Personnaliser la lisibilité
Aa

Elle et... lui

Tous droits réservés ©

Résumé

Elle, une jeune fille de 16 ans, ayant une vie banale. Jusqu'au jour où un mystérieux accident vient troubler sa vie ainsi que celle de sa famille. Elle se sent coupable et elle a raison car elle va découvrir que ses nouvelles capacités en sont la cause. Un monde nouveau, composé de démons et de chasseurs, va s'ouvrir à elle. Sa rencontre avec lui, le beau et énigmatique nouveau, va bouleverser sa vie. Il est si parfait mais il l'intrigue tellement. Est-il trop parfait pour être sincère? Leur amour naissant va-t-il survivre à toutes les épreuves qu'ils devront surmonter? "Je parle d'un amour qui rend la vue au aveugle. D'un amour plus fort que la peur. Je parle d'un amour qui insuffle du sens de la vie, qui résiste aux lois naturelles de l'usure, qui nous épanouit, qui ne connait aucune limite. Je parle du triomphe humain sur l'égoïsme de la mort." Jean-Philipp Sendker.

Genre :
Fantasy/Romance
Auteur :
Manon
Statut :
En cours
Chapitres :
6
Rating
4.3 7 avis
Classification par âge :
16+

Ce n'était qu'un accident...

Seule.

Je suis seule dans mes pensées qui tourbillonnent sans fin, comme un cyclone sans issue. Seule dans ce couloir d’hôpital froid, trop blanc, trop propre, presque inhumain. Seule, surtout, dans ce cauchemar éveillé dont je n’arrive pas à m’extirper. Je marche, ou du moins j’essaie. Chaque pas résonne sous mes pieds comme un écho douloureux de mon existence. Les murs semblent se resserrer autour de moi, impersonnels, aseptisés, comme s’ils voulaient effacer jusqu’à ma présence.

Les gens passent à côté de moi sans me voir. Des visages flous, des silhouettes pressées, trop absorbées par leur propre monde pour remarquer que je suis là. Invisible. Transparente. Comme si ma douleur n’existait pas. Comme si je n’existais pas. J’ai l’impression de flotter, suspendue quelque part entre deux réalités.

Je suis figée. Comme si le temps avait décidé de s’arrêter juste pour moi. Tout autour continue de bouger, de respirer, de vivre… mais moi, je reste bloquée là, avec ce poids. Ce foutu poids sur ma poitrine. Il m’écrase. Il m’empêche de respirer correctement. Il me donne envie de hurler, mais aucun son ne sort.

J’essaie de comprendre. De rassembler les morceaux. Ce qu’il s’est passé ? J’en sais rien. Mon esprit refuse de coopérer. Il bloque, il floute tout, comme s’il voulait me protéger d’un souvenir trop violent. J’ai beau chercher, me forcer, me concentrer, c’est le vide. Un brouillard épais, étouffant. Mais au milieu de ce flou, il y a une chose que je sens encore. Qui brûle en moi, comme si c’était arrivé il y a une seconde. Cette colère. Brûlante, violente, dévorante. Elle m’a submergée, consumée de l’intérieur.

Je ferme les yeux. J’essaie de respirer. Lentement. Peut-être que ça m’aidera à faire remonter les images. Et là, ça revient. En morceaux. Flous, tremblants. Mais réels.

La soirée d’hier.

L’atmosphère tendue. Les regards qui blessent plus que des gifles. Les mots qui s’échappent sans que je puisse les retenir. Des mots tranchants, trop forts, trop lourds. Je les entends encore, sortir de ma bouche, claquer dans l’air comme des coups de fouet. Je revois son visage, sa réaction, et mon cœur se serre. J’aurais pas dû dire ça. Pas comme ça.

Je donnerais n’importe quoi pour revenir en arrière. Pour effacer cet instant. Pour ravaler chaque syllabe, chaque mot. Mais c’est trop tard. Et ce qui me hante, ce qui me dévore, c’est la peur que cette dispute ait été la dernière.

Que ces mots aient été les derniers que je lui ai adressés.


J’étais dans ma chambre, seule dans mon monde. Comme toujours. Mon carnet dans une main, un crayon dans l’autre. Ce moment, je l’aimais. C’était un des rares où je me sentais bien, presque libre. Quand je dessine, je vois le monde autrement. À travers mes coups de crayon, tout devient plus clair, plus simple. Sur mes feuilles de papier, l’univers me paraît moins oppressant qu’en vrai. Il est figé, contenu entre les bords de ma feuille, limité, prévisible. Et surtout, je peux choisir ce que je veux montrer. Un seul point de vue. C’est ça que j’aime. Parfois, je me surprends à imaginer à quoi ressemblerait le monde s’il était comme mes dessins. Figé, organisé. Pas comme la réalité, où rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. Où tout est flou, trop compliqué. Trop… pesant.

