Until I Die

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Summary

On n'aime que ceux qui nous font souffrir, ainsi on persiste à rester, pensant qu'un jour il changera. Et on se trompe. On essaie de guérir et réparer la personne, mais en réalité, c'est sa nature, on ne peut rien y faire. Les promesses sont-elles réelles ? L'amour existe-t-il réellement ou est-ce le plaisir et la passion qui nous poussent à exprimer des mots d'amour et des promesses ? Au XIXè siècle, en 1840, une jeune fille, Mathilde Saradrof, travaillais dans un grand manoir d'une famille riche et noble, dont le but de sauver sa vieille tante de la griffe de la mort. Elle tomba ensuite amoureuse du fils unique de la famille, Damian Prescott, un homme noble, froid et indifférent. Cependant, ses proches meurent atrocement, un par un et ses rêves devenues un cauchemar. Cet amour, plus précisément Damian va-t-il la sauver? Mathilde va-t-elle mourir ou survivre ? Damian va-t-il rester avec Mathilde mettant en jeu son honneur, ou va-t-il se marier avec la princesse Rosélia pour accroître sa fortune ? Cette histoire vous montrera que nous ne savons jamais les pensées et les intentions des gens qui nous entoure, elle illustre les mensonges, l'hypocrisie et la passion. Méfiez-vous des promesses ! Les fins ne sont pas toujours heureuses.

Status
Complete
Chapters
38
Rating
4.7 11 reviews
Age Rating
18+

Chapter 1 : La Première Danse

        On m’a toujours dit que l’amour est la plus belle chose qui arrive dans notre vie, qu’elle nous donne goût à la vie et donne plus d’importance à notre existence et à celui de notre rose élue.

Les fleurs éclosent, le soleil brille, les oiseaux chantent, l’air est plus frais, et même les plus insignifiantes choses nous font rire quand on tombe amoureux. Le cœur s’affole, et on a l’impression de rire à chaque instant. Tout semble merveilleux, on commence à aimer le réveil de bon matin et on commence à attendre ‘’ demain ‘’. Tout commence à avoir un sens.


      On m’a toujours dit que l’amour est beau et magique comme dans les romans, et cet image qu’on a de l'amour nous donne beaucoup d'illusion, nous donne l'impatience de le découvrir un jour, de le vivre qu’on se précipite sans réfléchir. Ainsi, l’amour devient un rêve pour d’autre, pour certains, c’est devenu un objectif, que parfois, ils agissent différemment et devient même ridicule. On m’a dit aussi que l’amour est la première source de bonheur, qu’il est la plus belle chose qui arrive dans notre jeunesse quand on le découvre pour la première fois.

  Mais, laissez-moi vous raconter le contraire. Laissez-moi vous prouver que l’amour n’a rien à voir avec tout ce qu’on a pu imaginer le long de notre enfance. L’amour et la mort se rapproche, on a l’impression de dire le même mot.

    Je m’appelle Mathilde Saradrof, je venais d’avoir mes dix-sept ans, une des périodes où chaque fille est destinée à suivre les pas d’un homme, ainsi donc se marier.


Étant une orpheline, je vivais sous le toit de ma vieille tante de soixante trois ans. Nous avons vécu dans des conditions misérables avec ses revenus qui ne nous suffisaient guère.


Ma vie se résume à la disgrâce, trahison, rêveries et naïveté qui me noient au plus profond de mon désespoir et de ma perte, c’est ce qui m’amène à ce récit.


La vérité a plus d’importance à la bouche d’un maître qu’à son sot de serviteur.


Je ne tiens point à me justifier ni à culpabiliser les autres, mais à faire entendre la vérité si un jour je meurt ou disparaît.

Cette histoire se passe aux environ du XVIIIe siècle.

     Je vous raconte cette histoire pour vous prévenir qu’aimer peut vous tuer, vous et vos proches, et que vous ne savez jamais ce que votre bien aimé pense ou ce qu’il ressent réellement. Abstenez de croire aux paroles, aux promesses, aux présents qu’il vous offrent. Soyez vigilante et intelligente. Sachez que pour d’autres, ceux qui peuvent être perdus, peuvent être remplacés en un claquement de doigts.

Ω



     Il faisait beau, le soleil brillait de toute sa splendeur, je m’allongeais sur l’herbe verte du jardin tenant mon roman préféré, que j’ai lu des centaines de fois. Submergée par mes rêveries et mon imagination de vivre la vie du personnage de mon roman, aimé par un prince charmant et vivre dans un château, être en duel contre sa belle mère ou même un doux baiser sous le couché de soleil où l’amour est pur et unique, je ne prêtais aucune attention au monde qui m’entourait.


    Je n'ai jamais été aimée par quelqu’un, vue que j’étais si réservée et attachée à la jupe de ma tante. Je m’imaginais princesse ou duchesse aimée par un Gentilhomme ou même un prince, habillée en robe bouffante brillante de mille étoiles, cela se rapproche à la stupidité mais quelle fille de mon rang ne souhaite cette vie ?

J’ai toujours cru à l’amour, ma mère me l’a appris. Ma mère me répétait sans cesse que l’amour est pur et réel.

Je ne suis point matérialiste, je me marierai avec l’homme qui m’aime et que j’aime qu’il soit prince ou non.

Mais, un rêve est un rêve, on désire toujours une chose qu’on ne peut jamais obtenir. Si vous dîtes le contraire, c’est que vous mentez.

Ainsi, en m’offrant cet amour je lui garderait ma pureté.

C’était la devise à notre époque, ne donner sa virginité qu’à son époux pour gratitude d’offrir à la femme une maison et les subventions de ses besoins. Rien n’est gratuit dans ce monde de bâtards.


Dans mon village, la pureté d’une fille avant son mariage est primordiale. On a planté ce merdier dans notre esprit, dès notre plus jeune âge. Valeur et vertu d’une femme et non l’éducation d’un jeune homme et le respect qu’il doit porter pour une femme.

   Nos rêves viennent de notre désir qui est né d’une manque ou d’une insatisfaction, mais le mien vient de mes livres.

