Chapter 1
La sonnerie du lycée retentissait une dernière fois pour moi. Posé devant son grand portail, les yeux dans le vide, je revoyais le chemin sain et sur que j'abandonnais pour me retrouver face au côté sombre et ténébreux de ce monde. L'école n'était pas faite pour moi depuis toute mon enfance : je n'enchainais que les blâmes et les reproches dus à mon comportement violent.
L'orphelinat qui m'a éduqué n'en pouvait plus de moi et aujourd'hui était le moment de se dire au revoir. Je ne regrettais pas mes choix, je n'étais pas fait pour ce monde où tout allait bien et où la vie était paisible. J'étais née dans le revers de la médaille.
Sans regret, je tournais les talons à cette école pour ne pas dire à cette vie. En marchant jusqu'à l'orphelinat, je me ressassais mes vieux souvenirs ; ma première bagarre en primaire, mon arrivée au collège, la création de mon groupe avec qui on a pris le règne de notre école, puis de toute la région, notre arrivée au lycée comme des rois où la conquête fut plus ardue, mais tout aussi excitante. Puis la page qui ferma ce livre, la mort d'un ami, d'un frère. Affronter la mauvaise personne, qui elle-même était entourée des pires... Dissoudre mon groupe était primordial afin de les protéger eux et leur famille, enfin, c'est ce que je pensais. Je devais me sacrifier pour eux, quoi qu'il advienne. J'allais honorer mon devoir et je m'y rendrais ce soir au crépuscule, devant eux, pour mes gars, pour leurs familles.
Oui, quel bon souvenir ! Le temps de tout ressasser, j'étais arrivé devant l'orphelinat. J'en étais le plus âgé. Du haut de mes dix-huit ans, la plupart trouvaient des familles d'accueil bien avant. Moi, je n'ai jamais pu me restreindre à suivre une autre famille, à perdre ma liberté et d'abord, avec ma réputation, pas beaucoup aurait voulu de moi.
« Liam, Liam », s'écriaient les petits de l'orphelinat Dimitri, Natasha et George. Ce petit bout qui nous avait rejoints depuis deux ans maintenant était inséparable et n'arrêtait pas de me coller. Ils se jetèrent sur moi et me prirent dans leurs bras. Natasha pleurait et les deux autres n'étaient pas loin de perdre leur moyen aussi :
_ C'est vrai que tu nous quittes aujourd'hui ? Sanglotait Natasha.
Je m'accroupi pour arriver à leur niveau et en leur caressant la tête, je leur expliquais mon départ : « Je pars aujourd'hui, mais je reviendrais, ne vous inquiétez pas, nous sommes tous destinés à quitter cet endroit un jour, c'est à mon tour donc ne pleurer pas. » « N'oubliez pas que la règle pour survivre dans ce monde, surtout quand on vient d'où l'on vient, c'est de devenir plus fort, alors devenez-le et soyez une bonne personne respectable quand vous grandirez. » C'était peut-être trop compliqué pour ces petits bouts qui se mirent à pleurer en cœur, mais ils se souviendront un jour de mes paroles. Je les pris tous les trois dans mes bras et les emmenais jusqu'à leur chambre et en leur caressant la tête à chacun.
Je les quittais sans me retourner. Les adieux ne me faisaient pas particulièrement plaisir et ces derniers temps, j'en faisais légion.
Ma chambre était au bout de l'établissement, pas bien grande et pas très remplie : un lit, une armoire et un bureau, que demander de plus en soi. Je pris un sac à dos et j'y mis quelques affaires. Je gardais sur moi l'uniforme entièrement noir, la couleur du lycée Renoir. J'essaye de ne rien oublier, je prends ma bague, elle était autour d'une chaîne que j'attache toujours à mon cou. Cette bague en forme de tête de mort, elle est mon premier trophée et mon dernier souvenir. Lors de la conquête de notre collège contre les frères jumeaux des dernières années, nous n'étions seulement que des deuxièmes années, mon ami, mon second réussit à la récupérer sur leurs corps qu'on avait laissés inconscients. « Le début de notre légende », il me dit en me tendant notre gain. Cette tête de mort devient rapidement l'emblème de notre groupe, nous étions des rêveurs fous, sûrement qu'on avait regardé trop de films... Qui se doutait que ça allait mal finir.
