Prologue
Laurianne
L'ambiance est lourde, le silence est pesant, la galère est certaine, le doute est omniprésent... J'ai cette fichue chanson dans la tête depuis que je suis arrivée dans la salle d'attente. . . Fait chier ! Oups, désolée, je me suis emportée. J'aimerais tellement être ailleurs, mais d'un autre côté, je me dois d'être là, pour elle, lui, et tous ceux qui attendent, comme moi, des nouvelles rassurantes des gens qu’on aime. C’est long, deux heures à patienter, surtout quand on ne sait pas comment ils vont.
D'après les informations que j'ai pu glaner ici et là, le choc de l’accident de voiture a été violent mais il semblerait que mon amie soit dans un état moins grave que le conducteur.
La main liée à celle de Mme Beaumont, je craque. Des larmes coulent sur mes joues. Silencieuses et douloureuses. Je ne pense pas pouvoir surmonter mon chagrin si elle venait à mourir. Et même si ça fait moins longtemps que je le connais, je l'apprécie beaucoup et je serais aussi triste, si ce con ne s'en sortait pas.
Je suis assise sur cette putain de chaise à attendre de savoir comment ils vont, tandis que mon esprit, lui, s'est barré, il y a un bail... je repense à tous les moments qu'on a passés à trois depuis ce jour de rentrée, les bons comme les mauvais… C’est affreux, mais je n’imagine pas ma vie sans elle. Je voudrais qu’elle soit présente à mon mariage ainsi que le jour de la naissance de mon premier enfant, moi qui souhaitais l’avoir à ses côtés, en tant que marraine.
Un homme en blouse tâchée de sang pénètre dans la pièce aux murs trop blanc, et on se lève tous d’un bond, nous allons enfin avoir du nouveau, que j'espère positif.
— La famille de Mr De Saint Jean ?
Ses parents s'approchent, suivis de son meilleur ami.
— Dites-moi qu'il va bien docteur, sanglote sa mère.
— La blessure causée par l'impact a affecté une partie du lob frontal. Par précaution, nous l’avons plongé dans un coma artificiel.
— Mon fils va-t-il se réveiller ? demande le père, la voix tremblante.
— Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de vous le dire, à l’heure actuelle.
— Oh mon Dieu...
Choquée par les propos tout juste prononcés, la pauvre mère s'effondre dans les bras de son mari et ça me brise un peu plus le cœur. Je m'approche du docteur avant qu'il ne quitte la salle, je souhaite lui demander ce qu’il en est de mon amie.
— Comment va la jeune femme qui occupait le siège passager ?
— Mes confrères s’occupent d’elle, vous devriez bientôt en savoir plus. Mais je peux essayer de m’informer de son état.
Il passe la porte, et la tristesse me submerge tellement, que je fonds en larmes. Encore. C'est trop dur d'attendre. La peur de ne jamais revoir son sourire me prend aux tripes. Mais non, c’est une warrior, elle ne va pas mourir... elle doit s'en sortir... Je me répète ces mots encore et encore, je ne sais pas pendant combien de temps précisément, j'ai l'impression que les minutes défilent au ralenti.
On me tend un café que j'accepte avec joie. J’essuie mes larmes avec la manche de mon pull et remercie la personne qui me l’a amené. Après une attente interminable, le médecin revient vers nous et je prie de toutes mes forces pour que mon amie soit hors de danger.