Love to Lose You - Étape 1 : Fuir

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Summary

Quand le destin choisit à votre place où vous appartenez, vous n’avez plus le choix. Tomber un amoureux de quelqu’un qui jouait dans un terrain plus avancé que moi était un risque que j’étais prêt à prendre pour elle… mais j’ai fui. Dois-je continuer à me battre contre les pros quand je ne suis qu’un membre débutant ? Pourtant, j’ai désormais le niveau pour mais me pardonnera-t-elle car j’ai fait l’exact opposé ?» « L’aimer, c’était comme une unique flamme dansant au milieu de l’océan. Seulement, ma seule flamme était capable de faire s’évaporer tout l’océan Pacifique, uniquement pour lui mais il a abandonné. Nos différences sociales avaient pris le dessus. Quel leçon dois-je retenir ? Dois-je jouer dans ma propre cour et trouver quelqu’un de mon niveau, qui lui n’abandonnera pas au premier obstacle ? Ou dois-je continuer de jouer sur le terrain des intermédiaires et l’encourager à se battre pour nous, même après tant d’années ? » « Je suis un professionnel dans mon domaine. Voir ces deux joueurs indécis me fait assez rire. Pourquoi viser si bas quand elle peut avoir Moi ? Seulement, cette joueuse pro est de mon niveau et j’aimerais me battre contre elle pour pouvoir l’avoir, non CONTRE mais AVEC moi. Elle mérite quelqu’un qui sache jouer avec le feu aussi bien qu’elle. Je suis le pétrole qui aidera cette petite flamme à faire s’évaporer tout le Pacifique. »

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Sous-Étape 1

7 ans plus tôt

•••

« Comment j’aurais pu savoir ? Je sais pas moi. On est deux dans cette salle et c’est moi qu’on pointe du doigt ? J’ai l’air d’une fumeuse ? Non ! Mais la prof ne veut rien savoir. »

C’est que me raconte ma petite sœur de 16 ans, Ziv, la version courte de Zivena. Sa vie de lycéenne a l’air bien palpitante mais pas pour moi. Dans le pire des cas, parmi ses notes catastrophiques, on ajoutera mauvaise conduite et insolence en plus de fumeuse. Et honnêtement, c’est très mauvais signe. Papa est sur notre dos. Nos dossiers scolaires doivent être parfaits pour intégrer les meilleurs écoles.

Quand bien même, on aurait gâché notre année, rien n’est impossible lorsqu’on possède de l’argent, une certaine notoriété, un statut, une réputation, des yachts, des pots de vins et tout le tralala. Le pire était lorsqu’il nous confrontait. Les mots durs et cruels, les gestes violents, les morales. J’en ai vu des vertes et pas mûres pendant mes années de lycée. Nous le craignons tous. Nialls Butler.

Et nous le haïssons tous. Nialls Butler.

Pour vous dire, il lui est déjà arrivé d’enfermer Emerson, notre grand frère dans le grenier, sans eau ni nourriture pendant deux jours car il lui manquait deux points pour avoir 20 à un test de maths à la fac : « Réfléchis aux deux points que tu as gaspillé pendant deux jours, abruti ». C’est ce qu’il lui a craché avant de fermer la porte à clé. « Que ça vous serve de leçon à vous deux mesdemoiselles » nous avait-il dit.

Quel malade ! Ziv et moi avions 7 et 10 ans quand même. Et Emerson, 19 ans.

Cependant, il s’est très vite calmé quand Emerson a tenté de se suicider suite la pression constante que lui mettait notre père. Disons qu’il a arrêté de nous harceler… temporairement, ou alors il a juste baissé d’un niveau.

