Étreinte glaciale

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Summary

Si on m'avait dit qu'un jour, je viendrais à t'aimer, toi, l'insupportable Hayden Clark, je n'y aurais jamais cru. Mais pourtant, c'est ce qui est arrivé. Mais toi, Hayden, tu restes une énigme. Ton déménagement à Givrelac, ton charme mystérieux, tout cela me pousse à te connaître davantage. Et même si tu es loin d'être le genre de personne que j'aurais imaginé aimer, tu es devenu le pôle magnétique qui attire mes pensées. Dans cette froideur hivernale, tu es devenu mon rayon de chaleur imprévu. Alors, Hayden Clark, insupportable et charmant à la fois, que réserves-tu encore dans cette saison que je croyais détester ?

Status
Complete
Chapters
55
Rating
4.8 21 reviews
Age Rating
16+

Le petit nouveau

Alors que le premier flocon tombait, on l’entendait chuchoter les secrets d’un conte hivernal prêt à commencer... Je pourrais continuer mon récit avec la phrase : il était une fois une petite fille à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme le bois d’ébène, mais ce serait plutôt cliché comme début. Puis, soyons honnête, on a déjà entendu cette histoire mille fois.

Bref, je m’appelle Winter ce qui est plutôt ironique, car je déteste l’hiver. Mes parents, amateurs de poésie ou d’ironie, ont trouvé que ce serait un prénom parfait. Mais franchement, il n’y a rien de parfait dans le froid glacial, les jours gris et les après-midis qui tombent dans l’obscurité à quatre heures.

On pourrait dire que je suis la quintessence de l’anti-hiver. Mes pas résonnent sur le sol gelé, chaque crissement de mes bottes dénonçant mon mépris pour cette saison interminable. Alors que la neige caresse doucement la terre, je la vois comme une invitation à l’enfer blanc plutôt qu’à un conte de fées hivernal.

Les flocons de neige, pour moi, sont des messagers du désordre, des petites bombes glacées qui transforment la simple sortie pour aller chercher le courrier en une expédition arctique. Et ne parlons même pas des bonhommes de neige. Franchement, qui a besoin d’un ami qui fond en un gâchis d’eau froide dès que le soleil pointe le bout de son nez ?

J’habite une petite ville nommée Givrelac avec mes parents et mon petit frère Jasper. Jasper, ce petit tourbillon d’énergie que je donnerais volontiers aux loups, semble avoir fait de sa mission de vie de m’énerver. Heureusement pour ma paix intérieure, il n’a pas encore atteint le stade de l’adolescence, et je peux me réjouir du fait qu’il ne fréquente pas la même école que moi.

Givrelac, notre petite ville où le froid s’immisce dans chaque recoin, se résume à une poignée de bâtiments. Il y a l’école primaire où Jasper passe la majorité de son temps, le collège qui se contente d’exister, le lycée où je traîne mes bottes détestant, et pas de fac parce que, soyons réalistes, Givrelac n’est guère plus grand qu’un mouchoir de poche.

Alors que je pensais que ma vie se résumerait à un ennui qui laisserait place à une mort lente, il est arrivé. Tout le monde le surnommait ” le petit nouveau ” , alors qu’il dépassait la moitié des élèves d’une bonne tête.

Toute la ville parlait de lui. Il était extrêmement rare que de nouvelles personnes viennent s’installer à Givrelac, une petite ville figée dans le givre du temps. Cependant, le “petit nouveau” avait réussi à rompre avec la monotonie de notre communauté . Tout le monde en parlait, échangeant des ragots et des spéculations sur cet étranger qui avait choisi notre coin isolé du monde pour s’installer.

Il fréquentait mon lycée, ajoutant une touche de fraîcheur inhabituelle aux salles de classe. Toutes les filles étaient paumées devant lui. Il lui suffisait d’un sourire charmeur et tout le monde fondait. Pathétique. Pour ma part, je ne comprenais pas cet engouement général. Certes, il avait l’air différent, avec ses cheveux blonds qui brillaient comme des éclats de soleil sur la neige et ses yeux verts mystérieux. Mais quelque chose en moi résistait à succomber à son charme.

Je ne l’aimais pas, peut-être à cause de mon penchant naturel pour le cynisme ou parce que je préférais garder mes distances avec tout ce qui pouvait perturber la tranquillité de ma vie. Alors que tout le monde était captivé par le “petit nouveau”, j’essayais de rester en marge de cette fascination collective.

Malheureusement, tous mes cours étaient avec lui. Hayden Clark, le “petit nouveau” qui avait bouleversé la quiétude de Givrelac, faisait désormais partie intégrante de ma routine quotidienne. Sa présence arrogante dans les salles de classe était comme une tempête imprévisible, secouant l’ordre tranquille que j’avais tant pris l’habitude de détester.

Un jour, notre professeur de sciences, Mme. Anderson, essayait d’expliquer une équation complexe. Hayden, bien sûr, ne pouvait pas s’empêcher de la couper.

— Madame Anderson, c’est tout simplement faux, déclara-t-il avec un sourire condescendant.

Mme. Anderson, visiblement agacée par son insolence, tenta de garder son calme. Elle le défia alors en lui demandant de se présenter au tableau et d’expliquer la solution correcte à l’équation. Hayden, sûr de lui, se leva avec un sourire narquois.

Il résolut l’équation avec une facilité déconcertante, comme si les chiffres et les lettres s’alignaient parfaitement sous sa volonté. Un silence pesant s’installa dans la salle de classe, les autres élèves fixant Hayden avec un mélange de fascination et de perplexité.