Je n’étais jamais amoureuse d’un homme dans ma vie, mais je tombe éperdument amoureuse des personnages fictives de mes romans. Un homme robuste, héro, brave, galant, un chevalier, …. Un homme qui traite chaque femme comme une reine, avec des paroles douces et apaisantes. Tout ce dont une femme cherche chez un homme. La tendresse ! La sécurité, l’amour !

J’étais si curieuse de connaître ces sentiments, de vivre ces aventures. J’étais même impatiente de vivre ce conte de fée que d’autre fille de mon âge nageait. J’avais envie de connaître ce qu’est d’aimer et d’être aimée.

J’adore la solitude, mais parfois, je voulais être aimée, je voulais un peu d’attenttion.

    Qu’est-ce qui se passe réellement quand on entame une relation avec une personne ? Est-ce qu’elle fonctionnera comme celui des romans que j’ai lu ?


Cependant, les femmes ne sont pas destinées à lire ou à écrire, si on ne vient pas d’une famille fortunée, mais moi j’y refusais cordialement. Lire était la seule chose que j’aimais dans ce monde.

    Ma tante m’enleva de ma rêverie vue que j’ai passé la majorité de mon temps à m’allonger par terre. Elle venait du marché tenant ainsi un sac contenant des fruits et des légumes. Il était midi, elle devait retourner à son travail dans le grand manoir des Prescott, entant que domestique. Vue son âge, on lui a donné des traitements de faveur, grâce à sa fidélité à la famille Prescott.


    La famille Prescott était la famille la plus riche de notre village, ayant plusieurs domestiques à leur disposition, des gardes et d’autres, vue que le père, Richard Prescott était le bras droit du roi, son conseiller et même son meilleur ami. Il possédait plusieurs entreprises, et plusieurs terres. J’ai entendu dire que tout financement du roi provenait de lui

Ma tante me jeta une carotte en plein visage, que je sursautais en ayant le nez rouge et enflé.

_ Debout idiote, tes livres ne vont pas t’aider à faire la vaisselle ou à nettoyer la maison, dit-elle en se dirigeant vers la porte de notre petite cabane en piteuse état. Elle titubait à cause de son âge. La main portant le panier et l’autre main sur sa hanche.

Par contre, continua-t-elle en riant, ils peuvent servir à allumer le feu pour le dîner !

Je me levais rapidement pour l’aider à transporter ses courses, et les déposais sur une petite table en bois. Je lui parlais en massant délicatement mon nez qu’elle venait de fracasser.

_ Ma tante, les livres nous emmènent dans un monde utopique. Ils nous font vivre la vie qu’on a toujours rêvé d’avoir et nous fait fuir la réalité.

_ Fait fuir les hommes tu veux dire ! ( elle se tourna vers moi avec ses regards méprisants. ) Tu sais ma chère, la vie n’est pas toujours fait de rose et d’arc-en-ciel comme tes stupides feuilles le disent. Tes livres ne font pas descendre des hommes du ciel pour demander ta main !

_ Mais… ! Une femme n’est pas toujours destinée à se marier, procréer, satisfaire et même faire la lessive de son époux. Elle a droit à des rêves, des livres et…

Ma tante me coupa la parole derechef.

_ Es-tu une princesse, une duchesse, ou est-ce que tu viens d’une famille riche et noble ?

_ Non mais…

_ Il n’y a pas de mais ! Écoute Mathilde, notre destinée est différente. Nous, on doit travailler dur pour subvenir à nos besoins, mais pas de lire ou de chanter avec les oiseaux.

_ Je ne chante pas avec les oiseaux je te rappelle. T’es trop sarcastique !

_ Je suis peut-être vieille, mais avant d’être une vieille femme j’étais une jeune fille. Moi aussi je rêvais, moi aussi j’avais les pensées qui s’envolaient vers ces chichis, mais au fil du temps je me suis rendue compte de mon devoir et de mes responsabilités. Les roses ont peut être des fleurs, mais elles ont aussi des épines. Je m’inquiète pour toi, pour ton avenir. La sagesse et les connaissances, toutes, comme les livres sont destinées aux filles nobles et riches.  Notre classe sociale ne nous donne pas le temps et les biens. Je suis vieille et je vais bientôt mourir et tu seras seule, ni mari ni travail, et tes livres seront les seuls qui vont te nourrir.

_ Ne dis pas de bêtises, tu ne vas pas mourir, arrête avec tes propos absurdes.

J’avais presque les larmes aux yeux quand elle m’avait dit cela, mais un jour ou l’autre, elle devra partir et il ne restera plus que moi, ma solitude et mes livres bien sûr. J’avais déjà perdu mes parents, perdre ma tante ne fera qu’accentuer le vide en moi.

      Nous mangions ensemble le midi, et elle repartait au manoir des Prescott quand on avait fini de manger, me laissant seul avec des corvées, en attendant son retour le soir.

Tel était ma routine depuis que je vivais avec elle, dormir, se réveiller, préparer le petit-déjeuner, faire les corvées, lire et relire des livres, s’allonger par terre, sur la pelouse de notre petit jardin à la vue de tous les voisins, faire la lessive….. Et attendre le retour de ma tante à dix-sept heures environ, et même plus.

    L’après-midi, j’ai cousu la robe de ma tante abimée par le temps et le travail, quand soudain quelqu’un frappa à la porte et entra sans ma permission, j’étais furieuse. Je me levais et me dirigeais rapidement vers la porte pour voir qui c’était.

_ Ayez la politesse de sortir sinon je…

Je ne terminais pas ma phrase que j’aperçus mon amie, ma seule amie et confidente Annah. Elle était plus âgée que moi, plus longue car je ne faisait qu’un mètre soixante deux. Elle avait les yeux marrons, des cheveux noirs, un nez pointu, avec un visage bien tracé. Elle avait vingt trois ans.

_ Ne sois pas agressive ma belle blonde aux yeux bleus, ce n’est que moi, Annah ! Disait-elle en levant les mains en l’air en se posant.