Et puis cette voix a brisé le silence.

— Mia Jennifer Wilson ! Il faut que tu descendes maintenant ! criait quelqu’un en bas de l’escalier.

Je sursautai, le cœur battant. J’haïssais qu’on m’interrompe comme ça. J’étais bien, j’étais tranquille, et voilà qu’on venait tout gâcher. Je n’avais aucune envie de descendre, alors j’ai traîné. Lentement, exprès. Chaque pas me semblait plus lourd que le précédent. Je savais exactement ce qui m’attendait. De toute façon, ça finissait toujours pareil. Toujours.

— Ah ! La taupe est enfin sortie de son trou, à ce que je vois. Miracle ! lança-t-elle avec ce ton qui me hérisse les poils.

Son ironie me donnait envie de hurler. Je sentais la colère me monter aux joues. Si elle continuait, je n’allais pas tenir bien longtemps. Je la regardais, cette femme aux cheveux blonds dorés, ma mère. Elle avait ce regard, ce sourire en coin qui me donnait envie de tout casser.

— L’école recommence bientôt, Mia. Alors, profite de tes derniers jours : sors, amuse-toi, va faire la fête... enfin, sois une ado normale pour une fois dans ta vie.

Je sentais déjà mes poings se serrer. Elle marqua une pause, sûrement parce qu’elle voyait mon visage se transformer sous la colère. Mais bien sûr, elle reprit.

— Par exemple, moi, quand j’avais le même âge que toi, je...

Je ne l’écoutais même pas. Je connaissais cette histoire par cœur. Toujours la même rengaine. La fille parfaite, pom-pom girl populaire, aimée de tous. Elle voulait que je lui ressemble. Mais elle ne comprenait pas, elle ne comprendra jamais : je ne suis pas elle, et je ne le serai jamais.

J’en avais assez. Je sentais la rage me brûler de l’intérieur. Alors, j’ai tourné les talons et j’ai grimpé les escaliers deux à deux. Mon cœur battait à tout rompre. Je rentrai dans ma chambre comme une furie, et je claquai la porte avec toute la force que j’avais. Le bruit résonna dans toute la maison. Enfin, j’étais de retour dans mon refuge. Ma chambre. Mon cocon. Ici, je pouvais essayer de respirer.

Mais ce répit fut de courte durée.

Un bruit étrange, mécanique, se fit entendre dans le couloir. Je me retournai d’un bond, le souffle coupé. Et ce que je vis me glaça.

Ma porte avait disparu.

À sa place, un homme roux et barbu se tenait là, immense. Et derrière lui, cachée par sa carrure, il y avait ma mère. Elle avait l’air fatiguée… mais surtout furieuse.

— Si tu ne sais pas fermer une porte correctement, alors autant l’enlever, non ? lança-t-elle, avec cet air satisfait qui me donnait la nausée.

Je crus exploser. Mon sang bouillonnait, chaque cellule de mon corps vibrait de rage. Elle savait. Elle savait à quel point cette chambre était mon sanctuaire. Ma seule bulle d’air. Et elle avait osé… oser me l’enlever.

Bien sûr ! Voici ta scène étoffée, avec plus d’intensité émotionnelle, de descriptions sensorielles et de détails intérieurs, pour que la rage de Mia monte progressivement jusqu’à cette coupure brutale dans le noir :

Et là, ce n’était plus de la colère. C’était de la rage pure, sourde, incandescente. Une bête noire qui rampait sous ma peau et qui montait, montait, prête à m’exploser au visage.

Mes doigts tremblaient, mes bras étaient tendus, figés. J’avais l’impression que le monde entier se contractait autour de moi. Que les murs de ma chambre, autrefois mon refuge, se refermaient comme une prison. Je n’étais plus en sécurité ici. Il n’y avait plus de porte. Il n’y avait plus rien entre eux et moi.

Je sentais mes ongles s’enfoncer dans mes draps, jusqu’à presque les déchirer. Je les serrais si fort que mes jointures blanchissaient, que mes bras me faisaient mal. Mais je ne pouvais pas relâcher. Si je le faisais, tout s’effondrerait.

La chaleur montait. Brûlante. Suffocante. Mon cœur tapait si vite qu’il cognait dans mes tempes. Une pression sourde me battait dans la tête, comme un tambour de guerre. Mon souffle devenait saccadé, incontrôlable. Je voyais flou. Je ne savais même plus si mes yeux étaient ouverts ou non.

