Odjin, ville de lumière
La rumeur se répand dans toute la ville. Une nouvelle reine va être couronnée pour gouverner la grande ville d’Odjin. Les habitants sont heureux et peuvent enfin voir leur avenir promis à un merveilleux destin, mais ceux qui sont particulièrement ravis, ce sont les Kuro Ningen, les brigands de la rue, qui détroussent, volent et massacrent. Et dans l’ombre, le chef du clan se met à sourire de ce couronnement, car il aura une nouvelle reine à voler, et un royaume prospère comme nouveau terrain de jeu.
- Dis moi, Ropar, dans combien de temps est-ce que la nouvelle reine sera couronnée ? dit un jeune homme d’un ton lassé, les yeux à demi-fermés.
Il était attablé, une chope de bière dans la main, dans une grande pièce devant une porte vitrée surplombant la ville, le Palais Royal droit devant. Un homme grand, au cheveux sombres et à la mine jeune, s’approcha de lui et dit d’un ton hésitant :
- Dans deux mois, le 17 Janvier de l’an 2061.
L’attablé porta sa chope à ses lèvres, et bu quelques gorgées, après quoi il se mit à sourire malicieusement.
- Parfait, lâcha-t’il d’un air satisfait, on a du travail à faire jusque-là, transmet cet ordre à toutes les bases « Tenez vous sur le qui-vive, la guerre va bientôt commencer. »
Il se leva et laissa entrevoir son visage caché sous une capuche noire de jais, il portait un masque orné de motifs, une croix christique se dessinait autour de la fente de son œil droit et ses cheveux bleus faisaient contraste avec ses yeux d’ébène. On ne voyait que le bas de son visage balafré, un tatouage en ligne partait de son œil droit et descendait jusqu’à sa main.
- Je me souviens encore de cette histoire…
Il se déplaça lentement, un pas après l’autre, sa voix douce hypnotisant tout ceux qui l’entendait :
- Oui…c’était en 21…Kylian Wellington Bonaparte…appelé Kylian Gauthier par adoption, un simple mortel choisi par le destin pour devenir un dieu. Kaminore, le mortel aux yeux divins.
Il s’avança vers une statue qui se trouvait au centre de la grande cave.
- Tu as choisi d’hypnotiser le monde pour que seuls subsistent la foi en ta personne et tes ordres…tu pensais pouvoir unifier le monde…
Il tourna le dos à la statue, banda son petit doigt avec son pouce et le relâcha par-dessus son épaule, la statue explosa dans un bruit sourd, les autres membres observaient la scène et mirent la tête dans leurs bras pour se protéger des débris qui volaient à grande vitesse.
- Espèce d’imbécile, non seulement tu n’as pas été fichu de finir le travail, mais en plus…tu ne t’es même pas occupé de ceux que tu as laissé.
Un vieil homme barbu s’approcha du jeune homme lentement; n’étant plus qu’à quelques mètres il leva une main tremblante :
- Ch…chef ?
Instantanément, le jeune homme tourna la tête et jeta un regard froid au vieux. Ce dernier s’écroula un poussant un cri, son écho se fit entendre dans toute la pièce des gouttes de sueur tombèrent sur le sol, et toutes les personnes se rassemblèrent en cercle autour des deux voleurs. Le jeune homme leva majestueusement les bras et prit la parole :
- Mes chers frères, mes chères sœurs…je renouvelle ma promesse. Je vais libérer nos vies de son joug, l’échec de Kaminore est un éclair de lucidité pour tous ! Notre courroux sera si violent que plus aucun monarque ne niera l’outrage de sa propre existence. Cependant je vous le jure…avec moi, Kylian Kuro Ningen, le monde ne subira pas un sommeil…mais une apothéose !
Quelques heures plus tard, Kylian était là, sous le ciel gris, assis en tailleur sur un toit surplombant un palais somptueux. A travers l’une des fenêtres, il voyait un homme à monocle et habillé d’une cape brillante, assis à un bureau, en train de rédiger des formulaires.
- Cenglo...murmura Kylian en se relevant, tu vas payer pour ce jour. Je te le jure.
Il s’élança de toute la force de ses jambes et sauta de toit en toit, et descendit dans une ruelle adjacente du palais. Kylian avait des gantelets de métal ornés d’un cristal bleu marine qui recouvrait un tissu rouge sang au niveau de ses avant-bras et de ses jambières. Il les remonta légèrement pour ne pas que le tissu soit voyant et baissa un peu plus sa capuche.
- Flammes célestes, Modèle Ulysse : Arcane du Voyageur, chuchota Kylian en souriant narquoisement.
