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Chapter Notes
Message d’un migrant africain noyé dans la mer... (Rapporté par les réseaux sociaux).
« Ô maman ! Je suis triste ! Je souffre, ô maman! La barque qui nous transporte sombre et... qui sait, peut-être qu’au moment où tu liras ce message, je serais déjà dans le ventre d’un requin ! Pas de chance, mère, je n’ai pas réussi à atteindre l’autre rive, le paradis, l’Eldorado tant désiré. Je sais maman, que j’ai laissé derrière moi un fardeau de dettes sur le dos de la famille, je m’en suis servi pour échapper à ces trafiquants de la traite humaine dans le désert effroyable puis cette mer horrible. J’aurais surement réglé toutes les dettes si j’avais atteint la terre paradisiaque de l’autre rive, mais...
Mère, je t’en supplie, tiens bien, reste forte comme je t’ai toujours connue ! Ne sois pas triste, si tu ne reçois pas mon corps pour m’enterrer prés de mon père et grand-père au cimetière du village avec ma sœur aînée détruite par ce méchant choléra, et mon frère qui a péri des suites du virus Ebola !!Désolé maman ! Ravagé par le chagrin... Ô maman ! La pauvreté et l’indigence, les guerres civiles et les épidémies se sont accordées pour me faire du mal ; orchestré ce complot pendant la nuit et se sont alliées contre moi. Ce sont elles, je jure par Dieu, qui m’ont incité à en arriver là... Maman, n’oublies pas que toi-même tu as reconnu, la dernière nuit d’adieu, qu’ils ont réussi à te convaincre. Que veux-tu mère ? Ceci est notre destin, je n’en pouvais plus, je devais tenter l’aventure comme les autres camarades africains qui veulent le paradis, séduits par un slogan écrit sur une bannière blasonnée (pour une vie meilleure..)!! De là notre malheur, maman ! Pourtant mes rêves - comme tu le sais - sont très simples : régler nos dettes, construire une maison avec un toit de zinc, au lieu des branches d’accacia, et m’acquérir d’une moto Yamaha pour atteindre la ville d’à côté où je souhaitais ouvrir une petite boutique au marché populaire.
Pardon petit frère! Je suis désolé ! Je t’avais promis un ballon en cuir et le maillot de Chelsea, le numéro 11 de Didier Drogba.
Je t’en supplie chère petite sœur, pardonne-moi, si je n’ai pas pu tenir ma promesse de t’acheter une poupée et t’emmener au parc d'attractions pour voir les marionnettes.
Enfin, mille pardons ma chère patrie!! Tous les deux sommes déjà morts, juste les causes diffèrent : Moi par noyade et toi égorgée par nos dirigeants militaires qui ont excellé dans les coups d’état !!
Merci mer de Rome, la Méditerranée pour ton accueil. Les charlatans prétendent que tu es blanche, les félons leurrés imaginent que tes semblables noirs et rouges prennent leur agora là-bas en Orient!! Avec ça, que l’on soit rassuré, tu es superbe!
« Enfin…
Ô naufrage, bienvenu !
Bienvenue clapotements !
Plouf ! Plouf ! Plouf !
Adieu, ô misérable Sud ! »
Source de l'information:
Ce message serait retrouvé dans une bouteille scellée avec d’un bouchon en liège, au large de la côte de l'île Lampedusa ; le migrant probablement noyé, l’aurait rédigé à l’avance : « Si je vis, se dit-il, ce sera formidable, un rêve de réalisé, et si la mer est indomptable ou si les vagues se montrent insurmontables - comme c’était prévisible, qui sait… », Sur la bouteille, il avait laissé un baiser d'adieu, au dernier moment, alors conscient, après avoir consumé ce qui lui restait d'énergie pour survivre.