Mme. Anderson, pourtant bouleversée par la réponse correcte, ne dit rien. Ses yeux montraient un mélange d’admiration et d’incompréhension. Hayden regagna sa place avec un air triomphant, comme s’il avait prouvé sa supériorité sans même avoir besoin de mots.

Cette attitude méprisante ne se limitait pas aux professeurs. Il s’exprimait de la même manière avec ses camarades de classe, comme s’il considérait tout le monde comme inférieur. Son aura arrogante ne faisait rien pour atténuer l’animosité que je ressentais envers lui.

En plus de cela, Hayden ne perdait pas une occasion pour flirter avec une fille. Son charme semblait agir comme un aimant, attirant l’attention des étudiantes qui se laissaient volontiers séduire par ses paroles douces et ses regards mystérieux. J’observais cette comédie romantique se dérouler sous mes yeux, consternée par la facilité avec laquelle il manipulait les émotions des autres.

Un jour, un programme d’aide scolaire fut organisé au lycée. Bien que je réussisse dans toutes mes matières sauf en sciences et en maths, mes professeurs décidèrent de me jumeler avec un étudiant doué pour m’aider à m’améliorer dans ces deux domaines. J’avais essayé de négocier avec eux en leur promettant de travailler davantage, mais ils refusèrent catégoriquement. À la fin de la journée, l’étudiant en question m’attendrait dans la cafétéria.

Je redoutais l’heure fatidique où je devrais aller à cette séance d’aide scolaire. La cafétéria, d’ordinaire animée par des rires et des discussions étudiantes, semblait soudainement devenir un lieu de torture.

Pour éviter au maximum ce moment désagréable, je fis exprès d’arriver en retard à la cafétéria. J’avais aucune envie de me retrouver avec un étudiant qui ne ferait que parler en langage d’équations pour une heure complète.

Avant d’entrer, je pris mon téléphone et appelai mes parents pour les aviser de mon retard.

— Bonjour, Faith, dit la voix douce de ma mère après la troisième sonnerie.

— Salut, maman, je voulais juste te prévenir que je serai un peu en retard aujourd’hui. Il y a un programme d’aide scolaire, et je dois rencontrer un tuteur dans la cafétéria.

— Oh, d’accord, ma chérie. Est-ce que tout va bien? Tu n’as pas besoin d’aide pour tes devoirs à la maison?

Je poussai un petit soupir avant de répondre :

— Non, ça ira, maman. C’est juste pour les cours de sciences et de maths. Ils insistent pour que je participe à ce programme.

— Eh bien, c’est bien que tu prennes l’initiative de t’améliorer. Ne t’inquiète pas, ça se passera bien. Et puis, Jasper t’attend pour construire ce bonhomme de neige. Il a hâte.

En entendant cela, je ne pus m’empêcher de rouler des yeux. La dernière chose que j’avais envie de faire en ce moment était un bonhomme de neige. Non. C’est faux. Laissez moi reprendre : la dernière chose que j’avais envie de faire en ce moment était de participer à ce foutu programme.

— D’accord, merci, maman. Je vais essayer de faire vite, promis.

— Prends ton temps, Faith. À tout à l’heure.

Je raccrochai, laissant échapper un soupir d’exaspération. Mon regard se posa sur la porte de la cafétéria, et je me préparai mentalement à affronter cette séance d’aide scolaire que je prévoyais longue et pénible.

Lorsque j’entrai enfin, la cafétéria résonnait des bruits habituels, mais aujourd’hui, chaque rire et chaque discussion me semblaient amplifiés.

— Bonjour, mademoiselle. Quel est ton nom pour que je puisse t’assigner un tuteur ? demande une femme dans la quarantaine devant la porte.

— Winter Evans, répondis-je avec un soupçon d’irritation.

La femme parcourut une liste de noms sur une feuille, puis hocha la tête.

— Ah, oui, Winter. Tu es censée être avec Hayden Clark. Il t’attend là-bas, désigna-t-elle une table dans un coin.

Je m’étouffais avec ma salive. C’était une blague.

— Y’a t’il un moyen pour changer de tuteur, demandai-je, la voix presque suppliante.

La femme me regarda avec curiosité, mais secoua la tête.

— Non, chaque élève a été jumelé avec un tuteur en fonction de ses difficultés spécifiques. C’est le meilleur moyen pour progresser, assura-t-elle.

Je soupirai, résignée, et me dirigeai vers la table où Hayden m’attendait. Il écrivait quelque chose sur son téléphone, et lorsque je m’assis devant lui, les jambes croisées, il ne leva même pas les yeux.

Hayden semblait aussi enchanté que moi par cette séance d’aide scolaire. Je n’avais aucune idée de pourquoi il avait été choisi comme mon tuteur, mais il semblait évident qu’il n’était pas plus ravi que moi d’être ici.

— Je te redonne le bonjour, dis-je, ironique.

Hayden leva les yeux de son téléphone et soupira de mécontentement. Son regard pétillant d’arrogance se posa sur moi.

— Oh, l’enthousiasme débordant, commenta-t-il avec un sourire narquois.

— Tu ne sembles pas non plus ravi d’être ici, répliquai-je.

Il haussa les épaules avant de commencer la séance. Je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’il expliquait, et à un moment donné, je le coupai.

— C’est bon, Hayden. Aucun de nous deux n’a envie d’être là, alors va dire à la dame que je suis un cas perdu.

Hayden leva un sourcil, manifestement surpris par ma déclaration.

— Pourquoi ferais-je ça, beauté ? répliqua-t-il, un sourire malicieux aux lèvres.



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Nessi Bo