobre et solitaire. Jamais elle n’a remis son mode de vie en question jusqu’au jour où elle trouve d’anciennes lettres rédigées près d’un siècle auparavant par une autre femme, Hélène. Hélène s’adresse à ceux qu’elle aime et raconte son combat pour échapper à l’épuration ethnique qui sévit dans la France d’alors. Hélène sera l’observatrice privilégiée des violences contre les siens, de la victoire de son oppresseur puis de la réécriture de l’histoire de son pays. Sans hésiter à se mettre en danger, c’est à travers sa quête pour retrouver les enfants d’Hélène qu’Inaya va découvrir la réalité cachée de son monde.

Status
Complete
Chapters
18
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

« _Je suis trop content que ce soit avec toi ! Tu te rends comptes ! On part. On va les exploser ces batards de résistants. Pan ! Pan !Pan !», Adam brandissait vers les fenêtres du train une arme imaginaire. Sa joie et son excitation était palpable. Djibril, assis sur le rebord de sa couchette, s’appliquait à rouler sa cigarette méticuleusement.

« Frère, jsuis jamais sorti du quartier, et là regarde ! » Il colla son visage juvénile sur la vitre, puis vint s’assoir près de Djibril sur la couchette bien trop dure. « Tas des doutes ou quoi ? C’est quoi cette gueule ? » Djibril percevait l’agressivité de son ami et s’adressa à lui en le défiant du regard.

« Des doutes ? » Il émit un sifflement en guise de ponctuation. « Je sais ce que je fais, seulement, je pensais à mon frère, tu vois ? »

« Ouais, jsais mais c’est cool pour lui aussi. Il suit sa voie, c’est tout. »

« Je sais mais j’aurais aimé être là pour lui quand même. » dit le jeune homme en tournant son regard sur les champs qui défilaient par la fenêtre.

« Ça aurait changé quoi ? »

« J’en sais rien, mais j’ai bien senti qu’il aurait voulu que j’attende un peu avant de partir. »

« C’est bon ! C’est qu’un mariage. En plus, ils ont dû le marié avec une fille trop cheum. » Adam se mit à rire aux larmes, tenant une mèche de cheveux sur sa lèvre supérieure pour mimer une moustache fournie, tout en adressant des baisers bruyants à son camarade.

Djibril sourit à Adam et se laissa tomber sur la couchette, repoussant sa casquette sur son visage pour cacher ses yeux. Il savait que son frère était un bon garçon et que ce qu’il voulait avant tout était de fonder une famille. Peu importe que la fille soit belle, si elle était gentille, il l’aimerait et serait heureux.

Il se raccrochait à cette idée comme à une bouée en pleine mer.

Il aurait pu faire le même choix que son frère d’une vie simple et bien rangée faites de devoir domestique mais il voulait donner à sa vie un sens plus grand. Alors il avait rejoint la cause, les groupes armés. Adam, son ami d’enfance n’avait pas non plus hésité lorsque le bureau mobile de recrutement s’était arrêté dans leur quartier.

Sa mère avait pleurée mais n’avait pas essayé de le dissuadé. Finalement, peut-être qu’elle ne le pouvait pas vraiment. Personne n’aurait osé dire à un volontaire que son acte n’était pas le bon. Qui peut s’opposer à ceux qui donnent leur vie pour la gloire de notre nation ?

Adam s’était rallongé sur sa propre couchette et regardait le plafond sale du wagon. Le bruit des rails faisait un cliquetis régulier qui les berçait depuis deux jours déjà.

« Franchement, j’en ai ma claque de ce train. J’ai mal au cœur et ça pue. Jveux sortir. Je vais leur courir après, tu vois voir !» dit Adam, en plaçant son sac sous sa tête.

« Encore deux jours et on y sera » affirma Djibril dans un demi-sommeil.

Les freins du train vrombirent à leur arrivée à l’avant-poste de Kanivsur le front des combats dans l’ancienne Ukraine.

Le train cracha dans la gare une marée de jeunes hommes, tous excités de pouvoir enfin se dégourdir les jambes.

Trente bus chargèrent les jeunes soldats répartis sur une dizaine de camps le long de la ligne de front.

Le camp était spartiate et le froid déjà vif en ce début d’automne. Adam et Djibril, se virent confier leur paquetage composé d’une veste, d’un treillis, de chaussures, d’un couteau et d’une arme automatique de guerre.

Djibril aurait le grade de Caporal et la charge de sept hommes. Sa formation à la mission avait été rapide. L’adjudant lui avait remis une carte de la zone, lui indiquant de suivre les axes principaux et d’envahir un maximum de villagesavec pour seule consigne de ne pas faire de survivants.

A la nuit tombée, alors qu’il se changeait sous la tente, il prit conscience de sa décision. Il se battrait contre l’ennemie jusqu’à la mort, pour défendre ses idées. Il se trouvait fort. Il se sentait invincible.