Cet événement a jeté un froid sur notre famille. Notre mère, Meredith ne lui adresse plus la parole. J’ai regardé un film indien récemment, Shehzada, le remake d’un film telugu. Le personnage principal Bantu disait à un couple : « Vos portes sont tout le temps fermées. Ça peut se comprendre au début d’un mariage. Il y a beaucoup de choses à se dire. Mais si les portes restent fermées au bout de 30 ans de mariage, cela veut dire qu’à l’intérieur, le silence règne ».

Cette réplique résume très bien la situation entre mes parents. Nialls se bat pour faire sortir un son à ma mère, n’importe quoi mais elle se mute dans ce silence. Elle l’avait prévenu des milliers de fois, de nous laisser tranquille vivre nos vies d’enfant, de commettre nos erreurs pour ensuite en apprendre. À vouloir la perfection, il a failli perdre son fils. Ce silence a commencé dès lors qu’il a osé dire qu’Emerson était juste un faible d’esprit. Non seulement il a récolté le silence de sa femme, mais le silence et le haine de son propre fils.

Emerson n’est plus ce qu’il était, ni le « faible d’esprit ». Il est devenu impitoyable avec le monde extérieur, renfermé. Il a quitté le domicile familial et il a fondé sa propre entreprise récemment à seulement 28 ans. Il est le principal concurrent de notre entreprise en l’espace de si peu de temps. Et nous avons la formelle interdiction d’aller le voir.

C’est ce qu’il croit. Il peut nous interdire, mais lui ? A-t-il encore le pouvoir d’empêcher Emerson de venir voir ses petites sœurs adorées ?

Non.

Si on en revient à Ziv…

Y a rien à ajouter, elle est dans la merde totale. Pff. Que notre père ait baissé d’un niveau, ok. Mais on est devenues ses cibles et moi plus qu’elle. Il est sur mon dos. Emerson devait être l’héritier de Butler Collections and Company. Mais puisqu’il a déserté, je suis devenue sa cible numéro un. Il ne me lâche pas du tout. Je dois exceller dans tout ce que j’entreprends. Le niveau a encore baissé pour elle car elle est dans les cas perdus et irrécupérable. Ziv en aura pour son grade. Il ne faut pas se méprendre. On a un nom et une image à préserver. Mais Maman la protège de la même manière qu’elle aurait voulu le faire pour nous, les aînées. Elle sort les griffes sans parler.

Je n’ai pas le droit à l’erreur. Sauf que j’en ai commise à l’insu de Nialls Butler qui me coûtera très cher.

***

— Zaylee !!! Descends !

Je me fige en entendant la voix de mon père hurler en bas. Est-ce qu’il sait pour…

— Tu crois qu’il sait ? s’inquiète Ziv.

Non. Elle et moi, on ne s’inquiète pas pour la même chose. Ziv s’inquiète que notre père puisse être au courant que je suis allée défendre Zivena au lycée ce matin, avec des tests qui confirment que ma folle de sœur ne fume pas et de l’argent pour acheter leur silence.

Moi, je m’inquiète pour… tout autre chose encore plus grave.

— ALI !!!

— J’arrive !

Je sors de ma chambre en trombe. J’ai peur. À vrai dire, je tremble un peu. Je descends les escaliers principaux menant au grand salon. Du haut de ces mêmes escaliers, je vois des gens assis sur le canapé. La panique commence à m’envahit petit à petit. Je reconnais le principal Lexis Huffman, le surveillant qui a dénoncé Ziv, Yann Shwartz, le responsable des surveillants lui-même Ryan Holland.

D’accord. Double problème.

Que Huffman soit là ne m’étonne pas d’habitude. Il traîne toujours ici pour lécher les bottes à mon père et lui soutirer des dons. Je le connais très bien. Pour avoir suivi la scolarité de tous les gamins de cette maison.

Le problème, c’est les deux surveillants. Mais j’en ai encore plus avec la présence du responsable des surveillants, Ryan Holland.

— Aurais-tu quelque chose à m’avouer ?