_ Que fais-tu donc ici ? Je pensais que tu travaillais chez les Sorel. Tu vas te faire virer ou même te…

Je ne terminais pas ma phrase qu’elle me hurla :

_ J’ai passé la nuit avec Jacob !

J’ai eu les yeux grands ouverts, je n’en croyait pas à ses dires. Elle continuait de parler en me tenant la main et en me regardant droit dans les yeux.

_ Je sais que c’est débile et même indigne pour une fille, mais c’était arrivé si vite.

_ Avez-voouuuus…. ? Je me retenais de rire et de sautiller comme une folle. Je cherchais son regard. Elle ne disait aucun mot mais acquiesçait en souriant et hurlant si fort que tout le village pouvait l’entendre.

_ Tais-toi sinon tout le monde va entendre ce qui se passe ! chuchotais-je.

_ Je sais que tu vas me dire que je n’aurais pas dû, et que la virginité est sacrée et tout pour une fille, et que si on n’est plus vierge personne ne voudra de nous. Mais avant de dire un mot, il a demandé ma main ! S’exclamait-elle en me montrant son doigt et en les agitant devant mon visage.

On sautait et hurlait toute la journée jusqu’au couché du soleil en attendant que ma tante revienne.

_ Est-ce que tu avais mal quand vous avez… tu sais ce que je veux dire.

_ Un peu oui, mais je ne vais pas te raconter en détail. C’est à toi de le découvrir un jour.

_ Alleeez raconte…! Suppliais-je en lui faisant les yeux doux.

_ Non ! tu le sauras un jour, quand tu te marieras, au moment de ta nuit de noce. Mais ne fais pas comme moi, aille patience car on n’est vierge qu’une seule fois. Grâce à Dieu, Jacob va se marier avec moi sinon j’aurai la honte de ma vie et le déshonneur de ma famille.

   Jacob était veuf, ayant trois enfants. C’était par manque de compagnie et d’aide maternelle qu’il voulait épouser Annah, ce n’était guère de l’amour. Il avait à peu prés deux fois l’âge d’Annah, chauve avec un gros ventre. Il était un fermier, rien avoir avec l’homme de ses rêves, ni de la mienne, pour toute franchise.

Nous discutions toute la soirée en attendant ma tante qui arriva environ six heures après.


Il était dix-neuf heures environ, ma tante frappa à la porte, elle m’a toujours conseillé de bien fermer la porte pour une question de sécurité et de ne pas l’ouvrir à quiconque vue que mes parents se sont fait assassiner quand j’avais dix ans.


Je me levais du lit, me dirigeai vers la porte et demandai qui s’y trouvait, avant de l’ouvrir.

_ C’est moi !

Je l’ouvre immédiatement car j’ai reconnu sa voix. Sans même me dire bonsoir, la présence d’Annah était sa seule préoccupation.

_ Annah ? elle était étonnée de voir Annah se reposer sur le lit. Que fais-tu ici, à une heure pareille ?  Ce n’est pas prudent de rentrer si tard.

_ Elle va dormir ici ce soir, on a quelque chose à se raconter, lui répondis-je en regardant Annah droit dans les yeux et en levant mes sourcils plusieurs fois.

_ D’accord mais vous dormez par terre.


Nous dinions ensemble durant la soirée en parlant des ragots du village, une discussion de femme !

Annah et moi, nous nous allongions par terre, sur un vieux tapis, car nous n’avions qu’un seul lit. Elle fermait les yeux à la recherche du sommeil, le dos allongé et la tête face au plafond. Je pinçais son nez et sa bouche pour qu’elle se réveille.


Elle se réveilla brusquement en prenant une grande inspiration et en s’agitant comme si elle allait tomber d’une falaise.

_ Est-ce que t’es folle ? Dit-elle en me poussant. Tu veux me tuer ? Laisse-moi dormir je travaille demain, toi tu ne fais que lire toute la journée. Elle referma ses yeux en me tournant le dos.

_ Tu travailles demain ou tu comptes t’immiscer dans le lit de Jacob ? Je me retint de rire pour ne pas réveiller ma tante.

Elle se tourna brusquement en me faisant ses gros yeux pour me menacer.

_ Je sais ce que tu veux jeune fille, mais je ne te raconterai point ce qui c’est passé dans le lit. Sois pas curieuse, tu le verras un jour, quand tu l’auras fait. On va se raconter ce qui nous est arrivé tous les deux. Sauf si tu meurs vierge bien sûr ! Elle ria si fort que je lui ai pincé les jambes.


   Ma complicité avec Annah est plus forte que tout, elle était comme une sœur et même une deuxième mère à part ma tante.


Nous étions si différente que les villageois se questionnaient sur la raison de notre amitié, mais vous savez, comme on le dit déjà ‘’ Les opposés s’attirent. ‘’ ou même «  ce qui se ressemble s’assemble «  .

Annah est belle, mince, mesure à peu près un mètre soixante dix. Elle est un peu vicieuse, ne dispose aucune grâce ni de politesse, mais je l’aimais comme même. Je suis sûre que ce n’était pas Jacob qui était sa première fois mais un garçon qui faisait une mission dans le village et qui était parti ensuite sans lui demander sa main, quand elle avait à peu près quinze ans. Elle voulait protéger l’honneur de son père et la valeur de sa mère en le cachant, mais moi, en la connaissant si bien, je savais quand elle mentait.

Il y avait même certains rumeurs disant qu’elle était la catin de monsieur Sorel.  Puisque l’existence d’une preuve est nécessaire pour confirmer ces accusations, s’il n’y en a pas, chaque ragot reste un ragot et non un fait qui pourrait nuire à la réputation d’Annah.

_ Tu sais que je n’aime pas quand on me parle de ce genre de chose, lui répondais-je.

_ Ne me dit pas que t’as peur ? Elle souriait pour éviter d’éclater de rire.

_ Je te l’ai déjà dit, que ce genre de chose ne m’est pas destiné.

En réalité, puisque j’aimais lire, aborder ce genre de sujet me flatte mais quand on me dit de le faire, j’ai peur. J’ai plusieurs complexes physiques, j’ai pas le corps d’Annah, j’ai une poitrine et une hanche un peu développées.

