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Summary

Comme sa mère et sa grand-mère, Lavinia avait hérité d'une longue vie, et quoi de mieux qu'un homme de poche pour lui tenir compagnie au fil des siècles ? Un soupçon de magie, une pincée de stupre, une larme d'amitié, tel est le sortilège de la sorcière bien aimée

Status
Complete
Chapters
8
Rating
4.5 6 reviews
Age Rating
18+

I

Lavinia avait hérité de la longue vie par sa mère, elle voyait filer les années, elle était l’aînée. C’était une bénédiction et une malédiction. La première née possédait tous les pouvoirs ou presque. Ni mâle ni cadette ne pourraient jamais rivaliser, sans en être dénués totalement, ils ne dépassaient pas le stade de rebouteux et disparaissaient en poussière.

Elle était pensive, arrêtée au feu rouge. A une époque, elle avait tellement aimé Cruella D’enfer qu’elle avait singé le personnage de Disney, utilisant au quotidien un coupé sport qui aurait fait saliver Steve Mac Queen. Carrosserie noire, flammes rouges sur les flancs. Elle avait dû s’assagir, se plier à la circulation qui s’était adaptée en 40 ans. Elle avait toujours une Mustang, un V8 ronronnant sous le pied, un véhicule confortable, inadapté à la ville mais qu’elle allait régulièrement libérer en Allemagne ou sur circuit. Le soleil tombait sur elle mais la chauffait moins que l’énervement provoqué par les bouchons et les cyclistes. Elle n’en pouvait plus des cyclistes en ville. Elle était convaincue que sa mère ou sa grand-mère auraient décoré le jardin avec des pals surmontés de cyclistes… ou qu’elles auraient adapté les vélos en pal, la selle pouvant servir de pointe.

Cette vision lui donna soudain chaud bien ailleurs, la chaleur de la bête, la chaleur du sexe qui réclame et attend. Elle sortit alors un tube de cristal de son sac à main, en ouvrit le bouchon et le glissa entre ses cuisses, remontant au passage sa jupe de cuir pour gagner de l’aisance. Elle conduisait pieds nu, son sac et escarpins posés sur la place du mort… Sa tête, la première fois qu’elle avait entendu ce nom, place du mort, et son rire en pensant que c’est sur ce siège qu’elle posait ce qui la faisait se sentir si vivante.

Yeux un peu dans le vide, distraite, elle attendait. Elle le sentit sortir doucement du tube. Le frisson sur une cuisse puis la caresse sur les 2 alors qu’il avançait en écartant les bras. Elle l’avait déjà vu faire. Il semblait s’étirer et comme ouvrir ses ailes, mais pas comme le moineau qui s’enfuirait, plutôt comme l’aigle qui s’apprêtait à partir en chasse.

Ne se souciant pas du temps qui passait, elle ne se souvenait pas depuis combien de temps elle l’avait fait entrer dans son tube. Il était libre de partir et de retrouver sa liberté sur une simple parole, elle redoutait le jour où cela arriverait mais en attendant, ils avaient établi une vie symbiotique.

Là, il était arrivé. Elle le sentait écarter le capuchon de chair et dégager le clito. Elle était trempée, comme à chaque fois qu’elle pensait à lui et encore plus lorsqu’elle l’appelait. Elle sentait qu’il passait les mains sur son clito. A moins qu’il n’y frotte la tête ? Elle écarta encore plus les cuisses. Ah voilà, séance de boxe… Elle avait déjà demandé à voir et ainsi comprendre la façon dont il s’y prenait. Il n’était pas le premier homme qu’elle capturait pour son tube mais il était le premier qui avait autant expérimenté et réfléchit à la vie sexuelle qu’on peut avoir lorsqu’on est à l’échelle ⅒. Elle l’avait et le connaissait encore en amant à échelle réelle, il avait exigé de pouvoir expérimenter avant d’accepter. La réduction de taille avait un aspect ludique pour lui que les précédents hommes n’avaient pas ressenti.


Sa jeunesse s’était déroulée à vitesse presque normale, il lui avait fallu à peine 30 ans pour arriver à l’âge où une mère explique à sa fille ce qui se passe avec son corps. Quelques années plus tard, sa mère lui avait également expliqué ce qu’il fallait attendre des hommes, à quoi faire attention et surtout, lui avait lancée sur la première étape de la création de son futur étui à homme.

Trouver et extraire un bloc de sel d’airain suffisamment gros que pour pouvoir concevoir l’étui. Sa mère lui avait laissé libre choix des moyens de trouver ce bloc cristallin. Creuser elle-même la montagne, séduire ou envoûter un ou plusieurs mineurs, acheter auprès d’un marchand. Séduire lui avait déplu comme moyen. Elle se savait belle mais se suffisait à elle-même. Par contre l’idée de l’envoûtement, de créer une poupée de chairs soumise à sa volonté, lui trottait depuis quelques temps en tête. Elle s’était déjà exercée en famille et il n’y avait pas un oiseau, pas un reptile qui ne faisait pas ses 4 volontés. Les petits et moyens mammifères ne résistaient pas plus. Elle ne s’était jamais attaquée à un cerf ou un loup, voire un ours mais il n’y avait pas de raison que son charme n’opère pas.