Il m’a perdu car je ne sais pas exactement ce que je dois avouer. Si je propose l’option 1, je suis finie mais si je choisis l’option 2, je vais être décimée de cette terre. Alors je choisis l’option 3, même si ce n’était pas proposé : feindre l’ignorance.

— Je suis censée me sentir coupable de quelque chose ?

— Ne joue pas sur ce terrain-là, Zaylee Butler. C’est le seul domaine où tu ne peux exceller.

Je ravale les mots amères et les insultes qui me viennent à l’esprit. Il ne sait pas ce que je suis capable de faire, ni ne connaît ma stratégie et mon agilité sur un terrain. Je me rappelle des mots d’Emerson.

« Ne supporte pas ce qu’il dit. Ravale-les pour les lui recracher au moment le plus opportun. C’est la seule manière de t’en sortir. Sois plus maline que lui, et quand il le faut, cède. »

— Monsieur Holland, veuillez rafraîchir la mémoire de ma fille. Du haut de seulement 19 ans, elle semble déjà s’affaiblir.

Je grince des dents. Il est en train de jouer avec mes nerfs.

— Zivena a été prise en train de fumer pendant une heure de colle avec un autre élève collé. Zivena a appelé en cachette Zaylee en renfort et a essayé d’acheter notre silence.

Je vois ce Holland jubiler. J’aimerais effacer ce sourire de son visage.

— Vous avez omis le fait que j’ai soumis des tests montrants que Ziv n’a jamais fumé et que votre Yannick les a jeté à la poubelle-

— Et tu te sens fière ? me coupe mon père. Tu pensais qu’en faisant ça, jamais je ne l’aurais su ?

Je ricane dans ma barbe.

— Je voulais éviter à Ziv de se faire enfermer dans un grenier aussi, me justifiai-je.

— Tu n’es pas encore capable de marchander avec qui que ce soit. Si tu voulais le faire, fallait être plus intelligente et marchander avec quelqu’un qui ne travaille pas déjà pour moi. C’était puérile de ta part. Tu n’es pas moi, ni chef de famille. Je prends les décisions et tu n’as aucun droit d’agir en mon nom.

— Agir en ton nom ? Ça ne m’a jamais intéressé. C’est le dernier de mes souhaits. Je défends ma sœur. Ils ont accusé Zivena de fumer. Elle n’a jamais fumé de sa vie.

— C’est elle qui te l’a dit ? s’indigna-t-il en feignant le choc. Et tu l’as crois ?!

J’entends Zivena dévaler les escaliers. Purée, qu’est-ce qu’elle fait ?!

— Elle au moins, elle me croit ! J’empêchais Kilian de se brûler avec les mégots de cigarettes. Il les fumait puis les écrasait sur son poignet.

— Et la raison pour laquelle tu étais collée ? Tu ne l’as pas dit, jeune fille.

Mais sérieux ?!

— Je suis sortie en plein cours pour aller le chercher car il a des problèmes. Il allait prendre le volant d’une voiture sur le parking du lycée ! Celui de son harceleur, car certaines personnes ici préfèrent protéger le fils du maire que celui d’un mec qui se fait harceler nuit et jour. Et puis, même, si j’avais dit la vérité, tu ne m’aurais jamais cru. T’aurais trouvé un moyen de m’incriminer ! s’écria-t-elle avant de sortir en trombe de la maison.

— Ziv ! l’appelai-je.

Je regarde mon père avec plein de reproches et je cours derrière elle.

Ça, je n’étais pas au courant. Je sais que ce Kilian fume, il est renfermé sur lui-même et est souvent seul. Ziv et lui sont meilleurs amis mais ça, vaut mieux qu’il sache. Kilian joue beaucoup avec le danger. Il vit seul. Personne ne le sait mais je sais que sa famille est très riche et fait partie d’une certaine élite. Il a un grand frère dont je n’entends jamais parlé et un père absent trop occupé par sa carrière de politicien.