J’ai peur que je ne satisferai le désire d’un homme, en ne connaissant rien en la matière et que mon corps ne correspond pas à l’attente de celui-ci.

Et j’ai toujours pensé que l’amour ne se base pas qu’au sexe mais à la compréhension et la compagnie de l’un et de l’autre.

Je me considérais capable de m'abstenir  aux relations intimes avant un mariage. À rester chaste.


Nous continuions notre discussion en chuchotant jusqu’à ce qu’on s’épuise. Annah s’en alla dès le levé du jour, quant à ma tante elle restait au lit, c’était bizarre, vue qu’elle se réveillait toujours avant moi. Je faisais le ménage, les courses, j’ai cru qu’en ce temps ma tante aurait déjà été au manoir des Prescott.

Il était presque onze heures, j’allais cuisiné. Par surprise, j’ai vu ma tante allongée sur son lit alors qu’elle devrait partir il y a longtemps.

_ Tante ! Réveillez-vous ! Elle ne bougeait pas.

J’essayais de la réveiller mais en vain. Je la secouait, criait, j’avais tellement peur. Soudainement, la solitude montait à fur et à mesure, comme une marais montante, elle me noyait. Je sortais de la maison, en criant, à la recherche d’une aide. Je ne me rendais pas compte que mes larmes coulaient à flots. Je priais Dieu de ne pas enlever de nouveau ma famille, ma seule et unique famille.

_ S’il vous plaît ! Aidez moi ! Ma tante est inconsciente, criai-je. Je vaguais dans toute la rue. Le regard apeuré, le visage baigné de larmes.

Je me sentais seule, j’avais l’impression de flotter, et de tourner.


Des gens sont arrivés et m’ont aidé, un enfant courrait pour prévenir un docteur qui arrivait après trente minutes. Il l’examinait, alors que je l’attendait seule dans le petit jardin. Le docteur sorti enfin, je me levai et me dirigeai vers lui derechef, en essuyant mes larmes.

_ Qu’est-ce qu’elle a ? Est-ce qu’elle va bien ? S’il vous plaît répondez-moi !

_ Comment voulez-vous que je vous réponde si vous n’arrêtez pas de me questionner ? Calmez-vous, elle va bien. Sa tension s’est élevée, elle est fatiguée. Elle doit se reposer. Tenez ! C’est une liste de médicaments et quelques plantes médicinales pour la soigner.

_ Mais on n’a pas assez d’argent pour s’en procurer.

_ Cela est votre problème ma chère, trouvez-vous un travail ou mariez-vous, vous êtes jeune !

Le docteur était parti, me laissant seule avec ma tante.


Oui, la vie est ainsi.

Les gens ne s’occupent bien de vous que si vous êtes fortunés et de famille noble, au contraire, ils vous laissent à votre sort, car ils savent que vous ne  pouvez rien leur offrir en retour. Ma tante et moi étions les plus pauvres du village, cela explique sans doute son comportement. Qu’est-ce qu’une vieille femme et une jeune fille sans emploi pourraient lui offrir ? De la soupe ? Un bout de bois ? Du thé ?

Je devais faire quelque chose pour subvenir à nos besoins et soigner ma tante. Je devais travailler.

Je m’asseyais sur une chaise en attendant qu’elle se réveille. Je posais ma tête sur le bord du lit.

_ Qu’est-ce que tu fais là ? Susurrait-elle.

Elle se tourne vers moi avec un air fatigué et mourant. Bouge-toi, je dois aller travailler.

_ Non ! Vous n’y allez nulle part. Vous êtes malade, et le docteur m’a affirmé de la nécessité d’un repos, vue votre âge.

_ Si je ne travaille pas, qui va payer nos taxes et nos besoins ? Elle fronça les sourcils.

Je ne lui répondais pas, mais au lieu de cela, je lui souriais.

Ne me dit pas que c’est toi ! Ronchonnait-elle en me pointant du doigt. Oh mon Dieu ! Tu n’as jamais travaillé, Mathilde !

_ Je sais mais je dois le faire pour nous, pour vous ! Je suis assez grande maintenant.

_ Et où vas-tu travailler ? Qui veux de toi ?

D’un coup, elle essaya de se relever mais je l’en empêchais. Puis, elle continuait de parler. Je vais perdre mon travail si je m’absente sans leur prévenir.

_ Je vais leur prévenir dès aujourd’hui, ne vous inquiété pas. Je peux même prendre votre place pour quelque temps et leur dire que vous m’avez envoyé.

_ Non ! J’ai promis à ta mère de t’offrir une meilleure vie, pas de te transformer en domestique ! Je veux que tu te maries avec un homme du village, être une épouse et une mère dévouée !  T’est trop belle pour devenir une servante, elle me regardait avec des yeux tristes.

_ Et toi t’est trop vieille pour travailler ! Je vais allez au manoir et leur expliquer la situation. Je vais commencer à travailler, et t’as beaucoup fait pour moi. Maintenant, c’est à mon tour de m’occuper de toi. Et pour ta gouverne, je ne suis pas belle !

Ma tante était pour moi une mère et un père à la fois, j’allais faire tout mon possible pour qu’elle soit guérie, pour ne pas perdre de nouveau la seule famille qui me restait. J’ai donc décidé de me rendre au manoir et de remplacer ma tante jusqu’à son rétablissement.


     Je m’y suis rendue à pied afin de méditer sur notre situation et apaiser mes peurs de tout à l’heure.

J’étudiais sur la route la façon dont j’allais m’adresser, mes gestes et mon sourire. Je parlais toute seule, répétant chaque instant la réplique que j’ai mûrement préparer sur ma route

« Bonjour, je m’appelle Mathilde Saradrof. Je suis ici pour travailler. Non ! C’est banal. Il me faut quelque chose de plus…. Professionnelle, un peu noble si nécessaire. Hah ! Recommençons ! Bonjour….. »

      Comme d’habitude, je m’habillais simple mais élégante vue que j’allais me rendre dans une maison de noble. Je portais une robe bleue avec des manches blanches, recouvrant tous mes pieds. Elle montrait un peu ma poitrine resserrée par mon corset qui donne beaucoup de volume à mes seins. Je me suis bien coiffée, un chignon qui m’a pris trente minutes et même plus ! mais le vent n’est jamais un ami pour une jolie coiffure, des mèches se révoltaient, me donnant un air coiffé-décoiffé. Une mèche tombait sur mon front.


