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« Isy ! Je pars, ne m'attend pas pour dîner ce soir ! »
Je me réveille en sursaut, et il me fallut quelques minutes avant de réaliser qui a dit cette phrase. C'est mon père, je précise, ce n'est pas un fantôme ou que sais je. Je savais qu'il partait tôt mais de là me réveiller quand il part… Je râle, mais j'aurai fait un scandale s'il ne l'avait pas fait, ah paradoxe quand tu nous tiens. Je me lève péniblement et me traine dans la salle de bain, quitte à être réveiller autant faire quelque chose de ma journée. Arrivé devant le miroir de la salle de bain un soupir de désespoir sortit malgré moi, mes cheveux roux forme une sorte d'amas, informe et indomptable, une sorte de crinière de lion en somme. Je décida de prendre une douche, avec les nuits chaudes d'été, et les effets secondaires de mes médicaments, j'ai l'impression de transpirer des litres. Puis c'est plus simple de dompter mes cheveux après une douche qu'au réveil.
Après une longue douche et un rapide petit déjeuné constitué d’un café et de mes médicaments pour le cœur, je suis remontée dans ma chambre pour faire mon lit. Je mettais un point d’honneur à faire le lit et aérer tous les matins, même en cas de grande flemme. En tant qu’ancienne bordélique si je laissais une petite chose trainer, le chaos revenais à grand pas. Un fois le lit fait, et la fenêtre ouverte, je m’installa sur le lit avec mon ordinateur. Je ne pus m’empêché de jeter un œil à mes fournitures scolaires toutes neuves, toutes bien rangées. La rentrée c’est dans deux jours et je dois avouer que j’ai un peu hâte de retourner au lycée. Revoir mes amies, finir le lycée, car oui cette année c’est l’année du bac, et je compte bien le décrocher avec mention. Et si je peux intégrer l’université de Californie pour faire traductrice espagnole alors j’aurai le métier de mes rêves. Mon père aimerai que je vois plus grand, il ne veut pas que je me fasse de vieux os ici à San Diego, mais je m’y plait bien moi. Puis je me sentirai coupable de le laisser seul, surtout après la mort de ma mère.
Une notification me sortit de ma rêverie, c’était Summer qui me proposais une soirée entre filles sur la plage avec Riley aussi, pour fêter la fin de l’été.
“S : Les filles, je sais qu’on se voit lundi mais c’est notre dernier week-end de vacances !
On ne peut pas ne rien faire !
Ce soir ça vous dis une soirée entre nous sur la plage !
R : Pourquoi pas mais je dois aller faire du shopping pour la rentrée, je vous rejoins quand j’ai fini ou on fait une après-midi shopping ?
I : Vas pour l’après-midi shopping et après soirée sur la plage alors !
S : Super 14h devant le centre commercial ! A tout à l’heure.
R : A plus les filles et Camille ne soit pas en retard ! ”
Je ris devant ce dernier message, c'est vrai que j'avais tendance à être souvent en retard. Camille… On ne m'avais pas appeler comme ça depuis longtemps, enfaite non. On ne m'avait pas appelée comme ça depuis le dernier jour de l'année dernière quand j'ai souhaité bonnes vacances aux filles.
Je m'appelle Isadora James mais à cause des activités peu recommandables de mon père, j'ai une double identité. C'était plus dure quand j'étais petite, répondre à deux prénoms est bien plus compliquer qu'il n'y paraît, mais maintenant ma "double vie" faisait intégralement partie de moi. Et ça me permettais de bien séparer ma vie au lycée de ma vie en dehors, bien qu'elle ne soit pas si palpitante que ça. Le plus dure c'est pour mes amis qui me connaissent sous mon vrai nom et qui doivent utiliser Camille dans la vie au quotidien. Mais c'est le prix à payer d'avoir un papa très influent.
Mes yeux se posèrent sur l'horloge qui indiquait onze heures et quart. Le timing est parfait, le temps de manger un bout, me préparer et je devrais arriver à l'heure pour rejoindre les filles. J'abandonna l'idée d'utiliser mon ordinateur et descendit à la cuisine pour me faire à manger. La chaleur se faisait déjà ressentir alors je me résigna à faire une salade. Et bingo en ouvrant le frigo les restes de la salade de hier trainaient dans une boite, un bon repas sans avoir besoin de faire à manger c'était le pied ! Je suis une quiche en cuisine, je ne saurai même pas en faire une de quiche d'ailleurs, plus sérieusement je loupais la cuisson des pâtes une fois sur deux. Ce qui expliquait mes commandes intempestives sur les sites de livraisons de repas. Même si cela restait rare tout de même, avec mon appétit de souris un burger avec des frites pouvait durer 3 repas. Mon repas avalé et la vaisselle faite (ancienne bordélique je vous ai dit il faut que tout soit fait tout de suite sinon c'est fichu !), me voilà dans la salle de bain de nouveau pour masquer les cernes sous mes yeux. L'été étant passé par là, j'avais passé mes journées sur la plage ou au club de sport de mon père, avant de passer mes nuits à regarder des séries ou des films. Autant dire que je ne respectais pas les recommandations du centre de prévention des maladies concernant le temps de sommeil.
Un peu d'anticerne, de mascara, une couche de blush et une touche de gloss et me voilà prête à sortir sans risquer d'effrayer les enfants. J'attache mes cheveux en queue de cheval basse, ne laissant dépasser que deux mèches devant, de chaque côté de mon visage. J'avais beau me plaindre sans cesse de mes cheveux, ils faisaient ma fierté. Des cheveux lisses, roux, qui m'arrivent juste en dessous de mes seins quand ils sont détachés. Croyez moi, il n'est pas né celui qui me fera couper ou coloré ma fierté. Enfin, je divague, un rapide coup d'œil à ma montre et la panique monte. Treize heures trente ! Merde je vais être en retard. Tant pis, j'enfile rapidement un jeans noir et un top blanc, fourre mon porte-monnaie, et un déodorant dans mon sac à dos, et attrape mon casque et mes gants avant de fermer la porte à clef. Si je sors en chausson ça va être compliqué de conduire. Au point où j'en suis, elles m'attendront un peu plus longtemps. Une fois mes bottes misent et la certitude que cette fois ci je n'ai vraiment rien oublié, me voilà partie sur ma moto en direction du centre commercial.