Dénaturé

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Summary

Nous plongeons dans l'univers glauque de la famille Soyer. Colin se retrouve englouti dans une tempête familiale malsaine. D'une mère schizophrène à un père pervers narcissique, jusqu'à un demi-frère maladivement jaloux. Chacun d'entre eux sera la cause de sa descente aux enfers. Colin fera tout pour venger sa jumelle Ava, même si pour cela, il doit devenir encore plus sauvage, glacial et dénué d'émotion. Il deviendra le roi de sa propre folie. Un roi sans pitié, dominant et diablement sexy.

Status
Ongoing
Chapters
35
Rating
4.5 10 reviews
Age Rating
18+

La descente

JAYDEN

La lumière de la lune se reflétait sur la carrosserie rouge vif de ma Aston Martin, lui donnant un éclat irrésistible. J’ai garé la voiture devant l’énorme baraque de mon géniteur, attirant tous les regards avec son allure sexy et agressive. Dans le rétroviseur, je jette un coup d’œil à Max et Link bien installés sur la banquette arrière. Entre eux, se tient, une superbe rouquine. Elle est tellement bien proportionnée, j’en ai là trik. Cette idiote est complètement défoncée. Un sourire vicieux se dessine sur chacun de nos visages.

Mon regard se pose sur ma demeure. La fête Bat son plein, il y a du monde partout, à l’intérieur comme à l’extérieur. Ça se frotte et ça se tripote dans tous les coins. Rien de bien nouveau. Je ferme le moteur et fais signes à mes potes de la sortir de là. Je mets mes clefs dans ma poche arrière et avance vers la fête sans même attendre les gars. J’avance avec assurance vers cette immense maison à quatre étages. Chaque personne que je croise prend le temps de me saluer. De mon sourire le plus charmeur, je passe ma main dans mes cheveux châtains et fais plusieurs clins d’œil aux filles qui croisent mon regard. Je serre mes potes dans mes bras et prends un shooter d’un alcool inconnu, puis l’avale direct. Machinalement, je me dirige vers le salon. Puis je me couche de tout mon long sur les trois filles qui sont déjà bien installées. Elles gloussent comme de véritables petites salopes en chaleurs. Mon téléphone vibre dans la poche droite de mon jeans. Je décroche pendant que les trois filles passent leurs mains un peu partout sur mon corps et dans mes cheveux auburn.

- Ouais ? Je grommelle.

- Alors ? Tu l’as ?

Je me relève au son de la voix malheureusement familière au bout du fil et fais quelques pas. J’entends derrière moi des râles. Je me retourne, prend la plus canon des trois par la main et l’entraîne vers le premier.

- Ouais. Tu n’as qu’à venir t’en occuper. Je raccroche rapidement en continuant d’avancer dans la foule. J’atteins la porte de ma chambre, sans lâcher sa main, je déverrouille la césure. J’ouvre la porte et la pousse à l’intérieur.

Je la referme, puis je me dirige vers ma commode. J’ouvre le premier tiroir, puis en sort un petit sac transparent rempli de poudre blanche bien connue. Les yeux de Zoé brillent comme un soleil lorsqu’elle l’aperçoit. Elle s’avance, mais je l’arrête net d’un seul regard.

— Tu vas devoir le mériter. Je me penche et me fais une ligne. Je me relève et enlève la veste de mon équipe de foot, puis mon t-shirt blanc. Sans attendre plus longtemps, elle s’agenouille devant moi puis détache ma ceinture et mon pantalon. À la vitesse de l’éclair, elle avale complètement ma queue, sans même prendre le temps d’enlever mon jeans. Je savoure chaque instant de ce plaisir intense, les yeux fermés, la tête en arrière, je laisse échapper un gémissement de satisfaction. Cette fille sait exactement comment me faire plaisir, elle est douée dans cet exercice. Mais, ce soir, j’ai envie de prendre les choses en main. D’un seul mouvement, j’empoigne ses cheveux bruns et l’oblige à me garder le plus loin et le plus longtemps possible au fond de sa gorge. Putains, c’est trop bon. Je me sens revivre. Comme si rien ne pouvait m’atteindre désormais.

Toute cette tension que j’avais ressentie suivant les événements avec Ava et Colin disparait à chaque va-et-vient de Zoé. Je me mets soudainement à rire, les yeux toujours fermés. Putain, j’ai gagné ! J’ai fait d’une pierre deux coups. Ces deux bâtards ne seront plus jamais un souci.