Après vingt minutes de marche, et de répétition « Je suis dynamique. Cuisiner est mon principal talent. J’ai d’autres capacité, je sais lire, écrire, jouer du piano. J’ai une passion pour les lectures, mais bon, ce détail n’est guère utile pour une personne qui ne fait que passer la serpillière ! Bon, je vais improviser. »,  j’étais enfin arrivée devant un grand portail où il y était écrit au poteau du mur, sur une pancarte en métal, avec des écritures dorés :  « Manoir des Prescott » .

L’écriture était si jolie, comme si on écrivait avec de l’or, peut-être que ça l’est.


Le portail était magnifique, je me suis même demandée pourquoi les riches dépensaient-ils beaucoup d’argent pour des choses inutiles, plus précisément pour une porte ?

Je ne me suis jamais rendue dans ce manoir, personne n’y est autorisée, sauf si vous êtes une domestique, esclave, invités mais surtout si vous êtes riches.


J’ajustais ma robe et mes cheveux avant de frapper au grand portail tout en prenant une grande inspiration. Un homme sorti de la porte qui se trouvait à côté du grand portail et me demanda l’origine de ma visite inattendue, il me dévisagea, et remarqua que je ne suis point une dame, vue mon accoutrement. Il remarquait que je n’étais qu’une paysanne. L’homme en question n’était pas un noble, cela se voyait, mais il parlait avec politesse et élégance, j’étais sûre que c’était l’un des serviteurs du manoir. J’avais entendu parler qu’il y en avait une centaine de domestiques et de serviteurs qui y travaillaient.


Les riches veulent qu’on leur mettent la cuillère à la bouche, ils veulent qu’on leur torche le cul à leur place.


    L’homme portait une veste rouge avec des boutons argentés, un pantalon blanc tenu par une ceinture noire en cuir, un genre de costume que portait certains personnels dont je ne connaissais pas le dessein. Je pensais que c’était un valet.

_ Puis-je savoir le sujet de votre venue ? Demandait-il.

_ Je souhaite discuter avec sir ou dame Prescott au sujet de ma tante Saradrof, une domestique dans cette demeure, elle est malade.

Il rentra sans me dire un mot, je le vis s’éloigner. Je restais immobile, je ne savais que faire, le suivre ou partir. Il  ne m’a rien dit. Me voyant restée là, totalement confuse, figée comme une statuette, il me dit enfin :

_ Suivez-moi ! Qu’attendez-vous ? Un cortège royal pour vous transportez, ou même un tapis rouge ?

Je l’ai suivi d’un pas rapide pour suivre son rythme et oublier ma honte à cause de ses mots. Le portail  se referma et je me tournais pour voir comment il s’est fermé tout seul et là je vis deux portiers et plusieurs gardes sur chaque recoin de la  muraille. J’avais même peur. La vie est ainsi, on ne vous donne guère du respect que si vous venez d’une grande famille. Une raison de plus pour travailler dur.

En entrant dans la propriété, je ne m’attendais pas à ce que ce soit si vaste. Il y avait un grand jardin recouvert de pelouses, de fleurs et d’arbres. Une grande allée, de trente mètres de long nous menait à la grande façade du manoir qui ressemblait à un château. Comme si je me retrouvais dans les palais décris dans mes romans.


Je me sentais émerveillée par sa beauté. Je ne m’attendais pas à ce que le manoir soit si vaste, il possédait une étage mais s’étendait à sa largeur. Il possédait plusieurs grandes fenêtres en verres. Sur la grande allée, il y avait des lanternes tous les deux mètres, en chaque côté.

De loin, je voyais des jardiniers, des domestiques portant chacun leur uniforme respectif, une robe noire et blanche, comme celle de ma chère tante, pour les domestiques. Même la robe des domestiques était plus belle que la mienne.


Nous traversions l’énorme jardin, recouvert de pelouse. Il y avait des roses rouges, blanches, jaunes et roses.  On y trouvait aussi, une petite table et des chaises de jardin, en bois sur l’herbe verte, sous un grand parasol. Il y avait même une magnifique fontaine au milieu. La fontaine était si grande qu’on a dû la contourner. Je n’arrêtais pas de sourire, j’étais aux anges.



    Nous nous entrâmes dans le manoir, je regardais par tout autour de moi, de haut en bas, de gauche à droite. Je m’immobilisais sans m’en rendre compte. Et là, j’avais la bouche grande ouverte. Nous entrions dans une grande salle. Il y avait un grand lustre de cristal sur le haut plafond, il était si grand qu’il recouvrait presque tout le plafond. Je me demandais comment les domestiques arrivaient-elles à le nettoyer vue sa hauteur.

Le sol et les murs étaient en marbre, tout était propre, je n’avais jamais vu de telle. Il y avait de la peinture sur le plafond et le haut du mur, c’était ce qu’on pouvait appeler de l’art. Un ciel bleu, des nuages brumeux, des petits anges potelées, nues avec des petits ailes au dos, qui y jouaient ou nageaient dans les nuages, je crois. Le paradis. On a l’impression que les anges nous surveillaient d’en haut.

Des grandes fenêtres de verre se dressaient sur tous les murs, laissant entrer la lumière. Il y avait à ma droite un énorme piano noir et en face un grand escalier sous forme d’arc, menant vers l’étage. On pourrait y faire une descente royale.

J’étais sûre que cette grande salle était la salle de balle.

Chaque recoin de la salle sentait la rose. On aurait dit un château narrer dans les livres. La salle était si vaste et vide que ma respiration y résonnait.


Merde ! Je vais travailler ici !

    Je me rendis compte que l’homme qui m’accompagnait avait disparu, je ne l’ai pas suivi. J’étais hypnotisée par la beauté de la salle que je me suis immobilisée. J’étais seule, alors autant en profiter.

