MURIEL
Dans notre maison fraichement achetée, j’étais seule. La
lumière blaffarde de la lune parvenait à peine à casser la
noirceur de la nuit.Je regardais le temps passer. Mes parents
tardaient à venir et il n’y avait que moi dans la maison. Je
décidai alors d’explorer ces lieux qui m’étaient nouveaux.
Je m’avançais dans cette demeure qui m’était jusque-là
inconnue avec un mélange de peur et de curiosité. Les fenêtres
claquaient, les rideaux volaient presque emportés par le vent
glaçant et le plancher qui s’était détaché avec le temps
grinçait à chacun de mes pas. Le papier peint dont les couleurs
s’étaient défraichies s’était décollé. Cette habitation avait une
atmosphère particulière. Je me sentais épiée de toutes parts. Je
traversai un grand hall puis arrivai à un long escalier fabriqué
de bois de chêne noir.Le mur collé à celui ci était orné de
tableaux et de photos d’une seule petite fille . Ses yeux noirs me
terriffiaient, son visage sans aucune émotion était pâle, et ses
mains semblaient vouloir sortir des photos et des tableaux. Je
m’empressai de traverser l’escalier, et j’atteins enfin le
deuxième niveau. Cet étage était sous forme d’un long couloir où il y avait une longue traînée de sang qui menait vers une porte sur laquelle était collée une photo de la petite fille et au dessus était écrit MURIEL. La porte était barricadée, fermée par des lattes de bois fixées à l’arrache par des clous mal insérés. J’arrachai les planches et j’ouvris la porte. Sur tous les murs étaient inscrits d’une écriture ensanglantée MURIEL, accompagné de griffures énormes. Cette chambre était pleine de jouets d’enfants, une petite poupée dont la tête était arrachée, un petit cheval de bois qui se balançait tout seul et une grande maison de poupée tachée de sang. Sur le mur en face de moi, étaient accrochées des étagères remplies de crânes et au milieu il y avait un grand miroir. Je m’approchai de lui, et doucement je vis se dessiner sur le miroir une main de sang et une phrase qui me glaça le sang : ” VIENS JOUER AVEC MOI !” Et d’un cri résonnant je hurlai : ”NON!” Puis je courus vers la porte qui se ferma devant moi avec fracas. Apeurée, j’essayai de me résonner. Hallucinais-je? Y avait il une autre issue? Pouvais je m’enfuir? N’y avait il aucune explication censée pour expliquer ces évènements? Peut-être que ça m’aiderait à m’en sortir vivante. Ce n’était après tout qu’une
petite fille. Que pouvait-elle me faire?
Encouragée par ces conclusions, je me retournai vers
le miroir. Et je vis cette image… Ces yeux noirs terrifiants, ces
mains d’enfant qui voulaient sortir et ce visage pâle tâché de
sang où se dessinait un sourire maléfique. Puis poussée par une
force inconnue, je m’avançai vers le miroir et posai ma main sur
celui-ci. Puis la chose posa la sienne et me tira dans le miroir. Je
me retrouvai emprisonée dans la glace incapable de bouger. Je la
vis, mon double parfait. Elle partit vers la porte, l’ouvrit, sortit
et ferma ma seule issue avec fracas.