Chapitre 1
– Monsieur Castoginolido, ravie de faire votre connaissance. Entrez, je vous en prie. Sexclame la patronne. Je rentre dans le bureau et la patronne referme la porte derrière moi. Elle se replace sur son fauteuil et se tourne vers la fenêtre. Je regarde autour de moi.
– Bien, pourquoi voulez-vous faire votre stage dans mon entreprise ? demande madame Barangafolna.
– Eh bien, c’est l’une des seules entreprises d'édition de la région et c’est aussi parce que j’adorerais travailler dans l’édition.
– Donc vous aimez lire.
– Oui madame.
– Que lisez-vous comme genre de livres ?
– Oh euh… Un peu de tout. Mais surtout de la romance, du thriller, du policier et du classique.
Madame Barangafolna tourne son siège et me regarde. Elle note quelque chose sur un bloc-notes. Elle lit mon curriculum vitae et relève la tête.
– C’est écrit ici que vous avez travaillé dans une librairie pendant trois mois. Que faisiez-vous comme travail ?
– Je rangeais les livres par catégorie et âge. Puis je dirigeais les clients vers les livres qu’ils cherchaient.
– Est-ce qu’il y a un poste en particulier qui vous intéresserait plus qu’un autre si vous intégrer cette entreprise ?
– Non, n’importe quel poste me suffira.
– Très bien, vous ferez du café pendant un mois et après vous reviendrez me voir pour voir si on vous trouve une nouvelle place. Vous commencez lundi. Bienvenu dans la boîte.
– Merci !
– Oh au fait, vous commencerez à neuf heures.
– Très bien. À lundi alors.
– À lundi.
Je sors du bureau et je me dirige vers la sortie. Je sors dans la ruelle et je me dirige vers mon appartement, je sors mon ordinateur. Je l’allume et me mets un film. Je l’arrête puis je me lève, j’attrape un livre et le commence. Le lundi suivant, je me réveille et me prépare. Je me dirige vers l'entreprise où je commence mon stage. Je monte dans l'ascenseur et monte à l’étage où je dois aller. Je rentre dans les locaux et je croise directement la patronne.
– Bonjour patronne. Je peux vous servir un café ?
– Ah tu es enfin là ! Tu as cinq minutes de retard. Je ne cautionne pas les retards sauf si tu as un bon motif. annonce la patronne.
– J’ai failli me faire renverser par un malade mental.
– Très bien, je n’accepterais plus aucune excuse, plus aucun retard.
– Bien madame.
– Je peux savoir pourquoi tu es encore là ? Allez, au travail !
Elle trace son chemin et je cherche le coin café quand on m’interpelle.
– Le stagiaire !
– Oui ? Je m’appelle Léandre !
– Où est notre café ?
– Euh… Vous ne m’avez rien demandé.
– Eh bien maintenant je l’ai fait ! Allez, dépêche-toi !
– Très bien… Avec du lait ? Du sucre ?
– Avec trois sucres et pas de lait. Ordonne le type.
– Et le s’il te plait c’et pour les chiens…
– T’as dit quoi ?
– J’ai simplement dit que je vous apportais ça.
Je me dirige vers ce qui ressemble à la cuisine. J’attrape la cafetière et une tasse, je mets du café dans la tasse et je mets cinq sucres au lieu de trois dedans. Je retourne vers lui et lui tends la tasse.
– Ah enfin ! Il te faut si longtemps pour faire un café ?
– Il a fallu que je cherche tout. Personne ne m’a montré quoi que ce soit.
Je m’éloigne et je sors un carnet et un stylo. Je note comment trouver tout ce qu’il faut pour le café. Je range mon carnet et déambule entre les bureaux.
– Eh oh ! Le stagiaire !
Je me tourne vers la personne qui m’appelle. Je m’approche d’elle et lui demande en quoi je peux l’aider.
– Je veux un café, sans sucre, sans lait.
– Bien sûr.
Je me dirige vers la cuisine et prépare un café. Je retourne vers la personne et lui tends son café. J’entends le premier type hurler.
– Non mais c’est une blague ! Il y a trop de sucre là-dedans ! Dis-donc le stagiaire, tu ne sais pas faire du café ou quoi ?
– Je suis désolé… j’avais compris que vous vouliez quatre sucres…
– J’ai dit trois ! Pas quatre ! Espèce d’incapable !
– Désolé… Je vais aller vous en refaire un.
– J’espère bien ! Il est hors de question que je boive cette horreur toute la journée.
– D’accord.
Je retourne dans la cuisine et vide la tasse dans l’évier et refais à nouveau un café, correctement cette fois. Je l'amène à nouveau et il le goûte.
– Eh bien ! Devoir refaire un café correct à deux reprises, il faut vraiment être un demeuré !
– C’était une simple erreur…
Je m’éloigne de lui et fonce dans quelqu’un sans faire exprès. Je m’excuse auprès de la personne qui continue son chemin sans faire attention à moi. La patronne me fait signe mais quelqu’un d’autre m’appelle. Je dit à la patronne que j’arrive dans cinq minutes. Je me dirige vers la personne qui m’a appelé.
– Un café au lait.
– Bien madame.
Je me dirige vers la cuisine et fait un café, j’y ajoute du lait et retourne donner son café à une correctrice. Je me dirige vers le bureau de la patronne. Je toque et attends qu’on m’autorise à entrer.
