1 : Il faut bien commencer quelque part
Attendez ! Revenez ! Là, voilà. Stop et arrêt sur image ! Vous voyez la jeune fille qui peine à rester accrocher au plafond alors qu’une dizaine d’hommes pas vraiment content la recherche dans cette même pièce ? Devinez qui est cette imbécile… Alors pour ma défense, je pense qu’il est nécessaire de commencer par, eh bien, le début de cette aventure…rocambolesque, c’est ça c’est le terme !
Alors moi c’est Elena, Ela de mon nom de super héroïne. Eh bien quoi ? Je suis l’héroïne de ma propre vie, mais c’est également mon nom de code. Mmm code ? Eh oui ! Je suis une voleuse, cambrioleuse, menteuse…Bon d’accord je n’ai peut-être pas le bon rôle pour certains mais je n’ai pas vraiment eu le choix de le devenir. Je suis orpheline. Mes parents sont morts assassinés, je dirai même que c’était plus brutal que ce qu’un enfant de six ans peut imaginer et surtout supporter. Ils ont été déchiquetés, démembrés et vidés de tous leurs pouvoirs avant de finir par mourir à la suite de la plaie béante sur leur abdomen qui laissa gentiment leurs organes sortir prendre l’air. Et moi, j’étais cachée dans le buffet en face d’eux. J’ai eu un premier aperçu de ce qu’était notre espèce. Je peux vous assurer que je suis restée immobile et en apnée pendant cette scène macabre. Puis quand les élémentalistes sont partis, j’ai repris possession de mon corps.
Les sanglots, les pleurs, les étranglements, la déchirure, la perte, puis la colère. Toutes ses émotions, je les ai ressenties les unes après les autres à une vitesse incroyable. Ensuite j’ai eu le courage de sortir pour vérifier, dans mon innocence infantile, si mes parents étaient toujours en vie. Je le voulais mais en grandissant j’ai finalement été contente que ça n’ait pas été le cas. Je veux dire, après toute cette souffrance continuer à lutter ? Non, ce serait bien plus horrible pour eux après ce qu’ils venaient de subir. Quand j’ai compris qu’ils étaient morts, j’ai vomi. Puis le cycle des émotions négatives s’est remis en place et je l’ai répété inlassablement pendant trois jours. Trois jours que j’étais restée près d’eux. Dans mon vomi, dans leur sang, dans la mixture de leurs organes. Je n’ai rien avalé pendant ces trois jours et je me suis asséchée. Pas seulement littéralement parce que je n’ai rien mangé ni bu, c’est aussi parce que répéter un cycle de tristesse, de douleur et de haine, vous pousse à devenir hermétique à ce qui vous entoure. Traumatisée ? Choquée ? Carrément, et méchamment de surcroît. Je me suis renfermée. Mes émotions, mes sentiments et toute la joie et le sentiment positif qui faisaient de moi qui j’étais, ont été emprisonnés en moi. Si bien, qu’aujourd’hui encore, il m’est difficile d’éprouver des sentiments positifs pour d’autres personnes. Je suis indifférente à leur sort.
Puis les meilleurs amis de mes parents sont entrés en courant et en pleurs dans ce qui restait de la maison de mon enfance. Devant la scène qui se trouvait devant eux, Mina est tombée à genoux et pleurait. Son visage était flou avec toutes ses larmes, élémentaliste d’eau vous comprenez… Sinon laissez, c’est un autre chapitre. Pour en revenir au salon, Sebastian est resté figé. Aucun d’eux ne m’avait vu près des corps sans vie de mes parents. J’étais vêtu de leur chair, je me confondais bien au décor. Puis lassée de tout ce bruit, j’ai bougé la tête vers eux en leur jetant un regard empli de mépris. J’étais plutôt bien installée et me laissais tranquillement mourir pour rejoindre mes parents.
Qui étaient-ils pour venir déranger la quiétude que j’avais durement trouvé ? Et puis les gars, ce n’est pas trois jours après qu’il fallait arriver. Bref, ils étaient là et ont fini par me voir. Mina a crié d’effroi, c’était à vous glacer le sang ! La frayeur causée par ce cri a envoyé un shoot d’adrénaline dans mes veines. Premier indice que j’avais lamentablement échoué à rejoindre mes parents. J’ai eu chaud et mon cerveau qui semblait fonctionner au plus strict minimum, s’est sorti de sa léthargie et a lentement redémarré mes circuits pour me permettre de me redresser. Tian s’est jeté sur moi et m’a enlacé en me posant une floppé de questions. Deuxième indice de mon incapacité à faire quelque chose de correct. Ses bras autour de moi, réchauffés, malgré moi, ma peau gelée et asséchée par les fluides de mes défunts parents. Vide. Je sentais la chaleur de sa peau se répandre sur la mienne mais je me sentais vide. Une simple coquille.
Il me souleva et me porta dans ses bras comme une princesse. La vue de mes parents chéris et perdus, sous moi. Nous étions sur une partie d’eux. Troisième indice de mon échec, ce qu’il restait d’eux était maladroitement étalés sur le parquet. Et moi je flottais au-dessus d’eux plutôt que de me fondre en eux. Mina est montée à l’étage à la recherche de quelqu’un puis a pris mes affaires et nous sommes tous les trois sortis de ce cauchemar. Elle a continué de chercher aux alentours cette personne, pendant que Sebastian et moi étions en face de mon enfance. Toujours dans ses bras, je regardais la bâtisse. Le soleil brillait, je le sentais me réchauffer. Les oiseaux piaillaient dans le ciel. Tout semblait différent. Ça l’était pour moi. Tout était beau, parfait. Un magnifique paysage. Seulement tout le monde ignorait que ce tableau renferme une horreur que je ne pourrai jamais oublier. Mes yeux ont eu du mal à s’habituer à la luminosité. J’ai quitté mon petit monde froid, sombre et mortel pour ça. A six ans j’ai compris que ce que je ressentais m’étais propre. J’ai compris que la vie continuait. Que peu importe ce que j’avais vécu, les gens vivaient paisiblement à mes côtés.
Je me souvenais de tout. Et c’est à cet âge que j’ai pris la décision de les venger. Peu importe le temps que ça me prendra. Peu importe l’énergie que j’y dépenserai. Peu importe ce que je devrai faire pour y arriver. Je sacrifierai volontiers tout ce que j’aurai et tout ce que je serai. Je m’en suis faite la promesse. Je me suis promis de les venger quoiqu’il m’en coûte. Et je ferai en sorte qu’ils se souviennent de ce qu’ils nous ont fait. Ils se souviendront de Camila et Joseph De Saintange. Ainsi que de leurs deux enfants, Sydeon et Elena De Saintange. Je leur graverai dans la rétine s’il le faut ! Je le sculpterai sur leur peau pour que la cicatrice puisse leur rappeler à jamais qui sera le détenteur de leur lugubre pensée. Ils ne vivront plus que pour penser à ma famille qu’ils m’ont arrachée. Je ferai en sorte qu’ils ne vivent que pour nous. Tenez-vous bien, j’arrive et je me baignerai dans votre sang avant que vous ne puissiez comprendre votre erreur. Je suis Elena de Saintange et je vous chasserai. Je vous retrouverai. Et je vous saignerai. Je vous en fait la promesse.









J'ai beaucoup aimé ce 1er chapitre. Quelques fautes mais rien qui ne peut être réparé. J'attends la suite avec impatience. Bravo
J'ai beaucoup aimé ce 1er chapitre. Quelques fautes mais rien qui ne peut être réparé. J'attends la suite avec impatience. Bravo