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USURPATEUR

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Résumé

Une petite fille attend sagement le retour de ses parents, occupant ses journées par de simples activités pour faire passer le temps. Régulièrement, sa mère dépose devant la maison de quoi lui permettre de subsister, tout en lui interdisant strictement de sortir pour sa sécurité. Mais lorsque des survivants franchissent le seuil de son foyer, ils l’entraînent malgré elle vers un choix irréversible.

Genre :
Scifi
Auteur :
MORPHO
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

1 - Un Silence Inquiétant

La nuit avait posé ses mains sur la maison comme on étend un drap sur un corps endormi : avec une douceur trompeuse. Tout était noir, mais ce n’était pas seulement l’absence de lumière. C’était une obscurité épaisse, presque matérielle, qui semblait prendre la forme des meubles, s’accrocher aux angles, s’accumuler dans les couloirs comme une eau stagnante. Dans ce silence-là, même le temps paraissait retenir son souffle.

Nina dormait. Ou plutôt, Nina flottait au fond d’un sommeil léger, pas tout à fait profond, pas tout à fait paisible, ce genre de sommeil où l’on reste à portée de monde, comme si l’on avait laissé une fenêtre entrouverte dans son esprit. Ses cheveux s’éparpillaient sur l’oreiller, son visage était détendu, et pourtant, quelque chose dans sa poitrine n’acceptait pas de se relâcher complètement. Une sensation sans nom, un fil tendu.

D’un coup, ce fil se rompit. Ses yeux s’ouvrirent brusquement, grands, lucides, comme si elle avait été appelée par une voix qu’elle seule pouvait entendre. Son cœur frappa contre ses côtes avec une urgence étrange, trop rapide pour un simple cauchemar. Elle resta immobile une seconde, le dos collé au matelas, la couverture remontée jusqu’au menton. Autour d’elle, la chambre respirait à peine. Le papier peint se perdait dans la pénombre, les jouets sur l’étagère n’étaient plus que des silhouettes aux angles mous. Le monde semblait s’être retiré.

Nina écouta. Elle attendit le son rassurant d’un parquet qui craque, d’une chasse d’eau lointaine, d’une voix qui chuchote dans une autre pièce. La maison, d’ordinaire, parlait toujours un peu... elle gémissait, soupirait, s’étirait au rythme de ceux qui y vivaient. Mais là… rien.

Rien d’autre que le vent, dehors, qui passait contre les murs comme un souffle hésitant, comme un murmure perdu. Et ce silence-là n’était pas neutre. Il avait une intention. Il pesait.

Nina se redressa. La couverture glissa sur ses genoux. Elle posa ses pieds nus sur le sol. Le froid lui mordit immédiatement la plante des pieds, la rappelant à la réalité, et pourtant cela n’effaça pas l’impression, au contraire : cela l’ancre dans l’étrangeté. Elle se leva d’un bond, comme si rester dans son lit était soudain devenu une mauvaise idée, une faute. Ses doigts tâtonnèrent dans l’obscurité, trouvèrent l’interrupteur et… rien.

Elle n’alluma pas tout de suite. Elle resta un instant là, à fixer les contours invisibles de sa chambre, l’oreille tendue, le souffle court, comme si elle craignait que la lumière annonce sa présence à quelque chose, quelque part, dans la maison.

Mais l’inquiétude ne prit pas la forme d’une peur claire. Pas encore. C’était plutôt une certitude sourde : quelque chose n’allait pas. Quelque chose manquait. Comme une absence qui aurait laissé un trou dans l’air.

Elle ouvrit la porte et s’avança dans le couloir. La nuit avalait tout. Les murs semblaient plus hauts. Les ombres plus longues. La maison, pourtant familière, avait changé de texture. Elle n’était plus un refuge, mais un décor. Un décor figé, maintenu debout par un mystère qu’elle ne comprenait pas vraiment.

Elle descendit l’escalier, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, la main glissant sur la rampe comme si elle s’y accrochait pour ne pas tomber hors de son propre monde.

Arrivée au rez-de-chaussée, elle s’arrêta. Les volets étaient fermés. Tous. Ce détail aurait pu être banal, on fermait les volets la nuit, toujours, par habitude, par prudence, par règle. Mais ce soir-là, la fermeture avait quelque chose d’absolu, de trop parfait. Comme si l’extérieur avait été interdit. Comme si la maison s’était repliée sur elle-même pour se protéger d’une vérité.

Nina avala sa salive. Elle sentit le besoin immédiat, presque réflexe, de faire ce que les adultes font quand ils veulent retrouver le contrôle : vérifier, éclairer, compter, confirmer. Alors sa voix sortit, petite et fragile dans l’immensité du salon sombre.

