Plan Parfait = Catastrophe

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Résumé

J'ai loué un faux copain pour survivre au réveillon. 🎄Mais le jour J, quand j'arrive chez lui, c'est pas le bon acteur qui embarque dans mon auto... 🚗💥 C'est son coloc français : zéro tact, zéro préparation, zéro filtre... et qui comprend absolument rien quand je parle québécois. 😭🇨🇦🇫🇷 Et pourtant... c'est lui qui va me faire vivre le plus beau (et le plus chaotique) Noël de ma vie. ❄️❤️✨

Genre :
Humor
Auteur :
𝒵❁𝑒𝓎
Statut :
Terminé
Chapitres :
20
Rating
4.8 4 avis
Classification par âge :
18+

Fuck ! Juste fuck. 😵

Note pour mes lecteurs français❤️ Ce roman est écrit en québécois pur jus : expressions locales, sacres colorés, traditions étranges, bouffe dont vous n’avez probablement jamais entendu parler (ex. : le fameux cipaille, oui oui, ça existe pour vrai 😭). Si à un moment vous vous demandez :👉 « C’est quoi ce mot ? »👉 « Pourquoi ils mangent ça ? »👉 « Est-ce que c’est une langue officielle ? »C’est normal. Respirez. Google est votre ami. Et ne vous inquiétez pas : Quand Clément, un Français pur beurre, débarque dans l’histoire, il comprend absolument rien non plus. Vous allez donc apprendre le Québécois ensemble 🤣. Bonne lecture, tabarnak. ❤️

🎄🎅🎄🎅🎄🎅🎄🎅🎄🎅🎄🎅

Mon criss de réveil a sonné trois fois avant que je réalise que je m’étais endormie avec mes jeans.

Encore.

J’ouvre un œil, constate les dégâts : un sac de Miss Vickie’s sel et vinaigre écrapouté sur ma table de chevet, mon cell à moitié mort coincé entre deux coussins qui sentent le Febreze cheap, pis cette tabarnak de douleur au bas du dos qui me rappelle que j’ai passé huit heures à manipuler des épaules gelées raide, des genoux en compote. Y’a aussi une tasse de café froid de hier qui traîne à côté de mon lit, pis je pense que j’ai dormi avec ma brassière de sport. Glamour en criss.

Être physio, c’est glamour dans les films, tsé. Dans la vraie vie, c’est surtout des madames de 70 ans qui te racontent leur transit intestinal pendant que tu leur masses le nerf sciatique en te demandant pourquoi t’as pas juste fait vétérinaire à la place. Au moins, les chiens te lèchent pas la face en te racontant leurs problèmes de couple.

Je me redresse en grimaçant. Esti que je suis magané. 💀 J’ai l’impression qu’un truck m’a passé dessus, a reculé, pis a recommencé juste pour être sûr.

J’attrape mon cell. Douze notifications.

Trois textos de Steph qui s’impatiente solide. Deux courriels de patients qui veulent déplacer leur rendez-vous parce que finalement là, ils pensent être corrects. Buddy, t’as l’épaule en chiffon depuis mars, mais OK. Un texto de ma compagnie de cell qui me dit que j’ai dépassé mon forfait de données. Encore.

Pis sept appels manqués. Tous de ma mère. 📞📞📞📞📞📞📞

Ah non. Pas elle. Pas aujourd’hui. Pas avant mon café, esti.

Je connais ce truc-là. Sept appels, c’est pas une urgence. Genre, si mon père avait eu une crise cardiaque ou que la maison avait brûlé, elle m’aurait laissé un message vocal dramatique avec des sanglots pis toute. Non. Sept appels sans message, c’est pire. C’est un projet de marde avec mon nom dessus.

Je me lève, traîne mon corps de zombie jusqu’à la cuisine. La machine à café prend trois siècles à partir, faudrait ben que je la change, elle me gosse solide. J’ouvre le frigo pour prendre du lait. Y’en a plus. Évidemment. Y’a juste une bouteille de vin blanc entamée, du ketchup, pis un restant de St-Hubert dans un plat en styromousse qui date de quand exactement, ça, je préfère pas savoir.