Kilian a un handicap, d’où l’harcèlement scolaire. Il lui manque une jambe suite à un accident. Je ne connais pas les détails. Il était assez violent chez lui et dans son école suite à cet événement. Il avait l’air d’en vouloir à tout le monde. Son frère est son tuteur légal et il a jugé bon de le faire déménager seul. Enfin, c’est Kilian qui a souhaité et il a eu ce quil voulait. Personne ne sait qui il est vraiment, qui est son père ou son frère. Ziv ne m’en a jamais parlé et je n’ai jamais demandé car ça ne me concerne pas.

Je ne pensais pas qu’il était si atteint.

En rejoignant Ziv, je sais déjà où elle est partie se cacher. Je marche puis tourne à l’angle un peu plus loin. Je lorgne vers ce vieux pickup bleu clair qui penche vers la rouille. Je tique un peu. Il a vraiment besoin d’un coup de peinture mais si je le dis, il va m’en vouloir.

J’ouvre la porte côté passager et m’assois. Je me racle la gorge. Dans le rétro intérieur, sur la banquette, une tête de fausse blonde apparaît.

— Comment tu m’as trouvé ?

— C’était logique.

— Pourquoi il ne m’écoute jamais ? souffla-t-elle en s’allongeant.

— Je me le demande aussi. Mais ignore-le. Tu sais très bien que c’est futile de lui parler. Bref. Et Kilian ? Le coup des cigarettes ? Il fait ça depuis quand ?

Elle prend le temps de réfléchir.

— Une semaine. Ou deux. Il veut rien me dire. Il agit. Seth ne le lâche plus et il continue de le traiter d’estropié.

Seth Westwood. Ce gamin m’a toujours horripilé. Lui et sa bande. Qu’il court derrière un ballon de rugby. Ok. Derrière ma sœur. Ok. Elle sait se débrouiller. Mais derrière les plus vulnérables ? On est où là ?

— Tu veux que j’aille lui parler ?

— Tu peux toujours essayer. Il te dira qu’il s’en bats les couilles. Comme d’hab.

La portière côté conducteur s’ouvre. Le conducteur reçoit une chiquette derriere la tête de la part de ma petite sœur.

— Pourquoi ??! geint-il.

— Pourquoi t’es venu ? T’avais dit que tu gérais ? Pourquoi Huffman est au courant ? T’es inutile, railla-t-elle.

— Tu le méritais. T’as été insolente et effectivement, tu as fumé une taffe quand je t’ai dit non.

Je les regarde se chamailler. Il est beau. Tellement sexy. Mais son satané sourire m’irrite.

— Arrête de me regarder comme ça.

— T’es sexy quand t’es autoritaire.

Je m’approche. Il recule puis c’est lui qui se jette sur mes lèvres.

— Eh oh ! Je suis là ! Déjà, Ali flippait déjà quand elle t’a vu dans le salon. Elle a sûrement cru que papa savait pour vous deux.

— La ferme, lui dis-je.

— Moi aussi, j’ai eu peur au début. S’il le découvre, c’est fini pour nous.

Je grogne.

— Ryan Holland. Tu veux mon poing ?

— Quoi ? Tu mérites mieux que moi et mon vieux taco.

— Tu pourrais la fermer une seconde ? Je ne me suis jamais aussi en sécurité et dans un endroit familier qu’ici. On n’est pas dans ces films de romance où le mec modeste se sent inférieur à sa copine la riche héritière.

— On sait comment terminent ces histoires.

— Ce ne sont pas des films qui vont décider de notre avenir. Tout dépend de nos décisions. Si tu décides de ne pas lâcher, alors on fera tout pour s’accrocher. Faut toujours se donner le moyen et le défi. Je déteste perdre et j’aime le danger et le challenge. Si tu laisses tomber, je te retrouverai et je te traînerai par la peau des fesses pour qu’on continue notre bataille. On est clairs ?

— Non, on est foncés ! crie Zivena.