Je serre les cheveux de Zoé si fort que je la sens commencé à paniquer. Incapable de respirer. Je la tiens fermement quelques secondes de plus. Je libère doucement la pression et lui exige de me regarder sans s’arrêter. Les larmes coulent d’elles-mêmes sur ses joues. Tout son maquillage bousille son visage. Malgré tout, elle continue. Elle veut vraiment sa dose, celle-là. La jolie brunette y met tout son cœur, quand la porte de ma chambre s’ouvre brusquement. J’aperçois une tignasse brune ébouriffée. Suivie d’un visage au trait dur et à des yeux bruns perçants. Max se tient devant moi, sans même se soucier de la situation, il parait presque paniquer. Ce qui est loin d’être dans ses habitudes.

— Ça a intérêt à être important. Je le fusille du regard. Zoé a un mouvement de recul, mais j’agrippe ses cheveux pour l’obliger à continuer.

— Even est là. Il déglutit puis détourne le regard. Il te demande dans le bunker.

Je referme ma prise sur les cheveux de cette future junky et la pousse parterre. Je remballe mon attirail puis lui lance le petit sachet de poudre.

Sans un mot, je remets mon t-shirt blanc puis descends les marches rapidement en bousculant plusieurs des parasites qui skouate ma maison. J’ouvre une porte qui mène au sous-sol. Une fois celle-ci fermée, la musique s’arrête net. On entendrait une mouche volée. C’est complètement blindé ici.

Je fais le trajet familier jusqu’au bureau de mon père. Mon corps est raide comme un pic. J’ai beaucoup de respect pour cet homme, mais il est extrêmement impressionnant. Puis je viens de faire une ligne de coke, ouais, c’est sans doute ça en fait. Ou un mélange des deux. Qu’importe, je le connais assez pour savoir que s’il me demande un samedi soir dans son bureau, c’est que ça doit être important. Après tout, les évènements des derniers jours étaient loin d’être banals. J’ouvre la porte en affichant un air d’incompréhension.

- Salut, tu voulais me voir ?

Il me regarde, son expression ne me rassure pas. Il se lève de sa chaise et me surplombe de toute sa hauteur. Ses yeux verts me sondent comme s’il cherchait quelque chose. Puis, il recule le dos contre son énorme bureau et croise les bras.

- Je me suis occupé de Colin. Cette simple phrase, ce simple nom, arrive à hérisser chaque poil de mon corps. Mon père garde son calme le plus total, ce qui, dans un sens, me rassure. Une tonne de questions se bouscule dans ma tête. Pourtant, mon corps, lui, reste en état de choc. C’est une bonne nouvelle, après ce qu’on lui a fait subir. Je ne voudrais le voir nulle part ailleurs qu’avec une camisole de force, enfermé dans une chambre capitonnée. Even ce sert un verre de Scotch, puis en prend une longue gorgée avant d’enfin briser le silence.

— Tu n’as pas l’air soulagé. Néanmoins, tu as bien joué ton rôle pour l’envoyer là-bas. Pour te débarrasser de lui.

Je n’arrive pas à cacher mon sourire triomphant. Après tout, j’ai toujours voulu me débarrasser de lui, c’est vrai. Depuis son arrivée dans cette famille. Détrôner le petit bâtard de mon père est mon but premier. Je les compris le jour où il m’a été imposé, lui et sa sale garce de jumelle. Le jour où j’ai vu mon père le regarder avec fierté. Il est devenu mon ennemi numéro un.

Je plonge mes yeux bleu clair dans les siens sans broncher.

— Il est faible et mérite son malheur. J’ai débarrassé cette famille de ces deux foutus monstres de foire. Son sourire s’élargit. Vicieux comme à son habitude.

- Tu devrais profiter des années de répit qui t’attendent. Il plonge son regard sombre dans le mien. Je ne le sais pas encore, mais je ne comprendrais pas cette phrase avant plusieurs années. Du haut de mes 19 ans, je suis le roi du monde. Je me moque de tout, depuis que je n’ai plus Colin entre les pattes. Even retourne s’asseoir. Il baisse les yeux sur un dossier posé sur son bureau, puis il me fait signe de sortir. Me laissent dans l’ombre de ce qui m’attend.