Une photo de notre groupe était accrochée sur le mur, moi et mon meilleur ami bras dessus, bras dessous, accompagnés de tous nos potes. Je la décroche et la mets dans mon sac. Plus rien ne m'attendait ici. Sac sur le dos, je sortis, fis un signe de la main aux éducateurs du foyer et je quittai enfin l'orphelinat pour toujours.
Le crépuscule approchait, je me dirigeais donc vers le lieu de rendez-vous ; un parking un peu retiré derrière un quartier presque abandonné. Les pieds lourds, dirigés vers ma mort, je suivais le chemin concentré ressassant toute ma vie, mon ancienne vie au final, car la nouvelle s'apprêtait à débuter.
Le parking était bondé, une vingtaine de personnes. Deux voitures au milieu du parking étaient présentes, des Mercedes berline noires. Je m'arrêtais à quelques mètres d'eux et je patientais. Un blanc s'installa à mon arrivée, plus aucun bruit, seulement des regards agressifs qui n'attendaient qu'un signe pour me sauter dessus. La vitre arrière d'une des deux voitures se baissa, un adulte pas très net y était installé, un costume noir, des lunettes de soleil foncées, des cheveux longs bruns, une petite cicatrice sur le bas de sa lèvre gauche qui faisait penser à un coup de couteau. Tout ça lui donnait un air de gangster aguerri. La portière de la deuxième voiture s'ouvrit et cette fameuse personne en sortit : un jeune de mon âge, vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon à pince, une montre en or dans son poignet gauche et deux bagues en or dans sa main droite, un sourire narquois, des yeux bleus d'un vice et d'une arrogance sans limite, voilà la personne qu'on n'aurait pas dû chercher. « Newton Page », le fils du riche conglomérat, et si ce n'était que ça, son frère est célèbre et connu de tout le pays.
— Tu es vraiment venu, je ne pensais pas que tu étais si fou que ça. Tu es vraiment un bon chef de groupe, tu te sacrifies pour tous tes petits copains. Dit-il d'un air narquois.
— Trêve de bavardage, je suis là comme convenu, finissons-en.
— Tu te rappelles du deal ? À partir d'aujourd'hui, tu seras mon chien, tu feras tout ce que je te dis, tu te battras pour moi, tu vivras pour moi.
– Oui, en échange, tout mon groupe sera libre et ne sera plus pris pour cible par les tiens. — Exactement maintenant, à genoux, prouve que tu es un bon petit chien.
Ils reculèrent tous d'un pas, Newton le premier, en voyant mon regard plein de haine et mes poings fermés. J'aurais tellement préféré me battre jusqu'à ma mort et en finir ici, mais je dois me contrôler pour mon groupe. Je pose un genou à terre puis un autre, sans jamais les lâcher du regard. « Tête au sol ! » S'écria-t-il. Toujours à contrecœur, sans cligner des yeux et tout doucement, je pose mon front sur le sol. Newton éclata de rire à s'en tordre le ventre. « Carlos, piétine mon nouveau chien, s'il te plait, qu'il comprenne où est sa place ». J'entendis les pas s'approcher vers moi, puis je sentis son pied sur ma tête qui se mit à m'écraser de toutes ses forces. Du sang se mit à couler de mon front, mais je serais les dents tout en supportant cette humiliation.
– Si ton ami te voyait comme ça, qu'est-ce qu'il dirait, hein ? Dire qu'il a donné sa vie pour toi ! Comment il s'appelait déjà ?
– Ne prononce pas son nom ! Dis-je hors de moi.