Je m’imaginais danser dans la salle, portant une jolie robe et une diadème en or comme celle des dames du royaume, je me sentais spéciale pour une fois dans ma vie. Je souriais et tournais sur moi-même en chantant au milieu de la grande salle vide.

Je m’esclaffais. Je tournais et tournais comme une toupie. Je fermais les yeux, les deux bras grands ouverts. Je me sentais libre et vivante. Ma robe s’entrouvrait et mes cheveux flottaient. Je levais ma tête au plafond, ouvrit mes yeux et fixait le grand lustre. Je fredonnais une mélodie, une valse que mon père jouait souvent au piano quand j’étais toute petite.

Ma tête tournait mais je m’en fichais, je continuais de valser, imaginant un partenaire invisible.  J’ouvrais tous les rideaux, d’une manière assez dynamique. Je valsais dans toute la salle. J’étais heureuse.


J’étais tellement emporter par mes rêveries que je n’ai pas entendu des pas derrière moi, alors que je continuais de chanter, tourner, danser, sourire et même rire. Chaque instant me semblait magique.

En une seule tournée, je me suis heurtée sur quelque chose ou sur quelqu’un. Je tombais brusquement par terre que je poussais un cri qui résonnait dans toute la salle, alors que la personne ne tremblait, ni bougeait, ce choc ne lui causait aucun effet. C’est comme si j’avais heurté un mur de brique.

Je me suis donc rendue compte que c’était un autre homme vue que l’autre était mince et petit, celui-ci était robuste, je pensais à un garde.

J’avais tellement peur qu’on me jetterait dehors avec une telle disgrâce, me traitant de folle ou autre chose. Mon regard se fixait sur ses chaussures noires, c’est sûre, je venais de bousculer un homme. J’essayais de me relever rapidement mais je n’y arrivais pas, vue que je tombais brusquement, j’avais mal au poignet, au bas du dos.


   L’homme me tendit sa main, et j’acceptais son aide. Quel gentilhomme ! Je lui en remercie. Mais, soudain, il me tira violemment pour me relever. Mon aisselle et ma main me faisaient mal, comme si tout mon bras allait s’arracher de mon corps. J’ai failli retomber de nouveau en avant mais sa présence prévenait cette accident. Ma tête s’écrasait sur sa poitrine, je m’agrippais sur ses bras.


Oh Dieu, qu’il avait un corps musclé ! Mon visage collait sur sa peau à cause de sa sueur. Je me retirais de lui. Je ne m’attendais pas à de telle agressivité.


    Je levais doucement mon regard. Je le regardais droit dans les yeux et je vis un jeune homme d’environ vingt ans. Il était grand, bien bâti, musclé. Son torse était bien dessiné, et ses bras aussi. Il mesurait dans les un mètre quatre vingt-dix vue sa taille. J’étais si petite par rapport à lui que ma tête se trouvait face à sa poitrine.

Un géant. Je levais ma tête, voyant au ralenti sa poitrine, puis son cou et enfin son visage. J’étais surprise, mon cœur battait mille à l’heure. Je sentais une sensation étrange comme si on venait de m’électrifier le corps.

J’écarquillais des yeux. Je vis un beau garçon, une peau lisse, aucune tache ni ride. Son visage était le mélange de la beauté d’un ange et de la colère du diable. Il avait les yeux gris clairs, des cheveux bruns foncés assez longs, si bien que ses mèches lui tombaient au front.

La coupe de ses cheveux étaient si séduisante. Il avait un nez assez pointu, une bouche parfaite, la mâchoire bien tracée. Il avait des beaux sourcils. Il était beau, non il était plus que ça. J’étais émerveillée par le charme du jeune homme, est-ce le coup de foudre ? Je ne sais pas !

Il était si beau pour être un serviteur. Probablement un amant de l’une des dames du manoir. Il suait tellement , que sa sueur tombait sur son front. Peut être qu’il venait de finir son travail, mais en dépit de cela, il était charmant. Je crois qu’il peut obtenir toutes les filles à ses pieds. Proprement dit, moi, je venais de tomber à ses pieds littéralement, puisqu’il m’a bousculé. Il était à moitié nu, il ne portait qu’un pantalon noir, aucun haut. Je voyais toute sa poitrine, ses muscles et ses abdos. J’avais l’impression de baver.

Je ne me rendais compte que je le contemplais avec désir et émerveillement, j’avais les joues toutes rouges. J’avalais inconsciemment ma salive.

Oh Dieu regardez-moi ce corps !


Il sentait bon, même en étant tout en sueur. C’était un amant parfait pour chaque épouse, dame et domestique.

     Il ne s’excusait même pas, mais me sermonnait en me dévisageant d’un air menaçant. Il tenait encore ma main dans la sienne, il avait une énorme main que c’était  si facile pour lui de me saisir. Il  la relâcha enfin, mais ensuite, il pris soudainement mon bras et le serra si fort. Il me houspillait.

_ Êtes-vous échappées de votre asile au point de tourner et de rire comme une folle ? Cela se voit que vous n’ayez aucune grâce ! ( il me regarde de haut en bas. ) Où est-ce que vous croyez être ?

_ Je vous offre mes plates excuses pour mon imprudence.

_ Je n’appelle pas cela une imprudence mais plutôt de la pure folie ! Arrangez votre apparence ! Tenez vous bien, et…

Je lui coupa la parole derechef.

_ Et quoi d’autre ? Hein ? Je me suis excusée. J’admets mes erreurs, n’est-ce pas nécessaire ou dois-je vous faire une éloge ? Et concernant mon apparence, regardez donc un miroir et vous verrez que vous suez comme un porc ! Votre posture n’est guère adaptable pour le manoir, vous êtes à moitié NU ! (j’insistais sur ce mot tout en le dévisageant) alors que vous travailliez.


J’ai osé le contredire car, après tout, je me suis dit que c’était peut-être un jardinier, fermier ou minier vue qu’il ne portait pas un costume, et quel gentilhomme s’habillerait-il ainsi et se baladerait de la sorte, n’ayant aucune honte ?

