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36 battements

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Résumé

Il y a des histoires que l’on croit impossibles, des rencontres que le temps refuse d’effacer. Élian, génie du football au destin éclatant, cache derrière son succès la solitude d’un homme en quête de vérité. Lynn, rêveuse au regard de feu, porte en elle la force de mille vies, simple et libre, mais prête à tout pour trouver l’amour vrai. Leur rencontre ? Un mariage, un hasard… ou le souffle d’un mystère ancien. Trente-six battements séparent leurs cœurs, trente-six signes tracent leur chemin, autant de rêves qui défient la raison. Entre le tumulte des projecteurs et le silence des âmes, ils vont découvrir qu’un lien invisible unit les âmes sœurs, un lien plus fort que la distance, le doute, et le temps lui-même. Plonge dans une histoire où chaque instant est une étincelle, où le réel se mêle au magique, où l’amour devient une aventure infinie. Prépare-toi à vibrer au rythme des battements d’un cœur qui ne cesse jamais de chercher.

Genre :
Romance
Auteur :
E.M
Statut :
il y a un an
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1— Les battements d’un matin à Douala

La lumière dorée du matin filtrait à travers les rideaux légers de la chambre modeste où Lynn dormait encore. Le parquet usé sous ses pieds semblait porter les histoires silencieuses de toute une vie. Sur la commode, quelques carnets aux pages cornées reposaient à côté d’un vase en terre cuite, témoin des mains aimantes de sa mère.

Une voix douce l’appelle. « Ma chérie, debout, les filles vont être en retard. » C’est sa mère, toujours debout avant le soleil. Lynn ouvre lentement les yeux. C’est un rituel. Elle n’utilise pas d’alarme. C’est son corps, son horloge intérieure, et l’appel doux de cette femme forte qui rythme ses réveils.

Le murmure lointain des marchés qui s’éveillaient, mêlé au chant d’un oiseau solitaire, s’infiltrait à travers la fenêtre entrouverte. L’air chaud portait les parfums entremêlés du café fraîchement moulu et des fleurs de frangipanier plantées dans le petit jardin.

Dans la maison, les rires cristallins de ses nièces s’entremêlaient aux voix calmes de sa mère, occupée à préparer le petit-déjeuner dans la cuisine ouverte. Le son familier des casseroles, le cliquetis des cuillères sur les assiettes, tout semblait danser dans une symphonie quotidienne douce et rassurante.

Lynn ouvrit les yeux, prenant un instant pour savourer ce cocon de chaleur et d’amour. Chaque détail, chaque son, chaque odeur lui rappelait à quel point cette maison était son refuge. Une maison simple, faite de murs blancs légèrement craquelés, de meubles en bois patinés par le temps, où l’amour se lisait dans chaque objet posé.

Elle se leva doucement, effleurant le tissu léger de sa robe suspendue au porte-manteau. Sa chambre, petite mais ordonnée, reflétait sa personnalité : un coin réservé à ses croquis de robes, un carnet à moitié rempli posé sur son bureau, un miroir ancien orné de fleurs peintes.

Dans le couloir, ses nièces jouaient à cache-cache, leurs éclats de rire faisant écho jusqu’au salon. Sa mère l’appela d’une voix douce, l’invitant à partager le repas.

Lynn savait que cette simplicité, cette routine, même si elle pouvait paraître banale, était la toile de fond de ses rêves les plus profonds. Elle voulait que chaque instant compte, même les plus petits.

Lynn prépare les coiffures. Deux tresses bien tirées pour Ida, un chignon flou pour Léa. Elle dépose un baiser sur leurs fronts et leur remet leur sac à dos, usé mais propre. Puis elle reste un instant sur le perron à les regarder partir, main dans la main, courir vers l’école du quartier.

Une fois la maison retombée dans le calme, elle se rend dans sa chambre-atelier. Un coin est aménagé avec une table de couture, des tissus pliés à la main, et un mur recouvert de croquis. C’est ici qu’elle rêve en silence. Styliste dans l’âme, sans école, sans diplôme, mais avec un regard qui capte la beauté là où les autres passent.

Vers midi, elle prépare un plat de ndolé à sa mère. Elles mangent ensemble en échangeant quelques mots, rient parfois, se racontent les petits riens. Puis Lynn nettoie, arrose les plantes, trie les croquis, répare une robe qu’une voisine lui a confiée.

L’après-midi, elle s’accorde un moment pour elle. Elle sort, marche dans les ruelles de son quartier, regarde les gens, les couleurs, la vie. Elle aime observer en silence, noter des idées, dessiner avec ses yeux. Au retour, elle joue un peu avec ses nièces, les aide à faire leurs devoirs, puis les couche en leur chantant un air ancien que sa grand-mère lui chantait.

