Le prince enthracien

Tous droits réservés ©

Résumé

Alors que Niobe refuse depuis deux ans les avances de son promis, l'écorcheur de Karnak, le cruel prince enthracien, elle se rend compte qu'il est difficile d'ignorer Reken pour toujours, et que la tentation peut parfois s'avérer délicieuse... ● Il s'agit d'une courte histoire érotique. ● Avertissements de contenu : Consentement ambigu, coercition, scènes explicites, tentative d'agression sexuelle, utilisation inappropriée de pouvoirs magiques

Genre :
Erotica/Fantasy
Auteur :
A. B. Novel
Statut :
Terminé
Chapitres :
4
Rating
5.0 6 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Niobe

Niobe réajusta discrètement les plis de sa robe sarcelle sous la table. Ses doigts fins et nerveux se plantèrent dans le tissu soyeux. L’étoffe glissait négligemment entre ses ongles. Son cœur palpitait si vite, trahissant l’agitation qu’elle s’efforçait de cacher. Les pulsations frappaient à ses tempes, un battement rivalisant avec la musique enivrante qui envahissait la salle de réception.

Elle sentait son regard, son regard de charbon brûlant comme une flamme ardente qui léchait son corps entier. Elle ne voulait lui donner aucune attention, se concentrant sur le son de la musique. Il n’était personne de plus que Reken, l’écorcheur de Karnak, le cruel prince enthracien qui la convoitait depuis deux ans, le prédateur attiré indéniablement par sa proie récalcitrante. Son regard était sournois, vicieux, un mélange d’une cruauté indomptable et d’une obsession perverse. Il s’amusait devant son air décomposé, devant sa détermination qui vacillait au fil des mois. Sa mâchoire carnassière se contractait au rythme de sa mastication. Ses vêtements pourpres camouflaient avec peu de subtilité sa stature de marbre, aussi séduisante que redoutable, un corps sculpté pour inspirer tant la peur chez les hommes que l’obsession chez les femmes.

Elle replaça distraitement une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille, les joues rosies par le vin ingéré. Les discussions superficielles bruissaient tout autour d’elle. Niobe trempa ses lèvres dans le liquide délicat lorsqu’une vague de chaleur l’enserra. Elle fixa avec une résolution feinte sa coupe de cristal vide, refusant de lever les yeux.

La chaleur s’insinua dans les pores de sa peau sensible. La vague lui fit légèrement arquer le dos, comme une caresse silencieuse qui la dévore de l’intérieur. Elle reposa sa coupe, le cherchant du regard, furieuse. Le prince lui souriait, un sourire chargé d’une assurance bestiale qui la chamboula, un jeu subtil indétectable par la foule présente. Sa contenance s’effritait. Son promis la provoquait, lui insufflait ce désir latent dans une danse irrésistible, conscient de l’effet qui se jouait désormais dans son bas-ventre, mais elle refusait de se plier à cette envie irrépressible.

Niobe se tortilla sur son siège, se raclant la gorge, les doigts crispés sur le bois sculpté de l’accoudoir. La vague s’amplifia, mettant sa chair à vif et l’obligeant à se mordre la lèvre pour parer le soupir brûlant qui s’apprêtait à s’échapper de sa bouche. Elle le fusilla du regard, une promesse muette de le lui faire payer.

Reken sembla se délecter de son inconfort, accueillant le défi invisible que Niobe lui lançait à travers son regard bleu glacial. Ses lèvres se creusèrent davantage dans ce rictus d’arrogance, acérant ses pommettes proéminentes. Le bas-ventre de Niobe lui démangeait de plus en plus, un plaisir pernicieux se répercutant dans l’intérieur de ses cuisses moites.

Espèce de salaud, Reken., souffla-t-elle intérieurement.

Le rictus du prince s’amplifia, dessinant son visage carré d’une attitude complaisante et indomptable. Ses doigts balayèrent avec nonchalance les mèches rebelles de sa tignasse de jais qui s’égaraient devant son regard perçant. Il prenait un malin plaisir à ingérer les raisins qu’il tenait à la main, ignorant les discussions des lords qui se trouvaient à ses côtés. Reken se complaisait dans son insolence à la regarder, à regarder l’agitation qui prenait place en elle, étouffée dans cette chaleur lancinante qui se tortillait dans ses entrailles.

Niobe se leva brusquement. Elle s’excusa auprès de son père à ses côtés et l’embrassa sur la joue dans une douceur expéditive pour lui souhaiter bonne nuit. Sans accorder un seul regard à Reken, elle se leva, dans toute la grâce que lui conférait son statut de princesse héritière d’Édène, et ses pas effleurèrent les dalles froides des couloirs du château, sa robe traînant sur le marbre. Elle déglutit péniblement, augmentant la cadence de ses pas précipités, ses bijoux parés à ses poignets et à ses chevilles tintant dans le silence du château.

Les serviteurs qu’elle croisa s’inclinèrent respectueusement sur son passage, et elle leur accorda une brève inclinaison de tête. L’écho de ses pas se répercuta dans le long couloir, venant troubler le silence des galeries. Elle tentait de respirer normalement, mais sa gorge asséchée lui refusait ce privilège.

Elle avait toujours refusé ses avances, même en sachant qu’ils étaient promis l’un à l’autre. Elle n’avait en revanche jamais pensé qu’il puisse un jour imposer son influence enthracienne pour la contrôler. Elle marmonna des mots grossiers en maudissant ce peuple nordique maître dans l’art de manipuler les énergies somatiques, les plus profondes émotions, de la peur corrosive au désir charnel insidieux.

Elle s’enferma rapidement dans sa chambre sombre, prenant soin de verrouiller la porte derrière elle. Elle tira rapidement les rideaux pour que ses fenêtres filtrent la lumière blafarde de la lune, et elle en profita pour entrouvrir les fenêtres, laissant une brise régénératrice aérer l’ambiance stagnante de sa chambre.

Son souffle était rauque et saccadé. Elle posa sa main sur sa poitrine qui se levait dans une danse palpitante, son corsage lui comprimant la cage thoracique, la faisant suffoquer. Elle avait besoin de respirer, tout à coup. « Madeline! », cria-t-elle à sa femme de chambre. Cette dernière arriva en se dandinant, déposant la carafe d’eau qu’elle trimbalait sur la table de nuit de Niobe.

Niobe lui pointa rapidement les attaches de son corsage d’un geste fébrile, lui indiquant silencieusement de la libérer de son étau. Elle balaya sa tignasse dorée, dégageant ainsi sa nuque humide. La pulsation entre ses jambes était un constant rappel de l’énergie enthracienne qui vibrait en elle.

La vieille dame travailla rapidement, et Niobe sentit rapidement l’air frais envahir ses poumons trop longtemps comprimés. Elle passa sa main sur la peau moite de son front, calmant quelque peu sa respiration. Madeline s’attarda ensuite à sa robe sarcelle, la délaçant tranquillement. Niobe se retrouva alors en légère sous-robe.

Ses muscles se tendirent. La porte de sa chambre grinça légèrement, comme une pression impatiente à poursuivre une histoire à peine entamée.