– Entre Castogrinolido. s’exclame la patronne.
– Vous vouliez me voir madame ?
– Oui. Ta maladresse de ce matin, je ne veux pas que ça se reproduise.
– Bien madame.
– Maintenant, apportez-moi un café, avec du lait et un sucre.
– Bien madame.
Je m’apprête à ouvrir de nouveau la porte quand je me retourne.
– Madame, puis-je me permettre de vous parler ?
– Ça dépend de quoi.
– De vos salariés et de la politesse inexistante dans ces locaux..
– Comment ça ?
– Personne ne dit, s’il te plait, ni merci, ils me prennent tous pour un esclave. Je ne continuerais pas à faire mon stage ici s'ils continuent tous de me parler ainsi. Voilà c’est tout ce que je voulais vous dire…
– Vous êtes stagiaire et ce sont des salariés, ils ont tous les droits, ils vous parlent comme bon leur semble.
– Très bien. Je ne servirais plus de cafés dans ce cas, vos salariés devront se débrouiller eux-mêmes.
– Vous me dites que je dois vous renvoyer ?
– Non. Non vous ne devez pas, parce que j’ai besoin de ce stage pour finir mon année. Je viendrais tous les jours pendant deux mois, que vous le vouliez ou non et je m’installerais à un bureau. Je ne suis pas un serveur de café, sinon je serais aller dans un bar ou dans un café. Je suis venu ici pour travailler dans l’édition.
– Vous n’avez pas à parler comme ça. Je peux très bien vous renvoyer.
– Eh bien faites donc, ce n’est pas moi qui ai dû engager un stagiaire de force par manque de personnel. Je ne suis pas un serveur de café.
– Sortez d’ici.
Je sors du bureau et je m’installe sur une chaise sans bouger. Je sors mon carnet et écrit dedans. Quelqu’un m’appelle mais je ne fais rien. On m’appelle à nouveau mais je ne réagis toujours pas. La patronne sort de son bureau en entendant tout ce raffut.
– Non mais qu’est-ce qui se passe ici à la fin ! s’écrit la patronne.
– Il se passe que le stagiaire demeuré ne nous répond pas. s’exclame le type à qui j’ai mis plus de sucre qu’il n’en demandait.
– Je suis au courant. Il ne vous fera plus vos cafés, il n’est plus asservi au café. Dès demain, il aura son propre bureau. Vous ne lui demandez plus de faire vos cafés, vous devrez vous servir vous-même. Quant à vous, Castogrinolido ne vous avisez plus de me parler ainsi.
Je hoche la tête pour approuver. Elle retourne dans son bureau et tout le monde me regarde mal. Je me reconcentre sur mon carnet.
– Ça va être marrant d’être ici pendant deux mois.
– Le stagiaire, tu peux venir voir un instant ?
– J’arrive.
Je me lève et je me dirige vers le groupe qui s’est formé.
– Je peux faire quelque chose pour vous ? À part vous préparer du café.
– Oui. On aimerait savoir pourquoi tu as été voir la patronne, pour du café ?
– Parce que je ne suis pas là pour faire du café. Je suis là pour apprendre.
– Tu ne feras rien demain tu le sais ? Elle ne te laissera même pas lire un manuscrit. Elle ne te fera pas confiance.
– Elle ne fait confiance à personne les premiers jours. C’est pour ça qu’elle donne la tâche du café aux stagiaires.
– Pourquoi vous n’utilisez pas la politesse ? Je veux dire, j’ai servi des cafés toute la matinée et aucun de vous n’a dit, s’il te plait ou merci. Vous m’avez tous donné des ordres, sans me laisser une chance.
– On est comme ça avec tous les stagiaires, pour voir s’ils sont assez forts pour résister à nos ordres. S’ils résistent c’est qu’ils peuvent survivre ici et s’ils partent avant la fin de leur période de stage, ils ne travailleront jamais en maison d’édition.
– Je ne vois pas l’intérêt de faire ça. C’est assez méchant et très déstabilisant.
– C’est le travail.
– C’est tout ce que vous vouliez me dire ?
– Oui.
Je retourne m’asseoir puis j’attrape une feuille et un stylo. Je note les prénoms ainsi que les places qu’ils occupent dans la société. À la fin de la journée, je remballe toutes mes affaires et rentre chez moi, épuisé. Je me fais à manger et allume mon ordinateur. Je mets une série et reprends mon carnet, je mets une note à côté de chaque prénom. Je repose mon carnet et me concentre sur la série. Je finis la saison de ma série puis j’éteins mon ordinateur, je vais porter mon assiette dans la cuisine et je fais ma vaisselle. Mon téléphone se met à sonner, je le prends et regarde le nom qui s’affiche à l’écran. Je décroche en voyant que c’est ma petite sœur.
– Hey frangine ! Quoi de neuf ?
– Salut frangin, bof pas grand chose et toi ? répond ma sœur.
– J’ai fait ma première journée de boulot aujourd’hui.
– Ah oui c’est vrai, allez, raconte c’était comment ? Tu as été bien accueilli ?
– Pas vraiment, j’ai passé la matinée à faire des cafés.
– Laisse-moi deviner, tu as fait exprès d’en renverser un sur la patronne ?
– Non pas du tout, dans le premier que j’ai fait, j’ai mis plus de sucre que ce qu’on m’a demandé.
– C’est cruel.