Une pluie diluvienne commençait à tomber et le cristal sur sa jambe gauche se brisa. Aussitôt, tout s’arrêta ! Les oiseaux se figèrent, la pluie cessa de tomber...le monde était en pause. Une aura bleue marine semblable à du feu d’améthyste entoura Kylian, ainsi que des pétales couleur mer brillantes volant autour de lui. Il mit ses mains dans ses poches, et sortit de la ruelle.
-”10..." pensa t’il.
Il marcha devant le palais, arriva devant le portail majestueux et sauta par-dessus, le monde toujours immobile.
-”9..."
Il atterrit dans l’enceinte du palais, et marcha dans l’allée qui menait jusque devant la porte du palais. Il passa devant deux gardes en armure dorés et aux casques d’aigle en mouvement figé, l’un faisant un signe de main à l’autre. Kylian, toujours entourée de son aura, sortit une de ses mains de sa poche et, sans s’arrêter de marcher, lui mit un coup de poing.
Le son de l’impact était semblable à celui d’un boulet de canon et la tête du garde explosa sous l’impact, laissant un cou sans tête, le corps toujours debout par l’arrêt du temps, le sang et les morceaux de crânes figés dans les airs.
-”8..."
Il tendit sa main vers l’autre garde et une fine seringue rempli d’un liquide vert pâle fut décochée de son gantelet, elle se figea attendant la fin du sort pour se loger dans le cou de l’autre garde. Il remit sa main dans sa poche.
-”7..."
Il entra dans le palais par la grande porte en marchant nonchalamment, et la referma de sa main droite tatouée d’une tête de dragon. Il observa alors des domestiques portant des plateaux, dont l’un d’eux prêt d’un monte-plat. Il sortit des pièces d’or de sa poche et en mit une dans la poche de chaque serveur.
-”6..."
Il arriva devant le monte-plat, l’ouvrit et en sortit un plateau. Le serveur tout prêt venait juste de le mettre.
-”5..."
Des mains de Kylian sortirent des flammes bleues, et il enflamma le plateau jusqu’à le vaporiser complètement.
-”4..."
Il s’assit dans le monte-plat et le referma, dans le noir il voyait un point bleu briller fixement. C’était une caméra.
-”3..."
Il sortit de sa poche une bande et la mit sur la caméra, faisant défiler des images pré-enregistrées.
-”2...1, le temps reprend son cours." pensa Kylian.
Le monde se remit à bouger, le corps du garde tomba ainsi que les débris de son crâne, la seringue se planta dans le cou de l’autre garde, qui tomba et s’évanouit. Le monte plat-monta pendant quelques secondes
- ”Deuxième étape : Cenglo."
Le monte-plat s’ouvrit et Kylian arrêta le temps une seconde fois, mais se mit à courir cette fois-ci, en se mordant la lèvre inférieure.
-”3..."
Il ouvrit la porte d’une pièce et vit l’homme au monocle assis à son bureau.
-”2..."
Il referma la porte et se mit derrière la chaise de l’homme, les mains dans le dos.
-”1 !"
Le temps reprit son cours et le dénommé Cenglo était toujours devant ses papiers. Dehors, un orage était tombé et un éclair pourfendit le ciel, et en cet instant, une lame sortit du gantelet de Kylian et le planta au cœur en traversant son siège. Quand Cenglo ouvrit la bouche pour crier, Kylian lui mit la main dessus, et le regarda avec les grands yeux et un grand sourire jusqu’aux oreilles.
- Crève avec ce sourire comme dernière image
Le regard de Cenglo s’évanouit et il s’effondra sur son bureau. Kylian rétracta sa lame qui, en sortant, ne laissa aucune trace, les habits, le corps et le siège furent restaurés par magie, comme si rien ne s’était passé, à la différence qu’un homme était mort. Kylian sourit grand et son regard était exalté derrière ses mèches bleues. Il laissa deux cartes de tarot sur la table, entendit des pas venir à toute hâte, il courut jusqu’à la fenêtre, se suspendit à l’extérieur de celle-ci et la referma délicatement. Il sauta ensuite sur un toit et regarda le palais où le crime à été commis d’un œil moqueur.
- La mort, la justice et la tempérance. Essayez de trouvez des traces ADN sur ces cartes, avec des empreintes brûlées à l’acide, clama t’il d’un air de défi, les poings sur les hanches.
La pluie cessa, le ciel se dégagea et un fin rayon de soleil transperçait les nuages encore gris.
- Vengées en partie. Bon, je ferais mieux de rentrer, Ropar et Anny doivent m’attendre.