A l'ombre du palmier

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Summary

Les orteils dans l'herbe et les jambes repliées sous sa poitrine, Nelly se demandait ce qu'elle voulait finalement. Être aimée? Pourquoi cette petite voix lui murmurait le contraire ? Était ce si difficile d'être à la fois digne de Joe et d'elle même... ?

Status
Complete
Chapters
11
Rating
3.8 4 reviews
Age Rating
16+

Chapitre 1

Comme d'habitude Nelly se réveille à sept heures vingt cinq et se prépare pour aller travailler, travail dont elle sera en retard de trente minutes comme toujours.

Dans cette petite pièce au fond du garage qui faisait office de cuisine, c'est là que tout se jouait. Si le stand dehors fonctionnait si bien et que les plats étaient aussi appétissants, tout venait de ce petit espace d'environ six mètres carré, où la chaleur pouvait devenir étouffante et où il n'y avait même pas un endroit pour faire pipi. Mais, Nelly ne se plaignait pas, l'important était de faire son foutu travail et recevoir sa paye chaque quinzaine.


La vie n'est pas facile, a quoi bon se plaindre? que chacun prenne sa croix et se débrouille, dit -elle toujours. Mais malgré ses sarcasmes et son humour noir. Au fond elle se cachait une fille de vingt quatre ans qui a peur de ce qu'est fait la vie et ce qu'elle peut lui apporter.


À dix-sept heures, après le travail elle se prépara pour aller rencontrer son petit ami, étant donné que tous les deux travaillaient durant la journée ces heures étaient les seules disponibles pour qu'ils puissent se voir.

D'entrée de jeu, elle commença à préparer de quoi manger. Elle ne se prenait pas réellement la tête pour préparer de grandes choses, l'important n'était pas ce qu'ils allaient manger, mais le temps qu'ils passeraient ensemble. du moins, c'est ce que Joe lui faisait croire. Et pour ce jour là , il y avait des petits pains, des pancakes soufflé, une omelette , une salade fait a base de thon de petits pois et de maïs qu'elle avait assaisonné avec du persil du poivron de l'oignon et du paprika. Il y a avait aussi des bananes mûres, de l'avocat, des laitues du tomate un peu de cresson un bol de riz blanc et du jus de fruits de la passion.

Elle mettait tout ça dans un grand sac et attendait devant chez elle que Joe vienne la chercher…


- il commence à avoir du monde remarqua t elle en arrivant au parc.


- c'est normal poussin, c'est une habitude de voir autant de gens les jeudi, ils anticipent le week end, nous vivons dans un monde si stressant que chaque moment de détente est une aubaine. Comment était ta journée?


-pas trop mal, a ce qu'il paraît ils ont trouvé de nouvelles personnes pour le stand. J'ai même vu celle qui sera là durant la journée. Elle est vénézuélienne, petite mais très belle. Et je t'ai pas dit…?


- non, raconte dit Joe toute ouïe.


Ce jeune homme sous ses airs calme et réservé adorait les potins


- c'est la petite amie de Paulo, celui de la maintenance.


-celui là même qui te fait des yeux doux s'enquit il soupçonneux


-arrête, tu sais que moi je n'ai d'yeux que pour toi


- tu as intérêt parce que j'aime pas trop comment certains de tes collègues te regardent.


Il n'a peut-être jamais vu aucun des collègues de Nelly, mais il en savaient tellement d'eux qu'ils pouvaient même deviner leur comportement a l'égard de Nelly, autant il aimait entendre Nelly parler des autres, autant il essayait de discerner ce qu'elle pensait de chacun d'eux.


-Bon, on mange? Dit Nelly pour mettre un peu de légèreté.


D'un ton très sérieux Joe répond:

-poussin je ne mange pas ce que tu prépares, je les déguste.


Assis sur une nappe que Nelly avait apporté, ils se lovaient l'un contre l'autre en écoutant de la musique et en regardant le coucher de soleil. C'était leur moment à eux, loin du boulot, loin des amis ou de la famille. Il n'était pas nécessaire d'avoir quelque chose à se dire.Pour eux, l'important est de partager le même silence.




