L’orsque la vie te désire

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Summary

Le roman raconte le parcours des jeunes Haraga

Status
Complete
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1


de Fadila Melhag

Avec son nouveau roman, Fadila Melhag nous invite à effectuer un voyage littéraire sur les traces de jeunes harragas, terme signifiant littéralement en arabe « ceux qui brûlent » autrement dit, ceux qui brûlent les frontières et quittent leur pays par les voies illégales. Le lecteur voyage ainsi aux côtés de Hamid et de son fidèle compagnon Moussa, farouchement décidés à quitter Laymouna, leur ville natale, qui n’a à leur offrir que résignation, immobilisme et désolation. Commence alors un périple aussi dangereux qu’excitant. Au travers du récit, Hamid incarne l’image du migrant au destin touchant. Il gagne son émancipation à force de courage, de volonté et de travail. Il reste loyal et honnête dans un contexte violent où les conditions précaires du Harrag le livrent à tous les risques, à toutes formes d’exploitation et de manipulation. Sa voix se teinte de la mélancolie des temps enfuis et des souvenirs qui remontent à la surface, d’où ces déplacements constants entre le passé et le présent qui créent un texte en mouvement, riche de prolepses et d’analepses, autant de va-et-vient qui tiennent en haleine.

Lorsque la vie te désire, édité en langue française aux éditions El Amir, n’est pas un énième roman sur l’émigration clandestine des Maghrébins et leur difficulté à trouver une place dans un monde nouveau, moins accueillant que ce qu’il ne paraissait. Il est un roman tout à fait inédit sur la scène littéraire, l’auteure déjoue tous les clichés et offre un texte au confluent de plusieurs genres. Le roman revêt en effet la structure du thriller et déploie une intrigue haletante qui nous plonge au cœur de sociétés secrètes régies par un mystérieux pacte, nommé ‘La Charte Actimo’. Cette dernière se compose de six règles opaques que nous découvrons progressivement au fil des pages et elle est représentée par des symboles énigmatiques que Hamid retrouve sporadiquement autour de lui. Il comprend alors qu’il est pris au piège dans un système qui le dépasse mais dont il essaiera coûte que coûte de se défaire. Ambitions, pouvoir, complot politique, manipulation, malversation industrielle, meurtre... Les rêves simples de Hamid se fracassent un à un tout comme ses histoires d’amour qui ponctuent sa vie d’homme et qu’il nous raconte à la fois avec une pudeur délicate et une sincérité désarmante. Il en découle alors des moments de lecture hautement poétiques, qui nous rappellent (si tant est qu’on ait oublié) que l’écrivaine est aussi poétesse. Les femmes que le narrateur a aimées sont à l’image des deux rives qui délimitent son parcours. Il y a Laura, l’occidentale, qu’il finit par aimer, à sa façon mais qui le trahit. Et il y a Saïda, l’orientale, qui insuffle en lui une passion immuable, non sans obstacles. Quelque chose se joue dans le cœur de Hamid, la quête d’un sens


à donner à son existence qui le mène à une intime conviction : la vie le désire ! Fadila Melhag nous donne à lire magnifiquement l’histoire dure et belle à la fois de l’espoir et sa douce joie que l’homme arrive à faire triompher de l’adversité.

Amel M