J'entendis des chuchotements, puis il s'écria : « Aaron, oui, c'est ça, ce bon vieux Aron qui a essayé de te protéger, mais qui a fini avec un couteau dans le foie. » « S'il savait comment tu as fini, on pourrait dire que sa mort fut vaine », s'écria-t-il en rigolant tout en tapant sur le capot de sa voiture. Ses paroles m'atteignirent au plus profond de moi, et mon plus gros défaut, celui même qui m'a fait me retrouver ici aujourd'hui, n'était rien d'autre que mon impulsivité. Là, mon cerveau fit tout un tour et je perdis le contrôle. Je mis toute ma force dans mes bras et me relevai d'un coup. Carlos, comme moi, abasourdi, tomba à la renverse sans que personne ne comprenne quoi que ce soit. Je l'attrapai par le col et lui assenai un direct dans le menton qui le mit KO direct. Plus le temps de réfléchir, c'était l'heure de la bagarre ! Mon moment préféré. Le groupe de Newton criait dans tous les sens, mais je n'entendais pas, je n'entendais plus rien, je ne voyais que ses gars qui se mettaient entre Newton et moi. Un coup de pied dans le sternum du premier qui était devant moi lui coupa le souffle et il tomba genoux à terre, pas le temps de le finir, deux autres déjà sur moi. J'évitais le direct du premier pour lui assener un uppercut au menton, mais mon coup finit sur son visage, car le deuxième m'avait agrippé au ventre. Je m'en débarrassai en lui mettant un coup de coude dans son dos et j'attrapai le deuxième par l'arrière de son cou et lui infligeai un coup de boule dans son nez. Je ne perdais pas de temps, voyant le visage apeuré de Newton. Un sourire de haine se dessina sur mon visage, mais avant que je l'attrape, une douleur profonde se fit ressentir sur mon épaule gauche. Quatre personnes m'avaient
entouré, dont un qui avait sorti un couteau et me blessa à l'épaule sans que je ne puisse le voir. C'est trop tard j'avais perdu l'effet de surprise tous m'entouraient, ceux que j'avais eu, commençaient à se relever et il ne rester pas longtemps avant qu'ils n'en finissent avec moi.
« Notre accord tombe à l'eau, je vais tous vous tuer », s'écria Newton.
Je me rendais compte que j'avais fait une erreur et, pour une stupide fierté, j'avais mis tout le monde en danger. Je ne pouvais pas laisser les choses finir comme ça. Je fis demi-tour, je n'avais plus le choix : j'esquivais le coup de couteau qui venait sur ma droite, puis un direct de ma gauche, je mis un low kick à celui devant moi, puis un coup à l'estomac, je profitais qu'il s'affaissait pour m'en servir comme marchepieds, et en m'appuyant sur son dos, je sautai par-dessus les gars derrière moi et je pris la fuite dans le quartier abandonné pour les semer dans ses ruelles étroites.
Ça tombait bien. Ce quartier m'était plutôt familier. Ça nous arrive souvent de nous retrouver ici pour affronter d'autres groupes. J'ai continué à tourner de ruelle en ruelle, je les entendais de moins en moins, l'adrénaline baissa peu à peu, et la douleur à l'épaule me lançait de plus en plus. Il fallait juste que je reprenne mon souffle plus loin. J'arrivais à hauteur d'un cul de sac. Cela me permettrait de me poser un peu et de souffler, avant de contourner le dernier mur. J'entendis des voix en jetant un coup d'œil : la scène était plutôt surprenante, une femme vêtue d'un grand-voile bleue au contour blanc du genre prêtresse s'adressait à un jeune homme, surement plus vieux que moi de quelques années. Grand, bien bâti, sa chevelure blonde bien coupée, il était de dos, donc je ne voyais pas son visage et ils discutaient. Vu l'air grave de la prêtresse, la discussion avait l'air sérieuse. Je calmai mon souffle, déchira la manche de mon bras gauche et m'en servi pour bander ma blessure, puis le calme s'installa et la discussion arriva à mon oreille :
– Tu es finalement prêt. Cela fait plusieurs mois que je t'observe et tu as passé tous les tests avec brio. Ton avenir sera grandiose, tu es prêt pour ta quête. Tu ne pourras plus revenir, mais là où tu vas, tu seras accueilli en héros et tu deviendras le symbole de notre pays. Dit la prêtresse au jeune homme.
— Je suis prêt. Répondit-il simplement.
__Très bien, le passage est prêt, pas de retour possible, il est temps d'y aller.
Elle s'écarta d'un geste et commença à murmurer des mots incompressibles tout en bougeant ses mains en arc de cercle vers le mur de brique qui était derrière elle. Cela ne dura que quelques secondes. À la fin de son incantation, elle ramena ses deux mains vers
elle et soudain, une lumière jaillit du mur, il prit la forme d'un cercle à hauteur d'homme, c'était comme un portail, comme ceux dessinés dans les mangas.