Et pourtant, je voyais. Je voyais ce trou béant, là où ma porte aurait dû être. Une simple ouverture vers un mur beige, froid, impersonnel. Ce couloir grisâtre qui me donnait envie de vomir. C’était comme une cicatrice ouverte dans mon espace à moi. Une plaie béante, un affront.

Mes cheveux bouclés dansaient dans l’air, agités par le courant froid du couloir. Une mèche retomba devant mes yeux. Mes yeux. Ces yeux bleus Labradorite que ma mère disait avoir toujours admirés, comme si leur éclat était suffisant pour faire de moi quelqu’un de “parfait”. Comme si c’était le seul morceau de moi qu’elle trouvait à son goût.

Tout se mélangeait. Mes pensées, mes souvenirs, mes douleurs. J’avais l’impression qu’une tempête explosait dans ma poitrine. Que mon corps n’était plus qu’un orage de feu et de cendres.

Je ne contrôlais plus rien.

Je voulais hurler, je voulais pleurer, je voulais frapper les murs, casser les cadres, dessiner jusqu’à m’en faire saigner les doigts. Mais je restais là, figée dans cette tension. Prisonnière de cette rage.

C’était comme si tout mon être était devenu un volcan prêt à entrer en éruption. Une lave émotionnelle, prête à tout ravager sur son passage. Et je le sentais venir. Cette déflagration intérieure. Ce moment de bascule. L’irréversible.

Et puis…

Plus rien.

Le noir. Complet.

Un vide absolu. Comme si quelqu’un avait éteint la lumière à l’intérieur de moi. Comme si on avait coupé le son, brouillé l’image, arraché les fils.

Plus de pensées. Plus de sensations. Juste… le silence. Et cette obscurité oppressante.


Je fixe cette porte, immobile. Cette foutue porte fermée que j’ai regardée cent fois, que je pourrais dessiner les yeux fermés. Chaque fissure, chaque éclat de peinture, chaque nuance de ce blanc aseptisé est gravée dans ma mémoire. Elle est là, devant moi, et pourtant, elle me semble à des kilomètres.

La dernière chose dont je me souviens, c’est le bruit. Les cris. Les voix brisées. Les éclats de mon père, qu’on n’avait jamais entendus aussi forts. Les plaintes de ma mère, mélangées à des pleurs, des mots que je ne comprenais pas. Ou que je ne voulais pas comprendre. Et puis cette puissance étrange en moi, brutale, violente, incontrôlable.

Tout ça résonne encore dans ma tête, comme un vieux disque rayé qui refuse de s’arrêter. Un vacarme sourd, un bourdonnement constant. J’ai beau fermer les yeux, me boucher les oreilles, ça ne part pas. C’est là, en moi.

Je me souviens vaguement qu’on m’appelait. Que des voix criaient mon nom. Ma mère, mon père, peut-être même d’autres… Mais mon corps ne répondait pas. Comme si je n’étais plus dedans. Comme si j’étais spectatrice de moi-même, prisonnière d’un corps figé, désobéissant. Un pantin vidé de ses ficelles.

Et ce sentiment… cette putain d’impuissance, il me ronge. Il me bouffe de l’intérieur. Je me repasse la scène encore et encore. J’aurais voulu bouger. Réagir. Hurler. M’excuser. Comprendre. Mais rien. Juste cette torpeur. Ce blanc. Et maintenant, ce vide.

Je sens quelque chose couler sur ma joue. Lentement. Silencieusement.

Une larme.

Je ne l’ai même pas sentie venir. Elle trace une ligne chaude sur ma peau glacée. Elle tombe sans bruit, comme tout ce que je n’ai pas su dire.

Et je reste là. Immobile. À fixer cette porte.

Et à me demander si je vais un jour comprendre ce qu’il s’est vraiment passé.

Dites à Manon ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'adore ça

13

J'adore ça

Drôle

0

Drôle

Épicé

0

Épicé

Plein de suspense

7

Plein de suspense

Émouvant

4

Émouvant

Profond

0

Profond

Réconfortant

0

Réconfortant

Choquant

2

Choquant

Bien écrit

4

Bien écrit

Intrigue captivante

4

Intrigue captivante

Super personnage

2

Super personnage

Dialogues forts

5

Dialogues forts

author

ce triste vraument

3 ans
1
author

et bahhh Mia faut pas la faire chier , par contre ça devait être horrible d entendre ses parents hurlaient alors qu'elle était dans un état second , bon commencement , j'aime beaucoup ça fait montrer direct la couleur du sujet de l'histoire ❤️

2 ans
1
author

trop triste

7 mois