Acte 1

Erica se réveilla avec un soupir de pur plaisir. Le soleil printanier entrait à flots par la fenêtre, baignant sa chambre d’une lumière dorée et chaleureuse. Elle s’étira langoureusement, ses longs cheveux châtains étalés sur l’oreiller comme une cascade soyeuse. À vingt ans, elle se sentait belle, vivante, et particulièrement en forme ce matin.
Elle se leva et s’observa dans le miroir. Son reflet lui arracha un petit sourire satisfait : un visage fin et expressif, de grands yeux noisette pétillants, une bouche pulpeuse et un corps harmonieux aux courbes féminines. Elle passa une main sur sa taille fine et ses hanches, puis tourna légèrement pour admirer ses longues jambes. Le printemps faisait vraiment son œuvre.
En pensant à Lucas, un sourire tendre lui vint aux lèvres. Il était adorable : mignon, cultivé, drôle, et d’une gentillesse qui la faisait craquer. À vingt-quatre ans, il jonglait entre la fin de ses études et son job à la librairie Merced Books. Il l’incluait dans presque toutes ses passions. Il était presque parfait.
Presque.
Parce que sexuellement, Lucas était du genre « missionnaire et dodo ». Les premiers mois avaient été torrides, puis il s’était vite contenté d’un petit coup rapide et efficace. Pour lui, c’était largement suffisant. Pour elle, dont la libido semblait avoir été boostée aux stéroïdes par le printemps, c’était comme commander un volcan et recevoir une bougie parfumée.
« J’ai envie d’un tsunami, et lui il me propose une petite vaguelette », murmura-t-elle en riant toute seule.
La veille, elle avait encore lu des histoires smutty complètement folles avant de dormir. Des héroïnes sexy, des tentacules, des loups-garous, du knotting, des situations absurdes et obscènes. Rien qu’en y repensant, un frisson chaud lui parcourut le ventre.
Son téléphone vibra. Un message de Lucas :
> « Coucou toi. Je bosse à la librairie jusqu’à 19h. On se fait une balade demain ? »
Erica sourit, touchée, puis reposa son téléphone. Aujourd’hui, elle avait une matinée entièrement libre, le soleil brillait, et elle se sentait d’humeur dangereusement coquine.
Elle choisit donc sa tenue avec soin : un petit haut moulant qui soulignait sa poitrine ferme, et surtout une minijupe en jean très courte qui dévoilait largement ses longues jambes. Devant le miroir, elle tourna sur elle-même. Le tissu remontait haut sur ses cuisses.
« Aujourd’hui, je provoque un peu », se dit-elle avec un sourire espiègle.
Dehors, le printemps californien était magnifique. Les arbres fruitiers de Merced étaient en pleine floraison, couvrant les rues d’un nuage rose et blanc. L’air était doux, parfumé, et le soleil caressait agréablement sa peau nue.
Tandis qu’elle marchait, elle sentait les regards des hommes sur elle. Certains discrets, d’autres beaucoup moins. Cela la faisait sourire. Elle se sentait puissante et désirable.
Au coin de la rue principale, elle croisa Sarah -une pote de la fac-, qui sortait d’une petite boutique.
« Erica, ma chérie ! » s’exclama Sarah avec un grand sourire. « Avec cette minijupe, tu montres presque tout ! C’est le printemps qui te rend si audacieuse ? »
Erica éclata de rire.
À cet instant, une voiture de police passa lentement à côté d’elles. À l’intérieur, Erica reconnut les deux agents. Le conducteur, le jeune officier Ryan, était grand, musclé, mâchoire carrée : objectivement beau gosse. À côté de lui, Hank Delgado, plus âgé, bedonnant, avec une moustache poivre et sel et un air perpétuellement blasé, occupait le siège passager.
Ryan ralentit ostensiblement et fixa sans gêne les longues jambes d’Erica.
Sarah donna un coup de coude à son amie.
« Regarde-moi ça… Il te dévore des yeux. »
Erica leva les yeux au ciel avec un petit rire moqueur.
« Ryan ? Beau gosse, oui. Mais si tu lui enlèves l’uniforme et les muscles, il reste surtout un frimeur qui parle fort pour pas grand-chose. Beau à regarder, chiant à écouter. »
Sarah pouffa. Hank, quant à lui, secoua la tête en regardant son jeune collègue, l’air déjà fatigué, comme s’il savait déjà que ça allait mal finir.
Les deux jeunes femmes gloussèrent tandis que la voiture de police s’éloignait.
Après avoir discuté quelques minutes, Erica reprit sa route, encore amusée. Au bout de la rue, le Walmart apparut, imposant avec son grand parking et son logo bleu et jaune.
Elle ajusta légèrement sa minijupe, prit une inspiration, et s’avança vers les portes automatiques du magasin.
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**Fin de l’Acte 1**