Mon cell vibre encore. Je le regarde. Ma mère. Encore.😤

Calisse.

Je prends une grande respiration. Je me prépare mentalement. Genre, je visualise un bouclier invisible autour de moi. Ça marche jamais, mais j’essaie pareil. Je réponds.

— Allô maman.

— AMÉLIE ! ENFIN ! Ça fait SEPT FOIS que j’appelle, je pensais que t’étais morte dans un banc de neige sur le boulevard Taschereau ! Ou ben donc que t’avais eu un accident avec un orignal !

— Maman, je reste à Longueuil, pas à Fermont. Y’a pas d’orignaux sur Taschereau, juste des chars de bs, des nids-de-poule pis des cônes orange qui bougent jamais.

— Bon bon bon, t’es ben bête ce matin. T’es dans tes SPM ou quoi ?

— MAMAN.

— Quoi ! C’est une question légitime ! T’es pas endurable quand t’es menstruée. Ta sœur, elle, elle devient juste émotive. Toi, tu deviens baveuse.

Je me retiens de lancer mon cell par la fenêtre. À la place, je prends une gorgée de café encore trop chaud, je me brûle la langue. Évidemment.

— Qu’est-ce que tu veux, maman ?

Un silence. Jamais bon signe. C’est le genre de silence qui annonce soit une visite surprise, soit un interrogatoire en règle, soit les deux.

— Bon ! Je voulais juste confirmer : tu arrives quand à Charlevoix pour les Fêtes ?

Ah. Ça. Mon estomac se serre. Je savais que ça s’en venait. Ça fait trois semaines qu’elle tourne autour du pot comme une corneille au-dessus d’un porc-épic mort sur le bord de la 138.

— Euh, le 23, je pense ? Faut que je checke mon horaire, là.

— Parfait ! Pis, tu viens avec quelqu’un cette année ?

Et voilà. Le coup de grâce. La question qui tue. La question que j’espérais éviter jusqu’au 24 décembre au soir, idéalement quand tout le monde serait trop paqueté au caribou pour s’en rappeler.

— Pourquoi tu demandes ça ?

— Ben là, Amélie, ça fait trois Noëls que tu te pointes toute seule ! L’année passée, Denise t’a placée à côté du sapin parce qu’elle savait pas quoi faire avec toi. T’étais assise entre le pot de canneberges, le gros Jésus en plastique de ta grand-mère.

— Maman, j’avais une place normale, arrête d’exagérer, là.

— Tu mangeais ton cipaille avec le petit Jésus qui te fixait dans face, Amélie. C’était triste en criss.

Je ferme les yeux. Respire par le nez. Compte jusqu’à trois. Ça marche pas.

— Bon. C’est quoi le but de l’appel ?

— BEN LÀ ! Je veux juste savoir si tu viens avec quelqu’un ou si on te met encore à côté du sapin ! Marianne veut faire un plan de table pour le réveillon, Patrick a acheté trop de chaises l’année passée parce que tu nous avais dit que peut-être tu viendrais avec quelqu’un, finalement t’es arrivée avec une bouteille de mousseux cheap du Métro, ta face de beu.

Calisse.

Je sais pas ce qui me prend. Peut-être le manque de sommeil. Peut-être la brûlure de café sur ma langue. Peut-être le fait que j’ai même pas encore 30 ans, que ma mère me parle encore comme si j’avais 12 ans, que j’avais oublié mon lunch dans mon casier d’école. Peut-être que je suis juste tannée de me faire niaiser.

Mais les mots sortent tout seuls.

— Non maman, je viens pas toute seule.

Silence. Long. Trop long. Je pourrais jurer que j’entends son cerveau qui vire à planche.

— Tu viens avec quelqu’un ?

— Oui.

— QUELQU’UN QUELQU’un ? Comme, genre, un chum ?