— Maman ? Papa ? Où êtes-vous ?

Les mots se perdirent contre les murs. Ils n’eurent pas d’écho, pas de réponse, pas même un bruissement. Comme si la maison refusait de lui rendre sa propre voix. Un battement de silence. Puis Nina bougea.

Elle alluma une première lumière. Puis une autre. Puis une autre encore. Les interrupteurs claquaient sous ses doigts avec une vitesse frénétique, comme si la lumière devait chasser l’inquiétude, comme si chaque ampoule pouvait être un bouclier. La cuisine s’illumina, froide et brillante. Le salon se révéla, intact. Le couloir devint réel. Les tableaux accrochés aux murs reprirent une présence. Les rideaux, immobiles, pendirent comme des drapeaux fatigués.

Nina passa d’une pièce à l’autre. Elle regarda sous la table, derrière les portes, dans les coins, comme si ses parents pouvaient s’y être cachés pour jouer à un jeu étrange, comme si tout cela n’était qu’un malentendu. Elle poussa la porte du cellier, jeta un coup d’œil. Elle revint, traversa le salon, ouvrit un placard sans savoir pourquoi, le referma.

Rien. La maison était vide, mais pas vide comme quand on part faire un tour. Vide comme si on avait effacé quelque chose.

Alors Nina se tourna vers les fenêtres du salon. Les volets étaient fermés, mais elle connaissait le geste : elle posa ses mains sur la poignée, tira, força un peu. Le bois grinça. La fente entre les volets laissa passer un mince trait d’obscurité plus profonde encore. Elle ouvrit.

L’air la frappa. Pas comme une brise. Pas comme le souffle nocturne habituel. C’était un air lourd, épais, agressif... comme si dehors, l’atmosphère avait été souillée, chargée d’une odeur qui n’aurait jamais dû exister. Nina recula d’un pas, la gorge soudain irritée, les poumons serrés.

Elle inspira. Ça brûla. Pas une douleur franche, plutôt un malaise immédiat, un rejet du corps. Son souffle se transforma en quelque chose de saccadé, de petit, de pressé. Elle referma les volets aussi vite qu’elle les avait ouverts, comme on ferme une porte sur un cauchemar.

La maison reprit sa respiration. Ou du moins, Nina essaya. Elle posa une main sur sa poitrine, inspira longuement, lentement, comme on lui avait appris quand elle se faisait peur toute seule. Une, deux, trois… Elle retint. Elle relâcha.

Le cœur battait toujours trop fort. Elle se força à penser à des choses simples. À la cuisine. Au goût du chocolat. À la manière dont sa mère lui attachait les cheveux le matin. À la voix de son père quand il faisait semblant d’être fâché. À la routine, encore, toujours : la routine est une couverture qu’on tire sur les choses qu’on ne comprend pas.

C’est alors qu’elle entendit les pas. D’abord, ce furent des vibrations, un rythme sourd transmis par le sol, comme si la terre elle-même marchait. Puis le son monta, lourd, traînant, irrégulier. Ça ne ressemblait pas à un voisin qui rentre tard. Ça ne ressemblait pas à un animal qui traverse le jardin.

Il y eut les hurlements. Des hurlements humains. Mais déformés. Lointains et proches à la fois. Comme si la nuit les portait jusque dans la maison, jusque dans les os de Nina. Elle se figea, les yeux écarquillés. Ses doigts se crispèrent.

Son esprit chercha immédiatement une explication. Quelque chose de logique, même si c’était faux. Parce que le cerveau d’une enfant préfère un mensonge rassurant à une réalité incompréhensible.

— Ils sont certainement encore partis faire des courses.

Elle ne le dit pas avec conviction. Elle le dit comme on se récite une phrase apprise. Comme une formule contre la peur.

Nina tourna la tête, cherchant un autre repère. Un objet qui lui dirait que tout allait bien. Ses yeux tombèrent sur la pendule, posée là, seule, comme un juge.

Deux heures trente-sept. Les aiguilles ne bougeaient pas. Elles restaient figées, obstinées, comme si le temps avait décidé de s’arrêter à cet instant précis.

Nina cligna des yeux, comme si elle pouvait forcer la pendule à redevenir normale.

— Elle ne fonctionne plus… j’espère qu’ils ramèneront des piles.

Encore une fois, la routine. L’idée qu’un problème a une solution, qu’il suffit d’un petit objet acheté au magasin pour que le monde retrouve son ordre.

Elle s’assit dans le salon. Ses jambes étaient soudain lourdes. Ses mains, elles, bougeaient toutes seules : elles attrapèrent la télécommande posée sur la table basse. Elle pointa le plastique noir vers l’écran, appuya sur le bouton.