Au lieu de me cacher les yeux, je n’ai pas résisté à le contempler, mes joues devenaient de plus en plus rouges. Je lui expliquais que j’admirais la splendeur de la salle et que je ne suis jamais allée à une balle ou à une soirée alors que j’en ai toujours rêvé.

Je lui parlais de mon obsession pour les romans, j’osais me confier car ce n’était qu’un serviteur. Mon comportement antérieur, concluais-je, une opportunité de danser dans un château au milieu de la salle, une chance qui n’arrive qu’une seule fois vue qu’il n’y avait personne aux alentours, et que l’homme qui m’accompagnait avait disparu. J’avais cru qu’il allait comprendre mon récit et ne pas me juger, car c’était un comportement normal pour une jeune fille de mon rang si elle a une opportunité de satisfaire ses désirs en un seul instant, une chance qui n’arrive qu’une seule fois. Au lieu de cela, il riait ! Un rire plutôt sarcastique qui me mis en colère.

Il me regardait d’un air moqueur, retenant de rire à nouveau, mais souri à la fin, en me disant d’une voix froide :

_ Vous n’êtes qu’une rêveuse !

_ Et vous un suant ! lui criai-je.

_ Descendez de votre nuage, les rêves ne vous mèneront nulle part, jeune fille. Si les rêves nous apportent fortune et gloire, tout le monde sera riche, et vous en êtes la preuve. Et pour remarque ( il s’arrêta, se mordit les lèvres en souriant vicieusement, tout en me regardant de haut en bas), arrêtez de m’admirer avec vos gros yeux bleus, vous êtes toutes rouges à force de me dévorer des yeux.


Par ces paroles, j’étais offensée, une honte que je n’arrivais à cacher, j’avais presque les larmes aux yeux. Qui est-il pour m’insulter de la sorte ? Je retenais de pleurer et de le gifler. Je me trouve dans la demeure d’un gentilhomme, je me dois une bonne conduite.

_ Mêlez-vous de vos affaires, et lâchez-moi vous me faites mal ! Ordonnais-je en essayant de me libérer. Je vous rappelle que vous aussi, vous n’êtes qu’un serviteur. Nous sommes pareils, on est tous les deux pauvres ! Mais moi, j’ai un rêve et vous, vous n’avez que votre orgueil et fierté qui ne vous à mener nulle part qu’à travailler et servir les gens. Ôtez vos paroles, jeune homme !

Il relâcha enfin mon bras devenu rougeâtre. Les traces de ses doigts restaient sur ma peau.

_ Stupide sotte ! Je dois arrêter de me disputer avec vous. Une femme sans importance, ni valeur ni politesse ni honneur. Cette discussion n’est guère en accord avec mon état d’esprit et de mon jugement. Une discussion de femme ne m’est destinée, une discussion de servante plus précisément.


Il s’en alla, se dirigea vers la porte, menant vers le côté Est de la propriété. Mais avant de sortir, il se tourna et me dit :

_ Ravalez votre langue, vous n’êtes pas dans votre village et vous ne discutez pas avec votre marchand de légumes ! Ayez du respect une fois dans votre vie.  ( Il leva son sourcil d’un air méprisant et moqueur. Il roulait ses yeux ). Cela pourrait vous damner, vous conduire à une décapitation ou une pendaison, utilisez votre petite cervelle de paysanne.

_ Connard ! Je vais te montrer comment fonctionne la cervelle d’une paysanne !


Je bouillonnais de rage, de haine que j’enlevais derechef ma sandale gauche et la jetai directement sur sa tête. J’étais toujours une bonne tireuse. Pour obtenir une mangue ou d’autres fruits dans la forêt, je lançais mes sandales, je savais viser grâce à cette expérience.

Annah et moi en avait l’habitude depuis notre enfance. Ma sandale atterrit sur sa tête, j’arrivais toujours à atteindre ma cible. Je sautais de joie en voyant la sandale claquée sur sa tête. « Oui ! » criai-je en sautant.

Il poussa un cri enragé, se tourna brusquement pour me regarder. Ses yeux était plein de colère, on aurait dit un assassin, un prédateur face à sa proie. Il fit une grimace, les yeux grands ouverts. Il faisait la moue.

Ce que j’ai remarqué, c’était sa main, il serrait ses poings si fort comme s’il allait me donner un coup , il marmonnait, je l’avais entendu résonné dans la salle vide.

_ Sale traînée ! Je vais te tuer !

Par ses menaces, mon cœur battait si fort que j’ai regretté mes actions.

Je m’esclaffais en voyant sa réaction. Il s’approcha de moi rapidement, je me suis dis que j’allais mourir, enterrée dans le jardin du manoir ou même que mon cadavre serrait donné à manger aux chiens de M. Prescott.

Je levais ma robe, courus derechef de toute mes forces, et montai l’escalier qui menait vers l’étage. J’entendis encore les pas de mon assassin derrière moi, mais je continuais de courir à la recherche d’une aide pour sauver ma misérable vie. Je transpirais beaucoup.

Je ne trouvais pas le chemin, il y avait plusieurs porte, et divers salle que je ne savais la quelle ouvrir. Je parcourais tout le couloir. Je m'étais perdue.


Quelle porte ouvrir ? Quel couloir prendre ?


Le manoir était  un labyrinthe, il était si vaste. Je tournais. Le souffle coupé, j’ai senti mon cœur me lâcher.

J’entendis des pas derrière moi, je ne savais plus où aller. Je décidais d’avancer, pour aller où ? Je revenais.


C’était sûr, je me suis perdue. Soudain, une main me serra l’épaule que je criais, ma vie allais se terminée avant même de commencer. Annah avait raison, j’allais mourir vierge !


Je me tournais lentement pour lui implorer mon pardon, et lui supplier de ne pas me tuer car ma tante est mourante et qu’elle a besoin de moi.

L’homme me répondit enfin :

_ Quoi ? De quoi diable parlez vous ? Vous tuez ? Je ne vais pas vous tuez et pourquoi le ferai-je ? Mais répondez-moi plutôt, où étiez-vous tout à l’heure !