La nuit fut froide et sans sommeil. Il entendait ses frères d’armes murmurer des prières souvent enfantines et se mit à faire de même. Il pria pour sa mère d’abord. Il savait maintenant qu’elle aurait voulu qu’il reste auprès d’elle, mais les femmes sont faibles. Il pensait à son frère et l’imaginait heureux avec sa nouvelle épouse. Il priait pour qu’elle lui apporte de nombreux enfants. Il se devait de se sacrifier pour eux. Au loin, il entendait le bruit sourd des tirs sur le front.

L’aube à peine levée, lorsque monté par groupe de huit dans des véhicules légers, ils se dirigèrent vers le front. Djibril serrait son arme sur son cœur. Il lui semblait le sentir trembler dans sa poitrine, le long de son arme et jusqu’au bout de ses doigts.

Après trente minutes de transfert sur des chemins boueux, le véhicule s’immobilisa.

Le chauffeur sortit et vint ouvrir la porte à l’arrière du véhicule.

« Sortez. Caporal, menez l’escadrons dans la zone Nord Est, éliminer tous les individus de la zone sans exception. Il n’y a pas d’autre patrouille dans la zone. Vous continuerez ensuite à l’Est. La mission est de 50 jours, au-delà revenez faire un rapport à la base. » Après un salut de rigueur, l’homme opéra un demi-tour, et reparti à bord du véhicule, laissant seuls sur le bord de la route ses huit jeunes hommes inexpérimentés face au destin de la guerre.

Ils prirent la route indiquée et pendant des jours ne rencontrèrent pas un village, pas une maison. La forêt semblait interminable. Ils souffrirent vite du froid et bientôt de la faim.

Couchés sur le sol de la forêt, les hommes observaient le ciel à travers les cimes des arbres. Djibril n’avait jamais vu tant d’étoiles auparavant, et se spectacle magnifique lui rappelait le manque de son foyer. La respiration d’Adam à ses côtés se fit plus lente, il s’était endormi comme la plupart des autres hommes. Slim lui ne dormait pas, Djibril pouvait entendre les sanglots qu’il cherchait à étouffer dans ses mains.

« Qu’est-ce qu’il ne va pas mon frère ? » demanda Djibril en chuchotant. Puis il réalisa que Slim avait bien des raisons de pleurer et ajouta : « Je veux dire à part que tu as froid et faim. »

Dans un cri étouffé, le jeune homme répondit : « J’veux pas mourir ! »

Les mots étaient dits. Mourir. C’est pourtant ce qu’ils venaient faire ici, mourir en héros. Djibril avait toujours pensé qu’il n’y avait pas de vocation plus noble, rien de plus utile à faire de sa vie. Il ne craignait pas de mourir, et il s’était engagé en inspirant à cette fin. Ainsi, il laisserait de la fierté sur son nom en ce monde et accèderait au Paradis dans le suivant. Il ouvrirait les portes du ciel non seulement pour son âme mais aussi pour celle de sa mère. Et ça, ça ne méritait aucune peur.

Djibril ne savait pas quoi répondre à son camarade, il se tourna vers lui et l’observa. Slim ne devait pas avoir plus de seize ans. Il avait encore les traits poupins de l’enfance. Les larmes coulaient sur ses joues rondes et sales.

« J’ai rien demandé à personne. Je voulais pas être là. » Slim hoqueta. Il se moucha dans sa manche et repris : « Mes parents m’ont engagé. Ils m’ont dit qu’il n’y avait pas plus grande fierté pour eux que d’avoir un fils contre l’ennemi. Mais pourquoi moi ? Mon frère, lui, ils lui ont riendemandé. Ils le marient à une jolie fille, et moi jvais crever ! C’est pasdes parents ça ! Je te jure, je suis un bon fils. Je sais que ça se dit pas mais je les hais ! »

« Tu peux pas dire ça de tes parents, tu leurs dois le respect ! » Djibril marqua une pause, conscience que crier sur ce pauvre garçon ne résoudrait rien. Il devait puiser en lui suffisamment de sagesse pour trouver quelques paroles réconfortantes. Aussi maladroites fussent-elles. « On finit tous par mourir de toute façon. tu vas mourir comme tu le dois, en prouvant ton appartenance à notre grande nation. Et ne t’inquiète pas comme ça. Au paradis, tu en auras des épouses ! »

Slim, ne pleurait plus. Il soutenait le regard gris de Djibril dans la clarté de la lune pale, et d’un ton si calme qu’il en était presque dédaigneux, il dit : « C’est des conneries tout ça. Comment vous pouvez gober un truc pareil. »

« Ta gueule ! » le coupa Djibril,s’en était trop. « Je veux bien être sympa avec toi, mais encore une parole de ce genre et je promets que je te bute moi-même. Alors maintenant, tu dors et tu te la fermes. »

Slim était surement un peu idiot. Djibril décidait de le laisser dormir et ne retenait pas ses propos même s’il sait qu’il aurait dû sur le champ lui trancher la gorge.

Djibril et son escadron arrivèrent enfin dans un village isolé qui leur sembla inhabité. Ils avaient faim et commencèrent à fouiller quelques maisons. Après plusieurs heures de recherchent, ils avaient trouvé de quoi se restaurer et faire quelques provisions. Une pluie froide s’étant mise à tomber, ils décidèrent de s’installer dans ce qui avait dû être autrefois un café pour prendre du repos jusqu’au lendemain.