La télévision s’alluma. Et un cri strident jaillit. Un son tellement aigu qu’il n’avait plus rien d’humain, plus rien de domestique. Il remplit la pièce, s’engouffra dans les couloirs, grimpa l’escalier, sembla vibrer jusque dans les murs. Nina sursauta et lâcha la télécommande, comme si elle venait de la mordre. Elle porta ses mains à ses oreilles, les paumes plaquées contre sa tête, et hurla... non pas par douleur seulement, mais parce que son corps ne savait plus quoi faire d’autre.

La télévision grésilla, cracha des fragments de lumière et d’ombres, puis l’écran devint noir. Silence. Un silence encore plus dur, encore plus lourd, parce qu’il venait après la violence du son. Nina resta immobile, le souffle court, les mains toujours sur les oreilles, comme si elle attendait que le cri revienne.

Il ne revint pas. Elle baissa lentement les mains, regarda la télévision éteinte, puis la télécommande au sol. Son visage ne montrait pas la panique qu’on pourrait attendre. Il montrait quelque chose de plus étrange : une fatigue ancienne dans un corps trop petit.

— Je vais attendre papa pour réparer la télévision.

Elle dit cela doucement, à mi-voix, comme si elle parlait à la maison. Comme si elle cherchait, dans la phrase, une promesse. Papa répare. Papa sait faire. Papa revient.

Alors Nina se leva, alla jusqu’à la bibliothèque, et choisit une bande dessinée. Ses doigts glissèrent sur les couvertures, s’arrêtèrent sur une histoire qu’elle connaissait par cœur. Un monde simple, où le danger a des contours, où les monstres ont une forme claire, où les héros gagnent parce qu’ils savent quoi faire.

Elle retourna s’installer dans le canapé. Les pages se tournèrent avec un bruit léger. Un bruit de papier, fragile, presque ridicule face aux hurlements dehors. Mais Nina s’accrocha à ce son-là. Elle posa son regard sur les bulles, sur les dessins, sur les couleurs. Elle essaya de lire.

Pourtant, entre deux cases, entre deux phrases, le silence de la maison continuait de la regarder. Dehors, le vent soufflait. Les pas, lourds, traînants, continuaient de marquer la nuit comme une menace qui attendait son heure.

Le temps passa sans vraiment passer. Les pages de la bande dessinée se tournèrent seules, mécaniquement, sous les doigts de Nina, mais les mots glissaient sur son esprit sans jamais s’y accrocher. Les couleurs semblaient moins vives. Les personnages parlaient trop fort ou pas assez. L’histoire suivait son cours, mais Nina avait cessé d’y être vraiment présente. Quelque chose, doucement, la tirait ailleurs.

Ses yeux quittèrent le papier. Ils se posèrent, presque malgré elle, sur la cheminée du salon. Là, entre deux objets soigneusement alignés, trônait la photo. Une photo qu’elle connaissait par cœur, mais qu’elle regardait chaque fois comme si elle la découvrait pour la première fois. Papa, maman, elle. Trois sourires figés dans un instant qui refusait de vieillir. Le décor derrière eux était flou, insignifiant. Tout ce qui comptait, c’était la proximité des corps, la chaleur suggérée par l’image, l’illusion d’un monde simple.

Nina la fixa longtemps. Elle observa le bras de son père autour des épaules de sa mère, la façon dont leurs têtes se penchaient légèrement l’une vers l’autre. Elle remarqua son propre sourire, trop grand pour son visage d’enfant, trop heureux peut-être. Elle essaya de se souvenir de ce jour-là. Du bruit. De l’odeur. Du soleil ou du froid. Mais le souvenir refusait de venir. Il restait coincé derrière l’image, inaccessible.

Un léger pincement lui serra la poitrine. Pas de tristesse franche. Plutôt une nostalgie floue, comme un rêve dont on ne garde que la sensation au réveil.

— Je devrais aller me laver… si maman me voit dans cet état, elle ne sera pas très contente…

Sa voix se perdit dans la pièce. Elle parlait comme si sa mère pouvait surgir à tout moment derrière elle, comme si le simple fait de prononcer ces mots suffisait à la faire exister de nouveau. La routine avait cette magie-là : elle maintenait les absents en vie, du moins dans l’esprit.

Nina posa la bande dessinée sur la table basse et se leva. Ses mouvements étaient calmes, presque appliqués. Elle monta l’escalier sans se presser, une marche après l’autre, tenant la rampe d’une main distraite. À mesure qu’elle montait, les sons de la maison changeaient. Le rez-de-chaussée s’éloignait, emportant avec lui la télévision muette et les fenêtres closes. À l’étage, l’air semblait plus dense, plus confiné, comme si le silence s’y était installé depuis plus longtemps.