Mon cerveau crie : RECULE AMÉLIE RECULE TABARNAAAAK 🚨

Ma bouche dit :

— Oui. Un chum.

— AMÉLIE, T’AS UN CHUM, TU M’EN AS PAS PARLÉ ?!

Fuck! FUCK!!! FUUUUUUCK!!!!

— Ben, oui ? C’est nouveau, là, j’voulais pas en parler trop vite, tsé.

— NOUVEAU COMMENT ÇA NOUVEAU ? Depuis quand ? Il fait quoi ? Il est fin ? Il a-tu une job ? Il vient d’où ? AMÉLIE RÉPONDS-MOI !

Ma mère vient de passer en mode GRC. Je l’entends presque sortir son carnet, son stylo.

— Maman, MAMAN, calme-toi, là, c’est vraiment nouveau, genre très nouveau. On se connaît pas depuis longtemps. Je veux juste pas fucker ça avant que ça commence.

— Me calmer ? MA FILLE me cache qu’elle a un chum, tu veux que je me calme ?

— Je te le cache pas, je te le dis là ! Mais je te donnerai pas tous les détails tu suite parce que, ben, c’est privé, OK ?

Un soupir dramatique à l’autre bout. Ma mère maîtrise le soupir dramatique comme personne.

— Bon, bon, bon. En tout cas, tu me le présentes à Noël, c’est clair ?

— Oui maman.

— Il va être là pour le réveillon ?

— Oui maman.

— Tu me promets qu’il existe pour vrai ? Parce que l’année où t’avais 16 ans, tu nous avais sorti un chum imaginaire pour qu’on te laisse aller au party chez ton amie, là.

— MAMAN, J’AVAIS 16 ANS ! Ça fait longtemps en tabarnak !

— Bon ! Correct ! Je te crois ! Faut que j’y aille, je vais appeler Marianne pour le plan de table ! Elle va être tellement contente ! Ton père aussi ! Il va enfin pouvoir se vanter au garage que sa fille est enfin casée !

— Maman, voyons donc.

— Je t’aime ma chouette ! Bye !

Elle raccroche.

Je reste plantée là, mon cell dans main, ma gueule de beu dans face, mon café qui refroidit.

Je viens de me crisser dans marde solide. 💩

Pas juste un peu de marde. Non. Une tonne de marde. Une montagne de marde avec mon nom dessus pis une pancarte qui clignote.

Je fixe mon cell. Je pourrais la rappeler. Lui dire que je niaisais. Que c’était une joke. Qu’il y a pas de chum dans ma vie, qu’il y en a jamais eu pis qu’il y en aura probablement jamais vu comment je suis bonne pour me fourrer toute seule. Et sans plaisir en plus criss.

Mais je connais ma mère. Dans exactement trente secondes, toute la famille va être au courant. Marianne va sauter de joie, Patrick va sortir les chaises du garage, Denise va commencer à me texter des questions, mon père va probablement sortir une bière pour fêter ça, pis Jacob va vouloir savoir si mon nouveau chum aime les Pokémon.

Mon cell vibre.

📱 **STEPH**T’es où là ? Répond, j’capote.

Je fixe l’écran. Mes doigts tremblent un peu quand je texte :

📱 **MOI**J’viens de faire une grosse esti de gaffe. C’est urgent.🆘

Trois petits points apparaissent. Elle écrit.

📱 **STEPH**Hein ?? 😂😂J’arrive. 15 minutes.

Je regarde mon appartement en bordel. Mon sac de chips vide. Ma face de zombie dans le reflet du micro-ondes. Mon café froid. Ma vie qui vient de partir en couille en l’espace de cinq minutes.

Je réalise que dans dix jours, je dois me pointer à Charlevoix avec un chum qui existe pas.

Joyeux tabarnak de Noël, Amélie. 🎄🤯

Je sais que certains vont saigner des yeux... mais inquiétez-vous pas : j’ai déjà un coupon rabais pour des mouchoirs. 🤣🧻💸

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