Dans la noirceur de la nuit, leur sommeil fut coupé par les pleurs d’un enfant. Les pleurent de l’enfant semblait sortir des ténèbres environnantes et troublaient la solitude de la troupe dans ce village des confins de leur monde.

Adam se précipita à la fenêtre et porta son œil à la hauteur du viseur de son arme. Il balaya l’obscurité avec sa camera thermique et aperçu assez vite une petite tache rouge et bleuequi se tenait face à eux, seule au milieu de la place du village.

« C’est un gosse. Je vois qu’un gosse Dji ! RAS autour. Je le descends ?

Attend ! » Djibril avait le cœur douloureux, la peur lui broyait les entrailles. Il dut réfréner une sensation de malaise, se concentrer ànouveau sur le monde qui l’entourait et ignorer le bourdonnement de ses oreilles.

« Ordre de tirer chef ? »s’impatientait le soldat.

« Tu vois quoi d’autre ? »demanda Djibril. Il se forçait àrespirer calmement, afin de trouver en lui la ressource pour prendre la meilleure décision.

L’homme au fusil balaya l’horizon de son viseur et dit : « Rien chef, y a rien. Juste le mioche qui beugle.

On ne peut pas le tuer comme ça ? » dit Slim, la voix tremblotante, manifestement terrorisé par la situation. Deux des autres soldatsajustaient déjà à leur taille des ceintures d’explosifs, et l’un d’eux dit : « Je suis prêt, je sors et si ça tourne mal, je sotte ! et le mioche avec. »

Malgré l’entrainement qu’il avait reçu, Djibril fut prix d’une certaine hésitation quant à son droit d’éliminer un enfant isolé. Il décida alors d’envoyer un de ses hommes au-devant de l’enfant. Le soldatparlait un anglais approximatif et l’enfant semblait le comprendre. Il se calma et la nuit redevint lourde et silencieuse. Le soldat revint expliquer à ses camarades que l’enfant affirmaitêtre perdu et venir d’un second village à quelques minutes de marche plus à l’est.

Djibril pris alors la décision de ne pas attendre. Ils se mirent en marche. Il était persuadé que l’enfant les guiderait jusqu’à ce village habité.L’enfant les guiderait à sa perte et à celle de sa communauté.

La lune était pleine et on distinguait facilement l’unique rue qui traversait le village. L’enfant marchait aux devant les soldats tenant le jeune Slim par la main. La troupe progressait lentement et avec prudence. Un peu après la sortie du village, l’enfant lâcha soudain la main de Slim et se mit à courir en direction du bois.

« Shootez-le », cria Adam alors qu’un autre soldat commençait déjà à déverser son chargeur. Mais Djibril n’eut pas le temps de réagir lorsqu’il aperçut comme des centaines de petit feu dans les bois, instantanément suivit le bruit des armes. Une balle lui siffla aux tempes et le soldat devant lui tomba lourdement face contre terre. Une douleur intense irradia son ventre. Une douleur terrible qui le jeta à terre. Adam et Slim firent feu et l’attrapant chacun par un bras, réussirent a le tirer dans le fossé. Deux des soldats se mirent à courir en direction des assaillants et actionnèrent leur ceinture d’explosif. Les débris de terre, de bois et de sang retombèrent en pluie fine sur les hommes. Adam, Slim et Djibril restèrent ainsi tapis dans le fossé de longues minutes avant de ramper vers l’abri que leur offrait la forêt.

Tout était redevenu silencieux.

Les deux hommes portèrent leur frère blessé en revenant sur leurs pas. Ils s’installèrent dans l’une des premières maisons du village, mais très vite la fièvre envahie le corps de Djibril. Il délirait, envahit par ses pensées dans un rêve éveillé.

Il se demandait si Slim n’avaitpas raison. Finalement, est ce que tout cela avait vraiment un sens. Jamais, il n’avait remis son choix en question. Sa foi était inébranlable, mais à cet instant, aux portes de la mort et dans la souffrance, sa mère lui manquait. La fièvre le faisait délirer, et dans ce rêve moite, ce n’était plus le visage rond et doux de sa mère Myriam qui le berçait, mais celui d’une femme aux cheveux blonds. Elle portait une robe légère et indécente. Sous le tissu fin, il sentait le contacte de ses seins chauds. Puis, il voyait cette même femme, rire et danser. Dans son délire, il l’appelait maman et elle venait à lui. Elle apparut accompagnée d’un homme au rire franc, et d’un enfant joufflu, son frère. Alors il comprit, il se rappela, se figea et les ténèbres le prirent.

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Good Writing

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Compelling Plot

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Great Character

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Strong Dialog

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author

Chers lecteurs, j’ai vraiment hâte de savoir ce que vous pensez de mon livre ☺️. Merci de partager avec moi vos avis et impressions, c’est important pour moi. Juste une petite précision sur ce prologue, il évoque des personnages que vous retrouverez plus tard dans le roman, et donc, son style est différents du reste de la narration, car à chaque personnage, j’adapte le style pour vous laisser vous imprégner de leur personnalité.

2 years
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