Elle entra dans sa chambre. Elle ouvrit l’armoire, choisit des vêtements propres, soigneusement pliés. Elle les posa sur son lit avec attention, comme si chaque geste devait être exact, précis, irréprochable. Elle attrapa un pyjama, le posa à côté, puis referma l’armoire. Tout était à sa place. Tout devait le rester.

La salle de bain l’attendait au bout du couloir. Nina alluma la lumière. Le néon clignota une seconde avant de s’installer dans une clarté blanche, presque cruelle. Les carreaux reflétaient son image déformée par l’humidité ancienne. Le miroir lui renvoya son visage pâle, ses yeux trop grands, ses traits tirés par la fatigue.

Elle détourna le regard. Elle s’approcha de la baignoire et tourna le robinet. Le bruit de l’eau se fit entendre immédiatement, mais ce n’était pas le son habituel, rassurant, fluide. C’était un gargouillement épais, visqueux, comme si quelque chose résistait à l’intérieur des tuyaux. Nina fronça légèrement les sourcils.

Puis elle vit. Une substance noire, dense, presque luisante, s’écoula lentement du robinet, s’écrasant au fond de la baignoire avec une lourdeur malsaine. Ce n’était pas vraiment de l’eau. C’était trop sombre. Trop épais. Trop… présent. Cela rappelait vaguement le pétrole, ou une huile ancienne sortie des entrailles de la terre.

Nina resta immobile. Elle observa la matière s’accumuler quelques secondes, sans dégoût, sans panique. Simplement attentive. Comme on observe un objet cassé qu’on ne comprend pas encore.

— J’ai encore oublié de leur demander de vérifier la plomberie…

Elle dit cela comme un reproche léger, presque amusé. Comme si ce n’était qu’un détail de plus sur une liste de choses à faire plus tard. Elle tourna le robinet dans l’autre sens et s’éloigna, abandonnant la baignoire à son noir silence.

La petite se dirigea vers le lavabo. Cette fois, l’eau coula plus normalement. Claire, en apparence. Mais à mesure qu’elle s’écoulait, Nina remarqua une nuance étrange. Un gris subtil, presque imperceptible, comme si la lumière avait été aspirée par le liquide. L’eau semblait fatiguée. Usée.

Elle laissa couler un instant, puis haussa les épaules.

— Comme dit maman, il faut se satisfaire du peu qu’on a.

Cette phrase, elle l’avait entendue trop régulièrement. Elle avait servi à expliquer des repas simples, des vêtements trop petits, des jouets cassés qu’on ne remplaçait pas tout de suite. C’était une phrase-racine, une phrase-refuge. Elle s’appliquait à tout. Même à une eau qui n’en était plus vraiment une.

Nina prit un gant de toilette et un savon. Elle se lava soigneusement, méthodiquement. Le geste était précis, appris, répété mille fois. Elle frotta ses bras, son cou, son visage. Elle évita de regarder trop longtemps son reflet. L’eau grise glissait sur sa peau sans laisser de trace visible, mais elle avait une odeur métallique, lointaine, presque absente.

La fillette se rinça. Se sécha. Se brossa les dents. Le goût du dentifrice était légèrement amer, mais elle n’y prêta pas attention. Elle cracha, se rinça la bouche, essuya le lavabo avec un coin de la serviette, comme sa mère lui avait appris. Elle enfila ensuite les vêtements propres, l’un après l’autre, avec soin. Chaque geste la rapprochait d’un semblant de normalité.

Quand elle eut terminé, Nina resta immobile devant le miroir. Une enfant propre. Sage. Silencieuse. Prête pour une journée ordinaire. Sauf que rien, absolument rien, ne l’était.

Elle éteignit la lumière et quitta la salle de bain. Le couloir l’accueillit de nouveau dans sa pénombre feutrée. En bas, la maison restait silencieuse. Trop silencieuse. Dehors, les bruits existaient toujours, diffus, étouffés par les murs, mais bien présents... des sons qui ne cherchaient plus à se cacher.

Nina descendit lentement les escaliers. Elle ne savait pas ce que cette journée allait lui apporter. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était seule. Elle ne savait pas précisement ce qui marchait dehors, ni pourquoi l’air brûlait la gorge, ni pourquoi l’eau devenait sombre. Mais elle avait fait ce qu’elle devait faire : se laver, se préparer, continuer.

Elle entra dans le salon, s’arrêta un instant, puis inspira profondément. Prête à trouver un sens à cette nouvelle journée. Encore seule. Et tandis que la nuit continuait de respirer autour de la maison, quelque chose, quelque part, observait cette petite fille qui persistait à croire que le monde pouvait encore être rangé, réparé, compris... à force de gestes simples et de phrases apprises.

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