Je me suis rendue compte que la voix de l’homme avait changé. Je me suis souvenue. C’était le petit homme qui m’avait accompagné. J’étais soulagée.

_ Hum… En fait,  je… Hum… Je… ( Je ne trouvais pas les mots, et j’étais essoufflée. )

_ Que vous est il arrivé ? Reprenez votre respiration. Avez-vous couru ? Où diable est votre sandale ? Peu importe, (il soupira, hocha la tête désespérément) madame Prescott est prête à vous recevoir, suivez-moi, et cette fois-ci, ne vous perdez pas !

J’acquiesçais et  le suivais. J’emboîtais ses pas. Enfin, j’arrivais devant la porte de madame Prescott. L’homme en question frappa à la porte, un portier l’ouvrit sous l’ordre de celle-ci.

_ Madame, la nièce de l’une de votre servante souhaite une audience.

_ Faîtes-la entrer je vous prie.

Il me dit d’entrer, et ferma ensuite la porte derrière moi.

Je vis dame Prescott, elle était élégante. Elle portait une magnifique robe de couleur grenat et argenté. Elle portait des bijoux sur son cou, ses bras et même ses cheveux. Elle se leva et marcha avec hautaineté. Elle se tenait bien, une bonne posture qui pourrait intimider tout le monde. Elle marchait avec assurance, elle était ce qu’on peut appeler une Dame. Elle pourrait se rivaliser avec une reine ou une duchesse.

Les cheveux bruns et les yeux gris clairs, pour son âge, elle avait l’air de rajeunir.


En me voyant, elle avait un air dégoûtée, elle me dévisageait, faisant même une légère grimace. J’avais honte, elle regarda en bas avec mépris, je me suis souvenue que j’avais perdu ma sandale car je me suis enfuie. J’époussettais ma robe et arrangeais mes cheveux pour paraître plus présentable.

_ Où sont vos chaussures jeune fille ? Et vous transpirez beaucoup, avez-vous couru ? Dans ma demeure ce genre de négligence n’est pas tolérable ! Soyez présentable !

_ Je m’excuse madame, je l’ai perdu quand je me suis enfuie de…

Je m’arrêtais de parler, je ne voulais pas lui raconter que j’avais agressé l’un de ses employés car il m’a vu dansé dans la salle de balle sans musique comme une folle, je cherchais donc un bon mensonge pour me sauver de ce pétrin.

_ De quoi donc vous vous êtes enfuies ?

_ Hum.. de.. de… (Une idée m’est venue à l’esprit) d’un rat ! criai-je, d’un énorme rat, un sale rat brun aux yeux gris. Je lui est jetée ma chaussure et je me suis enfuie car j’avais peur qu’il me tue ! Dis-je en gesticulant comme une gamine.

_ Un rat vous dîtes ?

J’acquiesçais, et elle avait cru, elle a même ordonnée à ces domestiques de tuer et de chercher ce maudit rat. Elle était furieuse. Elle disait qu’elle ne tolèrerait pas si ce genre de chose se reproduisait. Cela justifie la totale propreté de chaque pièce et le parfum de rose dans chaque recoin de la maison. Mme Prescott était sévère quand il s’agissait de la propreté et des bonnes manières.

Ce mensonge m’a sauvé la vie.

_ Enfin bref ! J’ai entendu la nouvelle concernant votre tante, comment va-t-elle ?

Je vous prie, asseyez-vous ! (Je m’assis à son ordre, face à elle, pendant qu’elle buvait un thé )

_ Elle va mal, son âge ne lui permet plus de travailler. Et elle m’a envoyé ici pour vous en informer. Elle ne souhaite guère perdre son travail.

_ Si elle ne peut plus nous fournir ses services, alors, je vous accorde ma permission de sa démission, dit-elle avec un ton placide en sirotant son thé.

J’étais confuse de sa réponse, je ne voulais pas que ma tante perde son travail, je voulais que cette femme nous aide.

_ Non ! Elle ne veut pas démissionner, vu qu’elle a travaillé dans votre manoir depuis des années, elle m’a dit que je pourrais demander de votre gentillesse, de me léguer la place de ma vieille tante. Elle est mourante, et on a besoin d’argent, j’ai ! besoin d’argent pour la sauver. Je commençais à parler fort, ne me rendant compte que mes larmes commençaient à tomber.

_ Mais on a beaucoup de domestiques dans le manoir et…

_ S’il vous plaît ! Je ferai le double de la tâche de ma tante, je serai dévouée et fidèle. Je travaillerai tous les jours sans répits s’il le faut.


_ Mademoiselle, nous ne recrutons pas ainsi. Nous avons des critères et…

_ Je sais cuisiner, nettoyer, lire et même écrire ! Je vous en supplie, je ne veux pas perdre ma tante, je n’ai pas envie de perdre encore ma famille. Elle est tout ce qui me reste dans ce maudit monde.

Et je sais tous faire, la lessive, tous…

_ D’accord, d’accord ! Mais arrêtez de pleurer. C’est vrai que je vous dois tout pour les services de votre tante durant ces années, alors j’ai l’honneur de vous acceptez.

_ Je vous en suis redevable madame !

J’essuyais mes larmes, l’espoir renaissait dans mon esprit.

_ Vous commencez à travailler dès demain à sept heures, le retard est impardonnable, vous devez être ponctuelle.

_ Oui madame ! Vous ne serez pas déçues de mon service et de ma fidélité.

Et c’est à ce moment là que mes problèmes commencèrent, mon entrée dans ce manoir était le début de la transformation de ma vie. Rien n’était plus comme avant, j’y ai connu la passion, l’amour, la mort, la honte et même la dépression. Ce travail que j’ai cru sauver ma tante de la mort n’est juste qu’un portail pour l’y conduire elle et les autres.


Je n’aurai jamais pensé que ma décision de faire partie de ce manoir allait changer le cours de ma vie, et de mon destin. Tout commence maintenant, et ce termine en un seul claquement de doigts. Ma naïveté et mes rêves me guideront à ma perte.





 

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