Un homme représentait un défi supposément plus élevé, l’homme ayant une conscience plus évoluée. Aussi elle essaya d’abord sur les enfants des villages alentours. Ses semblables et elle vivaient en paix avec les villageois, elle pouvait circuler comme elle le voulait. Sa mère et sa grand-mère ne refusaient jamais d’aider ou de soigner, il n’y avait pas de crainte ni de l’un ni de l’autre côté.

Les jeunes enfants furent aussi facile à manipuler que des lapins. Les adolescents s’étaient montrés plus agaçants. Ils voulaient bien des choses avant qu’elle n’arrive à plonger leurs yeux dans ses yeux, laissant les étoiles alors s’immiscer dans leur esprit. Ils devenaient alors des chiens dociles mais combien de baisers n’avait elle dû pas éviter, combien de mains n’étaient passées sur son bras avant d’enfin assurer la capture de leur regard.

Elle choisit d’envoûter les camelots, pèlerins et autres voyageurs afin que leur absence ou retard ne soient pas remarqués. Elle ne comptait pas casser ses poupées mais elle savait, de sa mère, que le métier de mineur était risqué. La mise en place du piège de ” la jeune fille à la cheville foulée sur le bord du chemin” était enfantin. Les premiers envoûtements aisés. Mais n’ayant jamais tenu un être vivant plusieurs jours d’affilée en son pouvoir, elle ignorait que son art était si complet que rien n’entrait ni ne sortait de ses poupées sans qu’elle ne l’ordonne. Ses premières poupées moururent sans qu’elle n’en comprenne la raison, elle dû demander à sa mère et passer des jours à trouver comment moduler pour que ses poupées gardent en elles un minimum d’instinct de survie. Ne faisant pas d’omelette sans casser des œufs, ses premières poupées passèrent en pertes et profits.

Lavinia décida qu’aucune poupée ne resterait à son service plus de 2 semaines et se remit à explorer la montagne. Elle était maintenant la proie à la frustration. Bloc de sel trop petit ou de piètre qualité, sel d’airain introuvable durant des jours, bloc brisé alors qu’elle rentrait de la mine. Elle enrageait à chaque fois et avait trouvé le remède parfait. Si après des jours à creuser, un homme avait les mains calleuses, abîmées, impropres à toute caresse, même un manchot garderait une langue soyeuse et agile si elle était bien guidée. Et c’est ainsi que les jours de grandes déceptions, la poupée mineuse devenait la langue de velours sur laquelle elle s’asseyait. Elle avait testé allongée sur le dos, à 4 pattes, assise sur un tronc ou un rocher mais la position qui lui convenait le mieux était de faire allonger sa poupée, de se placer par dessus et le livrer son sexe ou son anus à la bouche ouverte sous elle. Les 2 manières de s’asseoir lui étaient devenus si familières qu’elle avait même assez d’astuce que pour se retourner sans que la langue ne sorte d’elle. Une langue dans son anus alors qu’elle jouait elle-même de ses mains était un délice. Sa curiosité l’avait poussé à comparer avec des femmes. Elle regrettait de ne pouvoir envoûter 2 personnes en même temps, pour pouvoir passer de l’un à l’autre mais elle ne voyait pas comment poser la question à sa mère ou sa grand-mère. Les femmes avaient un attrait supplémentaire : leurs seins, et elle adorait planter ses doigts dans des nichons alors qu’elle descendait son bassin tellement fort qu’elle avait déjà cassé le nez d’une de ses montures. Jouir plusieurs fois d’affilée en pleine forêt, en toute saison, était tellement grisant qu’elle devait parfois se raisonner.

Une fois le bloc idéal trouvé, elle avait pu enchaîner les autres étapes du processus, rassembler quelques matériaux dont elles auraient besoin pour la suite. La première série d’invocations failli mal tourner, le bloc se fendant mais heureusement, il ne se brisa pas. Elle sentit son cœur se serrer en se voyant obligée de retourner miner la montagne. Les autres étapes avaient été plus faciles, le bloc ayant diminué de volume en se contractant mais surtout en gagnant une grande résistance. Le sortilège demandait des temps d’attente, des périodes de repos durant lequel le bloc devait rester à l’abri ou infuser dans quelque décoction.

A l’issue de la dernière pleine lune, après avoir inspecté le tube sous toutes les coutures, sa mère et sa grand-mère revérifièrent le grimoire et conclure que la tâche était achevée avec succès.

Le bloc de sel brut était devenu un tube qu’elle pouvait prendre en main. Clos d’un côté, bouchonné de l’autre, il était bien plus lourd qu’il ne paraissait. Sa surface noire ne reflétait aucune lumière. Elle avait vu ses parentes inspecter chaque centimètre avec une flamme et ni la l’une ni le feu ne semblait pouvoir faire disparaître le côté mat. Les milliers de signes gravés étaient comme recouverts d’une couche transparente, empêchant de détecter la moindre aspérité du bout des doigts. Cerclage et chaînette en or bleu qu’elle avait bien eu du mal à obtenir et faire travailler tenant un bouchon de même nature que le bloc.