__Il est temps, à toi l'honneur. Dit la prêtresse en s'écartant du passage.
Le jeune homme, d'un pas décidé, avança en direction du portail et disparut en son sein. La prêtresse lui emboita le pas et disparut à son tour. La scène était invraisemblable, mais avant même que je ne puisse y réfléchir, j'entendis les cris de mes poursuivants. En regardant derrière moi, je vis les traces de sang au sol qui avait coulé de mon épaule et en entendant les cris se rapprocher, je compris qu'il avait servi de fil d'Ariane pour me trouver. J'étais bien caché, mais ça n'avait plus de valeur. Il pouvait me suivre à la trace, c'était un cul de sac.
Je regardais la zone et je vis le portail qui se réduisait petit à petit. Dans quelques secondes, il aura disparu et là une idée folle me prit. Quitte à se prendre le mur, s'il n'y avait ne serait- ce qu'une chance que je puisse disparaitre comme les deux personnes d'avant, il fallait que je le tente. Alors, sans prendre plus de temps de réflexion, je fonçai sur le portail et me jetai d'un saut dedans. Au moment où mon corps entra en contact avec la lumière, une sensation chaude me parcourut tout le corps, puis une lumière m'éblouit et quand j'ouvris les yeux, la scène était encore plus absurde qu'avant.
Devant moi se tenait un trône, un homme couronné dessus, habillé d'un grand manteau rouge très royal. À ma gauche et à ma droite, deux tribunes pleines de gens habillaient bizarrement et devant le trône, la prêtresse et le jeune homme se tournèrent vers moi surpris. Mais la surprise fut mienne quand ses yeux et les miens se croisèrent. Ces yeux d'un bleu saphir étincelant et surtout reconnaissable entre mille « Toi », chuchotais-je. La personne devant moi n'était autre que le frère de Newton, Michael Page, fils d'un des plus grands conglomérats du pays, mannequin et aussi instauré dans la politique.
« Qui est-ce ! Elena qu'est-ce que cela veut dire ? Comment quelqu'un d'autre a pu passer le portail. » Hurla le roi.
La prêtresse me regardait à la fois avec surprise, mais aussi avec interrogation : elle s'approcha de moi, s'accroupi et m'inspecta minutieusement. Son visage tout près, je vis les détails cachés par la capuche, sa peau très blanche, une chevelure brune claire, des yeux noisette avec son petit nez arrondi, ainsi que des lèvres très fines. Son visage de marbre, elle se releva et s'inclina devant le roi.
« Je m'excuse, mon roi, au vu de son état, il devait surement fuir une situation fâcheuse et par inadvertance, il a pu fuir dans le portail avant qu'il ne se referme. Je n'ai pas été à la hauteur de la tâche. Il était de mon devoir de surveiller correctement les environs avant de revenir. Punissez-moi, s'il vous plait. » En finissant sa phrase, elle s'inclina jusqu'à poser son front au sol. S'en suivit un brouhaha de toute part, la situation n'avait pas l'air normale et ce fut rapidement le chaos. Le roi se leva, « Silence », s'écria-t-il. Et le silence fut, tout le monde regarda attentivement le roi. « Leandro » appela-t-il, un homme d'une quarantaine d'années sortit de derrière le trône et s'avança jusqu'au roi il s'approcha à son oreille et chuchota
quelque chose pendant quelque minute, puis après que le roi acquiesça, il s'inclina puis reparti derrière le trône.
« La célébration de notre héros a été perturbée par ce vil personnage, à cause du décret sur les sanctions mortelles directement lié au venu d'un portail, nous ne pourrons nous en débarrasser. Mais il reste une menace, car nous connaissons tous le potentiel des humains de la dimension primaire pour qu'un portail ne s'ouvre qu'une fois tous les mille ans. Cela prouve l'extrême rareté de cet événement. Nous ne connaissons rien de cette personne, il n'a ni été évalué par notre prêtresse de lumière ni n'a passé les tests pour prouver sa valeur. Il nous met dans une mauvaise position vis-à-vis des autres pays à cause du serment de passage interdimensionnel. De ce fait, je le condamne à la prison à vie pour qu'il ne puisse nuire ou impacter d'une quelconque manière à notre monde. Soldat ! »
Des hommes armés d'une lance arrivèrent derrière moi, deux brandirent leur lance face à moi tandis que deux autres me prirent chacun par un bras puis me trainèrent hors de la salle. Épuisé et complètement déboussolé par ce qui arriva, je ne pus que les suivre sans broncher.