Quand nous étions enfants, Even prenait un malin plaisir à nous tester, Colin et moi. Son chouchou. Son bâtard. Putains.. J’avais tellement envie de le briser. De le briser pour vrai. Par conséquent, c’est ce qu’on a fait. Moi et mes potes. De toute façon, cet enfoiré était destiné à passer un test ultime pour prouver sa place et sa loyauté totale envers cette famille. Je n’ai fait qu’accélérer l’évènement. Sous le regard pervers de notre père, je lui ai tout pris, brisant chaque partielle d’humanité. On l’a rendu complètement fou. Ce test, il l’a échoué.

Je tourne les talons pour sortir quand il m’interpelle une dernière fois.

— Au fait, pas mal la petite rousse, le maire est très content.

Je ferme la porte derrière moi puis remonte les marches 3 par 3. Il va me falloir une bouteille au complet pour fêter ça. Je me dirige vers le bar du salon puis attrape un verre. Je me sers une bonne quantité de vodkas et le bois cul sec. Je la remplis de nouveau, puis bois sans m’arrêter. Putains, j’ai besoin de cette fête. De cette soirée pour moi. Pour me détendre. Pour profiter. Pour tout oublier. Je me dirige vers le salon, reprenant mon rôle de roi de la soirée. Les filles s’agglutinent autour de moi, attirées par mon charme et mon assurance. Je danse avec elles, les embrasse, les touche de partout. Je me sens vivant, puissant. Comme si rien ne pouvait m’atteindre. Pourtant, au fond de moi, une petite voix me rappelle que je ne suis pas aussi insensible que je le laisse paraître. Que mes actes ont des conséquences, que je ne suis pas aussi invincible que je le crois. Mais, je chasse ces pensées et me laisse emporter par la musique et l’alcool. Jusqu’à ce que je sente une main sur mon épaule. Je me retourne et vois Zoé, les yeux rouges et le maquillage coulé.

- Tu m’as laissé seule dans ta chambre, me reproche-t-elle.

Je lui souris avec un air faussement désolé.

– Pardonne-moi, j’ai été interrompu par mon père. Mais, tu sais, il y a une multitude d’autres gars ici qui seront ravis de s’occuper de toi.

Elle me regarde avec colère puis s’éloigne, déterminée à trouver un autre partenaire pour la soirée. Je secoue la tête, amusé par la situation. Je continue à profiter de la fête, à boire et à danser sans retenue. Jusqu’à ce que je me retourne et vois mon père, le visage grave.

Je détourne le regard et monte sur le toit, éloigné de tout le bruit, et je m’assois sur le bord. Je m’allume une cigarette et regarde les étoiles. Bientôt, je serai le seul et unique héritier de cette famille. Le seul et unique héritier des entreprises d’Even. Et, je compte bien en profiter.


COLIN

Hôpital Psychiatrique Sainte-Salomé

Je me souviens. La chambre, cette lumière clignotante. Elle n’arrêtait pas de clignoter. Je me souviens de ses yeux verts remplis de larmes, de son désespoir et de ses cris.

Ava, ma jumelle. J’étais de 4 min son aîné, mais elle avait toujours été plus mature, plus sérieuse. Elle voulait tellement plaire à notre père. Cet enfoiré, je le vois dans ma tête, ne pas bouger le petit doigt pour l’aider. Les images de son visage sadique, assis sur cette foutue chaise, la regardant avec envie. Filmant toute la scène.

Il est resté là avec son sourire pervers… Putain, il faut que je me souvienne. Le monde tourne et je n’arrive pas à m’en souvenir… Je n’arrive pas à remuer, même le petit doigt. On m’a drogué, j’en suis sûr. je suis allongé sur un genre de lit, attaché, j’ai beau essayer de crier de toutes mes forces, l’univers qui m’entoure ne fait que continuer de tourner. Des bribes de cette scène d’horreur me reviennent par vague, comme si mon cerveau avait tout bloqué. C’est insupportable. J’ai la nausée.

Les images de son doux visage, dévasté par la peur et l’humiliation, me hantent. Je dois... M’en souvenir.

Ils l’ont souillée, ils l’ont brisée. Juste sous mes yeux. Je me mets à hurler comme un fou, je me débats dans ce foutu lit sur lequel je suis ligoté. Ça me rend encore plus dingue ! Je vais tous les détruire, Ava ! Je vais tout leur prendre, jusqu’à la dernière lueur d’espoir sur leurs visages. Je te le promets.