Nos âmes écorchées

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Summary

Jill,vit dans une campagne isolée, noyée dans la solitude et le poids des responsabilités. Bien qu’elle ait quelques amis et soit entourée de sa mère malade, le quotidien de Jill est une lutte constante pour survivre. Elle jongle entre les tâches ménagères, les soins à apporter à sa mère et ses propres rêves d’une vie meilleure. Mais ses espoirs semblent futiles face à la réalité de son existence, faite de sacrifices et de renoncements. Un soir Jill rencontre un homme mystérieux, Lucas. Leur rencontre est un choc, un éclair dans l’obscurité de sa vie monotone. Jill, qui n’a jamais cru à l’amour ni eu le temps de s’y consacrer, voit pourtant en Lucas un regard qui fait briller en elle des émotions qu’elle pensait avoir oubliées. Il devient peu à peu une bouffée d’air frais, une échappatoire dans un monde qui semble de plus en plus oppressant. Cependant, l’amour qu’elle finit par développer pour lui n’est pas sans conséquences. Lucas, avec son charme et sa passion, va bouleverser l’équilibre fragile de la vie de Jill. Elle s’y accroche, mais cet amour, aussi beau soit-il, révèle aussi des facettes sombres de sa propre existence. Jusqu'au jour ou tout, disparait.

Status
Ongoing
Chapters
12
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

Prologue

Il y a des jours où tout semble trop grand, trop vaste, comme si je n’avais jamais eu ma place ici. Des journées où l’horizon s’étend sans fin, où le vent souffle si fort qu’il vous étreint, vous écrase, vous rappelle à quel point vous êtes insignifiant face à tout ça. À tout ce qui m’entoure. La campagne, les champs dorés à perte de vue, la maison ancienne, usée par le temps et les souvenirs… Parfois, je me demande pourquoi je suis restée ici. Peut-être parce que c’est tout ce que je connais, tout ce que j’ai. Pourtant, plus je m’y enfonce, plus je me sens étrangère. Solitude. C’est le mot qui m’accompagne. Toujours.

Je n’ai que 22 ans, et pourtant, j’ai l’impression de porter le poids de bien plus que mon âge. Ma mère est malade, rongée par une maladie qui n’a même pas de nom. Ou peut-être qu’elle en a un, mais je ne veux pas le prononcer. J’ai arrêté de croire en des jours meilleurs. Chaque matin, je me lève, je m’occupe d’elle, je fais ce qu’il faut pour que tout fonctionne. Et puis, je recommence, encore et encore. Je n’ai jamais su comment lâcher prise. Comment, même, imaginer autre chose. Alors je me contente de survivre, de tenir. C’est tout ce que je sais faire.

J’ai des amis. Mais ils sont loin, ailleurs, dans une vie qui n’est pas la mienne. On se dit qu’on se verra, mais ils ont leur propre monde à gérer, et moi, je suis coincée ici. Seule. Leurs vies continuent pendant que la mienne se fige dans une boucle sans fin. Le pire, c’est que je ne leur en veux pas. Je suis juste… là, ici, coincée entre des responsabilités que je ne peux pas fuir et des rêves que je n’ose même plus rêver.

Je pensais que rien ne changerait jamais. Que je continuerais ainsi, dans cette routine qui me mange petit à petit, jusqu’à ce que tout devienne flou, insignifiant. Jusqu’à ce que je devienne, moi aussi, une simple ombre dans ce monde qui m’ignore.

Et puis, un soir, j’ai accepté l’invitation de Jess, mon amie d’enfance. Il avait organisé une petite fête chez lui, dans la maison familiale. Je n’avais aucune envie d’y aller. Pas ce soir-là, ni jamais d’ailleurs. Mais il insistait. Alors j’y suis allée. Par obligation. Par curiosité, peut-être. Après tout, il n’y avait rien de mieux à faire. Il n’y avait rien d’autre.

Quand je suis arrivée, la musique m’a frappée, me rendant tout de suite plus consciente de mon propre silence. Les voix, les rires, les verres qui s’entrechoquent… Tout semblait si étranger. Tout semblait être un autre monde, un monde auquel je n’appartenais plus. Jess m’a vue, m’a pris dans ses bras comme il l’avait toujours fait. Je me suis laissé faire, mais je n’étais pas vraiment là. Je n’étais nulle part.

Puis, il est entré.

Lucas. Je n’avais jamais entendu son nom auparavant. Il n’était pas censé être là. Mais il est là, devant moi, dans cette pièce pleine de bruits, et soudain, tout semble se taire autour de nous. Il est grand, il a ces yeux bleus, d’un bleu profond, presque irréel. Il a l’air à la fois sûr de lui et… perdu. Il me regarde, et il y a dans son regard quelque chose qui me perturbe, quelque chose qui me fait sentir que je suis vue pour la première fois depuis longtemps.

Ce soir-là, je ne savais pas encore que cet homme allait changer le cours de ma vie. Ni que cet amour, que je croyais impossible dans mon existence aussi brisée qu’isolée, allait venir à moi avec la douceur d’un rêve… mais aussi avec la brutalité d’un cauchemar. Ni que, parfois, c’est dans l’amour le plus pur qu’on trouve les plus grandes souffrances.

Ce soir-là, tout ce que je savais, c’était que quelque chose allait basculer.

Et que rien, jamais, ne serait plus comme avant.