Le soir, elle monte sur la terrasse, seule. Le ciel est rose-orangé, le vent un peu plus frais. Elle s’assoit, les jambes croisées, le regard perdu entre les étoiles et le vide. Elle pense souvent à l’amour, à cette absence étrange. À cette sensation qu’il manque quelqu’un quelque part, comme un morceau de soi dans un monde lointain.

Et quelque part loin, dans un autre monde justement, à des milliers de kilomètres de là…

… Elian ouvre les yeux

6h36. Paris.

Le réveil ne sonne pas. Il ne sonne jamais. Ce sont les stores automatisés qui s’ouvrent lentement, laissant entrer une lumière douce filtrée par les rideaux blancs. Elian ouvre les yeux sans bouger. Il reste allongé, les bras croisés derrière la tête, les yeux fixés au plafond.

La chambre est vaste. Trop vaste. Silencieuse comme une cathédrale. Un lit king-size, draps impeccables. Aucun bruit, sauf celui régulier de son souffle. Sur sa table de chevet, une montre suisse, son téléphone, un carnet où il note parfois… ses rêves.

Il s’assoit lentement sur le bord du lit. Pieds nus sur un tapis moelleux, il passe une main sur son visage. Le rêve de cette nuit est encore vif. Cette fille, encore. Son visage. Son sourire. Son regard. Elle était là, dans un lieu qu’il ne reconnaissait pas, mais dont l’émotion était familière.

Il descend au rez-de-chaussée. Son majordome, Lior, discret comme une ombre, a déjà disposé son petit déjeuner : jus de grenade pressé, omelette aux fines herbes, thé vert. Il ne touche qu’au thé. Il mange peu. Il pense beaucoup.

Il traverse le couloir long et silencieux de sa villa située dans les hauteurs du 16e arrondissement. Des œuvres contemporaines ornent les murs. Un piano à queue noir trône dans le salon, rarement utilisé. Sur une étagère, des trophées, des ballons d’or miniatures, des maillots encadrés. Il vit dans un musée de ses propres accomplissements.

À 8h30, son chauffeur l’attend pour l’emmener au centre d’entraînement. Il s’installe à l’arrière de la berline noire, vitres teintées. Il regarde défiler la ville sans vraiment la voir. Des gens marchent, rient, courent. Lui reste figé. Spectateur de sa propre vie.

L’entraînement est intense. Comme toujours. Il court, il frappe, il sourit, il enchaîne les passes parfaites. Le coach l’admire. Ses coéquipiers le respectent. Il répond aux interviews avec maîtrise. Mais à l’intérieur, il se sent comme un automate.

Vers 13h, il enchaîne avec un shooting pour une marque italienne. Il porte un costume hors de prix, sourit devant l’objectif, joue le jeu. Une maquilleuse lui touche la joue, il recule légèrement. Il n’aime pas être touché sans lien. Encore moins avec superficialité.

Il rentre vers 16h. La maison est vide. Toujours. Il monte à l’étage, retire ses vêtements, prend une douche longue. L’eau chaude coule sur ses épaules musclées. Il ferme les yeux. Encore ce visage. Encore elle. Pourquoi toujours elle ?

Des filles ? Oui, il en croise. Tous les jours. Elles l’attendent à la sortie des hôtels, dans les coulisses, à ses dîners. Elles rient trop fort, s’habillent trop court. Certaines sont sincères. D’autres, attirées par l’image. Mais lui, il reste poli. Distant. Il ne s’attache jamais. Il a toujours dit : *« La seule femme que je présenterai au monde, ce sera celle dont je ne pourrai plus me détacher*

À 21h, il dîne seul, souvent des plats équilibrés. Il regarde parfois de vieux matchs. Ou il sort marcher, capuche sur la tête, dans les rues de Paris, incognito. Il aime observer les couples. Les vrais. Ceux qui se regardent avec tendresse. Ça le rend mélancolique.

De retour Elian referma la porte de sa villa d’un geste mécanique. Un silence épais l’accueillit, comme toujours. Pas de voix, pas de rires, juste le bourdonnement discret de la climatisation. Il retira ses baskets sans vraiment y penser, déposa son sac dans l’entrée, et traversa le salon aux lignes parfaites. Tout était à sa place. Trop.

Il alluma la télévision sans vraiment regarder. Les chaînes sportives parlaient encore de lui. Il coupa.

Assis au bord de son lit, il consulta son téléphone. Des messages, des appels manqués, des invitations. Il ne répondit pas. Il ne le faisait plus depuis longtemps.

Il ne savait pas ce qu’il attendait, ni pourquoi chaque soir finissait par lui laisser ce goût d’inachevé. Il avait rêvé de cette vie. Il l’avait eue. Mais elle sonnait vide.

Depuis quelque temps, une image revenait dans ses rêves. Une fille qu’il ne connaissait pas, mais dont le visage lui était étrangement familier. Elle ne parlait pas. Elle le regardait. Juste ça.

Et c’était suffisant pour troubler toutes ses nuits.

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