Ils me sortirent de la salle et me traînèrent avec eux, quand un homme nous arrêta : c'était Leandro, celui qui avait chuchoté plutôt au roi. « Emmenez-le se faire marquer au fer, division primaire, puis lâchez-le dans les prisons de l'étage zéro », dit-il avant de nouveau disparaitre. J'espérais avoir mal entendu, je ne comprenais plus rien, mais l'odeur du charbon et la chaleur me ramenaient à la réalité. Ils me firent entrer dans une grande pièce, une forge à vue d'œil, beaucoup d'armes dans des sceaux en bois, des genres de four, des soufflets, des barres de métal... La forge était vide, puis des bruits de pas arrivèrent derrière nous. Un vieil homme robuste venait d'arriver, plutôt petit de taille, mais très costaud, sa barbe blanche taillée correctement en pointe montrant qu'il s'était préparé pour un évènement. « Travailer le jour de la cérémonie, mais qu'elle aubaine ! » dit-il avant de mettre un tablier. Il s'approcha d'un atelier, chercha dans un sceau où une dizaine de barres de fer étaient posées. Il en sortit une du lot, au bout, une forme de losange était formée avec plusieurs petites marques tribales en son intérieur. Il prit le bout de la barre dans sa main droite, puis prononça quelque mot que je ne compris pas. Soudain, sa main se mit à rougir de plus en plus, elle devint rouge comme si elle chauffait. La couleur s'intensifia de plus en plus au point que de la fumée commença à sortir de son poing. Il patienta quelques minutes, puis lâcha la barre qui était maintenant chauffée à blanc. Je n'en croyais pas mes yeux, sa main avait servi de chalumeau, mais avec une intensité beaucoup plus forte. « Mettez-le en place » dit-il.
Je compris enfin ce qui était en train de se passer, je me débâtis du mieux que je pouvais, je voulais fuir, mais c'était sans compter sur les gardes. L'un me mit un coup du dos de sa lance dans l'estomac et les autres m'attrapèrent, puis posèrent mon bras gauche dénudé sur un plan de travail. Le vieil homme enleva mon bandage dévoilant ma coupure. « Ça te cicatrisera comme ça », dit-il d'un air détaché, et sans perdre une seconde, il appliqua le fer chauffé à blanc sur mon épaule par-dessus ma coupure. La douleur était insurmontable :
l'odeur du cramé qui venait de la fumée qui s'extirpait de ma peau et la douleur plus que vive que je n'avais jamais ressentie me fit perdre connaissance.
Un bruit sourd me réveilla. J'étais au sol sur de la paille, mon épaule me faisait atrocement mal. Devant moi des barreaux épais et solides et derrière ces derniers ; Michael accroupi, il avance vers moi, dans sa main une petite barre de fer, il faisait résonner les barreaux de ma cellule :
-Tu te réveilles enfin, la chute a dû être plutôt dure.
-Quesque tu fais la ? Et où sommes-nous ? Et merde ! Que se passe-t-il, je ne comprends rien ?
-Tu t'es aventuré dans quelque chose qui te dépasse de loin, vu ton uniforme, tu dois être de Renoir et d'après ce que je sais, tu dois être le certain Liam, mon petit frère devait s'occuper de toi aujourd'hui.
-Tu étais au courant ? Dis-je abasourdi.
-Bien évidemment, de qui vient le pouvoir que possède mon frère, à ton avis ? Vu ton état, il y a dû avoir conflit. Ce n'était pas ce qui était censé se passer. Tu aurais dû devenir le chien de mon frère et te faire petit. Maintenant, il va surement s'occuper de tous tes proches. Mais de tous les endroits où tu pouvais fuir, tu as fini ici, dans un monde qui peut ramener des personnes d'autre dimension, un monde où les compétences comme dans les mangas et les jeux vidéo existent, des espèces différentes des humains, plein d'autres choses, mais bon, tu ne découvriras jamais rien de tout cela, tu vas juste finir ta vie à pourrir ici. Bien maintenant que je vois que tu n'es d'aucun danger pour mon ascension, je n'aurais pas besoin de m'occuper de toi. Au final, c'est même pire qu'une vie de chien. À jamais, l'ami, tu auras tout le temps pour remettre tes actes en question.
Sur ces paroles à la fois de découverte et de vérité, il se leva et partit de son sourire narquois, me laissant seul abasourdi et complétement désemparé.