Arriver en retard au travail était devenue une routine pour Nelly depuis qu'ils ont ajouté une autre personne dans la cuisine et que celle ci venait même avant l'heure a été comme un miracle pour elle, vu que celle qui arrive la première est celle qui normalement va chercher les clé du garage au bureau qui se trouvait non loin.


Dans ce local commercial il y avait une clinique dentaire qui appartenait aussi au patron de Nelly, à chaque fois qu'elle venait travailler elle disait bientôt je rentrerai de l'autre côté pour me faire un détartrage. comme elle se le répète chaque matin avant de sortir, le sourire est le plus beau maquillage qu'une femme puisse porter, citation qu'elle a vue passer des centaines de fois dans son fil d'actualité Facebook et on ne sourit pas avec des chicots .


Alors elle a fini par en faire une prière car chaque matin dans la salle de bain elle répétait cette phrase en se brossant les dents. Nelly croyait que les dents étaient un critère pour mettre en valeur la beauté d'un visage, des dents en mauvais état et adieu à la joliesse c'est pour cela qu'elle se disait amoureuse de celles de Joe au même titre que Joe lui même, c'est à dire que si un jour elle et Joe se séparent elle sera toujours amoureuse de ses dents, pour elle ce jeune homme avait le plus beau sourire qui pouvait exister et une dentition encore plus parfaite.

Ce n'est pas qu'il avait des dents extrêmement blanches qui faisaient leur charme c'est qu'elles étaient bien alignées et brillaient donc pour Nelly il n'existe pas plus belle dentition que celle de Joe.


Elle était très à cheval sur l'hygiène dentaire, décision qui se renforça encore plus quand la soeur de sa collègue est venue pour une consultation et résultats elle avait cinq dent qu'il fallait absolument extraire, neuf autres à réparer, un nettoyage profond tout ça rien que pour la modique somme de 700 dollars sans les frais de prescription. Et Nelly qui se demandait dans combien de temps si c'était son cas elle rassemblerait autant d'argent avec son faible revenu...

Cet après midi là elle aborda le sujet avec Joe


- Joe est ce que tu m'aimes


- bien sûr que je t'aime , c'est quoi cette question?


leur langage de l'amour était beaucoup plus dans les petites actions, d'où l'étonnement de Joe face à cette question.


- parce que moi, il y a quelque chose que j'aime plus que toi… murmura-t-elle, provoquante.


-ah vraiment, et c'est quoi?


-se sont tes dents


Et ils éclatèrent de rire, celui de Nelly paraissait au rire d'un enfant qui venait de faire une plaisanterie à ses parents tandis que Joe riait plutôt de soulagement, a un moment son cœur s'était arrêté de battre.


-tu sais que tu es bizarre comme fille


-c'est vrai, écoute, si un jour on se sépare


-on ne séparera pas coupa t'il


-supposons qu'on se sépare un jour, et que je te détesterais je continuerai à être amoureuse de tes dents et de ton sourire. Parce que c'est la première chose qui m'a attirée et conquise chez toi, j'aime la façon dont tu souris quand tu me vois.


- c'est la plus belle chose que tu ne m'aies jamais dite, mais j'ai encore mieux, même quand tu serais vieille très vieille, genre 80 ans et que tu n'aurais que les gencives et les lèvres molles je continuerai à t'aimer


-joe c'est dégoûtant, rigola t'elle


- je sais, je sais. Mais je peux faire encore pire!


Elle l'aimait plus qu'elle n'a jamais aimé personne, elle aimait ce garçon, simple, réservé et honnête. Même après tout ce temps ensemble et l'habitude qu'ils se donnaient de se voir tous les jours, son coeur n'arrêtait pas de palpiter quand elle le voyait, elle se fond sous ses regards, chaque toucher de Joe réveillait en elle des frissons interdit, leur relation n'était pas charnelle a proprement parler mais l'alchimie entre eux était presque palpable et quand adossés au palmier en regardant baisser le soleil respirant l'odeur de son amoureux mélangé à celui du milieu ambiant elle se dit qu'il n'y avait pas mieux qu'être dans les bras de l'être aimé partageant le même coucher de soleil.